Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Humeur sombre | Page d'accueil | Dettes du foot, pires que les États ! »

mardi, 16 juin 2009

Réforme du lycée, mon conseil à Descoings

Avec du retard, je reprends un billet entamé il y a quelque temps sur les réformes du sieur Descoings. Mathieu trouve que je l'ai tâclé injustement parce qu'il s'est rendu à la convocation du Sieur Descoings pour amuser la galerie. Il n'y a rien d'injuste dans ma remarque. Quand on s'imagine que le sieur Descoings est avenant et sympathique, c'est que l'on n'a strictement rien compris à la stratégie de manipulation dont on est la victime. Les réformes du Sieur Descoings masquent une idéologie perverse que ce bon technocrate n'est peut-être pas même conscient de véhiculer, encore que...

Parce que ce que le Sieur Descoings attend des entrevues qu'il a avec des blogueurs z'influents, c'est justement que l'un d'entre eux titre sur la pertinence d'emmener 50% d'une classe d'âge à la licence et en conclue qu'il faudra forcément ouvrir les bacs généraux pour cela. Voilà ce qu'attend le Sieur Descoings, et voilà ce que lui sert sur un plat Mathieu. Ainsi, il pourra éradiquer la diversité des bacs généraux et aboutir enfin au bac uniformisé et insipide dont il rêve. Un bac pour tous, quoi... Et mon Mathieu de conclure : « le lycée doit-il rester un système élitiste de sélection (dit républicain, ce dont je doute chaque jour un peu plus) ou doit-il être plus ouvert ?». Ben avec une non-question comme celle-là, on n'a même pas besoin de douter de la réponse. On comprend avec le vocabulaire utilisé et ses connotations (élitiste, sélection contre ouvert) que la question est déjà tranchée. Faux questionnement qui élimine d'emblée une autre alternative à laquelle moi, je crois : celle d'un système qui mène de front excellence et remédiation, qui individualise les parcours et cherche l'optimum propre de chaque individu comme une cause finale aristotélicienne. Je lis trop Maria Montessori, moi...

J'ai quelques idées de réforme tout à fait novatrices à proposer à Descoings et aux réformateurs patentés  :

- f.... la paix aux profs une bonne fois pour toutes et les laisser s'organiser.

- ne toucher à rien dans l'immédiat : il faut 15 à 20 ans minimum pour juger de l'efficacité d'une réforme.

- corollairement, cesser de réformer dans l'urgence chaque fois que l'opinion se saisit d'un fait divers ou qu'une étude statistique est publiée.

- proposer aux Co-psy d'être en contacts permanents avec les CCI (Chambres de commerce et d'industrie), ce qui serait autrement plus efficace que de les squizzer (moi aussi je peux parler globish...). Ainsi, ils seraient tenus au courant au jour le jour des besoins des bassins économiques et industriels. Ma réforme ne coûte pas un kopeck, ne touche pas au statut des conseillers d'orientation et ne vient pas les faire ch... dans leur pratique professionnelle.

Au passage, je suggère à Descoings & cie la lecture des passionnants ouvrages de Maria Montessori. On pourrait envisager non un lycée pour tous, mais, au contraire un lycée pour chacun. Un lycée pour chacun, ce ne serait pas un système qui cherche à amener toute une génération à un socle quel qu'il soit, mais, au contraire, qui assure à chacun un développement optimal. Cela passe par une diversification des parcours et des méthodes et en aucun cas par les solutions simplificatrices de Descoings & cie. J'invite sur ce point fortement à lire le billet de Barre Jadis dont j'épouse pour l'essentiel les vues.

Intéressant, d'ailleurs, d'observer combien l'aristotélisme imprègne à certains égards la pensée de Maria Montessori. J'avais lu l'enfant, j'entame de l'enfant à l'adolescent actuellement. Poursuivant son hypothèse de l'embryon spirituel menant son développement propre, elle étudie dans cet ouvrage trois nouvelles phases du développement de l'enfant. J'en rendrai compte dans un prochain billet. Mais, elle annonce d'emblée la couleur en évoquant le développement de l'individu plutôt que celui d'une masse sociale. Notamment, elle estime que chaque individu possède en soi sa fin propre. J'y vois pour ma part, la cause formelle de chaque individu, idée que l'on trouve énoncée et développée dans la Métaphysique d'Aristote. Maria Montessori y ajoute une dimension éthique et spirituelle.

J'en finis avec cette disgression pour simplement conclure que l'un des premiers motifs de mon engagement aux côtés de François Bayrou, c'est de partager avec lui ma vision de l'école. Et l'une des raisons qui font que je ne peux plus voir en peinture les Socialistes, c'est ce qu'ils ont fait de l'école, et l'UMP, c'est ce qu'elle veut en faire...

Commentaires

Cette méthode de la "consultation" est le meilleur moyen d'imposer des réformes verticales. Lors de la consultation des lycéens d'Île-de-France, les propos des rapporteuses et des lycéens, séparés dans le rapport, étaient les mêmes. C'est ce qui nous faisait conclure (cf. lien) : "A moins d’une unanimité générale, et surprenante, sur la question de la réforme du lycée, la tentation est grande de penser que les rédactrices de la synthèse ont prêté aux lycéens des idées qu’elles voulaient défendre par ailleurs."

