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lundi, 27 mai 2013

Y'a que moi qui aime les banques ?

S'il y a bien une institution qui fait l'union sacrée (ou presque) contre elle, c'est bien l'institution bancaire.

Les marxistes veulent leur peau, elles symbolisent le capitalisme par excellence. Mais il n'y a pas qu'eux : tous peu ou prou ont juré la perte des banquiers. Les souverainistes et les nationalistes ne sont pas moins enragés que les gauchistes. 

Le plus surprenant, assurément, c'est de voir les libéraux se ruer également à la curée. Dans Pulp Libéralisme, Daniel Toure leur reproche de prêter de l'argent qu'elles n'ont pas ou, mieux encore, de prêter l'argent des déposants sans leur demander leur avis. Il tire également à boulets rouges contre le crédit estimant que seule l'épargne est digne, vertueuse et respectable.

Étonnant. Le crédit a permis à de très nombreux individus d'accéder à des biens qu'ils n'auraient pu acquérir qu'au bout d'une longue existence. A mes yeux, c'est un progrès social et les banques font oeuvre utile en permettant le crédit.

Je ne comprends pas trop pourquoi tant de gens en veulent aux "banquiers", comme ils disent. Tantôt on leur reproche de prendre des risques inconsidérés, notamment sur les marchés dérivés, tantôt on les accuse de refuser de prêter de l'argent à tout va.

Faudrait savoir.

Le net bruit de contre-vérités toutes plus saisissantes les unes que les autres. On accuse les banques d'être comptables des actifs dépréciés des États. Dans la réalité, les États les ont souvent contraintes à acheter leurs titres pourris.

Ils me font un peu penser aux Allemands, les banquiers : bouc-émissaires utiles pour ne pas avoir à endosser les maux que l'on a engendrés soi-même. Ou encore à l'Europe. L'Europe est toujours coupable de tout sauf que ce n'est pas elle qui prend les décisions mais les chefs d'État réunis en conclave (Jean-Marie Beaupuy, trésorier du Parti Démocrate Européen et ancien euro-député du MoDem explique très bien cela dans une tribune récente).

Ben moi, je les aime bien les banques. Et les banquiers ne sont ni plus ni moins corporatistes que les autres professions.

Il y en a tout de même un qui vient de se rebeller, d'après le Rédacteur en chef des Échos, en écrivant un livre sur sa profession. J'aime bien les entreprises un peu désespérées : Michel Fleuriet a toute ma sympathie et mon soutien et d'ailleurs, je vais l'acheter son livre. En attendant, on peut avoir un intéressant aperçu de ses arguments dans un entretien donné au magazine Revue-Banque

00:04 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : banque, michel fleuriet |  Facebook | | |

Commentaires

@ l'hérétique :

Le problème c'est simplement qu'ils gèrent notre argent comme s'il s'agissait du leur et qu'on n'a pas les moyens de se soustraire à leurs pratiques. Pourtant dans l'absolu je me passe aussi facilement d'une banque que de pôle emploi.

J'ai un accès restreint à mon salaire et à mon épargne, on me compte des frais ahurissants sur des opérations 100% automatisées, je paie déjà leurs services au départ mais ils se rémunèrent sur l'investissement de mon argent, sans me prévenir et sans me donner une part correcte, quand ils coulent ils sont renfloué par de l'argent publique, et là pas question d'intérêts faut pas rêver non plus etc ...

Qu'est-ce que j'y gagne moi à être leur client concrètement à part le droit me faire enfler ?

Écrit par : skunker | lundi, 27 mai 2013

salut skunker
Ce que tu dis est exactement ce que leur reprochent les libéraux.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 27 mai 2013

Il me semble que le reproche fondamental que l'on peut faire aujourd'hui aux banques est surtout de ne plus jouer leur rôle.

