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  • Crimes, une police de plus en plus performante !

    Je suis frappé de considérer le nombre de crimes qui finissent par être élucidés. En fait, la police scientifique a tellement progressé, tant dans les procédés mis en oeuvre que dans leur application, qu'elle parvient désormais à élucider à peu près 90% des crimes. Un score impressionnant. Ce n'est que lorsque le corps d'une victime disparaît qu'il devient plus difficile de trouver des indices. Même si certains criminels tentent de s'adapter en faisant disparaître d'éventuelles traces à coups de solvants/détergents ou par le feu, ils ne peuvent manquer de laisser traîner quelque chose. L'ADN est devenu un vrai mouchard. Le relevé d'ADN est sans doute le progrès le plus notoire, mais ce n'est pas le seul : les méthodes d'observation, le profiling, le croisement de fichiers ont permis des progrès fulgurants en 10 ans. Souvent, c'est la justice qui pèche en omettant ou refusant d'examiner des éléments, mais la police, elle, fait preuve d'une efficacité redoutable. Mieux encore, les alertes enlèvement déclenchées dans les premières heures qui suivent une disparition permettent de retrouver les disparu(e)s dans 90% des cas, ne serait-ce que par la panique qu'elles engendrent chez les auteurs de rapts.

    L'intelligence humaine demeure toutefois au coeur des dénouements et des découvertes : si le meurtrier de Christelle Mailly poignardée en 1986 a pu être identifié tout récemment, c'est qu'un policier a observé qu'il avait chez lui des couteaux affûtés de la même manière que l'arme du crime.

    Il en va en revanche autrement de la délinquance, laissée pour compte des progrès en criminologie : elle nécessite des moyens considérables, car chercher à élucider tous les délits demanderait des moyens considérables. Toutefois, ces moyens sont à mettre en perspective au regard de ce que la délinquance coûte à la France : 115 milliards d'euros par an !

    Dans l'Antiquité, les Grecs avaient figuré les remords et la folie sous la forme de trois divinités infernales vengeresses, les Érinyes. Les religions monothéïstes, quant à elle, promettent l'Enfer aux criminels. 

    Ici-bas, Montesquieu dans son Esprit des Lois assure que la certitude de la sanction est le principal frein au crime et au vice. Nous savons, désormais, identifier les auteurs des crimes. Alors pourquoi les violences ne baissent-elles pas ? Peut-être parce que nous n'avons pas la volonté de les punir comme elles le méritent : soit par idéologie, façon Muchielli, par exemple, soit par souci d'économies, façon Sarkozy.

    Il y a un double coût pour assurer une sécurité et une justice digne de ce nom : l'un de répression, l'autre de rééducation. Le premier suppose de donner à la justice les moyens de fonctionner et de payer la construction du nombre de prisons nécessaires avec le personnel adapté et en nombre suffisant. Le second suppose de donner une dimension humaine à la répression, particulièrement aux peines de prison : séparer le délinquant du criminel, le délinquant violent du délinquant non-violent, permettre la formation en prison, et, enfin, assurer à chaque condamné la possibilité de s'isoler, c'est à dire une cellule personnelle, avec toilettes, ne mesurât-elle que 4m2.

    Actuellement, aucun parti politique n'a la volonté de mettre en place un tel programme. A gauche, on explique la violence par des causes sociologiques, voire économiques, à droite, on relâche en douce tout une série d'individus peu recommandables pour faire de la place dans les prisons et faire valoir que le taux d'incarcération n'a jamais été aussi haut.

    Quant à ceux qui expliquent que la politique carcérale est toujours plus répressive et proposent donc de réduire les peines, ils me font penser à ceux qui veulent supprimer les agences de notation chaque fois qu'elles mettent en garde un pays contre sa mauvaise gestion : le taux d'incarcération n'est nullement la marque d'un durcissement de notre majorité gouvernementale mais de celui de la délinquance ! 

    Faut-il comme pour les agences, casser le thermomètre parce qu'il n'indique pas ce que l'on voudrait qu'il indique ?

  • Argos ? Mycènes ? Il est roi de quoi, Agamemnon ?

