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jeudi, 11 juin 2009

Nous, MoDem, sommes le parti le plus impopulaire de France

Le titre de mon billet exagère à peine. En fait, seul le FN est plus impopulaire que nous. Tous les autres partis sont devant, même le NPA et le PCF. C'est dire où nous en sommes. Quant à François Bayrou, il est désormais ordinaire parmi les personnalités politiques. C'est le résultat du tout dernier sondage TNS-Soffres. Bayrou peut rebondir dans l'avenir, même si son image a été entâchée (il a à cet égard très bien fait d'assumer ses erreur). Mais pour un parti, c'est beaucoup plus long et difficile. Nous étions devenus le second parti le plus populaire après les Verts, courant février-mars. Pour nous militants et adhérents actifs qui ramons en permanence contre le courant pour redorer le blason du MoDem, le coup est rude. J'ai parfois le sentiment qu'il faut recommencer après chaque élection ratée. Dans la Grèce antique, il y avait comme cela un individu (père d'Ulysse, selon certaines traditions), Sisyphe, dont la punition, pour avoir défié et trompé les dieux, était de devoir faire éternellement rouler une pierre jusqu'au sommet d'une colline. Une fois en haut, le rocher dévalait la pente, et il fallait tout recommencer.

Eh bien, je me sens une humeur de Sisyphe tentant de porter l'honneur perdu du MoDem... C'est d'autant plus rageant pour le militant ordinaire que je suis, que l'on s'échine à convaincre, trouve les tours les plus astucieux pour circonvenir nos interlocuteurs, porte avec enthousiasme la bonne parole, pour  échouer à quelques encâblures de l'arrivée. Je ne connais pas l'impact de mon blog, mais si j'ai convaincu un seul lecteur, qui ne le faisait pas ou plus, de donner sa voix au MoDem, je suis content.

Et dans ma vie privée, en dehors de la blogosphère, j'avais réussi à convaincre trois personnes de donner leur suffrage au MoDem, dimanche dernier, et tout cela a été anéanti (elles sont revenues sur leur décision). Et pour remonter la pente, ce sera long, très long. Un an, deux ans, ne seront sans doute pas suffisants.

J'ajoute quelque chose, sur l'affaire Cohn-Bendit : Deux blogueurs s'étaient intéressés à son passé, pendant ces élections. Authueil et...moi-même ! Or, il se trouve qu'Authueil avait tenté d'utiliser cette vieille affaire avec l'intention de comparer le traitement médiatique réservé au Pape comparé aux écrits de Cohn-Bendit ;  et  je lui étais du coup, le 08 avril dernier, tombé dessus à bras raccourcis, jugeant le procédé indigne parce que je soupçonnais une arrière-pensée de sa part. Tout le monde peut imaginer à quel point j'ai du être content en entendant Bayrou verser dans cette facilité... On dit que ce sont deux militantes qui auraient transmis le livre de Cohn-Bendit à Bayrou. Il aurait mieux fait d'être abonné au flux rss de mon blog, au moins pour le temps des européennes...Concernant Authueil, on trouvera d'autant plus sans vergogne son billet je n'ai jamais pu supporter Bayrou...Après avoir été le premier à tenter d'utiliser l'histoire, je pense qu'il est très très mal placé pour donner la moindre leçon de morale dans cette histoire...

Cela dit, j'entendais sur France Info, que le but de l'UMP et de Sarkozy était désormais d'achever Bayrou pour l'éliminer définitivement, notamment en tentant de débaucher son premier cercle. Il paraît même que Brice Hortefeux voudrait attirer Marielle de Sarnez au gouvernement. On te l'a déjà dit, Sarko, ce n'est même pas la peine d'y songer, même en rêve.

Au moins avons-nous cette consolation qu'au MoDem, désormais, ceux qui sont encore là ne peuvent être que fiables et loyaux. On les voit mal, désormais, s'éloigner sous d'autres cieux.

