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jeudi, 24 juin 2010

Tant de malades, en France ?

Les mauvaises nouvelles s'accumulent quant à la santé budgétaire de la France. L'heure approche de devoir effectuer des choix, souvent douloureux. François Bayrou avait prévenu dès 2007 que cette échéance approchait, et je vois, désormais, que l'heure des comptes a sonné. Des arbitrages vont être nécessaires. Comme j'ai un avis, je le soumets.

Bien que la santé soit l'un des biens auxquels les Français sont les plus attachés, il ne sera pas possible de ne pas tenter de rééquilibrer les comptes tant l'assurance-maladie est déficitaire. Aux alentours de 13 à 14 milliards d'euros de déficits. La CNAM estime que les dépenses de l'assurance-maladie devraient atteindre 210 milliards d'euros en 2015 contre 140 aujourd'hui.

J'ai cru comprendre que c'étaient les affections de longue durée qui pompaient 70% des remboursements. Or, il se trouve qu'elles augmentent dans des proportions phénoménales : 2.6 millions de cancers attendus en 2015 contre 1.4 aujourd'hui. 2.6 millions de diabètes contre 1.3 aujourd'hui à horizon identique.

Cela ne laisse pas d'intriguer : en détecte-t-on plus ? notre environnement est-il de plus en plus cancérigène ? nos pratiques alimentaires se dégradent-elles à ce point ?

Les ALD représentent plus de 80% des futures dépenses. 20% des assurés sociaux sont reconnus en maladie de longue durée, soit 7.4 millions de personnes en France !!!

Dépenses de médicaments et d'hospitalisation représentent l'essentiel des dépenses. Il est difficile, moralement, de faire payer des malades de longue durée. Toutefois, on peut certainement envisager une augmentation de leur participation, dans des proportions supportables et à raison de leurs moyens.

Dans tous les cas de figure, le pire serait de ratiboiser les hôpitaux, solution qui a la côte actuellement. Astreindre nos hôpitaux à des régimes sévères, c'est risquer d'amputer durablement le fleuron de notre système de santé ; c'est injurier gravement l'avenir.

Je préfère que l'on paie plus plutôt que des les sacrifier.

Cela dit, de telles prévalences dans les ALD ne laissent pas d'interroger sur l'efficacité de nos politiques de prévention. Pourquoi les cancers se développent-ils autant ? Y-a-t-il un moyen de les anticiper ?

Une fortune pour le chercheur qui trouvera le moyen de les neutraliser définitivement.

Il en va de même pour les diabètes ; je subodore qu'ils suivent également les courbes de l'obésité. Les sucres posent un problème de santé publique dans notre pays. Je ne suis pas un maniaque de la taxe, mais, compte-tenu des dégâts, je jugerais légitime de taxer tous les produits sucrés pour alimenter un fonds de compensation des frais du diabète. Ou alors à la recherche agronomique de mettre au point un sucre neutre.

Je subodore, compte-tenu des chiffres, que c'est le diabète gras qui est en cause plus que le diabète insulino-déficient dont on en comprendrait pas le développement soudain. Si on ne peut agir sur le second, le premier est accessible à une politique de prévention digne de ce nom.

On connaît encore fort mal les causes du cancer, mais, s'il coûte si cher à la société, et qu'on peut identifier des environnement cancérigènes avérés, je suis quelque peu partisan de taxer, là encore, les fauteurs de trouble...

Commentaires

"Pourquoi les cancers se développent-ils autant ?"

Ils sont de mieux en mieux détectés et les gens vivent de plus en plus vieux (et ont donc statistiquement plus de chance d'en développer).

Écrit par : h16 | jeudi, 24 juin 2010

- plus de risques, pas de chance, évidemment -

Écrit par : h16 | jeudi, 24 juin 2010

@h16
ok, mais un doublement entre 2005 et 2015, c'est tout de même énorme. Une conséquence du vieillissement, selon toi ?
Il faudrait avoir les stats et notamment l'âge moyen des cancers.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 24 juin 2010

J'aime bien cette approche de voir plus loin que la dépense, mais sa source lointaine. Un peu comme pour le financement des retraites en se projetant sur le problème des emplois à favoriser car ils payent des cotisations.

Écrit par : CedricA | vendredi, 25 juin 2010

Je n'arrive plus à retrouver les liens correspondant, mais l'exemple du diabète est une bonne image

Le traitement du diabète coute de plus en plus cher. Il n'y a pas de lien avec le nombre de malade, mais avec le traitement.
Les traitements d'aujourd'hui, nettement plus efficaces qu'il y a 20 ans coûtent beaucoup plus cher.

De même avec certains cancers, avant le malade mourrait, aujourd'hui, non seulement il survit, mais il a de bonne chance de guérir et cela à un coût.

Autre exemple : le TYSABRI ( traitement révolutionnaire de la sclérose en plaque)n'est accessible que depuis 2007 ( 1800 € le flacon de 300 milligrammes).

Écrit par : Teo Toriatte | vendredi, 25 juin 2010

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