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  • Les femmes qui comptent en politique

    En cette journée du 08 mars j'ai pensé particulièrement justifié de considérer le spectre politique afin de déterminer quelles femmes émergent et joueront un rôle politique majeur dans l'avenir. Je circonscris à la France mon examen car il serait vraiment long de faire le tour du monde, d'autant que je ne connais pas la situation politique partout.

    J'ai choisi d'écarter les coqueluches des médias : la plupart du temps, ells font pschitt faute de compétences réelles et on finit par ne plus en entendre parler. Non, je m'intéresse à celles qui ont un poids politique réel et qui l'ont prouvé.

    C'est une socialiste et une nationaliste qui me viennent d'abord à l'esprit : à l'évidence, Anne Hidalgo est bien partie pour devenir un acteur majeur de la sphère politique française, sauf à ce que sa rivale et challenger, NKM crée la surprise. Maire de Paris, c'est un sacré tremplin, en France, à condition que l'on se montre capable de franchir un échelon supérieur. Marine Le pen est à l'évidence l'une des personnalités les plus emblématiques parmi les femmes. Elle a réussi à s'imposer à la droite de la droite, créant dans son sillon une dynamique qu'aucun leader d'extrême-droite n'était jusqu'ici parvenu à générer. Sa nièce, Marion, s'engouffre d'ailleurs dans le même chemin. Toujours à gauche, Martine Aubry, la maire de Lille, est assurément un femme qui compte en politique. Elle a la stature et l'esprit de décision pour accéder aux fonctions suprêmes, premier ministre ou présidente. A droite, outre NKM,  je crois que Valérie Pécresse a beaucoup de potentiel, mais il faut qu'elle le réalise.

    Christine Lagarde est aussi une actrice de premier plan, mais elle est un peu éloignée des affaires de la France, et puis c'est surtout une excellente technicienne, plus qu'une politique. A vrai dire, je pense que les femmes qui se spécialisent, ou dans l'économique, comme Christine Lagarde, ou dans le social/sociétal, comme Najat Belkacem ou Christine Taubira perdent considérablement en aura politique, contrairement aux apparences. Et je ne parle pas de celles qui ne valent que par les médias.

    Au centre, il y a des femmes que j'apprécie beaucoup, comme Marielle de Sarnez ou Chantal Jouanno, mais je ne les crois pas en état de percer dans l'opinion pour l'instant.

    Simone Veil s'est retirée du monde politique et Ségolène Royal est définitivement hors-course, désormais. Je ne vois donc pas d'autres noms qui attirent suffisamment mon attention pour que je les joigne à la liste que je viens d'établir.

  • Bayrou-Juppé, le Pacte d'Aquitaine

    Qu'est-ce que vous associeriez au mot Aquitaine, vous, quand vous l'entendez ? Voici ce qui me vient à l'esprit pour ce qui me concerne :  Aliénor d'Aquitaine,  le poème de Gérard de Nerval, Je suis le veuf, le ténébreux, le Prince d'Aquitaine à la tour abolie et Bordeaux. Si je creuse, je pense aussi à Juppé, forcément, tant son nom est lié à la capitale de la Gironde, et puis sinon, aux vins, bien sûr.

    Pas taper, svp, amis du MoDem. Cela ne me vient jamais à l'esprit que Pau est une ville d'Aquitaine. Je ne sais pas pourquoi, mais je tends toujours à penser le Béarn comme une sorte de village gaulois autonome, indépendant de toute autre entité administrative. Alors, Pau, vous imaginez...

    45 années de magistrature socialiste n'en ont pas vraiment fait ce que la ville devrait être. Comparons avec le bilan de Bordeaux qui a bénéficié de la direction de deux édiles extraordinaires avec Chaban-Delmas par le passé puis Juppé depuis une quinzaine d'années.

    On peut comprendre, dans ces conditions, que Bayrou rêve d'un tout autre destin pour les Palois. Un dernier sondage, celui d'Ipsos, le donne gagnant nettement dans tous les cas de figure. Ipsos, généralement, ne se trompe pas.

    Ils ont tout pour s'entendre, Bayrou et Juppé. Le compagnonnage ministériel du milieu des années 90, des valeurs communes, le goût commun pour la culture et les lettres, la rigueur, la modération, et puis une solide amitié personnelle, tout simplement. Même quand les choix politiques qu'ils ont faits les ont placés dans des camps différents.

