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  • La double face de Marion Cotillard

    Lisez la biographie de Marion Cotillard sur wikipedia : on aurait presque l'impression qu'on a affaire à une belle âme pétrie de beaux principes. Mais ce n'est qu'une impression. Cotillard est très forte pour remuer devant les caméras et jouer la bonne conscience en militant pour Greenpeace ou en rendant visite à Raoni, le chef indien. Ça fait bien dans les magazines people et aux yeux du système. Tant qu'il y a des caméras...

    Beaucoup plus de discrétion, en revanche, quand il s'agit d'un blogueur surdendetté et père de trois enfants qu'elle accule dans un procès à des frais pharaoniques au regard de la situation de ce dernier tout ça pour trois photos quelconques publiées sur le blogue du dit personnage. (NDLR : voir la note en EDIT en bas du billet).

    On reconnaît là l'appétit féroce des grands prédateurs qui pullulent dans le show-bizz. Cotillard a refusé toute négociation, tout rééchelonnement des fais de procès, toute excuse, déterminée à avoir la peau d'un individu qui ne l'avait en aucune manière injuriée ni tournée en dérision mais avait simplement publié des photos d'elle sur son site.

    Authueil a raison de mettre en garde à propos du droit à l'image et je lui concède tout ce qu'il dit.

    En revanche, ce qui m'exaspère, c'est la duplicité des Cotillard & co. C'est insupportable. Pour être franc, cela fait un moment que je ne peux plus la voir en peinture, celle-là. Après ses déclarations sur le 11 septembre aux USA niant la réalité des faits je m'étais fait une opinion définitive. Ce qui avait été trop drôle, c'est qu'elle avait des excuses après, la chiffe molle, parce qu'elle savait bien que sa carrière passerait par Hollywood.

    Je me suis fait une religion : la présence de Cotillard dans un film me conduit à ne pas mettre les pieds dans la salle de cinéma où il passe, depuis ce temps. 

    Vous connaissez les animaux malades de la peste ? Selon que vous serez puissant ou misérable...

    EDIT : sur le blogue d'Authueil un commentateur a communiqué une info intéressante, même si elle n'enlève rien à la duplicité de la Cotillard. En fait, Stépahe Larue, le "blogueur" condamné est très loin d'être le petit blogueur qu'il prétend êtreC'est  un consultant médias spécialisé dans les people. Cela relativise évidemment considérablement l'affaire. Il ne s'agit pas plus du pot de fer contre le pot de terre, mais d'un super-prédateur contre un plus petit prédateur. Mea culpa. Comme je déteste Cotillard, je n'ai pas pris le temps de m'informer davantage, contrairement à Romain l'avisé commentateur du blogue d'Authueil.

    Cela dit, même si Romain a été fort sage, ne nous leurrons pas non plus : la plupart des journalistes sont aujourd'hui payés au lance-pierre. Ce n'est pas parce que Stéphane Larue intervient sur des grandes radios et à la télévision qu'il gagne bien sa vie. En revanche, oui, très certainement, il n'ignorait pas ce à quoi il s'exposait. Quant au surendettement...Neymar, la nouvelle star du football au Brésil est aussi surendetté. Avec un salaire annuel de 6.4 millions d'euros parce qu'il a acheté un yacht de 6.4 millions d'euros, une porsche, une maison et cetera...

    Tout ça pour dire que je me suis peut-être un peu précipité...

  • Invraisemblable MoDem

    A fréquenter l'appareil militant du MoDem, j'avoue être scié par les conversations que j'entends et je lis. Nous avons fait entre 1.5 et 2% aux dernières législatives. On ne vaut même pas l'eau de la châsse d'évacuation des chiottes politiques que quelqu'un va finir par tirer et je les entends tranquillement deviser de nos alliances et de notre positionnement politique. Incroyable. Sans parler des perspectives de ralliement.

    Franchement, les Socialistes, ils n'en ont rien à carrer de nous, et ils ont bien raison. Quel intérêt à capter une coquille vide et creuse qui ne produit absolument rien ?

    Je n'ai cessé de m'époumonner à le dire, c'est l'absence d'idées concrètes et novatrices qui décompose petit à petit le MoDem. Dans tous les autres partis, il y a des fondations, des think tank qui tournent. Nous, nada ou presque.

    La campagne présidentielle a esquissé  quelques pistes, mais il y a un très gros travail programmatique à effectuer pour 2014 tant pour les municipales que pour les européennes et vraiment pas de temps à perdre. Personne pour le faire. A la place des postures imbéciles sur la morale et les valeurs "humanistes".