Je voudrais, malgré tout, terminer cette note sur une touche d'optimisme. J'ai une satisfaction qui reste, à la suite de ces européennes, c'est que nous avons aussi élu d'excellents euro-députés. Particulièrement, les présences, nouvelles, de Corine Lepage, de Sylvie Goulard ou encore de Robert Rochefort au Parlement européen sont une excellente chose pour la France. Espérons qu'ils sauront y faire entendre leurs voix particulières. Sylvie Goulard a décidé de mettre fin à ses Chroniques européennes du large. C'est bien dommage. J'escompte avoir des nouvelles d'elle de Bruxelles à intervalles réguliers, et que nous serons informés par nos euro-députés de ce qui se dit à Strasbourg.

Commentaires

Le sondage TNS-Sofres montre que nos "actions" sont en forte baisse, après ses résultats aux européennes et la sortie de François sur France2 la semaine passé, je ne m'attendais à rien d'autre. Je me permet une réflexion, nous sommes avant dernier après le FN, je crois pouvoir dire que ce victimiser sans arrêt n'aide pas à devenir populaire après de nos concitoyens! À retenir pour l'avenir.

Écrit par : Latour d'Orange | jeudi, 11 juin 2009

@ latour d'orange

Certes, et nous n'avons cessé de le faire. Je ne m'en prends pas aux sondages. Je mesure simplement le travail qu'il faut reprendre à zéro ou presque...

Écrit par : L'Hérétique | jeudi, 11 juin 2009

Cher hérétique

Il me semblait pourtant vous avoir expliqué les raisons de l'usage de cette histoire ancienne de Cohn Bendit. Mais comme tout bon militant, vous semblez particulièrement obtus, donc, je vous la refait.

J'estime que les propos de Cohn-Bendit étaient "borderline", mais ne suffisaient pas à faire comme si il était un pédophile. A partir de cet exemple, je fais un parallèle avec Benoit XVI, qui lui aussi a tenu des propos pouvant être mal interprété.

Je terminais sur "pourquoi traiter différemment benoit XVI et Cohn-Bendit alors que finalement, ils sont dans la même situation". Mon idée était de souligner que finalement, ceux qui attaquent le font, non pas en considération des propos tenus mais de la personne qui les tient. On sera indulgent avec les siens et sèvère avec ceux d'en face, alors même qu'objectivement, c'est pareil.

Il n'y avait rien d'autre à lire dans ce billet.

Écrit par : authueil | jeudi, 11 juin 2009

@ Authueil

Je me souviens très bien de vos explications, et elles ne m'avaient absolument pas convaincu. Votre article tombait à point nommé comme un cheveu dans la soupe. Je vous trouve gonflé de tenir rigueur à Bayrou d'avoir évoqué cette histoire dans ces conditions.

Écrit par : L'Hérétique | jeudi, 11 juin 2009

On est bien d'accords l'Hérétique, cependant je me rappel des législatives de 2007 (ce fut ma 1er campagne en tant que militant), notre capitale sympathie était encore excellent, ça ne nous a pas empêché de prendre un veste. Perso je ne m'en inquiète pas trop (j'ai peut être tort), les François on souvent la mémoire courte et je pense qu'ils sont devenus adepte du zapping politique. Si le Modem fait ce qu'il faut, ses chances, quoi que écornées, reste encore potentiellement réelles.

Écrit par : Latour d'Orange | jeudi, 11 juin 2009

Et si la réhabilitation de l'Europe passait justement par ça "nous tenir au courant de ce qui s'y passe" ?

Si les indemnitées de représentation étaient justement destinées à communiquer en aval et en amont des décisions.

Si les députés Européens avaient le sens de la necessité de rendre compte.

Un voeu pieux de plus....