Écrit par : SOS Education | mardi, 16 juin 2009

@ SOS éducation
Exactement. Et ça marche, en plus ! Ce qui est étonnant, c'est de voir des blogueurs aguerris tomber dans le panneau.

Écrit par : L'hérétique | mardi, 16 juin 2009

Dis donc, je suis une star ici...

Je répondrai par un billet parce qu'il y a plusieurs choses ici, dont certaines que je trouve assez contradictoires, qui méritent un vrai développement.

Par contre, le fait de trouver Descoings "sympathique et avenant" n'a aucun rapport avec ce qu'il y a dans son rapport (que je n'ai toujours pas fini d'ailleurs).
Tu sembles toi-même sympathique, mais je suis en désaccord avec ton billet. L'un n'empêche pas l'autre.

A bientôt pour le billet de réponse.

Écrit par : Mathieu L. | mardi, 16 juin 2009

Merci pour le lien.

J'aime la dernière phrase du billet qui résume bien mon état d'esprit.
Je n'ai pas grand chose à rajouter.
Ou juste un détail : Barrejadis, c'est en un seul mot.

Écrit par : Oaz | mardi, 16 juin 2009

@ Oaz

Il faut que je fasse la correction. Je m'en occupe !

Écrit par : L'Hérétique | mercredi, 17 juin 2009

Assez en accord avec vous, l'hérétique, le billet d'Oaz est intéressant.

Écrit par : Martine | mercredi, 17 juin 2009

Un nouveau billet de Brighelli sur un sujet connexe : http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2009/06/17/autonomie.html

Écrit par : Oaz | mercredi, 17 juin 2009

J'adhère vivement !!
(même si j'ai quelques doutes sur Montessori et l'aristotélisme, besoin de réfléchir un peu)
La conclusion, un bijou ^^

Écrit par : florent | mercredi, 17 juin 2009

@ florent
sur le fait que Maria Montessori ait une inspiration aristotélicienne ?
@ Oaz
J'ai lu le billet de Brighelli. En fait, Brighelli, je suis une fois sur deux d'accord avec lui. Et la fois suivante, en désaccord.

Écrit par : L'hérétique | mercredi, 17 juin 2009

C'était ambigu scuzémoi, je parlais des deux aspects séparément. Nous avions commencé à aborder le sujet suite à un autre de vos articles il y a pas mal de temps. Mais c'est un fil rouge, nous avons le temps...
(pardon de jouer les Martine, mais j'ai tellement de lectures en retard ici et ailleurs, je dois parer au plus pressé - comment faites-vous pour ne jamais décrocher ?!)

Écrit par : florent | mercredi, 17 juin 2009

@Florent,
:D

Écrit par : Martine | jeudi, 18 juin 2009

je suis tout à fait d'accord. et ça me rappelle que suite à un précédent billet je m'étais promis de lire Montessori cet été. je cours chez ....com

Écrit par : olympe | samedi, 20 juin 2009

Bonjour Olympe

J'ai terminé hier "de l'enfant à l'adolescent". Je commence à avoir une bonne vision d'ensemble du plan de développement de Montessori.
Très simplifié :
petite enfance : c'est l'ambiance qui compte. Il faut favoriser au maximum le développement propre de l'enfant, respecter ses périodes sensibles ne pas substituer sa volonté à la sienne.
enfance : c'est l'âge de la découverte. Il faut partir de réalités pratiques et naturelles (l'eau, la terre, les plantes) et lui faire découvrir le monde en remontant ensuite vers le théorique.
l'adolescence : c'est l'âge social => il faut axer l'éducation sur la socialisation pratique : donner de l'argent de poche pour faire comprendre à l'enfant que les choses s'achètent et que l'argent est un nouveau pouvoir, ne pas hésiter à lui faire tenir une boutique (en groupe) favoriser les travaux d'intérêt général de toutes sortes (mais aussi pour les particuliers) bref, tout ce qui concrètement sert l'éducation en société et la socialisation.
Après l'adolescence, l'université : là, elle a des positions qui peuvent surprendre. Elle pense qu'une éducation qui a bien fonctionné donne le goût pour la recherche et la culture aux jeunes hommes et aux jeunes femmes. Il ne faut pas les infantiliser avec un système de notes, mais la relation entre étudiants et maîtres doit-elle être celle des disciples à leur mentor. Parallèlement, ils travaillent, parce que l'université ne doit pas répliquer le système scolaire.
J'ai du schématiser. Je parlerais plus longuement de tout cela dans le billet que je consacrerai à ma lecture.

Écrit par : L'hérétique | samedi, 20 juin 2009

Effectivement l'hérétique, les travaux de Montessori sont intéressants par certains aspects :)

Écrit par : Martine | samedi, 20 juin 2009

Les commentaires sont fermés.