    Bayrou a toujours été un électron libre (c'est ce que j'adore chez lui, cette liberté de penser, de parler et d'agir qu'il s'est toujours octroyée) et Juppé ne s'en est jamais laissé compter. Excellent ministre des Affaires européennes, comme premier ministre, il m'avait impressionné en envoyant paître les Chinois qui voulaient l'empêcher d'évoquer le Tibet et les droits de l'homme. A leur grande surprise, il avait purement et simplement annulé le sommet prévu. Pour une fois qu'on ne se laissait pas marcher sur les pieds pour gagner des contrats...

    Juppé est populaire dans l'opinion en France, j'imagine avec ravissement un ticket Juppé-Bayrou en 2017. L'inconvénient, c'est que chacun des deux leaders doit faire son chemin. Bayrou doit revenir au centre du jeu politique (c'est en cours) et Juppé parvenir à dépasser Sarkozy dans l'opinion de l'électorat de la droite et de l'UMP. Un long chemin à parcourir, encore mais une perspective qui n'est plus exclusivement du domaine de la pure spéculation.

  • Que faire pour les Atelières ?

    C'est avec la plus grande tristesse que j'apprends les difficultés et le risque de fermeture des Atelières, ex-Lejaby. En effet, cette entreprise à la confection 100% Made in France avait ouvert au lendemain de la fermeture de l'usine Lejaby à Lyon pour proposer lingerie et corseterie de haute couture.

    Plusieurs médias et commentateurs se sont engouffrés dans l'analyse facile en estimant que les Atelières étaient victimes de banques qui ne voulaient pas leur prêter de l'argent. Discours aussi populiste et ridicule que sommaire.

    Je n'ai pas de culture entrepreneuriale si bien que plusieurs éléments m'échappent dans cette histoire. Le carnet de commandes des Atelières est plein et d'ores et déjà, plusieurs grandes marques qui ont confiance en leur savoir-faire déplorent leur disparition à venir.

    Si leurs carnets sont pleins, pourquoi les banques refusent de leur prêter de l'argent ? L'entreprise est-elle déficitaire ou fait-elle au contraire des bénéfices ? Si ses comptes ne sont pas en équilibre, que faudrait-il pour qu'ils le deviennent ? Quelles sont les perspectives de rentabilité à court et moyen terme de l'entreprise ?

    Il y a une opacité médiatique totale sur toutes ces questions. La presse, qui comme d'habitude ne fait pas son travail, se garde bien, peut-être par incompétence, de les examiner.

    J'ai regardé avec la plus grande sympathie la naissance et le développement de cette entreprise et j'aimerais vraiment les aider. Je sais qu'elle a besoin de 580 000 euros pour se développer ; est-ce qu'on pourrait en savoir plus sur l'affectation à venir de ces fonds ? Les Atelières, en attendant, pourraient aussi mettre en place un système de dons en ligne via paypal sur leur site, faisant appel à la générosité populaire. Pour ma part, je serais le premier à leur donner ce que je peux, à la mesure de mes moyens, avec plaisir.

    En parcourant le site, j'ai appris que l'on pouvait entrer dans le capital ( de 2000 à 5000 euros de participation ) ou acheter des titres participatifs d'un montant de 100 euros, rémunérés et ouvrant droit à déduction fiscale, mais bloqués pendant 7 ans. Cela pourrait m'intéresser, mais, concrètement, de quel montant est la rémunération et surtout, quels sont les projets exacts des Atelières ? Comment, exactement, entendent-elles devenir rentables et à quelle échéance ?

    J'ai la plus grande bienveillance pour les Atelières et le sincère désir de les aider. Mais j'ai besoin, et je ne suis sans doute pas le seul, de renseignements précis sur la situation financière de l'entreprise et sur ses perspectives. Je déplore tout à fait l'impéritie crasse de la presse, y compris économique, alors qu'on devrait pouvoir commencer par cela pour se faire une idée.

    EDIT : le lien pour souscrire en ligne afin d'aider les Atelières existe, je viens de le trouver !

  • Roland Garros versus Serres d'Auteuil, la suite

    Il s'est rendu le 20 février dernier un jugement qui a hélas été hostile aux associations de défense des Serres d'Auteuil dans leur long combat contre la FFT et la mairie de Paris, qui n'ont de cesse de détruire des joyaux végétaux et architecturaux pour 15 jours de tournoi de tennis par an.