Écrit par : uthar | jeudi, 11 juin 2009

Bonjour!
J'admire votre sincérité et votre engagement.
Ne laissez pas tomber! La politique est souvent décevante et c'est effectivement rageant et écoeurant de voir son leader chuter en direct devant un Cohn-Bendit manipulateur et manipulé consentant. Mais Bayrou rebondira, il a vu pire.
Les 60% d'abstentions hurlent le désintérêt pour un Parlement offert au lobbying et aux manoeuvres qui se passent hors du regard des nations.
Je suis d'accord avec le commentaire de Uthar. Rendre compte et amaont et en aval serait un minimum, avec consultations des peuples sur les grandes décisions (je pense à la Turquie...)

Écrit par : Marine | jeudi, 11 juin 2009

"en amont", mille excuses

Écrit par : Marine | jeudi, 11 juin 2009

Juste quelques mots
et oui je me sens Sisyphe, mais nous on a un peu l'habitude en paca, malheureusement
http://www.facebook.com/note.php?note_id=109164571662&1&index=0

Écrit par : FB | jeudi, 11 juin 2009

Vous avez donné beaucoup de vous-même. Encouragements.

Écrit par : Chui Kalm | jeudi, 11 juin 2009

Je suis d'accord avec l'hérétique, il va faloir reconstruire la crédibilité du Modem,et cela va prendre quelques années. Mais cela ne pourra se faire que si nous réussissons à faire une bonne campagne régionale (mars 2010) et faire un score à deux chiffres, 10 % sera un score extraordinaire. Une bonne campagne veut dire un mobilisation méritée de nos adhérents. attendant les bon signal de la rue de l'université.
Certes,nous somme devenus un mouvement libre, et nous le devons totalement à FB qui a si bien su théoriser et mener à terme cette démarche, mais je fais le constat que le centrisme démocrate ne peut dans le cadre des institutions de la 5ème république, avec en sus une presse focalisé sur les bon mots des politiques que sur le fond, devenir majoritaire en France.
Je suis au Modem pour des valeurs comme la
Démocratie à tous les niveaux, la comptabilité dans l'usage et la gestion des Deniers publiques, le Développement humaniste donc soutenable.

Il faut lutter pour l'existance Modem car, nul part ailleurs sur l'échiquier politique ne sont réunis ces valeurs.

Écrit par : Tarik | jeudi, 11 juin 2009

@ authueil

En dépit de mon soupçon, j'ai finalement apporté une correction à mon article tenant compte de vos précisions.

Écrit par : L'Hérétique | jeudi, 11 juin 2009

C'est vrai que pour une fois... j'ai gagné une élection : qn de mon camp me représentera ! :-)

Écrit par : LCDM | jeudi, 11 juin 2009

"La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux" (Camus).

Lu un commentaire de FB. Cheers.

Écrit par : Mia | jeudi, 11 juin 2009

Ces sondages "à chaud" sont des songes-creux. Le MoDem peine à se faire sa place dans l'opinion, il n'a jamais été véritablement populaire car il est resté, hors son leader, plutôt méconnu, en fait. Ceci illustre bien que sans Bayrou, le MoDem ne serait rien ( pour ceux qui ont l'Oedipe qui les démange, c'est râpé ..)mais aussi que l'émergence des nouvelles têtes "connues"(Rochefort, Benhamias, Goulard, Lepage et Kahn, extra muros)va forcément le "booster".

Né d'un agrégat de résistances venues d'horizons divers, le MoDem est par définition un agrégat d'indisciplinés. Il est aussi le reflet d'une époque relativement gâtée, en apparence, sur le plan des libertés, où l'engagement politique (ou syndical)et la discipline de parti, qui va avec, foutent une trouille terrible.
Cela se fait sentir d'autant plus ces derniers temps que chacun perçoit, inconsciemment, la nécessité, l'urgence, d'un engagement partisan* si l'on veut effectivement arriver à changer la donne politique (pour faire un jour enfin de la "politique autrement".)

C'est même une attitude de déni qui prévaut, devant l'inéluctabilité de ce choix vital, ce moment où il faudra effectivement, s'engager et prendre parti ou en reprendre pour 5 ans de Sarkozie
Le vote vert aux européennes est un reflet de ce déni.

