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mardi, 06 avril 2010

L'Église a bon dos !

«Voici de quelle manière Aaron entrera dans le sanctuaire [...] Il recevra de l’assemblée des enfants d’Israël deux boucs pour le sacrifice d’expiation [...] Il prendra les deux boucs, et il les placera devant l’Éternel, à l’entrée de la tente d’assignation.[...] Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l’Éternel et un sort pour Azazel. Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l’Éternel, et il l’offrira en sacrifice d’expiation. Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l’Éternel, afin qu’il serve à faire l’expiation et qu’il soit lâché dans le désert pour Azazel.[...] Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché ; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l’aide d’un homme qui aura cette charge. » (Lévitique, XVI)

Ainsi naquit le bouc-émissaire...

Mon dernier billet sur le devenir de l'Église catholique a fait réagir, notamment du côté de Houilles, où l'on m'en veut beaucoup...Ce n'était pourtant pas un billet à charge : j'y écris simplement que l'Église catholique, en raison de sa vocation universaliste est une grande caisse de résonance. Dans une cathédrale, le moindre individu qui chante faux s'entend de loin, quand bien même il serait dissimulé au milieu d'un choeur.

En réalité, sur les affaires de pédophilie, l'Église n'a fait ni pire ni mieux que bien d'autres institutions dans le monde, à commencer par l'Éducation Nationale française qui mutait d'office tous les cas qui lui étaient signalés. Jusqu'au milieu des années 90, la pédophilie demeure un phénomène méconnu ; à vrai dire, depuis fort longtemps, c'est la souffrance, les sentiments des enfants qui sont ignorés. On trouvait des imbéciles dangereux, au début des années 70, pour affirmer que le système nerveux des bébés n'étant pas mature, ils ne ressentaient pas la douleur, leurs cris ayant une autre signification. Pas besoin d'anesthésie, donc, concluaient ces sinistres crétins (qui heureusement, ne parvinrent pas à faire école !). Les Verts allemands, au beau milieu de ces années-là voulaient dépénaliser les relations sexuelles avec les enfants, et cela figurait en bonne place dans leur programme. Ceci explique d'ailleurs, que le mouvement écolo se garde bien de mêler sa voix à l'actuel concert de glapissements...

Un vieux proverbe dit qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain ; certes l'Église doit faire la lumière sur les scandales qui l'ont entâchée, mais il n'y a pas une spécificité de cette institution ; comme je le disais dans mon dernier billet, les cas de pédophilie parmi les prêtres ne sont pas plus nombreux que dans d'autres catégories sociales. Par ailleurs, je suis étonné de voir tant d'individus bien intentionnés ne rien dire des pratiques qui ont cours dans certains pays d'Asie, en Afrique du Nord et dans le Golfe Arabo-Persique où la loi tolère le mariage, et par suite les relations sexuelles, avec des petites filles pas même nubiles (dès l'âge de 9 ans). Il me semble que voilà un cas de pédophilie institutionnalisée contre lequel il convient, à l'évidence, de lutter avec au moins autant d'énergie que pour obtenir la repentance de l'Église.

In fine, à tort ou à raison (ce qui est un autre débat), certains médias et une partie du tissu associatif, essaient de régler leurs comptes avec Benoît XVI qu'ils jugent réactionnaire (ce qui n'est pas tout à fait faux) et plus généralement avec le Catholicisme. On peut dire qu'en France, une partie de la gauche s'en prend aux Catholiques, tandis que de l'autre côté, c'est l'Islam que l'on attaque à intervalles réguliers. Pourtant, s'il est bien une église qui s'est montrée vigilante depuis l'émergence des premières affaires, c'est l'Église de France.

Il me semble que l'on en rajoute beaucoup sur quelque chose qui est établi et reconnu, et que l'on s'empresse de vouer le Catholicisme à Azazel, et cela, je le dis sans vouloir minimiser la souffrance des victimes. Non, il s'agit simplement de ne pas faire endosser à l'institution toute entière et à tous ses membres des comportements qui ont été individuels et qui n'ont, bien sûr, jamais fait partie de sa doctrine sous quelque forme que ce soit. Elle me paraît ressembler furieusement au bouc d'Aaron, celui qui porte le péché du monde, pour le compte, dans cette histoire, l'Église, à l'heure actuelle, dans la sphère médiatique...sphère médiatique qui ne me paraît pas avoir été plus glorieuse que les autres acteurs de notre société au moment où cela aurait pu lui incomber de l'être...