    J'ai jusqu'ici pleinement adhéré aux vues des auteurs de la pétition citoyenne "Sauvons les Serres d'Auteuil". Je tiens toutefois à corriger une affirmation. L'auteur annonce que seuls les élus verts se sont opposés depuis le début au projet de destruction des Serres. C'est vrai que les Verts n'ont jamais rien lâché. Mais ils ne sont pas les seuls. David Alphand dans le 16ème arrondissement s'est également montré un adversaire résolu de l'extension des courts de tennis sur le domaine des Serres. Je dois également citer Laurence Dreyfuss qui n'a pas fait montre de moins d'énergie pour tenter de sauver ce qui peut l'être encore. Les deux élus ont même soumis au vote du conseil de Paris en 2011 un voeu exigeant que les modifications de PLU ne s'appliquent aux cours existant déjà. Prudents, les deux élus du 16ème s'étaient abstenus lors du vote de maintien du tournoi de Roland Garros à Paris, se défiant des "cadeaux" quand ils viennent de la municipalité.

    Seul l'élu MoDem, Jean-François Martins, outre les Verts et les élus sus-nommés s'était clairement opposé au projet initial dès le début. L'inconvénient, du côté du MoDem, c'est que l'élue locale du 16ème n'avait pas exprimé le même avis lors du vote d'arrondissement. Et puis, entre-temps, Jean-François a rejoint Anne Hidalgo. Même si je ne doute pas qu'il demeure constant dans son refus, voter pour ses co-listiers reviendra à adouber la majorité actuelle avec tous ses projets.

    Les autres centristes et l'UMP avaient approuvés à 100% le projet socialiste. 

    Si l'on considère les projets du même acabit (Jean Bouin, Foch tout récemment, le parc Sainte-Perrine) on comprend que dans le 16ème arrondissement de Paris, il n'y a que deux options quand on veut s'opposer au saccage général :

    - soit on est viscéralement à gauche, et le vote vert est dans ses conditions tout indiqué. Les Verts finiront peut-être par réduire à néant toute mobilité individuelle dans la capitale, en raison de leurs positions ayatollesques sur la circulation, mais, au moins, ils laisseraient Paris intact et embelli s'ils avaient le pouvoir. A comparer avec les projets de bureaux, de centres commerciaux et de destructions diverses du patrimoine par les Socialistes.

    - si l'on a le coeur à droite, en revanche, pas d'autres options que David Alpahd et Laurence Dreyfuss. Goasguen a largement trahi les habitants du 16ème et plus généralement les Parisiens. Et il l'a fait avec une duplicité qui passe en audace et en absence de scrupules les bornes de l'acceptable. Tandis que d'une main, il glissait dans l'urne un vote favorable à l'extension, de l'autre, il brandissait une pancarte appelant à manifester contre elle ! Quelle malhonnêteté !

    Dans les autres arrondissements, malheureusement, il ne reste que les Verts et, je dois le relever, Jean-François Legaret, le maire du 1er arrondissement (lui aussi s'est opposé au projet). Les Serres ne peuvent être à elles seules l'unique critère d'un vote aussi large que celui d'une élection municipale, mais, j'observe que les Verts se sont toujours opposés aux divers projets de saccage des espaces verts et des monuments orchestrés par Bertrand Delanoë. 

    Il faut toutefois relativiser cette affirmation : cela ne les empêche pas de devenir des adjoints de Delanoë ni de s'allier ensuite avec les Socialistes au second tour. Ambiguïté qui jette le trouble sur la persistance de leurs choix. A comparer avec David Alphand qui est toujours allé jusqu'au bout de ses engagements. On peut aussi espérer que les candidats MoDem de sensibilité verte, comme Yann Werhling dans le 15ème, s'il est élu, auront à coeur de s'opposer résolument à de tels choix.

    Il y a tout de même encore un point qui me chagrine, dans cette histoire : en 2011, le Ministère de l'écologie avait donné un accord de principe au projet, or, la ministre de l'époque était une certaine NKM...

     EDIT : dans le 10ème arrondissement, Serge Federbusch, qui représente la liste Paris Libéré et qui tient le blogue Delanopolis, m'informe qu'il s'est opposé au projet d'extension des Serres d'Auteuil de toutes ses forces, et depuis le début. Bon à savoir...