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  • Bayrou est très populaire chez les jeunes !

    Un sondage, en tant que tel, n'apporte que rarement des informations pertinentes si on ne va pas dans le détail. Je viens ainsi de lire le dernier sondage IFOP Paris-Match de mars 2010 pour le classement des personnalités politiques. Globalement, Bayrou perd des opinions positives, hélas, mais, en revanche, si l'on considère les plus jeunes, la tranche d'âge 18-24 ans, il obtient 65% d'opinions positives. On trouve Delanoë, Kouchner et Borloo à 66, Fillon à 64 et Chirac à 86. En fait, jusqu'à 35 ans, tout va bien pour Bayrou, il dépasse les 60% de bonnes opinions. C'est après, que cela se gâte particulièrement, notamment chez les retraités (quand je pense qu'il se bat pour leurs retraites...).  Il reste, heureusement, très populaire chez les sympathisants MoDem avec 86% d'opinions positives (ouf, il dépasse de justesse Chirac à 85 !!!) et encore pas mal du tout auprès de ceux qui ont voté pour lui aux présidentielles avec 67% de bonnes opinions.

    Il est aussi assez populaire chez les sans sympathie partisane et les abstentionnistes, ce qui n'est pas si courant dans ce classement. Bref, il y a des raisons d'espérer, mais le problème, c'est qu'il s'en sort bien chez ceux qui ne votent pas facilement et pas bien chez ceux qui n'hésitent pas à se déplacer pour voter : et justement, il s'est effondré chez les professions libérales et cadres supérieurs, chez lesquels il n'est plus qu'à 27% alors que c'était là ses principaux électeurs pendant longtemps ! 27% seulement ! Pire que les retraités qui sont à 37 !

    Je pense que ce sondage nous donne des pistes sur lesquelles il faut travailler : nous avons, au MoDem, et Bayrou avec, un effort de clarification à apporter, y compris dans les domaines théorique et programmatique où nous apparaissons facilement verbeux. Eh oui...

    Ce sondage a été fait entre les deux tours des Régionales, les 18 et 19 mars 2010. En plein échec pour Bayrou. On peut tout de même espérer des rebonds, heureusement, mais, je le dis encore, il y a un sérieux boulot à réaliser.

     

     

  • Robert Ménard victime d'un mauvais buzz

    On passe son temps à faire des explications de textes, sur la Toile, je trouve ; la grande affaire de ces derniers jours, ce sont les propos de Robert Ménard sur ses priorités de journaliste. La presse et pas mal de blogueurs, avec un bel ensemble, en a tiré la conclusion qu'il défend la peine de mort.

    Encore une assertion aussi débile que fausse : Robert Ménard a simplement dit que dans tout ce qui était sur le feu et qui urgeait, obtenir la grâce d'un Dutroux n'était pas vraiment une priorité, c'est tout. Je suis exactement de son avis.

    A titre personnel, ce n'est pas pour des raisons philosophiques que je suis contre la peine de mort, mais en raison des graves dérives qu'entraîne systématiquement son application. En soi, voir griller un Dutroux sur une chaise électrique ne m'empêcherait pas de dormir. Et je ne me mobilise pas pour obtenir la grâce de tous les condamnés à mort ; c'est seulement quand j'ai un dossier en main que je juge convaincant que j'écris si une condamnation me semble particulièrement injuste.

    Je crois que Robert Ménard a exprimé à peu près le même avis. Je rappelle ses paroles :

    «On profite de ce qu’il semble être une erreur judiciaire pour nous fourguer le problème de la peine de mort. Je pense que ce sont deux débats différents. On peut très bien penser que pour cette affaire-là il faut faire un test ADN et être partisan de la peine de mort. Et être partisan de la peine de mort, ça ne fait pas de vous un monstre qui serait exclu de l’humanité bien pensante, convenable et tout».

    Et il précise lundi :

    «Ce que j’ai voulu dire, c’est que j’ai mieux à faire que de défendre des gens comme Dutroux, c’est peut-être parce que je suis père de famille».

    Il a tout à fait raison. Je ne pense pas autrement avec la réserve, toutefois, que j'ai exprimée : je maintiens que l'application de la peine de mort en,traîne systématiquement des dérives qui aboutissent à la condamnation d'innocents. L'État du Texas est un spécialiste de la chose, et je ne parle même pas des dictatures de toutes sortes...