    A croire que le MoDem n'attire que des esprits abstraits.

    L'UDF était l'exacte antithèse de ce qu'est le MoDem : tout dans le concret, des laboratoires d'idées, des idées souvent audacieuses et du concret dans les propositions.

    J'ai parfois l'impression que tous les esprits capables de produire quelque chose de ce genre ont fui mon parti. Oh, j'en connais quelques uns : 

    Isabelle avait écrit un programme concret et chiffré sur le handicap. Grosse faute politique, personne ne l'a retenu au MoDem. J'avoue que c'est encore un objet de perplexité pour moi. Il avait l'avantage de concilier l'intégration du handicap et des économies d'argent par rapport à la situation qui prévaut aujourd'hui.

    Valérie Sachs qui malheureusement est passée au Nouveau Centre  avait montré de véritables capacités à animer un groupe de réflexion et avait mis au point un projet parisien qui pouvait être discuté mais avait le mérite d'être clair. 

    Christian Romain qui est un esprit fort et vient souvent débattre ici a le mérite d'amener dans la discussion de vrais points de clivage et de réflexion : rien n'échappe à ses griffes acérées. Il était au MoDem, il en est parti. Nous sommes souvent en désaccord avec lui ici, mais échanger avec un débatteur aussi affûté est toujours un plaisir.

    Il y en a d'autres.

    Cela n'a pas été facile pendant l'élection présidentielle puis l'élection législative avec les blogueurs de gauche : ils se foutaient de moi en faisant valoir que le MoDem n'avait pas de programme. Dur pour moi, car j'ai dû défendre la position inverse en pensant exactement la même chose qu'eux au fond. Du coup, ils se payaient ma tête.

    Bref, on passe pour des charlots. Bingo, on a déroché le gros lot : dans le dernier figaroscope, nous sommes devenus (à nouveau) le deuxième parti le plus impopulaire de France après le FN. Fort non ?

    Moi, j'aimerais pourtant bien faire revivre ma famille politique. Ce qui est étonnant, c'est qu'au fond, il y a une certaine diversité chez nous mais on a l'impression qu'une fois qu'ils se réunissent, les militants MoDem oublient complètement qu'ils ont un cerveau et de vraies compétences dans leur domaine : ils commencent tout de suite à échanger des idées fumeuses.

    En fait, chaque fois que j'y repense, il y a une pièce de théâtre qui me vient naturellement à l'esprit : les Nuées d'Aristophane. Le poète comique athénien s'y paie avec talent la tête de Socrate en tournant en dérision la dialectique socratique et plus généralement les idées du philosophe. Tenez, je ne résiste pas à la tentation de citer ce passage savoureux, car il exprime assez bien ce que je pense des débats qui ont cours en ce moment sur plusieurs groupes de discussion MoDem (je sens que je ne vais pas me faire des amis, moi...) . Aristophane  qualifie Socrate d' "anémosophe" ou "aérosophe", un sage perdu dans les nuages, désirant s'arracher de la pesanteur pour méditer des problèmes d'astronomie :

    Je n'eusse découvert en toute justesse le secret des célestes réalités, si je n'avais mis mon intellect en suspension, et amalgamé la subtilité de ma méditation à l'air qui lui est consubstantiel. Si j'étais resté au sol pour scruter d'en bas les choses d'en haut, jamais je n'eusse rien découvert. Certes non, car la terre draine irrésistiblement à elle la sève de la méditation. C'est tout juste ce qui se passe pour le cresson.*

    Trop drôle. Militant MoDem pensant à la stratégie de son parti.

    Si jamais un militant MoDem passe par là et est d'accord pour scruter plutôt les choses d'en bas que celles d'en haut, on peut commencer à discuter. Sinon, qu'il passe son chemin.

    * un petit détail qui vaut son pesant de cacahuètes : quand Socrate répond cela à son interlocuteur, il est en fait perché sur un arbre dans une corbeille...

  • Une Europe schizophrène

    J'essaie de travailler depuis le mois de juillet sur le futur projet européen du MoDem pour 2014 et j'avoue que je patauge dans la mélasse : j'ai lu et compulsé déjà plusieurs centaines de pages, me plongeant dans le code des douanes européens, les décisions de la commission et cetera et j'en passe.

    Je me concentre principalement sur les questions économiques (industrie en tête) et dans une moindre mesure sur l'agriculture. 

