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  • J'ai payé mon premier bakchich

    Bon, bon, Bakchich.info devait sortir son premier numéro en version papier aujourd'hui. C'est chose faite, et je l'ai acheté. Je suis désolé, mais alors que j'attendais ce numéro avec impatience, je vais être désagréable...

    1ère remarque, la typographie et l'absence de sommaire. Si en visuel, à distance, le numéro présente bien, à la lecture, il est pénible à lire, car, même si les caractères sont assez gros, ils sont bien trop resserrés, y compris d'une ligne sur l'autre. Il faut donc écarquiller les yeux pour parvenir à lire tout l'article sans sauter d'une ligne à l'autre. Ensuite, il n'y a pas de sommaire, ni de page de garde d'accroche pour annoncer ce qui va être traité.

    En termes d'information, rien qui ne casse des briques. Les articles ne me font même pas rire. Comme j'avais acheté en même temps le Canard, j'ai pu constater que Bakchich ne soutenait à aucun niveau la comparaison. Les articles sont très convenus et ne contiennent rien que l'on ne sache déjà. Pas de révélations fracassantes (ni amusantes, au demeurant). Clearstream, le G20, Trichet, Obama, Désirs d'avenir, les sujets d'actualité que j'ai pu lire sur la Toile cette semaine, sans aucun apport nouveau. Quant à l'article sur France Telecom, bah, oui, tous les forfaits proposent des options. C'est tout docteur ?

    Pire, voilà que Bakchich nous ressert l'habituelle sélection de blogs de Vendredi.info (une expérience qui a fait plouf). C'est assez fastidieux, car on y retrouve toujours les mêmes blogs, pour dire la même chose, avec comme seul fil directeur l'anti-sarkozysme (j'ai définitivement cessé d'acheter vendredi.info en mars dernier, pour cette raison). Je dois admettre toutefois que cette sélection de sélection présentait un intérêt relatif, le seul, d'ailleurs, de tout le numéro.

    Bref, comme je suis persévérant, j'achèterai le 2nd numéro, mais il va valloir faire nettement mieux pour que j'achète le 3ème. Je ne comprends pas que le site soit si bon et la version papier si nulle...

    En attendant, j'espère toujours une version papier de Mediapart...

  • La France au service de la répression à l'UNESCO ?

    Je voudrais revenir sur la récente élection d'Irina Gueorguieva Bokova à la tête de l'UNESCO. C'est un vrai miracle, en fait, si l'on considère le vote de plusieurs pays européens dont la France aux tours précédents. En effet, France, Espagne, Italie et Grèce ont vraisemblablement soutenu Farouk Hosni pendant longtemps, y compris par leurs votes. Autrement dit, nous aurions pu avoir aujourd'hui un individu qui a réprimé à tour de bras les intellectuels en Égypte, qui a trempé dans la répression policière et dont les excuses hypocrites ne parviennent pas à masquer les propos antisémites les plus idiots que j'ai jamais entendus, à la tête de l'UNESCO. Avec l'aval de la France. Parce que Nicolas Sarkozy a promis à son ami Moubarak d'appuyer l'Égypte. Si l'Égypte voulait obtenir un soutien franc de l'Europe, il lui revenait de proposer une candidature recommandable.

    Si l'histoire finit bien, je suis écoeuré. Écoeuré de l'absence morale et de scrupules de notre gouvernement et de notre président. Oh, certes, il n'est ni pire ni meilleur que ceux qui l'ont précédé. Chirac, Mitterrand, VGE, tous en ont largement fait autant, et sans doute Pompidou aussi et même de Gaulle.

    Compte-tenu de la mission la plus connue de l'UNESCO, le répertoire des patrimoines classés, on pouvait comprendre que l'Égypte, qui fait tant pour son patrimoine national, fut aux premières loges. Mais pas en proposant n'importe qui ! Il serait revenu aux pouvoirs publics français de dire très tôt et amicalement aux Égyptiens : "d'accord, on vous soutient, mais, on vous prévient, il nous faut une candidature sans tâches. A vous de trouver la perle rare, et en Égypte, elle existe certainement".

