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  • Bayrou, entrer dans le gouvernement Ayrault ? Surtout pas, malheureux !

    Je crois que mon ami Yves se fourvoie largement depuis quelque temps. Il est convaincu que l'alliance avec la gauche est la seule issue pour le centre à l'avenir, et, le voilà à suggérer à Bayrou de se joindre aux Socialistes.

    Il n'y aurait pas plus mortelle erreur, et pour plusieurs raisons.

    Je l'ai souligné à l'issue du premier tour de la présidentielle, Bayrou n'a pas tout perdu en 2012, et c'est encore plus vrai maintenant : il a reconstruit son image, et, je puis vous garantir qu'il y a un an, je n'aurais jamais imaginé que cela se serait produit aussi vite.

    Mieux encore : son attitude lui a donné le visage de l'intégrité, et, chose vraiment rare en politique, il a gagné l'estime ouverte de ses adversaires. Je crois les Socialistes sincères quand ils soulignent les qualités du Béarnais et l'assurent de leur estime. J'entends çà et là des électeurs de gauche, et je vois qu'ils ont bien enregistré le vote de François Bayrou même s'ils n'ont pas voté pour lui. Ils sont nombreux à lui en être reconnaissants.

    A droite, évidemment, on en veut à Bayrou, mais je crois que ce serait bien pire si l'on devait constater qu'il pourrait avoir agi pour un maroquin. Ce n'est pas le cas, et, au fil du temps, je pense que les électeurs de droite (du moins une partie) lui pardonneront. L'UMP devra bien finir par se poser une question après toutes ces élections perdues : pourquoi Diable François Bayrou a-t-il voté pour François Hollande alors qu'il estimait que son programme économique allait conduire la France dans le mur ? 

    Que l'UMP visionne à l'envie le clip de deuxième tour de Nicolas Sarkozy, et je pense qu'elle aura des éléments de réflexion. Bayrou n'est pas un homme de gauche, ils sont nombreux à l'avoir dit à droite, alors : quid ? Quando ? Quomodo ? Cur ? 

    Enfin, Bayrou n'est pas en accord avec le programme socialiste : comment pourrait-il le rejoindre ?

    Moi, voilà, ce que je conseillerai à Bayrou : Rodolphe Geilser du Figaro se livre fort opportunément à une analyse politique qui me paraît loin d'être bête : foin des clivages et des prises de position, c'est bien plutôt l'éloignement de sa circonscription qui a joué des tours à Bayrou bien que je le sache profondément imprégné de son identité béarnaise ; il aurait donc tout intérêt à revenir dans les conseils municipaux de Pau et à s'immerger à nouveau dans son département en comprenant bien qu'il ne suffit pas d'aller voir les maires mais qu'il faut aussi parler aux gens. Qu'il commence par cela, je pense que c'est une jouvence salvatrice.

    Ensuite, comme je l'ai conseillé récemment, il pourra réfléchir à des propositions européennes non seulement pour l'Europe, mais aussi pour la France et également pour sa région, les Pyrénées Atlantiques.

    Rejoindre la gauche reviendrait à gâcher tous les acquis des mois qui viennent de s'écouler et à brouiller irrémédiablement son image. Ce n'est souhaitable à aucun point de vue. Bayrou a perdu, certes, mais, de l'avis unanime, dans l'honneur. J'ai été frappé de consater qu'une courte majorité de Français à l'échelle nationale souhaitait le voir présent à l'Assemblée , juste avant le second tour des élections législatives. Ce fait laisse augurer un possible rôle national à l'avenir.

    Reste le MoDem : dans un mariage, il est de coutume que la mariée apporte une dot. Je pense que le MoDem n'a actuellement rien à offrir : ni score aux élections ni idées à faire valoir. Avant de songer aux noces il vaudrait mieux commencer par remplir le trousseau, et, vu la claque magistrale prise à la dernière élection, cela va être un travail de longue haleine.