    C'est invraisemblable : on peut bien avoir des idées, impossible de les faire appliquer tant le droit communautaire est d'une rigidité extraordinaire. Les souverainistes disent que Bruxelles nous a dépossédés de toutes nos prérogatives : je vais finir par les croire à force de travailler et faire des recherches sur la question. Je commence aussi à mieux comprendre le sentiment de haine impuissante qui peut parfois animer les agriculteurs...

    Mais il y a un autre problème : une incommensurable duplicité des chefs d'État et des États en général. Le Parlement européen propose des choses qui ne sont pas si éloignées des préoccupations populaires et des réalités économiques dans un certain nombre de domaines. La Commission fait elle-même parfois preuve d'initiative. L'inconvénient, quand ces deux institutions sont parvenues à se mettre d'accord, c'est qu'il faut passer la barrière du Conseil européen, et là, c'est mission impossible.

    Pas élu, pas représentatif, il fait ch... tout le monde. On en arrive à des situations ubuesques : pendant que Paul et Jacques s'évertuent dans un parlement national à faire passer une mesure, Ubu le chef de leur majorité se garde bien de la défendre en Conseil européen face à ses collègues quand il ne prône pas carrément l'inverse.

    Ainsi, même si des parlements nationaux et le Parlement européen convergent, il y aura toujours un empêcheur de tourner en rond quelque part.

    Il y a vraiment un problème avec nos institutions en Europe. On pourrait au moins prendre la décision de dégager le Conseil européen de l'existence politique et institutionnelle européenne, mais quel chef d'état est prêt à rogner ses propres pouvoirs ?

    Il y a urgence à faire une grande clarté dans la gouvernance économique de l'Europe ; c'est d'ailleurs le sens de la toute dernière lettre de l'euro-député MoDem-ADLE Marielle de Sarnez :

    Nous ne pèserons que si nous faisons les pas nécessaires, et ce doivent être des pas de géant, pour que l’Union européenne, et au moins la zone euro, apprennent à décider ensemble, assez vite, et de manière légitime aux yeux des opinions publiques, c’est-à-dire aux yeux des citoyens.

    La décision doit se préparer et se prendre au vu et au su des citoyens. Cette décision doit être portée par des visages et des voix, dont les Européens reconnaîtront l’inspiration et la légitimité. D’une manière ou d’une autre, cela signifie clairement que les responsables en charge de la vie de l’Europe, Président de l’Union, Commissaires notamment en charge de l’Economie -, devront leur mandat au vote libre des électeurs européens. Cela signifie aussi que des marges nouvelles devront être offertes aux pays membres pour tout ce qui n’est pas essentiel dans la vie de l’Union. Plus de légitimité, dans une démarche fédérale, cela signifie aussi plus d’autonomie et plus de décentralisation au sein même de l’Europe.

    Dans le domaine industriel, il n'y a pas que cela : avec leur concurrence libre et non faussée, les commissaires voient des distorsions de concurrence partout. C'est assez délirant. Et cela devient même un problème car l'information donnée aux consommateurs est considérée dans certains cas comme une distorsion.

    Enfin, l'institution européenne ne considère les aspects de sa politique économique qu'à la seule aune de l'Europe, jamais des nations qui la composent. Impossible d'adopter une mesure économique qui aille ou paraisse aller contre l'unité politique de l'Europe.

    Les états fédérés de l'Amérique ont plus de marges de manoeuvre que les États européens. Les eurocrates et les européistes sont terrifiés par tout ce qui sent le peuple et la nation. Ils vont pourtant devoir se faire une raison. Si je n'adhère pas à l'idée d'une Europe des nations, je pense en revanche que l'Europe est aussi forte de ses nations que les nations sont fortes de l'Europe.

    La construction européenne doit s'ériger autour de ce point d'équilibre, et, à l'heure actuelle, je trouve que le compte n'y est pas.

    Je n'aime pas, d'ailleurs, que les eurocrates réduisent le fait culturel des nations à de vagues parlers régionaux et petits artisanats locaux. Les peuples européens ne sont pas des réserves indiennes auxquelles ils conviendrait de donner quelques os à ronger de temps à autre pendant qu'on les dépossède de tous leurs biens. D'ailleurs, même dans le domaine culturel, il y a un certains nombres de pays européens pour cracher sur l'exception alors même que la France s'échine à la défendre, toutes forces politiques confondues.

    Conclusion des courses, écrire un programme avec des mesures concrètes à l'échelon européen, je vous garantis que ce n'est pas une sinécure...