    A titre personnel, j'étais favorable à l'Égypte, mais très défavorable à Farouk Hosni. Et je trouve que les raisons pour lesquelles la France a soutenu l'Égypte sont mauvaises. Nicolas Sarkozy a voulu ainsi remercier Hosni Moubarak pour son adhésion à l'UPM (Union pour la Méditerranée). Le grand chantier du Grand Phare d'Alexandrie et la perspective alléchante de redresser l'une des sept merveilles du monde antique, voilà quelle raison objective l'on pouvait trouver pour soutenir l'Égypte.

    Quel gâchis ! Mais aussi, quelle absence de morale que de confier à un individu aussi peu scrupuleux les clefs d'un organisme aussi prestigieux et louable que l'UNESCO, dont l'une des missions fondamentales est de garantir l'éducation aux enfants.

    Je déplore hautement que sur une telle question, ce soit un seul homme, le président, qui décrète unilatéralement et sans la moindre consultation quel doit être le vote de la France. Un tel enjeu aurait du arriver jusqu'à la représentation nationale.

    Le MoDem a sur les relations internationales et leur traitement par les pouvoirs publics une position claire :

    De nouvelles institutions doivent offrir le droit et le devoir de participer à la réflexion sur la politique étrangère du pays. 1ère conséquence formelle : le Président de la République, doit assumer un grand rapport annuel devant le Congrès - qui rassemble l’ensemble du Parlement français, un discours sur l'état du monde, et le Parlement doit retrouver le droit à écrire des résolutions - qui ne s'imposent pas au Président de la République.

    C'est une première rupture qui ne fait que retrouver le cadre d'une démocratie de plein exercice. 2ème inflexion, qui tient à la philosophie de la politique étrangère de la France. La démocratie n'est pas un luxe de pays riche, elle n'est pas le fruit du développement. La démocratie c'est le développement, et même dans un grand nombre de cas, la condition du développement. Tous les hommes y ont droit, pas seulement ceux qui ont la chance d'appartenir à un pays riche, et cela doit devenir la ligne principale de la politique étrangère française. Cela tourne la page sur ce qu'on a appelé ce matin le "relativisme intéressé" - on accepte les dictatures si elles contribuent à un ordre international qui nous arrange. Ce qui veut dire : soutien actif aux opposants qui portent le poids, lourd, rude, des dictatures.

    Ras le bol du domaine réservé. La politique étrangère m'appartient autant qu'à mon président, et je veux pouvoir interpeler députés et sénateurs quand la France agit mal à mes yeux. Évidemment, toutes les promesses de campagne de Nicolas Sarkozy se sont évaporées.

    Quant à la position du MoDem, je précise qu'elle est exactement celle de François Bayrou lors des présidentielles...

  • Et l'autre jungle, M'sieur Besson ?

    Il y a un gros battage médiatique sur la Jungle de Calais, aujourd'hui. 276 arrestations, des passeurs attrapés, ok, très bien, tout cela ne pouvait perdurer. Je n'aime pas l'argumentation de la gauche qui réplique que cela ne revient qu'à déplacer le problème et qu'il y en aura d'autres. Cet endroit était d'ailleurs dangereux, et une journaliste canadienne y avait été victime d'un viol. Inutile, donc, de marcher dans les traces de la gauche en faisant les bonnes âmes. Cette jungle-là n'est plus, très bien.

    Mais il y en a une autre, qui à vrai dire, me préoccupait autrement plus que celle de Calais. Je parle de celle de Gonesse, aux alentours du lycée René Cassin. Des gamins s'y font agresser à tour de bras, certains à coups de barre de fer, sans aucune réaction des pouvoirs publics. La racaille y pavoise et se vante devant les caméras. Quand va-t-on leur envoyer des unités de police armées de matraques et de flash-ball, avec ordre de taper la racaille à vue et de la coffrer une bonne fois pour toutes ? Il n'y a qu'une solution qui fonctionne, avec ces bandes, c'est la répression sans états d'âme aucun, suivie de sanctions exemplaires et immédiates.

    Alors, Nicolas Sarkozy, on l'attend toujours, le coup de kärcher, dans ces zones qui craignent où des familles apeurées doivent se terrer et osent à peine témoigner. Je le dis et je le redis, je suis un adepte de la matraque (à volonté) et du gnouf pour ceux qui le méritent, particulièrement les bandes de salopards qui se croient forts. La peur doit changer de camp, une bonne fois pour toutes.

    Mais passé les mots et les grandes déclarations, ce n'est manifestement pas une priorité de l'actuel gouvernement...