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jeudi, 02 septembre 2010

être Français...

Questionnement à chausse-trappe que celui que me propose LOmiG : qu'est-ce que qu'être français, et, si je suis français, mérité-je ma nationalité ?

Accepter de répondre, c'est admettre de fait la nation comme référent identitaire, et, en la circonstance, la nation française. Ce questionnement-là n'est pas très ancien, au regard de l'histoire de France, car la conscience nationale n'apparaît qu'avec la Révolution. Sous l'Ancien Régime, elle se limite à la noblesse, le clergé ayant en principe une vocation universelle, et le tiers-état, paysans et bourgeois ne disposant pas d'un statut politique viable.

LOmiG écrit qu'on ne peut pas être Français si l'on ne fait pas l'effort d'apprendre la langue française. Je suis assez d'accord avec cette idée, même si elle souffre de fait des exceptions. Je crois que l'âme d'un culture, c'est avant tout sa langue et toutes ses sinuosités particulières. Sur ce point, la langue française s'y entend à dresser collets et lacets ; c'est là sans doute un trait de notre réputation de sophistication, avec nos règles et nos exceptions plus tordues les unes que les autres...

Apprendre la langue, oui, mais ce n'est pas suffisant, car alors, qu'est-ce qui différencierait un Français d'un, Suisse d'un Belge, d'un Québecois ou d'un Africain francophone ?

L'institut Montaigne s'est proposé de réfléchir à la question et propose le témoignage de francophones fameux. Bayrou aime à citer Renan jugeant que la nationalité française est un plébiscite permanent. Pour ma part, j'ai retenu du témoignage de Tidjane Thiam, qu'être Français était en tout premier lieu une émotion. J'aime bien cette idée, même si les sentiments que j'éprouve pour la France ne trouvent pas nécessairement leur source aux mêmes points d'eau que ceux de Tidjane Thiam.

Il y a ensuite quelques traits de civilisation qui me paraissent incontournables : la sophistication, l'ironie, l'esprit léger, l'amour courtois, l'habitude de râler et d'envier son voisin me paraissent des traits typiquement français...

17:39 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | | |

Commentaires

Salut, d'accord pour la langue, ensuite je dirais qu'il faut avoir envie d'être français, à mes yeux, cela doit représenter une émotion particulièrement et non pas une nécessité ou une combine économique.
Je te rejoins donc sur l'émotion.

Écrit par : manu | vendredi, 03 septembre 2010

Aaaaaarrgh ! Non! Pas vous !

Même si le Larousse fait désormais preuve d'un coupable laxisme, il faut un seul P à "chausse-trape" ! ;-)

Sinon, je me permets de vous renvoyer à un article publié lors du débat sur l'identité française, ici :

http://www.generationsengagees.fr/index.php?site=news_comments&newsID=826

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 03 septembre 2010

Wow Christian...! Très joli +++ :)

Écrit par : Martine | vendredi, 03 septembre 2010

Avez-vous un blog Christian ?!
Magnifique billet chez Virginie en tout cas. Très beau votre regard sur cette France si complexe et si attachante !

Écrit par : Françoise Boulanger | vendredi, 03 septembre 2010

@ Martine et Françoise

Merci. Ça fait plaisir. :-)

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 03 septembre 2010

Pour moi c'est super simple.
Chaque pays, ou plutôt chaque groupe se défini selon des critères qui lui sont spécifiques.

Le critère français, c'est la langue française, la culture et le projet qu'elle incarne. C'est si énorme que personne n'y échappe à mon avis. Intuitivement nous respecterons quelqu'un qui parle comme nous. C'est aussi le cas dans d'autres pays, mais rarement autant et pour d'autres c'est tout sauf un critère (parlez japonais au Japon avec votre tête d'occidental, vous verrez comment on vous reçoit). En France une personne, quelque soit son apparence, sera naturellement respectée si elle parle un bon français sans accent.

Mais alors, judicieuse question de ta part: quid de la francophonie ?

C'est du colonialisme déguisé. La francophonie appartient au même projet que la France. Les affaires en tout genres sont là pour le rappeler.

Bien avant d'être le pays des droits de l'homme, la France c'est le pays de Molière et de l'orthographe.

Bien sûr il y a mille autres choses à dire. Mais aujourd'hui je pense qu'on peut commencer par ça. Ca nous ramène naturellement à l'histoire et tout le reste vient par là. La particularité de la France c'est d'avoir une mémoire longue et vivace. Tout ça est déjà contenu dans l'approche étymologique saugrenue de l'orthographe française avec ses "I grecs" qui sont des U ses accents circonflexes et ses terminaisons en AUX et EAUX.

Peu de pays font une telle synthèse entre culture antique, tradition et vie de tout les jours. Sortie des droits de l'homme, du communisme et de la religion, la France a un peu de mal à penser le futur, par contre elle réalise très bien la synthèse impossible entre passé et présent.

...
Bon, j'ai sûrement écrit n'importe quoi. Désolé j'ai du être inspiré par Cyrano de Bergerac.

Écrit par : raphael | vendredi, 03 septembre 2010

salut,
merci d'avoir répondu à la chaîne.
Oui je rejoins ta réponse, et d'ailleurs elle n'est pas si éloigné que cela de celle de La lime (étonnant ?)

Il y a une émotion, bien sûr. Mais il y a aussi une émotion anti-française. C'est l'émotion positive, qui compte, et c'est ce dont tu parlais je pense.

Pour moi la France c'est aussi une forme de tension permanente entre l'exigence libérale de respect de la liberté individuelle, et la volonté humaniste de considérer son prochain comme un frère.

La liberté, l'ordre d'une société libre, telle que décrit par Hayek, n'est possible que si l'on accepte de devoir moins à son prochain que ce que l'on doit naturellement aux membres de sa famille ou de sa tribu. Faire d'une nation une société libre, tout en exigeant de ses membres qu'ils se considèrent comme des frères, voilà un défi permanent et une tension qui caractérise aussi l'esprit français : jamais de repos, jamais de conception figée de l'ordre social. A nous d'utiliser cette force de remise en question pour être force de proposition, suggérer des voies, des manières, des options, plutôt que de jouer le conflit.

Écrit par : LOmiG | vendredi, 03 septembre 2010

Dans le 3ème paragraphe, à la fin de la 3ème ligne, il y a ceci :
"Je crois que l'âme d'un culture[...]"

Ne devrait on pas plutôt dire ceci :
"Je crois que l'âme d'unE culture [...]"
Mais il est également possible que je me trompe.

Écrit par : Nico | vendredi, 03 septembre 2010

@Christian,
"C'est un plaisir de faire plaisir" ;D
Disons que le plaisir fut partagé, donc...Le remerciement n'était pas indispensable.

Écrit par : Martine | vendredi, 03 septembre 2010

Être français ?
Un modèle hérité des Lumières, passé à différentes moulinettes (je pense surtout au XIXe siècle et ses révolutions, mais aussi à la IIIe république), avec la certitude que ce modèle peut et doit s'exporter.

Écrit par : Pierre Marot | mercredi, 08 septembre 2010

Les commentaires sont fermés.