Je pense aussi à cette réflexion d'une jeune femme du MoDem, partie du mouvement à la première contrariété et qui déclarait, pour expliquer son départ, ne pas vouloir "être encartée" pour mieux servir l'idéal démocrate.
C'est une grosse erreur : N'est pas JF Kahn qui veut, dont l'engagement de toute une vie à la presse libre et à une philosophie du centre, versus les extrêmes, vaut bien (au moins) une adhésion papier.

Face à la crise existentielle de nos démocraties occidentales, vidées de leur substance par la dictature d'opinion médiatisée, souhaitons que l'urgence de la situation ramène à la raison cette jeune femme et bien d'autres tombées dans le même panneau :

Le MoDem avec François Bayrou doit plus que jamais s'affirmer comme l'appel à la résistance dont a besoin le paysage politique face à l'Europe de Barroso et à la France de Sarkozy.

Quant au vote vert de ce dimanche 7 juin, il finira en feu de paille, sur le bûcher des vanités.

( C'était : "après Camus (le mythe de Sisyphe)si on relisait Sartre (les chemins de la liberté )?" ;-)


*partisan : à prendre au sens du chant des partisans ;-)

et aussi :
http://auchatquipeche.blog.fr/2009/06/08/a-vous-de-juger-6260501/

Écrit par : auchatquipeche | jeudi, 11 juin 2009

un parti politique ne s'est jamais constitué en un jour ... il faut du temps... on avance, on recule, on tombe, on se relève... tout cela demande temps et patience... laissons les impatients se faire acheter, nous ne perdons rien, l'important est de rester droit dans ses bottes et ses convictions... l'histoire nous donnera raison

Écrit par : Mirabelle | vendredi, 12 juin 2009

Tout cela était prévisible, et avait été prédit par beaucoup d'ex-modem.

J'ajouterais que tout cela est mérité, on ne récolte que ce que l'on sème.

@+

Écrit par : Farid L | vendredi, 12 juin 2009

Bayrou perd 15 points de popularité !

Palmarès Opinionway: Cohn-Bendit à la fête, Bayrou et Aubry à la peine


PARIS (AFP) — Daniel Cohn-Bendit (Verts) surgit en tête du palmarès de l'opposition, tandis que Martine Aubry (PS) et plus encore François Bayrou (MoDem) voient leur popularité plonger, dans le "Baromètre Métro-Krief Group" réalisé par Opinionway.

Dans cette enquête, le leader des listes Europe-Ecologie (16,28% aux Européennes) Daniel Cohn-Bendit fait une entrée remarquée dans le palmarès de l'opposition, s'emparant d'emblée de la première place avec 52% de satisfaits. Il ravit cette pole position au maire PS de Paris Bertrand Delanoë (50%, -3).

Suivent Dominique Voynet (Verts, 45%, +1), le porte-parole du NPA Olivier Besancenot (43%, =) et la première secrétaire du PS Martine Aubry qui chute gravement de 9 points, à 40%.

Mais la dégringolade la plus brutale est subie par François Bayrou, président du MoDem, qui perd 15 points à 33%.

Écrit par : Opinionway | lundi, 15 juin 2009

Il va payer cash longtemps son altercation avec DCB...

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 15 juin 2009

Cela dit, s'il y a eu altercation, c'est parce que Bayrou était déjà nerveux, en raison de sa baisse de dynamique face à Europe Eco.

Et là, fondamentalement, il a payé cash sa stratégie d'anti-sarkozysme primaire en guise de programme.

Maintenant Bayrou est face à une grosse difficulté:

- s'il change, il sera accusé d'opportunisme, aura du mal à convaincre de la sincérité du changement

(Or le vote Bayrou était surtout un vote de confiance en une personnalité sincère et honnête).

- s'il ne change pas il va au mur.

Il lui faudra du temps, et espérer des erreurs de ses adversaires.

Écrit par : Opinionway | lundi, 15 juin 2009

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