Dans la chaîne macroéconomique, la fonction essentielle des banques est de rediriger l'épargne des ménages vers le crédit ; crédit vers les ménages mais surtout crédit vers les entreprises. Ce crédit vers les entreprises remplit une double fonction : à court terme; il permet aux entreprises d'obtenir la trésorerie nécessaire pour "boucher les trous" entre entrées et sorties de fonds (ce qu'on appelle le "besoin en fond de roulement"), à long terme il permet le développement et la création d'entreprise grâce au financement d'investissements qui génèrent une nouvelle activité créatrice de nouveaux emplois et ainsi de suite...

Ça, c'était avant.

Avec la financiarisation croissante de l'économie, il est devenu beaucoup plus intéressant (même si beaucoup plus risqué) de spéculer sur les monnaies ou sur tel ou tel type de titres que de prêter à "l'économie réelle". De sorte que des sommes colossales sont distraites de cette économie réelle (celle qui crée de la richesse par la production ou la distribution) pour alimenter les tours de passe-passe financiers. Le résultat, c'est que pendant que des milliards sont consacrés à cette spéculation financière, les entreprises (et en premier lieu les PME) ont de plus en plus de mal de trouver les crédits qui leur permettraient de payer le camion, l'entrepôt, la machine dont ils ont besoin et qui au final créeraient des emplois.

Le comble, c'est que Hollande a décidé de créer un service public du crédit aux PME (la fameuse BPI présidée par l'ineffable Ségo) parce qu'il n'a pas eu les couilles de faire ce qu'il aurait fallu faire : imposer aux banques, sous peine de fiscalité sévère, qu'un pourcentage minimum X de leur activité soit représenté chaque année par du crédit aux PME - et un autre aux particuliers. Le résultat, c'est qu'une partie de notre argent de contribuables va servir à financer cette BPI qui va faire désormais le travail que les vraies banques devraient faire - et ne font plus. C'est un peu comme si La Poste une fois privatisée cessait peu à peu de transporter le courrier pour se consacrer à la distribution payante de tracts, et que l'Etat crée une nouvelle poste pour pallier ce manque. On est en plein délire.

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 27 mai 2013

Et tiens, le hasard fait bien les choses. Voilà qu'en quittant ce blog, je tombe sur l'article suivant :

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130515trib000764674/en-2011-les-stagiaires-representaient-l-equivalent-de-267-de-l-effectif-a-la-societe-generale.html

Pour mémoire, la situation était en effet d'une gravité extrême puisque, en 2011, le bénéfice de la SG n'a atteint que la somme ridicule de 2,8 milliards d'euros. Impossible d'embaucher dans de telles conditions, pas vrai ?

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 27 mai 2013

Assez d'accord avec "Tantôt on leur reproche de prendre des risques inconsidérés, notamment sur les marchés dérivés, tantôt on les accuse de refuser de prêter de l'argent à tout va."

La position de Jean Peyrelevade est claire (et je la partage ;-) ) : les banques ne devraient pas être autorisées à prendre plus de risques avec l'argent qui ne leur appartient pas, que les autres entreprises ne le sont. Donc, elles devraient prêter moins.

Est-ce que cela nuirait à l'économie réelle ? Pas du tout : comme l'indique Ch. Romain, elles se prêtent aujourd'hui essentiellement entre acteurs financiers, faisant gonfler la bulle et dissimulant les risques. Pour arrêter ce détournement massif du capital constitué par notre travail, il faut démondialiser la finance (Peyrelevade, Arthuis : http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/finance-marches/banques-assurances/221147158/pourquoi-faut-demondialiser-systeme ).

Et donner ainsi aux banques la possibilité de faire le beau métier que vante ce billet !

Écrit par : FrédéricLN | lundi, 27 mai 2013

Hé, hé, vous parlez de mon livre "Pulp Libéralisme" comme les libéraux participant à la curée.

Je n'ai rien contre les banques, mais contre le cadre institutionnel dans lequel elles exercent leur métier à l'heure actuelle. De même que je n'ai rien contre les cheminots (les trains c'est utile et il faut des gens compétents pour faire rouler les trains), mais contre le cadre institutionnel de la SNCF.

