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  • Présidence de l'Europe, un libdem se lance pour l'ADLE !

    Le président du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe Graham WATSON,  a lancé sa campagne pour la présidence du Parlement européen.

    Faisant part de ses ambitions pour l'avenir de l'Institution, M. Watson a déclaré:

    «Depuis trop longtemps déjà, les Présidents du Parlement sont choisis au gré  d'arrangements d'arrière-salle enfumée. Ma campagne sera la première campagne publique pour la présidence du Parlement: rien qu'en cela j'espère créer un précédent».

    Alors, là, on  ne peut pas mieux dire. Je crois comprendre que le voeu de Graham Watson serait de faire élire un président européen au suffrage unibersel direct. Il aura ma voix si nous parvenons à cela, et, en tout cas, mon soutien plein et entier pendant cette campagne européenne.

    "Nous avons besoin d'un débat de fond sur  le rôle et les priorités du prochain Président. C'est ainsi que doit vivre la démocratie européenne".

    "Je formule le voeu qu'en s'adressant à l'opinion publique, ma campagne stimulera le débat entre les diverses candidatures et projets et conduise à un choix reposant sur le mérite et non le bon plaisir".

    "J'ai écrit à chaque membre du Parlement pour l'informer de mes intentions, et la semaine prochaine je dévoilerai  les priorités qui marqueraient mon mandat"

    Graham Watson est un eurodéputé britannique membre du parti libéral-démocrate et élu dans la circonscription du Sud-Est de l'Angleterre et de Gibraltar. Il siège au Parlement européen depuis 1994, tour à tour dans trois commissions parlementaires avant de présider la commission des Libertés civiles. Président du groupe depuis janvier 2002, il est ainsi le plus  ancien président que le groupe ait connu dans son histoire. Il fait bien évidemment partie de l'ADLE, groupe européen dont est également membre le MoDem.

    Bravo, Graham, et bonne chance à vous. Ah, au fait, un détail à tout hasard : Graham Watson parle parfaitement français. N'hésitez pas à lui envoyer des courriels de soutien !

  • Au nom de la liberté et de la démocratie

    J'achève, enfin, après plusieurs mois de lecture l'oeuvre majeure d'Alexis de Tocqueville : De la démocratie en Amérique. En une épopque où l'actuel Président réduit les libertés et confisque les pouvoirs les uns après les autres, l'avertissement de Tocqueville dans le dernier chapitre de son ouvrage, sonne magnifiquement. J'ai aimé le souci constant de de Normand d'analyser les ressorts de la démocratie et sa défense infatigable de la liberté contre toutes les tyrannies : contre celle de la majorité, mais aussi contre celle de l'individu dont la démocratie tend à rendre l'émergence possible. Contre la tentation de remettre aussi son sort exclusivement entre les mains d'un État devenu omni-puissant, un mal très moderne qui nous guette toujours plus. A mon sens, une charge sans concession contre l'État socialiste. Tocqueville n'aurait pas été socialiste, c'est évident.

    Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sut leur sort. il est absolu, détaillé, régulier, pré­voyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance.

    Et puis enfin, contre l'individualisme, ce mal non moins moderne dont nous souffrons et qui fait que nos concitoyens finissent par se désintéresser des affaires publiques. Typiquement le taux d'abstention que nous avons à craindre lors des élections européennes, par exemple :

    « L'individualisme est un sentiment réfléchi qui dispose chaque citoyen à s'isoler de la masse de ses semblables de telle sorte que, après s'être créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même »

    Enfin, le dernier avertissement de Tocqueville contre les hommes forts et l'abandon de la liberté sonne comme une charge, à mes yeux, contre un Nicolas Sarkozy qui se moque à ce point des libertés et confisque tous les pouvoirs.

    Chez la plupart des nations modernes, le souverain, quels que soient son origine, sa constitution et son nom, est devenu presque tout-puissant, et les particuliers tom­bent, de plus en plus, dans le dernier degré de la faiblesse et de la dépendance. [...]

    Fixer au pouvoir social des limites étendues, mais visibles et immobiles; donner aux particuliers de certains droits et leur garantir la jouissance incontestée de ces droits; conserver à l'individu le peu d'indépendance, de force et d'originalité qui lui restent; le, relever à côté de la société et le soutenir en face d'elle: tel me parait être le premier objet du législateur dans l'âge où nous entrons. [...]

    Je vois chez nos contemporains deux idées contraires mais également funestes.

    Les uns n'aperçoivent dans l'égalité que les tendances anarchiques qu'elle fait naître. Ils redoutent leur libre arbitre; ils ont peur d'eux-mêmes.

    Les autres, en plus petit nombre, mais mieux éclairés, ont une autre vue. A côté de la route qui, partant de l'égalité, conduit à l'anarchie, ils ont enfin découvert le chemin qui semble mener invinciblement les hommes vers la servitude. Ils plient d'avance leur âme à cette servitude nécessaire; et, désespérant de rester libres, ils adorent déjà au fond de leur cœur le maître qui doit bientôt venir.

    Les premiers abandonnent la liberté parce qu'ils l'estiment dangereuse; les se­conds parce qu'ils la jugent impossible.

    J'en finis donc avec ce magnifique défenseur de la liberté qu'est Tocqueville, même si je n'exclus pas de venir chercher dans ses sages réflexions, dans l'avenir, des éléments pour mieux comprendre un avenir qu'il a su prévoir avec tant de prescience à plus d'un égard. Tout le monde a le droit de se réclamer de Tocqueville, mais, il me semble qu'en France, c'est le MoDem, et en Europe l'ADLE qui, plus que toute autre mouvance politique, se rapprochent le plus de l'idéal de liberté et de justice qui ont pu animer ce grand philosophe. Ce n'est pas un hasard si l'admirateur d'Alexis de Tocqueville que je suis a choisi de me joindre aux hommes et aux femmes dont la liberté est l'étendard.