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  • Les conditions de travail plutôt que le temps de travail...

    Tous les derniers combats de la gauche sur le travail, depuis trente ans, se sont concentrés sur le temps de travail plutôt que sa qualité.

    Quand j'analyse les motifs pour lesquels les Français s'arc-boutent sur la retraite à 60 ans, je vois que c'est surtout la pénibilité de leur travail qui les pousse.

    En réalité, presque tous les emplois deviennent les uns après les autres pénibles parce que le stress, la compétition, l'agressivité ont envahi toute la sphère de l'emploi. Concurrence pour trouver un emploi à 25 ans, concurrence pour en garder un à 50 ans, menaces de délocalisation, course à la performance, dévalorisation dans la fonction publique, la liste des maux qui menacent l'exercice même du travail serait longue à établir. Les suicides en entreprise, impensables il y a encore 20 ans se multiplient, désormais ; et la sphère du privée n'est pas la seule touchée. Des cas diplomatiquement tus touchent aussi la fonction publique.

    C'est le sentiment de ne pas pouvoir durer qui plus que tout affole, sans doute à juste titre, ceux qui voient avec effroi leur durée de travail à nouveau s'allonger.

    La question de fond, et je la partage avec Théodore Zeldin, que Karim-Émile Bitar interrogeait dans son Regards sur la France en 2006, c'est la signification de la valeur travail dans nos sociétés modernes.

    Pourquoi les Socialistes ont-ils mis en place les 35 heures ? Au prix d'un reniement des valeurs fondamentales du socialisme, et notamment l'idée que le travail émancipait l'être humain. 35 heures parce que le travail c'est dur. Alors oui, si l'on travaille 35 heures, ce sera encore plus dur, mais cela ne sera que 35 heures ; c'est toujours cela de gagné. Voilà qui en dit long sur l'état de la valeur travail dans l'opinion.

    Les syndicats avaient obtenu des choses intéressantes, dans de nombreux secteurs : comités d'entreprise, aides financières de l'entreprise, statuts, solidarités diverses dont il ne reste rien, au final.

    Voilà un point sur lequel je suis radicalement en désaccord avec Hashtable et Aurélien, le Président du Parti Libéral-Démocrate, par exemple. Aurélien en particulier reproche à la CGT de gérer les loisirs et les vacances des salariés d'EDF. Eh bien la CGT a bien raison, et elle devrait faire de l'idée de la priver de cet avantage un casus belli. Ceci ne l'exonère évidemment pas de publier des comptes corrects, mais le principe d'une inter-pénétration harmonieuse entre vie privée et vie professionnelle via les Comités d'entreprise est loin d'être une idée idiote, quand bien même elle aurait un coût.

    Google est l'exemple même de l'entreprise rêvée pour ceux qu'elle emploie : des horaires aménagés, une grande liberté, des avantages considérables, et, au final...l'envie d'y passer toujours plus de temps.

    Le monde du travail ne devrait pas se résumer à un "chacun pour sa pomme" et "crève ou marche".

    Seulement, pour réinventer un modèle solidaire de vie professionnelle, il y a un chemin très long qu'une société aussi individualiste que la société française a bien du mal à emprunter...

    Il faut enfin se réhabituer à l'idée que le bonheur et le travail ne sont pas nécessairement antinomiques. Il reste alors à poser les fondations d'un système ou l'emploi ne vire pas au cauchemar pour les Français...

  • Le terrorisme, ça ne prend pas en France

    Il y a eu, paraît-il des menaces d'attentat terroriste en France. Loin de moi l'idée de les minimiser, mais, je n'en pense pas moins qu'il ne faut pas non plus s'affoler.

    Il existe bien sûr un islam radical en France, mais, jusqu'à nouvel ordre, il ne s'est jamais vraiment montré menaçant pour la France.

    Il y a eu bien sûr les attentats de 1995, mais le contexte était différent : l'Algérie était alors en proie à une lutte à outrance entre la mouvance islamiste et le régime au pouvoir. J'ai toujours trouvé étonnant, lors de cette vague d'attentats en France, qu'elle soit survenue dans la période où la France se montrait justement critique avec le parti unique au pouvoir. Non moins surprenant qu'il n'y ait plus eu aucun incident par la suite, alors que la France mettait justement en sourdine ses critiques.

    En revanche, en 1996, la France ayant appuyé la reprise en main de l'Algérie par le pouvoir alors que le Front Islamique du Salut avait gagné clairement les élections, on peut suppose que l'attentat de Port-Royal ait été une riposte du GIA. Je n'avais pas de blogue à l'époque, mais si j'en avais eu un, j'aurais pu écrire mon opinion d'alors, qui était qu'il eût mieux valu pour l'Algérie laisser le FIS gouverner le pays sous la discrète mais sévère surveillance de l'armée. On eût pu alors soit voir le FIS se ramasser aux élections suivantes en raison de l'insuffisance de ses résultats, soit évoluer à la turque avec l'AKP.

    Aujourd'hui, en dehors de l'engagement en Afghanistan, un pays éloigné du Maghreb et pas Arabe, faut-il le rappeler, il n'existe pas de forts motifs de dissensions entre les natifs du Maghreb et la France.

    La mouvance radicale ne parviendra pas à recruter, d'autant que l'Islam conservateur et réactionnaire a une voix officielle et légaliste avec l'UOIF. Or, cet UOIF-là, tout en cherchant à faire avancer ses vues (port du voile, notamment), s'est toujours montré légitimiste avec la République.

    S'il n'y a eu aucun incident lors de la guerre avec l'Irak, il ne risque pas d'y en avoir avec l'Afghanistan. Évidemment, on ne peut exclure la folie de groupuscules fanatisés, mais, si opération terroriste il devait y avoir, elle ne se ferait en tout cas probablement pas avec la complicité de Français d'origine arabe ni même d'immigrés.

  • Give me my wikio back !

    C'est assez inhabituel de ma part de dire que je n'aime pas quelque chose chez wikio, société pour laquelle j'ai de la sympathie, mais, en la circonstance, je n'aime pas du tout le nouveau visuel.

    En fait, c'est l'organisation de l'information en colonne descendante qui me déplaît profondément. Du coup, impossible d'avoir une vue synthétique de l'actualité et de ce qu'il s'en dit sur les blogues. Je trouvais d'ailleurs astucieux d'avoir séparé les deux, car cela permettait de distinguer le traitement de l'information par les médias officiels d'un côté, et par les blogues de l'autre.

    Wikio était jusque là une sorte de google news amélioré pour moi. Mais là, franchement, avec même plus de classement thématique, on se tape 60% du temps les geekeries des technos, en fait d'info, plus quelques billets politiques qui émergent. Exit tout le reste, à commencer par l'économie, la littérature, les articles de fond sur la société, et cetera. Adieu la vue synthétique des discussions et débats qu'offraient les fils associés à l'information avec info-bulles.

    Est-ce que je crée un groupe facebook intitulé "rendez-nous l'ancien wikio ?"

    L'organisation de l'information est l'une des clefs, à mon avis, du moins, du succès des portails, y compris de ceux des réseaux sociaux. En se contentant de choisir comme seul critère la popularité des thèmes choisis, wikio a flingué en bonne et due règle ce qui faisait sa spécificité.

    En tout cas, au moins pour qui me concerne, je ne vais plus qu'épisodiquement m'y abreuver. Eh, oh ? Pierre Chappaz, Agnès, vous m'entendez ? Give me my wikio back, please ! (je suis plus poli que Thatcher, moi...)