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samedi, 11 avril 2009

La concurrence libre et non faussée nous protège

Je ne me lasse pas de parcourir le site de Gilles Artigues, candidat Modem à l'euro-députation, tant ce que j'y lis provoque chez moi un contentement béat :-) Par exemple, aux apôtres du NPA et à leurs délires d'un autre âge sur la concurrence libre et non-faussée, voici sa réponse, et les arguments des néo-troskos ne font pas un pli devant :

L’Union européenne a tout particulièrement investi le domaine de la consommation dans le sens où elle s’est toujours efforcée de rééquilibrer un rapport de force privilégiant systématiquement les producteurs et fournisseurs au détriment des utilisateurs. Aussi son action vise-t-elle à protéger tout particulièrement le consommateur en termes de choix, de transparence, de sécurité, de qualité, etc.

Le principe de concurrence libre et non faussée va notamment dans ce sens. En effet, la libéralisation des marchés permet à des entreprises sans cesse plus nombreuses de proposer leurs produits et services aux particuliers comme aux professionnels. Ces clients profitent ainsi d’un éventail de prix comme de qualité de plus en plus étoffé, ce qui accroît d’autant leurs chances de débusquer et mettre à profit l’offre la plus adaptée à leur budget et leurs besoins. Il en résulte une volatilité contraignant les producteurs et fournisseurs à augmenter leurs efforts pour proposer des produits et services innovants et améliorer leur rapport qualité-prix. Bien évidemment, cette émulation porte ses fruits à la seule condition d’une concurrence loyale, ce qui suppose l’interdiction d’ententes entre concurrents d’un même secteur (raison pour laquelle la Commission européenne a récemment condamné les opérateurs de téléphonie mobile suite à la révélation d’accords secrets visant à maintenir des prix élevés en plein développement du secteur) mais aussi d’aides étatiques à une catégorie professionnelle nationale spécifique (dans ce cas, les catégories similaires des autres pays seraient défavorisées, ce qui ne manquerait pas de les conduire à perdre des clients, réduire leurs profits et arrêter leurs embauches, voire pire…).

Concurrence libre et non faussée

Les Marxistes-Léninistes rescapés du désastre des expériences communistes ne cessent de clamer que le concept de concurrence libre et non faussée ne vise pas le seul intérêt des grandes sociétés et de leurs actionnaires. Je m’inscris en faux car il les empêche, tout au contraire, de s’emparer du contrôle d’un secteur, directement (achats et fusions) ou non (ententes et filiales), pour y imposer leur loi, c’est à dire leurs prix, leurs conditions de vente et leurs gammes de produits. Ainsi bénéficie-t-il avant tout aux petites et moyennes entreprises (PME), principale source d’emplois, dans la mesure où il leur réserve une place sur leur marché de prédilection et les y protège des prédateurs les plus féroces. Il profite aussi au consommateur puisque la gamme étendue de l’offre lui garantit une véritable liberté de choix et lui permet par la même occasion d’orienter les prix à la baisse. L’exemple de Microsoft, multinationale américaine, est à ce titre édifiant : la Commission européenne lui a non seulement infligé une amende conséquente pour violation du droit communautaire mais l’a aussi obligé à modifier ses pratiques de vente (elle refusait le droit à ses clients de se doter de logiciels concurrents, notamment européens, en leur imposant ses propres produits dans le cadre d’un paquet indivisible). Au vu de ses avantages pour les PME comme pour les consommateurs sur l’espace communautaire, je suis bien sûr favorable à la concurrence libre et non faussée. Je pense toutefois que le principe ne doit pas être une fin en soi mais un moyen parmi d’autres de défendre les plus faibles. Le Traité de Lisbonne est justement le premier des textes fondamentaux européens à ne pas l’ériger en objectif mais en instrument. Son application constituerait une solide base de travail pour poursuivre et accentuer l’effort de développement économique raisonné et équitable. J’espère dès lors une validation rapide et définitive...

Moi, c'est vraiment le genre de choses que j'aime lire...

Commentaires

la concurrence libre et loyale est certes nécessaire mais doit-elle être complètement dogmatique et être la règle absolue au sein de la commission européenne?

la concurrence doit-elle être la règle dans tous les domaines?

