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vendredi, 27 mai 2011

Ils nous font ch... avec la sécurité routière...

J'ai lu l'intervention de Yanh Werhling sur les radars, intervention qui m'a suprêmement agacé. Peu de choses ne me hérissent davantage que lorsque je vois mon parti verser dans le politiquement correct dégoûlinant.

En somme, ce qu'il dit, c'est qu'il aurait fallu ne pas placer de panneaux de signalement pour les radars dès l'origine.

Cette sorte de jeu de chat et de la souris m'exaspère. Le but, c'est de réduire les accidents ou de piéger les citoyens. De toutes façons, les mecs qui roulent sans permis ou qui sont ivres, ils n'en ont rien à f... des panneaux d'avertissement ou non. Mais pour l'écrasante majorité des citoyens, des détecteurs de vitesse pédagogiques, c'est efficace.

Ce qui m'énerve, c'est que l'on va voir disparaître bêtement (bêtement, au fait, ou au contraire cyniquement ?) des panneaux avertisseurs en ville et sur les autoroutes, là où il y a le plus de trafic, alors même que 85% des tués en voiture le sont en rase-campagne (chiffres de la sécurité routière) !!!

Mais bon, comme le but est de choper le maximum de personnes pour remplir les caisses de l'État sur le dos du mouton automobiliste...

Dommage que l'on ne dispose pas de statistiques fines sur les accidents de la route. Je trouve particulièrement stupide la remarque de Werhling sur les système embarqués (au passage, ce que je ne comprends pas, c'est que Bayrou semble dire exactement le contraire) : ceux qui utilisent des coyotes, à mon avis, ce ne sont pas ceux-là qui ont des accidents. Le simple fait d'utiliser ces systèmes prouvent qu'ils font preuve d'une vraie vigilance et qu'ils considèrent les contrôles et les questions de sécurité routière. Si l'on place aux endroits stratégiques, donc dangereux, les radars, on peut être sûr qu'ils ralentiront à ces endroits-là puisqu'ils chercheront à repérer les radars. Or, en principe, le but, c'est surtout de mettre fin aux accidents là où ils se produisent.

Werhling propose de brider les moteurs à 130km/h. C'est idiot, une fois de plus. Le problème, ce n'est la vitesse, mais les conditions de circulation et l'endroit où l'on roule à grande vitesse.

160km/h sur une ligne droite sur l'autoroute, ce n'est pas ça qui provoque un accident. En revanche, 100km/h n'importe où dans une ville, oui. Donc, on pourra brider tout ce que l'on voudra les moteurs, cela ne changera pas les données du problème.

Une petite remarque encore : en Allemagne, la baisse des accidents de la route de 2005 à 2008 a été de 32,7%, et en France de 33% (chiffres INSEE). Pourtant, pas de bridage des moteurs ni de limitation des vitesses sur les autoroutes là-bas, donc, ce n'est pas le problème.

samedi, 15 janvier 2011

Ben Ali, l'hypocrite arrivée après la bataille de la presse

Alors là, je trouve que c'est trop fort ! regardez-moi  ces éditorialistes qui ont ciré les pompes du président Ben Ali pendant des années et des années (ou du moins, qui se sont largement tus, avalisant les calculs et hypothèques en cours), qui se montraient encore si prudents en début de semaine : les voilà à stigmatiser l'attitude de la France qui aurait raté le coche. Position morale facile quand on arrive après la bataille. La presse française dans toute son ampleur...Donneuse de leçons une fois le risque passé. La palme revient à Laurent Joffrin de Libération (bientôt du Nouvel Obs) : 

Ce régime était en toc, et tous ceux qui l'ont tenu à bout de bras au nom d'une realpolitik des imbéciles doivent maintenant expliquer pourquoi celui qu'ils tenaient pour un rempart solide contre les islamistes est tombé comme un château de cartes.

Quel abruti vaniteux, arrogant, prétentieux et donneur de leçons. La gauche morale dans toute son ampleur. 

J'observe toutefois, et heureusement, la mesure du Figaro (en tout cas, de Pierre Rousselin). Bien sûr, on peut se réjouir de la chute du dictateur, mais, l'avenir de la Tunisie reste obscur, aucune force politique n'ayant émergé dans cette histoire, et pour cause : la révolte du peuple n'est à la base pas politique, et je soupçonne fort que l'opposition, islamistes compris, ait été prise de court par la promptitude de leur peuple...

La seule chose à faire, me semble-t-il, c'est de laisser les Tunisiens s'organiser : je pense qu'ils ont pris leur destin en main. On peut supposer que les autorités transitoires n'auront d'autres choix que d'organiser des élections législatives à court-terme. Ce n'est qu'à l'issue de ces dernières que la France pourra avoir une idée plus claire des forces en présence, car c'est bien là toute la question : quid de la Tunisie dans un avenir proche. Les Tunisiens qui ont pris connaissance de leur force, on peut le supposer, ne se laisseront désormais plus diriger contre leur gré par un homme fort qui leur imposerait des mesures dont ils ne veulent pas.

Pour ma part, moi qui m'étais montré très hésitant sur la situation politique de la Tunisie, je donne quitus à Yann Werhling du MoDem d'avoir senti immédiatement l'aspiration populaire qui devait venir à bout de Ben Ali et d'avoir appelé la France à exprimer clairement son soutien au renversement du despote. Néanmoins, quand une situation est instable, il est légitime de se montrer prudent.

Comme le dit Marielle de Sarnez, maintenant, il faut regarder l’avenir avec espoir en souhaitant que la démocratie s’installera et résistera aux dangers intégristes. La première étape à laquelle tous les pays doivent désormais contribuer, c’est éviter le chaos pour que la transition démocratique s’impose.