Sinon oui, du crédit sans épargne derrière -quelque soit le mécanisme monétaire ou réglementaire qui le permette- est une mauvaise idée, source d'énormes problèmes. Je n'ai rien contre le crédit en général, mais celui-là...

Écrit par : Daniel Tourre | mercredi, 29 mai 2013

Bonjour Daniel,
Très honoré de vous voir venir faire un tour chez moi. J'ai adoré Pulp libéralisme et j'aurai l'occasion de le citer en d'autres circonstances.
En ce qui concerne les banques j'ai bien compris que deux choses vous chiffonnaient :
a) qu'une banque puisse prêter de l'argent d'un coup d'écriture
b) qu'elle prête de l'argent issu des dépôts
c) qu'elle prête de l'argent qu'elle n'a pas in fine
D'un point de vue éthique, je suis d'accord avec vous, mais d'un point de vue pratique, ce qui crée le désordre, c'est d'utiliser cet argent pour spéculer.
Si les banques ne pouvaient s'asseoir sur leurs activités de dépôt pour se garantir de leurs risques il se produirait deux choses :
a) le crédit se contracterait considérablement car les banques seraient bien plus prudentes
b) les taux d'intérêt grimperaient en flèche l'argent devenant beaucoup plus rare...
A la limite, il pourrait même y avoir un effet très pervers, c'est que l'on s'arrache sur les marchés dérivés tous les produits financiers qui garantissent contre le risque (CDS, futures, et cetera...)

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 29 mai 2013

Que le crédit soit plus rare n'est pas un problème dans un environnement où se constituer une tréso est possible (moins d'inflation, voir de la déflation.)

En 1 siècle, entre la monnaie et les avantages fiscaux qui impose ou favorise le crédit, nous sommes passés sur capitalisme au dettalisme.

Les taux d’intérêts sont un prix, ils doivent refléter les attentes du public et le niveau d'épargne, qu'il soit haut ou bas.

Écrit par : daniel tourre | jeudi, 30 mai 2013

Que le crédit soit plus rare n'est pas un problème dans un environnement où se constituer une tréso est possible (moins d'inflation, voir de la déflation.)

En 1 siècle, entre la monnaie et les avantages fiscaux qui impose ou favorise le crédit, nous sommes passés sur capitalisme au dettalisme.

Les taux d’intérêts sont un prix, ils doivent refléter les attentes du public et le niveau d'épargne, qu'il soit haut ou bas.

Écrit par : daniel tourre | jeudi, 30 mai 2013

@ Daniel Tourre

"Que le crédit soit plus rare n'est pas un problème..."

Allez expliquer ça aux patrons de PME qui, justement, peinent à constituer des fonds propres.

Par ailleurs, le problème n'est pas tant celui des taux d'intérêt que celui de l'octroi du crédit. Quand on vous refuse un prêt ou une ligne de crédit, la question du taux ne se pose même pas.

Écrit par : Ch. Romain | jeudi, 30 mai 2013

@Daniel Tourre
Cela se discute : en fermant le robinet à crédit, vous fermez aussi le robinet à consommation ce qui ne peut qu'avoir des conséquences sur la production et donc sur l'emploi.
Le resserrement des liquidités retentira aussi sur l'investissement et par suite la recherche, même si je vous accorde volontiers qu'effectivement il y aura beaucoup moins de désordres monétaires.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 30 mai 2013

L'activité des banques est légitime et le fait qu'elles spéculent avec l'argent des déposants n'est pas mauvais en soit. Ce qui me contrarie, c'est davantage le fait qu'elles ont toujours le soutien de l'Etat même lorsqu'elles sont complètement en tort. Ainsi, dès que les institutions bancaires sont incapables de couvrir leurs propres déboires, c'est l’État qui ramasse les pots cassés. Si on prends l'exemple de Dexia par exemple à cause de qui l'Etat, et donc les contribuables, va devoir débourser plusieurs milliards d'euros on se dit que tout cela aurait pu être éviter avec plus de régulations. Il faut instaurer une véritable éthique dans le milieu financier.

Écrit par : euro-sur.fr | vendredi, 26 juillet 2013

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