    Bref, plutôt que de faire la manche avenue de Matignon, je suggère à tous ceux qui veulent espérer un avenir plus radieux pour le MoDem de s'organiser pour constituer ou reconstituer des commissions où l'on réfléchisse, non où l'on échange des concepts creux comme j'ai pu le voir et l'entendre parfois, que l'on essaie d'accoucher de quelques premières idées fortes et étayées d'ici quelques mois, et, le cas échéant, pourquoi pas, que nous proposions aux autres forces centristes des commissions multi-partites quitte à ce que chaque chapelle centriste fasse ensuite son propre chemin. Au moins auront-elles eu le mérite d'établir une plate-forme commune, chose qui facilite les retrouvailles après en règle générale.

  • Un rassemblement centriste ? Peut-être, mais sur la base des idées d'abord !

    Je suis assez scié de voir chez les militants démocrates envisager des rapprochements tactiques avec les autres chapelles centristes ou modérées (radicaux, par exemple) : je suis désolé, mais, qu'on se le dise, on s'adresse d'abord aux Français. La tactique, moi, je m'en tape, parce qu'in fine, c'est ce que l'on dit aux Français qui fait qu'on est élu ou non.

    Au moins au MoDem, mais c'est peut-être vrai chez les militants radicaux ou néo-centristes (je crois toutefois qu'ils sont encore moins nombreux que nous bien que disposant de plus d'élus), il n'est question que de cette opportunité, certains la rejetant parce qu'ils rejettent toute possibilité d'alliance avec la droite, d'autres, au contraire, appelant à se montrer pragmatiques.

    Je suis désolé, mais j'ai lu quelques aspects programmatiques de ce que disait le Nouveau Centre et il y a pas mal de choses avec lesquelles je ne suis pas d'accord. Je ne connais rien du programme des radicaux valoisiens et, chez eux, la seule figure connue qui présente des idées avec lesquelles je suis compatible, c'est Yves Jégo. Je puis aussi citer Léonetti sur les aspects sociétaux et moraux avec lequel j'ai certaines convergences.

    Je me reconnais dans tous les principes de l'Alliance Centriste mais je ne sais pas ce qu'elle veut faire dans le détail. 

    Quant à l'URCID, je refuse de m'associer à une structure qui a choisi un nom aussi moche...URCID, ça rime avec suicide...

    Bref, je veux bien que les centristes oeuvrent ensemble, mais, si cela doit être le cas, commençons par reconstituer dans chaque parti des commissions dignes de ce nom et travaillons sur un programme commun.

    Ce n'est qu'une fois ce dernier établi que l'on pourra commencer à envisager regroupements et alliances. 

    Pour l'instant, on n'y est pas, et ce n'est pas la peine de mettre la charrue avant les boeufs, même si j'admets qu'un groupe technique à l'assemblée peut être à l'avantage de tous.

    Bref, brandir l'étendard centriste, cela ne veut rien dire : c'est gentil de se parler les uns aux autres, mais les Français, ils n'en ont rien à f... du centre. Ce qui les intéresse, c'est ce qu'on leur propose concrètement. On construit une plate-forme de propositions d'abord et on voit la suite ensuite...

    Alors commençons par le commencement, svp....

  • Et pourtant l'électorat de centre-droit existe !

    Il y a tout de même un truc qui me scie, après cette présidentielle et ces législatives, c'est que lorsque les sondeurs testaient il y a un an Bayrou, Borloo et Villepin en même temps, on arrivait à un score de 20% de l'électorat.

    Il y a donc bien un espace qui existe, mais personne ne parvient à en profiter. Au passage, sans centre-droit unifié, je vois mal l'UMP revenir au pouvoir. Il y a certes une usure, mais à l'UMP, on doit comprendre que ce n'est pas un hasard si TOUTES les élections ont été perdues depuis la création d'un parti unique de la droite ! Le Sénat pour la première fois à gauche depuis quasiment sa création ! Toutes les régions, toutes les grandes villes ou presque, la plupart des départements, et maintenant la présidence et l'assemblée.

    Le comble de l'histoire, c'est que je ne vois pas un seul mec ou une seule nana de droite se poser des questions. C'est tout de même la création de l'UMP qui a entraîné la dissidence de Bayrou puis son évolution vers un positionnement radicalement indépendant.

    Ils ne sont pas près de revenir au pouvoir, les gens de l'UMP. On est parti pour dix ans de gauche, sauf à ce que la crise vienne mettre tout le monde d'accord.

    Le problème, c'est qu'au centre-droit, on n'est pas près de fédérer non plus.