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  • être Français...

    Questionnement à chausse-trappe que celui que me propose LOmiG : qu'est-ce que qu'être français, et, si je suis français, mérité-je ma nationalité ?

    Accepter de répondre, c'est admettre de fait la nation comme référent identitaire, et, en la circonstance, la nation française. Ce questionnement-là n'est pas très ancien, au regard de l'histoire de France, car la conscience nationale n'apparaît qu'avec la Révolution. Sous l'Ancien Régime, elle se limite à la noblesse, le clergé ayant en principe une vocation universelle, et le tiers-état, paysans et bourgeois ne disposant pas d'un statut politique viable.

    LOmiG écrit qu'on ne peut pas être Français si l'on ne fait pas l'effort d'apprendre la langue française. Je suis assez d'accord avec cette idée, même si elle souffre de fait des exceptions. Je crois que l'âme d'un culture, c'est avant tout sa langue et toutes ses sinuosités particulières. Sur ce point, la langue française s'y entend à dresser collets et lacets ; c'est là sans doute un trait de notre réputation de sophistication, avec nos règles et nos exceptions plus tordues les unes que les autres...

    Apprendre la langue, oui, mais ce n'est pas suffisant, car alors, qu'est-ce qui différencierait un Français d'un, Suisse d'un Belge, d'un Québecois ou d'un Africain francophone ?

    L'institut Montaigne s'est proposé de réfléchir à la question et propose le témoignage de francophones fameux. Bayrou aime à citer Renan jugeant que la nationalité française est un plébiscite permanent. Pour ma part, j'ai retenu du témoignage de Tidjane Thiam, qu'être Français était en tout premier lieu une émotion. J'aime bien cette idée, même si les sentiments que j'éprouve pour la France ne trouvent pas nécessairement leur source aux mêmes points d'eau que ceux de Tidjane Thiam.

    Il y a ensuite quelques traits de civilisation qui me paraissent incontournables : la sophistication, l'ironie, l'esprit léger, l'amour courtois, l'habitude de râler et d'envier son voisin me paraissent des traits typiquement français...

  • L'appel à la grève des syndicats enseignants : pourquoi ?

    Par curiosité, je me suis demandé pourquoi les syndicats enseignants appelaient à la grève à la fois les 6 et 7 septembre. Le 7, c'est clair, c'est pour protester contre la réforme des retraites. Inutile et démagogique, à mon sens : seul le travail doit payer les retraites, la durée de vie s'allonge, la durée de travail doit s'allonger. Les syndicats font une énorme erreur de se battre là-dessus. Ils feraient bien mieux de se battre sur les conditions de travail, en fin de carrière, et, autant que possible, l'emploi des seniors : voilà les vrais enjeux. Mais bon, dans syndicat de gauche, il y a gauche, alors...

    Mais pour le 6, c'est manifestement d'autres motivations qui ont poussé les syndicats enseignants. Pour être précis, j'ai cru comprendre qu'il s'agit en fait d'un appel exclusif de la FSU, la principale fédération de syndicats enseignants, et, plus particulièrement un appel du SNES. Du coup, je me suis rendu sur leur site, histoire de voir de quoi il retournait, et j'ai trouvé ce tract.

    Le SNES dénonce les suppressions massives d'emploi, la mise à mal de la formation professionnelle, la réduction des horaires d'enseignement, la suppression du service d'orientation scolaire, la mise en place du socle de compétences (une c....erie pédagogolâtre qui n'a pas fini de faire parler d'elle).

    Eh bien, pourtant de centre-droit, je suis en accord à 100% avec ces dénonciations. Par ailleurs, le SNES demande la fin de la réforme Châtel sur le lycée (en gros de l'éradication de la carte de formation, pour appeler un chat un chat).

    Bayrou a raison de saquer Châtel. Bravo. Il défend bien l'école. Et, je pense qu'en effet, comme lui, la multiplicité des grèves finit par rendre illisibles les revendications des syndicats enseignants.

    Cela dit, quand j'observe les mots d'ordre du SNES, difficile de ne pas donner raison à ce syndicat. Il y a, je trouve, dans la presse et la classe politique, une sorte de lieu commun qui consiste à ne voir dans les syndicats enseignants que le lieu du corporatisme le plus forcené. C'est un tantinet limité...

