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  • Le "droit de poursuite" américain va dégénérer...

    Profond soupir : j'espère vraiment que la politique internationale des Américains va changer de face avec le successeur de Bush, et j'avoue que j'ai nettement plus confiance en Obama qu'en Mac Cain pour cela.

    On se demande parfois si les Américains réfléchissent : ils viennent de réaliser un raid militaire à la frontière syrienne, apparemment pour liquider un "passeur" d'Al Qaeda.

    Supposer que les Syriens soutiennent Al Qaeda est idiot : les Syriens sont alliés des Iraniens, pour la bonne raison que le pouvoir syrien est avant tout alaouite, et qu'à ma connaissance, les alaouites sont une branche du chiisme. Or, Al Qaeda déteste les Chiites et les considèrent comme des apostats qu'il ne faut pas hésiter à éliminer. Ils n'ont donc aucun sentiment de fraternité pour les Alaouites, et, partant de là, pour le pouvoir syrien. C'est de la géostratégie la plus élémentaire. Ceci ne signifie pas que les Syriens ne jouent pas un jeu en Irak, mais certainement pas celui d'Al Qaeda clairement enraciné dans la tradition sunnite.

    Si j'étais Américain et dans les cercles du pouvoir, je commencerai à réfléchir à une évolution de ma diplomatie envers l'Iran et la Syrie. Même si les intérêts américains ne sont pas les mêmes évidemment que les intérêts chiites en général, et que les Saoudiens verraient certainement d'un très sale oeil un retournement de tendance envers l'Iran et la Syrie, un accord de non-agression est au minimum nécessaire avec Syriens et Iraniens pour espérer un minimum de bonne volonté de leur part dans le jeu proche-oriental.

    Autant dire que ce n'est pas en balançant un missile sur les populations civiles syriennes, même par erreur, que cela en prendra le chemin...

    Pour ceux qui veulent se faire une idée de l'Alaouisme, ce lien sur Wikipedia.

  • ERASMUS pour les élus locaux !

    Beaupuy.jpgTrop fort ! Je reviens du site de Jean-Marie Beaupuy, euro-député MoDem, qui s'intéresse de longue date aux modalités de la gouvernance en Europe. Il a constaté depuis longtemps qu'entre les différents acteurs concernés par le même sujet sur un même territoire, les cloisons sont désespérément étanches. Cette absence de porosité l'a amené à prendre la parole, le 23 octobre dernier, proposer la création d'un guide pratique, et surtout, une solution originale : une formation ERASMUS, sur le même modèle que le processus destiné aux étudiants, destinée aux élus locaux.

    Bien vu. Je reproduis une partie de son intervention :

    Alors gouvernance, partenariat, de quoi s’agit‑il ? Eh bien, faut‑il faire un rapport d’initiative sur cette question de gouvernance et de partenariat puisque l’on en parle tous les jours de cette gouvernance et de ce partenariat. Il n’y a qu’à prendre les journaux, les rapports, on trouve toujours ces mots­-là !

    En fait, Monsieur le Commissaire, il y a un temps pour la parole et il y a un temps pour les actes ! Il y a un temps pour définir des objectifs et il y a un temps pour se donner les moyens de les atteindre. Or, cela fait déjà plusieurs années que l’on répète sans cesse qu’il faut améliorer la gouvernance. On l’écrit dans nos règlements, on en parle dans nos discours et rien n’avance beaucoup. Que se passe‑t‑il réellement alors que l’on voit que l’approche intégrée figure dans les nombreux rapports de la Commission et du Parlement ?

    Est‑ce que nos politiques européennes en matière de transport, d’environnement, comme en matière de développement régional, tiennent véritablement compte les unes des autres ? Où est l’approche intégrée que nous appelons de nos vœux ? À chacun son budget, à chacun son ministre, à chacun son commissaire, à chacun son calendrier. Et l’on voit, ne serait‑ce qu’en matière de Fonds structurels, l’application sur le terrain et de manière séparée entre le FEDER, le FSE et autre FEADER. .

    Monsieur le Commissaire, dans vos fonctions, avec vos collègues, vous savez que nous avons tous à cœur d’atteindre les objectifs de Lisbonne. Mais en continuant ainsi, de manière aussi cloisonnée sur le terrain, croyez‑vous que cela soit possible ? Croyez‑vous qu’une organisation aussi puissante soit‑elle, aussi déterminée soit‑elle, pourra réussir en laissant se juxtaposer ce "chacun pour soi" sur le terrain ?

    Aujourd’hui, l’heure est venue de réunir nos compétences, de réunir nos budgets et nos calendriers entre les différents acteurs privés et publics concernés par le même sujet sur le même territoire. Pour y parvenir, mon rapport propose trente‑sept actions concrètes mais je ne vais pas les énumérer, seulement indiquer trois points clés.

    Premier point clé, c’est de donner aux différents acteurs, privés, publics, particuliers, organisations, les moyens de mettre en œuvre cette gouvernance. Le premier point, je l’ai souligné à votre collègue, Mme Danuta Hübner, c’est la réalisation d’un guide pratique de la gouvernance. Ce ne sont plus des messages abstraits, ce doit être un guide pratique.

    Deuxième chose : la formation des élus dans le cadre d’un dispositif Erasmus. Nos élus locaux et régionaux doivent être les véritables locomotives de cette nouvelle gouvernance des territoires. Par ailleurs – deuxième point clé – il faut que nos institutions européennes et nationales donnent l’exemple. C’est pourquoi je demande dans mon rapport qu’il y ait une réunion annuelle des ministres en charge des politiques de cohésion au sein du Conseil. Et puis vous, Monsieur le Commissaire, vous le savez, on est différent entre les commissaires, les différentes DG... Il est nécessaire d’avoir un travail interservices plus opérant. Le Comité des Régions, quant à lui, a anticipé ma demande puisqu’il a déjà répondu il y a deux semaines à nos propositions
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  • Mesures pour l'emploi : un sentiment de déjà vu pour Bayrou

    François Bayrou estime que les mesures sur l'emploi annoncées par Nicolas Sarkozy donnaient l'impression d'avoir été entendues 10 fois sous les gouvernements précédents et qu'on allait refaire ce qu'on avait défait. "Ce sont les mêmes recettes. Elles peuvent être, ici ou là, pas inutiles. Mais ce qui reste au bout du compte, c'est qu'on va refaire ce qu'on avait défait, en attendant j'imagine de défaire ce qu'on aura refait. C'est l'éternel retour des solutions classiques dont l'ampleur est d'ailleurs assez faible par rapport à la crise qui arrive. Car 100.000 emplois aidés, à supposer que ces chiffres soient réels, ça n'est pas davantage que l'augmentation des demandeurs d'emplois sur deux mois". Il a également relevé "le contraste entre les moyens que devrait exiger le suivi personnalisé des personnes qui cherchent un emploi, et la baisse annoncée des moyens" qui lui sera accordé. En revanche, François Bayrou porte un jugement plus favorable sur le contrat de transition professionnelle, qui peut, selon lui, "ne pas être inutile lorsqu'il sera généralisé", tout en demandant: "Dans combien de temps? On retombe sur la question des moyens".