Le jusque-boutisme de cette logique concurrentielle conduit, oblige à diminuer les coût de production. Elle ne contribue donc pas à l'augmentation des salaires (puisqu'il faut produire à bas coût, et il faut en premier lieu "taper" sur la main d'oeuvre) et implique à terme la desinsdustrialisation des pays à fort niveau social vers ceux à faible niveau social.

Ceci implique que le jusque-boutisme de cette logique conduit non pas à tirer le système vers le haut, mais vers le bas....

je pense qu'Artigues aurait complètement raison dans son discours si la libre concurrence était réellement loyale c'est à dire que si tous les pays européens avaient la même politique sociale, la même fiscalité....

Écrit par : europium | samedi, 11 avril 2009

Hé hé, attendez les prochains billets, vous allez voir :-)

Écrit par : L'hérétique | samedi, 11 avril 2009

l'hérétique, avez-vous regardé "l'émission pièce à conviction" mercredi soir sur France 3. Édifiant, car celle pose les limites de la libre concurrence en montrant qu'elle crée une déshumanisation du monde du travail dans certains secteurs d'activité....et que la loi du fort reste quoiqu'il arrive la règle malheureusement!!!

Écrit par : europium | samedi, 11 avril 2009

concurrence libre et non faussée?
en tant que petit artisan répondant à des appels d'offre publics, est ce que le fait de ne pas être retenu parce mes prix sont trop élevés, par rapport au concurrent dont le siège est au Luxembourg, avec des taxes sociales et impots limités à 14%? le maitre d'oeuvre public nous a même répondu qu'on devrait aller s'installer au Luxembourg... bel exemple de solidarité nationale!
tant que l'Europe n'aura pas d'unité fiscale et sociale, on tirera les prix vers le bas, et les normes sociales aussi...en attendant ma boite est en péril, mais une TPE est ce que ça peut interesser quelqu'un? quelques salariés licenciés, une goutte dans un océan de crise , mais si on comptabilise que les TPE et PME françaises sont les employeurs de 80 % des salariés, je vous laisse réfléchir au tsunami de chomage qui s'annonce..

Écrit par : juju41 | samedi, 11 avril 2009

@ juju41 et europium

Justement, Artigues évoque la question du dumping social et fiscal, mais wait, wait, ça va venir !

Écrit par : L'hérétique | samedi, 11 avril 2009

D'accord avec les propos de ce monsieur mais... quand il dit ça :

"Aussi son action vise-t-elle à protéger tout particulièrement le consommateur en termes de choix, de transparence, de sécurité, de qualité, etc."

Force est de constater que ça n'est pas forcément vrai, cf l'épisode des OGM. Les Etats se battent pour appliquer le principe de précaution à certains d'entre eux... la Commission Barroso (arf) tente de les en empêcher.

Écrit par : Nicolas | samedi, 11 avril 2009

D'accord mais on est très loin de la libre concurrence loyale. Et puis même loyalement les Gros auront toujours un grand avantage.
Microsoft, méritante au début comme des dizaines d'entreprises à logiciels semblables, a évincé les autres uniquement "en profitant des failles" et aurait mérité dans l'absolu (pas seulement en Europe il est vrai) 10 000 fois plus d'amendes.

Écrit par : Chui Kalm | samedi, 11 avril 2009

à europium: je ne vois pas comment les principes de concurrence libre et non faussée, qui, comme l'explique très bien Gilles Artigue nous assurent des produits (et services, si, si) de meilleure qualité à des prix plus compétitifs, nous tireraient vers le bas. Non, ça permet de faire des économies et accroître le pouvoir d'achat. On voit bien que dans les secteurs dominés par les cartels on paie au prix fort sans avoir le choix...
Pour le reste, pour la fiscalité les choses sont différentes, il appartient aux gouvernements de prendre les mesures nécessaires (la fiscalité et toujours régie par la règle de l'unanimité au Conseil...).

Écrit par : pastel | dimanche, 12 avril 2009

Merci pour ces informations très intéressantes. Je ne suis pas d'accord sur tout, mais j'attends la suite (en particulier le dumping) pour une réponse globale.

Écrit par : florent | lundi, 13 avril 2009

Les commentaires sont fermés.