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  • Nicolas Sarkozy apprend la fiscalité...

    Ah. La majorité s'est enfin décidée à faire une réforme fiscale qui a une certaine cohérence. Évidemment, ce n'est pas idéal, mais c'est clairement en progrès.

    Donc, oui, il fallait supprimer le bouclier fiscal. Non, nous n'avons pas les moyens de renoncer à l'ISF. Oui, il ne faut pas qu'il soit confiscatoire. Oui, bonne idée de taxer expatriés, évadés fiscaux et étrangers sur leur patrimoine en France.

    En ce qui concerne les successions, l'alourdissement me paraît raisonnable.

    Je ne délivre pas de satisfecit, mais c'est mieux. Après, il y a d'autres points à réformer, et par exemple, il faut appuyer et faire passer le projet de loi de Jean-Christophe Lagarde, député néo-centriste. Plus question de payer les plans sociaux des entreprises excédentaires, cela me semble en effet de bonne guerre. Tout le centre ou presque s'y est rangé, puisque l'amendement est présenté aussi, outre plusieurs autres néo-centristes, par les députés de l'Alliance Centriste, Thierry Benoît et Philippe Folliot ainsi que par un député MoDem, Abdoulatifou Aly.

    Après l’article L. 1233-57 du code du travail, il est inséré un article L. 1233-57-1 ainsi rédigé : « Art. L. 1233-57-1. – L’autorité administrative peut, au vu de la situation économique de l’entreprise, refuser de signer les conventions permettant l’attribution des aides du fonds national de l’emploi pour la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l’emploi. Dans ce cas, le financement de ce dernier est à la seule charge de l’entreprise. « Cette décision est rendue avant la dernière réunion du comité d’entreprise. Elle est communiquée à l’employeur et au comité d’entreprise ou, à défaut, aux délégués du personnel. « En l’absence de représentants du personnel, cette décision est portée à la connaissance des salariés par voie d’affichage sur les lieux de travail. »

    Voilà, très bien...

    Petite remarque : cela fait depuis le mois de novembre que J-C Lagarde a déposé son projet. Ce gouvernement a parfois du mal à déterminer où sont les priorités...

  • Que faire de la prostitution ?

    Les députés français envisagent d'imiter Suède pour éradiquer la prostitution en pénalisant le client.

    Cela me semble une bonne chose, mais, il faut examiner de près l'exemple suédois. Pendant les deux premières années, les pouvoirs publics suédois n'ont pas obtenu de résultats sensibles. Ce n'est que lorsqu'ils ont mis en place une politique de réinsertion des ex-prostituées et de formation des forces de police et des institutions judiciaires pour sensibiliser ces dernières au sort des prostituées que les effets de la loi ont enfin commencé à se faire sentir.

    Quand la police a compris que le milieu de la prostitution était un agent infectieux en termes de criminalité et que sa disparition permettait à ses services de se concentrer sur les autres aspects de la criminalité, elle est alors devenue coopérative. Il en a été de même pour la justice.

    En France, le chemin sera long : l'imbécile loi qui punit le raccolage n'a toujours pas été abolie (même si elle n'a plus longtemps à vivre en raison d'une directive européenne qui établit clairement qui est la victime dans la prostitution) et il n'y a aucun projet particulier de réinsertion ni de sensibilisation en dehors du secteur associatif.

    J'en profite pour battre en brèche une idée tordue qui a fait longtemps son chemin : la prostitution empêcherait certains violeurs potentiels de passer à l'acte. C'est parfaitement faux. Au contraire, l'idée que l'on peut traiter comme moins que rien et traîner dans la boue une femme contribue à faciliter le passage à l'acte.

    Bien loin de protéger les prostituées, partout où elles ont été légalisées, leur sort a empiré et la prostitution a explosé.

    Il reste à régler le cas de la pornographie : lutter contre la prostitution, c'est affirmer que le corps d'une femme (ou d'un homme) ne peut être rétribué en échange de faveurs sexuelles. Évidemment, la pornographie, ce ne sont pas des faveurs mais, il n'en reste pas moins que femmes et hommes vendent bien leurs corps pour les simuler.

    Je ne crois pas qu'il faille viser une société aseptisée. Trop peser sur le balancier finit par produire l'effet inverse de l'effet voulu, et, comme dit le proverbe, qui trop embrasse mal étreint, d'autant que la frontière avec l'érotisme n'est pas toujours nette. A terme, oui, ce pourrait être un but, mais la contre-partie, c'est sans doute une société libérée d'un certain nombre de tabous en matière de sexualité et de nudité, c'est à dire quelque chose encore d'assez lointain.