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  • La pub, inépuisable vache à lait ?

    Il y a une question que je me pose depuis un moment : chaque fois que je vois des particuliers ou de nouvelles plate-formes se développer sur la Toile, j'entends toujours parler de financement par les recettes publicitaires, et, à lire les projets, on a l'impression qu'il s'agit là d'un puits sans fond, d'une Corne d'Abondance qui ne connaît pas de limites.

    Nous avons connu deux crises financières profondes en moins de dix années : bulle internet en 2001, crise du crédit tout récemment. J'ai l'impression que la prochaine crise sur Internet cela celle des recettes publicitaires. Partout on trouve l'idée que c'est la solution universelle au financement des activités numériques. Viendra un moment tout de même où les diverses entreprises finiront par réduire leurs investissements dans ce domaine, surtout si une crise économique menace, par exemple.

    Or, le gratuit se développe, prolifère, même, sur l'idée que la publicité paiera. C'est la nouvelle intendance. Tout va bien, Madame la Marquise, la Publicité suivra et paiera tout. D'ailleurs, l'actuel gouvernement envisage de taxer les recettes publicitaires du net. Après l'amendement de mon Jean, encore un bon coup sur la fracture numérique...

    Toutefois, les sommes en jeu, au regard de ce que représentent par exemple les opérateurs de télécommunications, sont assez faibles. Moins de 450 millions d'euros pour la totalité des recettes publicitaires sur internet en France.

    Il n'en reste pas moins que ce modèle de développement m'inquiète parce qu'il ne diversifie pas ses sources de financement et que l'expérience prouve que miser sur un seul cheval est presque toujours très risqué...

  • Le Nouveau Centre fait exploser le prix des ordinateurs

    Et voilà, j'en parlais il y a deux jours, et j'en ai la confirmation définitive par Orange Politique. Le Nouveau Centre a fait passer un amendement qui permet de faire payer la redevance TV, soit 116 euros par an à tout acheteur d'un ordinateur moderne.

    Prétexte ? ils peuvent recevoir la télévision. Conséquences ? Vous n'aviez pas beaucoup de sous et vous vouliez acheter un ordinateur pour les cinq prochaines années. Les programmes de m... de la télévision vous emm... à mourir. Vous payez 300 à 400 euros, satisfait de votre investissement. Mais, une très mauvaise surprise vous attend : vous allez payer 580 euros de plus dans les cinq années qui suivent. Coût total de l'opération ? 880 à 980 euros. Bon, et attendez, je suis bon : je table sur un changement d'ordinateur au bout de 5 ans. Parce que pour chaque année qui va s'écouler en plus, la facture va s'allonger...En supposant que la redevance TV n'augmente pas bien sûr...C'est bien, on a des idées astucieuses au Nouveau Centre...Il va falloir que j'ouvre un chapitre intitulé "Mon Jean et la fracture numérique"...

    Ia ora na les néo-centristes, comme le dit souvent mon saltimbanque favori, Leroy-Morin, dont j'espère une note prochaine sur le sujet...

  • École, la fin du clivage gauche/droite

    Je viens de lire avec un très grand intérêt le billet du Président du SNALC, un syndicat enseignant sur Médiapart : il analyse avec finesse le propos de l'ouvrage de Muriel Fitoussi et Eddy Khaldy "Main basse sur l'école publique". Ces derniers accusent Darcos et Sarkozy de chercher à rétablir une école de type clérical, antérieure même à Ferry. En réalité, avec beaucoup d'intelligence, Bernard Kunz observe que la plupart des réformes proposées par la droite depuis qu'elle est au pouvoir s'inspirent des revendications pédagogiques de nombre de syndicats de gauche, particulièrement le SGEN-CFDT. Le clivage droite-gauche n'est plus opérant car, en réalité, les mêmes individus sont aux commandes de l'Éducation Nationale depuis des années, passant de cabinet en cabinet et de gouvernement en gouvernement.

    Cela fait longtemps que je dénonce cet état de fait sur mon propre blog, et notamment l'alliance entre les recettes pédagogistes et la forme moderne du malthusianisme gestionnaire que Kunz appelle libéral. Pour moi, je n'y vois pas du libéralisme, mais de l'opportunisme et de l'absence de vue à long-terme, tout simplement. Les libéraux ne sont pas bêtes à ce point-là.

    Je ne partage pas l'avis de Kunz sur les talents, car je crois, comme les Marxistes (trop fort, non ? :-D ) à l'éducabilité universelle. En revanche, cette même éducabilité ne me paraît pas contradictoire avec une sélection selon les goûts, les résultats et les efforts consentis de chacun. Une chose est certaine : je me défie tout à fait, comme Bernard Kunz, des thèses constructivistes dans le domaine de l'acquisition du savoir, même si je reconnais qu'elles sont en revanche intéressantes en littérature et en analyse littéraire.

    Il n'en reste pas moins que nous devrions au MoDem, non pas nous aligner sur la doxa de la superstructure pédagogique et du SGEN-CFDT qui s'impose partout mais prendre acte de cette absence de clivage et réfléchir à une alternative nouvelle qui pourrait s'enraciner profondément dans l'esprit de la Renaissance et de l'humanisme.