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  • Ça chauffe en Iran !!!

    Ça chauffe en Iran, j'imagine, aujourd'hui , au propre comme au figuré : selon Delphine Minoui du Figaro, experte des choses orientales, on continue en Iran, à pratiquer allègrement un rite païen (plus pudiquement, chez les Musulmans, on dit "pré-islamique") d'adoration du feu.

    Le Chahar Shanbe Soori (littéralement, Mercredi Rouge) est un rituel qui consiste à bondir par dessus des feux pour fêter la nouvelle année (qui commence à l'équinoxe du printemps, approximativement, en Iran). On récite alors une formule rituelle dans laquelle on donne la couleur jaune au feu, c'est à dire les maux, et l'on prend son rouge, c'est à dire les biens. La fête est célébrée indifféremment par toutes les religions, y compris minoritaires, et ne comporte pas de signification religieuse.

    Il y a un côté Halloween perse, ou au moins carnavalesque, dans cette fête, puisque dans la nuit du mardi au Mercredi Rouge, les Iraniens se déguisent et portent des tchadors, puis frappent de porte en porte pour proposer un mélange de noix et de mûres. D'ailleurs, à l'origine, c'était la fête des Âmes qu'on célébrait ainsi en Perse : anges-gardien et esprits des morts se donnaient rendez-vous pour un concile parmi les vivants.

    L'opposition compte bien exploiter cette fête très populaire pour contester le pouvoir, or, comme ce dernier a la trouille, Khamenei a déclaré non-conforme à l'Islam cette pratique. Bien vu, il est assuré de se mettre à dos la population puisque cette fête est très populaire, particulièrement au sein de la jeunesse.

    D'après les Iraniens, il paraît que la période est propice aux pratiques divinatoires de toute sorte ; moi, je peux en faire une au régime en place : vu l'ampleur de la contestation en Iran, ses jours sont comptés.

    Je me suis posé à vrai dire une question : diseur de bonne aventure se dit falgir, en perse ; je me demande si c'est la même étymologie que fakir en sanscrit. C'est juste une remarque en passant, je ne suis pas qualifié en linguistique pour pouvoir valider ou invalider cette hypothèse.

     

     

     

     

  • Demander à Corinne Lepage de démissionner de son mandat est une erreur, mais...

    Je pense que c'est une erreur de demander à Corinne Lepage de démissionner de son mandat européen. S'il est vrai qu'elle a été élue en partie grâce aux voix des électeurs MoDem, un parti n'est pas non plus propriétaire d'un vote. En revanche, elle s'honorerait en demeurant dans le groupe ADLE, de la même manière que Benhamias est resté dans le groupe des Verts européens jusqu'à ce qu'il soit réélu sous l'étiquette MoDem/ADLE en juin dernier. Cela dit, je peux comprendre la colère du sénateur démocrate Jean-Marie Vanlerenberghe, de la région Nord-Ouest, qui peut être fondé à l'avoir un peu mauvaise.

    Nous avons la manie de l'invective au MoDem, quand quelqu'un part ; j'aimerais qu'on en finisse avec cette très mauvaise habitude. Évidemment, ce n'est pas très fair-play de partir après avoir été élue sous nos couleurs, moins d'une année auparavant, mais au pire, cela passera par pertes et profits.

    Ni Marielle ni Bayrou n'ont d'ailleurs demandé quoi que ce soit sur le sujet. Ils sont, je le pense, bien trop occupés à penser à l'avenir. Corinne Lepage aurait tout de même pu au moins attendre le second tour des régionales. A vrai dire, le MoDem, de son côté, aurait été inspiré d'attendre également l'issue du second tour avant de la convoquer en CCC...

    J'espère également que tous ceux qui ont fait profession de cracher sur le MoDem depuis des mois et des mois vont enfin pouvoir s'investir positivement en participant au projet écolo-démocrate de Corinne Lepage. Qui sait si dans l'avenir nous ne nous retrouverons pas à nouveau pour porter un espoir commun ?

    In fine, je rejoins la réaction mesurée de Frédéric :

    Je crois encore et toujours qu'un avenir meilleur pour notre pays passe par un grand mouvement collectif, majoritaire, démocrate. Comme avant mon adhésion (à l'UDF), les querelles nombrilistes des partis qui, en France, ont en partage l'inspiration démocrate, me désolent. J'espère l'étincelle qui les soudera peut-être, et qui au moins mettra ces politiques sur la route d'un emploi durable : celui de bâtisseurs de l'espérance démocratique.

  • Corinne Lepage quitte le MoDem

    Corinne Lepage a annoncé sa démission du MoDem. C'était prévisible étant donné ses critiques des derniers mois. Dommage. J'espère que la séparation se fera sans trop de cassures. J'imagine que la décision ne va pas être facile à prendre du côté de Cap21, certains militants de sa formation demeurant attachée au MoDem. J'espère qu'elle continuera à siéger avec l'ADLE au Parlement Européen, évidemment.

