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  • Quand l'Europe sera seule face au terrorisme

    Je crois vraiment qu'en dehors des Français et de quelques eurodéputés (Particulièrement Marielle de Sarnez et plus généralement ceux de l'ADLE), nos compatriotes continentaux ne comprennent pas les enjeux profonds de la guerre qui se déroule au Mali.

    Pendant des années l'Amérique a joué les gendarmes du monde au Proche-Orient laissant la France, au temps de la françafrique gérer les choses en Afrique subsaharienne. 

    Si les USA se sont longtemps occupés de géopolitique dans cette région du monde c'est que leurs approvisionnements énergétiques trouvaient là plusieurs de leurs sources principales.

    A l'heure actuelle, la révolution des gaz de schiste en Amérique pourrait bien changer la donne et plus vite qu'on ne le croit. Si les USA deviennent premiers producteurs mondiaux et atteignent l'auto-suffisance énergétique qui peut croire un seul instant qu'ils viendront s'embourber dans des guerres qui ne les concerneront plus ? Ils se retireront des affaires et les Européens se retrouveront en première ligne.

    La France vient d'empêcher in extremis le Mali de devenir une plaque tournante du terrorisme : si les djihadistes s'étaient emparés de Bamako il aurait été extrêmement difficile de reprendre la ville par la suite et cela aurait coûté des centaines de morts au bas mot côté français. 

    Mais la France n'a pas le dos assez solide pour jouer les gendarmes ne serait-ce que d'une région du monde. L'Europe attend lâchement qu'elle fasse le boulot en poussant un ouf de soulagement.

    Marielle de Sarnez et François Bayrou déplorent à juste titre l'absence d'une défense et d'une armée européennes. Aujourd'hui, en fait de défense, on ne compte en Europe que des électrons isolés et les gouvernements européens utilisent généralement la défense comme variable d'ajustement budgétaire   pour financer leur protection sociale.

    En France, pendant que le Qatar assure panem et circenses avec son PSG il nous détourne de ses véritables agissements au Mali entre autres. Rien d'étonnant à ce qu'il n'ait pas vu d'un bon oeil notre intervention sur ce qu'il s'apprêtait à considérer comme ses nouvelles late-bandes.

    A vrai dire, comme d'autres, je me suis laissé abuser dans le passé, sur ce blog, par l'apparence libérale et lisse qu'offre le pouvoir qatari avec sa chaîne d'information où tout semble pouvoir se dire mais je suis revenu de cette opinion erronée. J'en donne (pour une fois) quitus à Marine Le pen qui mettait en garde contre l'influence grandissante de ce pays chez nous et que j'ai (sur ce coup-là) conspuée à tort.

    En tout état de cause cette guerre au Mali n'est pas française mais européenne. Que comptent faire les Européens ? Attendre que l'Islam radical occupe la totalité de l'Afrique avec la bénédiction de puissants états pétroliers ? Les USA ont longtemps joué avec le feu et s'en sont mordus les doigt un certain 11 septembre 2001. Nous devrions apprendre de l'expérience des autres.

    En France, on conchie les fédéralistes européens en les soupçonnant de vouloir jeter à bas les nations. Sans verser dans cette extrémité il est pourtant évident qu'il ne saurait exister d'Europe puissante et déterminée sans l'unification d'un certain nombre d'institutions aujourd'hui nationales.

    La situation qui prévaut actuellement au Mali d'abord puis aux abords de l'Algérie en est une illustration aussi éclatante que fâcheuse...

  • Député à deux ?

    Je vois qu'un vieux serpent de mer refait surface : on parle à nouveau de mettre fin au cumul des mandats. C'est évidemment loin d'être fait. Hollande veut une loi à horizon 2015 mais la réalité est qu'il devra faire face à sa propre majorité...

    Sur le sujet, Bartolone soulève un lièvre et l'assortit d'une proposition intéressante :  en cas de non-cumul des mandats nombre d'élus vont devoir choisir entre deux fonctions. Renoncer à une représentation nationale comme la députation amène à déclencher une législative partielle. Bartolone proposait donc de donner automatiquement le siège de député au suppléant dans un tel cas de figure.

    Pour ma part, je serais plus radical. Je regrette que les suppléants ne fassent que de la figuration. Nous devrions avoir des députations bicéphales comme autrefois les consuls romains de jadis qui exerçaient par paires.

    Évidemment, cela supposerait un partage des indemnités, mais de ce fait, les députés ne seraient plus automatiquement contraints d'abandonner leur emploi des aménagements devenant possibles. Le suppléant devrait avoir le pouvoir de suppléer le député en toutes circonstances ou, mieux encore, à la romaine, les deux pourraient partager les taches ou siéger alternativement.

    Très peu de députés associent à l'heure actuelle leur suppléant à leur fonction à quelques exceptions près (Bayrou, par exemple, organisait une fois par mois avec son suppléant un compte-rendu de mandat à Pau de 2007 à 2012).