    Plusieurs syndicats enseignants ont de vraies propositions pédagogiques, mais personne n'en fait état alors qu'elles existent et présentent de l'intérêt. On ne retient que les grèves.

    Oh, le SNES récolte certainement à certains égards ce qu'il a semé à une époque, mais aujourd'hui, force est de constater qu'il est du bon côté de la barre et défend un modèle d'école dans lequel je me reconnais à peu près. 

    Non, très franchement, je peux tout à fait comprendre que des enseignants soient en grève le 06 septembre...

  • Morin comme Aubry

    Damnation ! Après avoir défendu deux leaders socialistes, il faut en prime que j'assure la défense d'Hervé Morin, le Président du Nouveau Centre, pour les mêmes motifs que précédemment avec Martine Aubry.

    Cette fois, NovoPress, un organe de presse très proche des idées du Front National, se lâche contre Morin en accusant ce dernier d'hypocrisie parce qu'il a demandé l'expulsion d'un campement illégal de gens du voyage.

    Je recommande vivement à l'auteur de l'article l'audition attentive du dernier Talk Orange du Figaro avec Bayrou. Il est vraiment excellent, en ce moment, Bayrou.

    Ce n'est pas compliqué à comprendre : faire appliquer la loi sur sa commune, rien que de plus normal, et personne ne le conteste. Enfin...personne parmi les gens sensés et suffisamment fermes, je ne parle pas de la gauche gauchisante et dégoûlinante de bonne conscience.

    Simplement, il n'y a pas besoin de sonner le cor de chasse pour cela et d'appeler à la battue aux Roms. On applique la loi à tout le monde sans discriminations et c'est tout, point à la ligne.

    Bayrou jugeait par ailleurs qu'il était plus qu'inconvenant de comparer le sort des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale et celui des Roms aujourd'hui, les premiers finissant dans un camp d'extermination, les seconds revenant dans leur pays avec un petit pécule ! Comme quoi, il est bien loin de verser dans l'angélisme. Cela ne justifie pas pour autant les outrances, d'où qu'elles viennent. C'est une manie de juger les gens sur leurs origines, chez les Sarkozystes, ces derniers temps. Bayrou défend précisément le pape que cet abruti de Minc voudrait faire taire sous prétexte qu'il est d'origine allemande.

    C'est bon, l'Allemagne a fait plus que largement son devoir de mémoire, et il serait temps de la lâcher avec la Seconde Guerre Mondiale et les Nazis. Les Allemands d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec ceux de cette époque en dehors des liens de filiation.

    J'ai l'air de m'égarer, puisque je voulais soutenir Morin, mais en fait, le problème de fond, c'est bien celui de confondre lutte contre l'insécurité, légitime, et stigmatisation débile ; je crois que là-dessus les deux leaders centristes sont d'accord.

  • Dora la nymphette ?

    La météo est rude pour les voyages de Dora : voilà qu'Albin Michel, l'éditeur du personnage, a eu l'idée tout à fait saugrenue de modifier le look de la célèbre héroïne, et d'en faire une jeune nymphette de 10 ans aux formes et à l'aspect clairement sexuées.

    Est-ce que grandir, comme l'observe Arnaud Bihel, c'est virer forcément fashion victim's ? Est-ce qu'une femme devrait forcément, comme l'observait récemment Olympe dans un billet, paraître féminine ? Est-ce que l'injonction sous-tendue d'être féminine et séductrice ne finit pas par peser sur les messages que les femmes et jeunes filles sont susceptibles de délivrer ?

    Le concept de Dora était intéressant : un look hispanique et décontractée, des traits un peu poupons, et surtout beaucoup d'allant et de dynamisme pour découvrir d'autres langues, d'autres cultures. Des générations d'enfants ont répété le fameux let's go !

    On avait là une petite fille atypique, exploratrice et débrouillarde, géographe en herbe et polyglotte. Une image originale à laquelle filles et garçons s'identifiaient sans problème indistinctement.

    Une pétition circule contre ce changement de cap. Je me suis rendu sur le site de Mattel, qui conçoit et commercialise la figurine ; dans le moteur de recherche, la nouvelle mouture apparaît bien, mais quand on clique sur les liens correspondants, on obtient des erreurs 404. Un effet de la campagne de protestation naissante ?