    Elle s'apprête à rejoindre Europe-écologie, ce qui la tentait depuis un moment, on l'avait compris. En ce qui me concerne, je ne rejoindrai pas sa plate-forme écolo-démocrate, mais j'espère que nous pourrons travailler ponctuellement ensemble. De larges passages de Vivre autrement demeurent une source d'inspiration pour moi. J'ai trouvé son souhait final pour Bayrou plutôt sympa in fine . Citation extraite de son entretien au Monde :

    François Bayrou a t-il encore un avenir ?

    Je le lui souhaite sincèrement.Il a toutes les qualités de courage et de ténacité pour rebondir.Son avenir dépend avant tout de lui, de sa capacité à écouter les autres, et à leur laisser une place à ses côtés.

    Allez, bonne chance à vous,  malgré tout, Corinne !

  • Clivages

    Quand je je considère la "performance" du MoDem lors de ces élections, et, plus largement dans son ensemble la campagne, j'ai le sentiment que ce qui nous a manqué avant toutes choses, c'est un clivage fort avec le reste des autres forces politiques sur les idées. C'est ce qui se disait dans un fil dont je ne parviens plus à retrouver l'url exact sur le passionnant forum démocrate Démos (un endroit où il y a des débats de qualité, et à bâtons rompus, bref, une référence). L'usager "raimo" y évoquait notamment la nécessité de frapper des coups percutants. Entendons-nous, être percutant, ce n'est pas faire de l'agit-prop d'un jour, mais bien avoir une idée qui détone dans l'atmosphère générale.

    On accuse Bayrou, à nouveau,  de ne songer qu'à son destin présidentiel : pour le compte, c'est injuste, cette fois. Objectivement, il ne s'est pas trompé d'élection, simplement, le MoDem a pris un gros risque en présentant des candidats sans épaisseur politique, non qu'ils ne fussent courageux et déterminés, mais plutôt qu'ils ont manqué d'une notoriété certaine.

    Il faut bien comprendre que prendre ce risque ne rapporte pas une voix. Au contraire, cela en fait perdre. Ce n'est donc pas un choix politique, mais un choix éthique. Toutefois, pour engager un parti dans cette voie périlleuse, il faut soit avoir le vent en poupe, comme Europe écologie, soit bénéficier d'une étiquette sûre (PS, UMP) soit vraiment avoir quelque chose à dire de très intéressant qui vous démarque des autres. Et même ainsi, cela peut rater. A preuve le NPA qui a voulu jouer la carte du communautarisme avec sa candidate voilée et qui s'est pris ainsi un méchant retour de bâton.

    Le MoDem avait quelques idées plutôt originales, sans, toutefois, que chacune cassât une brique. On pouvait y compter la relocalisation industrielle dont Bayrou a essayé de se faire le porteur ou encore le rôle particulier de l'entreprise vis à vis de l'apprentissage. Mais globalement, ce qu'on a senti, sans grand enthousiasme pour plusieurs militants, je le suppose, c'est que le MoDem cherchait surtout (comme tout le monde) à marcher dans les traces des écologistes, tentait de ménager la gauche en vue de négocier des accords (Azouz Begag faisant l'apologie de Queyranne, Alain Dolium précisant qu'il avait voté Jospin en 2002 et attaquant principalement l'UMP), le tout sans grande conviction.

    On ne gagne jamais à copier autrui. Un sondage réalisé au cours de l'automne avait pourtant été clair : les Français souhaitaient que le MoDem développe un projet original, qui lui soit propre, et emprunte une voie autre que celle que la gauche trace. Avertissements sans frais dont il n'a été tenu nul compte. Bayrou aurait du se méfier : il ne fallait pas parler des alliances que nous ferions ou non et surtout pas annoncer exclure radicalement l'UMP même si dans les faits, ce pouvait être le cas. Mieux valait se préoccuper de ce que nous pouvions proposer de mieux et de différent. C'est personnellement ce que j'ai tenté de mettre en valeur chaque fois que je l'ai pu tout au long de cette campagne.

    Il ne nous reste plus qu'un tiers de cantonale et la présidentielle (et donc les législatives avec) pour tenter de créer cet indispensable clivage. D'ores et déjà, le fameux projet humaniste ne présente pas à mes yeux de lignes de fracture avec les autres partis politiques, et d'ailleurs, la presse politique l'a jugé socialo-compatible.

    Il faudra donc l'amender très fortement (je pense à la partie éducation, par exemple, digne d'un syndicaliste du SGEN). Le tiers de cantonale a lieu en 2011 : il pourrait servir de ballon d'essai, à condition de tenir la campagne à fond et d'avoir des idées fortes à mettre en valeur à ce moment-là.