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vendredi, 18 septembre 2009

Jesrad et Zadig

En parallèle des Paysans de Balzac, je relisais tout récemment les contes philosophiques de Voltaire, et en particulier l'histoire de Zadig. Or, il y a un petit détail qui a attiré mon attention : au cours de ses pérégrinations, Zadig croise un ermite assez étrange, qui vole un hôte généreux, en récompense un autre qui est avare, et tue le jeune neveu d'une hôtesse. Zadig, éberlué, refuse d'aller plus avant avec un fou pareil jusqu'à ce que ce dernier se dévoile à lui sous les traits d'un ange.

En réalité, chacun de ses actes a été guidé par une impérieuse nécessité : le premier de ses hôtes a accueilli les voyageurs par vanité, le don fait au second lui apprendre à donner et le neveu de l'hôtesse allait l'assassiner un an plus tard. Zadig rétorque qu'on aurait pu peut-être apprendre au jeune homme à se réformer, mais Jesrad clôt définitivement la discussion en révélant que Zadig, l'année suivant la mort de leur hôtesse, aurait été à son tour victime du meurtrier.

En fait, je suis étonné par ce passage : dans Candide, Voltaire s'échine à moquer Pangloss et ceux qui se réjouissent de l'enchaînement nécessaire des événements. Je ne vois pas de différence de fond entre Pangloss et Jesrad, mais le second apparaît avec bien plus de majesté. J'ajoute que Zadig me paraît avoir la réaction de bon sens, qui renvoie, d'ailleurs, directement à un humanisme bien compris.

Du coup, je me demande quel est le parti de Voltaire, dans cette histoire : Jesrad ou Zadig ? Est-ce l'amorce d'un débat ou une ruse pour échapper à la censure. Et d'ailleurs, serait-ce applicable, étant donné que l'avis de Jesrad renvoie davantage au jansénisme qu'aux positions officielles de l'Église au XVIIIème siècle.

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11:02 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : zadig, voltaire, candide |  Facebook | | |

dimanche, 15 mars 2009

Nicolas Sarkozy, cessez de bafouer nos libertés !

Je commence à en avoir ras la casquette de l'omni-président et des pratiques de sa police. Plus qu'assez. Je suis attaché aux libertés en règle général, car je me réclame du libéralisme. Libertés économiques, bien évidemment, mais aussi libertés civiques et sociales. Et là, je commence à bouillir : collégiens frappés parce qu'ils avaient le malheur de se trouver au milieu d'une manifestation, là un lycéen de 15 ans  espionné par des services de police parce qu'il tient un blog d'informations plus ou moins politisé sur la politique éducative, et ailleurs encore, une jeune femme voilée humiliée et emmenée dans une prison parce qu'elle a une bombe lacrymogène pour se défendre contre un ex-mari violent dans son sac.

Nicolas Sarkozy, la révolte gronde, et moi, je vous somme de faire machine arrière. Vous bafouez sans cesse les libertés les plus élémentaires. Vous me rappelez cette soldatesque bulgare du Candide de Voltaire, qui le condamne aux pires châtiments parce qu'il a usé de la première de ses libertés qui est celle de marcher...

Il s'avisa un beau jour de printemps de s'aller promener, marchant tout droit devant lui, croyant que c'était un privilège de l'espèce humaine, comme de l'espèce animale, de se servir de ses jambes à son plaisir. Il n'eut pas fait deux lieues que voilà quatre autres héros de six pieds qui l'atteignent, qui le lient, qui le mènent dans un cachot.

Moi, j'en ai assez, et je trouve que cela devient inquiétant quand l'appareil d'État commence à prendre l'habitude de ficher et d'espionner ses citoyens et de les arrêter pour un oui ou pour un non. Ça commence à bien faire la Securitate...on n'est pas chez les Ceaucescu, ici !