    Je me suis demandé, tout récemment, si je n'étais pas frappé d'un Alzheimer précoce : il se trouve que j'ai lu la fin de l'Iliade par Quintus de Smyrne et que je relis l'Énéïde de Virgile. Toutefois, pour disposer de quelques éléments complémentaires, je vais piocher de temps à autre dans l'Orestie d'Eschyle ou l'Électre de Sophocle. En principe, Agamemnon est le roi de Mycènes. Sauf qu'Eschyle en fait le roi d'Argos, lui ! Je ne percute pas : si l'on en croit Homère, Quintus de Smyrne et Virgile, le roi d'Argos, c'est Diomède. Apparemment, Diomède a hérité du trône d'Argos par sa mère, fille du roi Adraste, qui a épousé Tydée son père. Donc, en principe, au moment de l'expédition contre Thèbes, le roi d'Argos, c'est Adraste. En principe seulement : là où je suis largué, c'est qu'Amphiaraos, un des Sept qui accompagnent Tydée contre Thèbes, est aussi roi d'Argos, par son père Oïclès, lui-même roi d'Argos (selon Homère mais dans l'Odyssée, cette fois). En fait, Amphiaraos aurait liquidé Talaos, le père d'Adraste. Mais là encore, ça coince, parce que Talaos est censé avoir été roi d'Argos : comment est-ce possible si Oïclès était roi avant Amphiaraos ? Parce que pour corser le tout, Homère reconnaît bien Talaos comme roi de Mycènes dans l'Iliade.

    Récapitulons : Homère a écrit l'Odyssée et l'Iliade. Mais dans l'Iliade, Talaos a été roi d'Argos, alors que dans l'Odyssée, cela a été Oïclès. La seule chose claire, c'est qu'Amphiaraos a tué Talaos, contraignant un temps Adraste à s'exiler. Bien évidemment, Oïclès et Amphiaraos sont censés avoir été rois en même temps.

    Y'aurait une solution : Oïclès a accompagné Héraklès et Télamon quand ils ont monté une première expédition contre Troie, mais a péri des mains du roi de Troie, Laomédon. On pourrait donc imaginer que Talaos, le père d'Adraste, a pris possession du pouvoir à la faveur de la mort d'Oïclès. Du coup, Amphiaraos, en faisant la peau à Talaos, aurait simplement récupéré le pouvoir qui lui revenait de droit. Et après ? Eh bien j'ai la solution : Adraste et Amphiaraos ont du exercer le pouvoir à deux ! En fait Adraste a épousé la soeur d'Amphiaraos, Eryphile, donc ils se sont sans doute réconciliés. D'ailleurs, Amphiaraos et Adraste combattent de concert contre Thèbes lors de la 1ère expédition et sont les deux seuls à sauver leur peau. Je sais que je vais faire ch... mais : dans les Sept contre Thèbes, d'Eschyle, y'a pas Adraste...Y'a un type qui s'appelle Étéoklos, à ne pas confondre avec Étéocle le roi de Thèbes, la ville assiégée, frère de Polynice qui a monté cette expédition pour se venger de son frère.

    Je n'ai évidemment toujours pas résolu la question de  la tradition qui ferait d'Agamamemnon un roi d'Argos.

    Je me demande bien ce qu'on trouvait comme statues à Delphes à l'intérieur de  l'hémicycle des rois d'Argos dans l'Antiquité...

     Quand je pense, sniff, que j'ai raté l'Orestie au Théâtre de l'Odéon. C'est dur de jouer Eschyle. Généralement, c'est ardu à suivre, surtout quand on représente ses pièces à la grecque, c'est à dire un seul acteur déclamant en compagnie d'un choeur. Mais là, Olivier Py, il avait l'air d'avoir fait quelque chose de séduisant, si j'en crois l'extrait-vidéo.

    Il met en scène Prométhée en février au même endroit. Si je peux disposer d'une bande-annonce et qu'elle est aussi prometteuse que son Orestie, j'y irai.

    C'était compliqué, non, ces histoires de famille en Grèce ? Je ne vous ai même pas dit pourquoi tous ces gars ont attaqué Thèbes au fait. Laissez tomber : encore une sale histoire de famille...

  • Faut-il quitter Facebook ?

    Antonin a pris la décision de se passer de Facebook. Je me pose les mêmes questions que lui depuis un moment. Je n'aime pas facebook : je déteste ce modèle conçu pour d'un côté favoriser toutes les dérives, de l'autre faire taire les gêneurs tout en lâchant le maximum d'informations sur la vie privée de chaque individu. 

    En même temps, il me paraît très difficile de ne pas être présent sur ce réseau où se forgent nombre d'opinions. Il existe, à mon avis, une autre parade que le départ pur et simple : l'anonymat intégral. Cela ne facilite évidemment pas les contacts familiaux, mais c'est toujours cela de relativement à l'abri pour sa propre vie privée. 

    Je pense que Facebook se calmera sur ses pratiques le jour où il se sera pris une méga Class Action pour pratique commerciale illégale, de préférence avec des amendes monumentales comme seule la Commission européenne sait en infliger, c'est à dire en centaines de millions d'euros, voire en milliards.