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  • Dubaï et le viol : Ah les salopards !

    S'il faut appeler un chat un chat, forcément, on doit aussi appeler salopards des salopards. Ce qui me fait rire, c'est que la presse nous vend depuis fort longtemps Dubaï comme la place avancée des libéraux au Moyen-Orient.

    Ah, ils sont beaux les pseudo-libéraux ! Ah, elle est belle l'île cosmopolite rêvée par les bobos de tous les pays !

    Ce tas de salopards vient de condamner une jeune norvégienne violée là-bas (par un émirati ?) à de la prison pour relations sexuelles hors-mariage.

    Il paraît que Dubaï veut se reconvertir dans le tourisme.

    Clairement, c'est une place à éviter. Heureusement, l'indignation de la Norvège a permis à la jeune femme d'obtenir une "grâce". Elle a dû tout fe même dépenser toutes ses économies en frais d'avocat sur place, et tout cela après le choc d'une telle agression.

    Plus on relaiera cette information, plus on portera du tort à l'industrie touristique de Dubaï et à ses autorités politiques. Il faut le faire sans états d'âme.

    Plus généralement, je déplore dans le monde occidental l'absence de voix forte au plus haut niveau pour défendre les droits des femmes et améliorer leur condition, notamment dans les pays les plus misogynes (on y enregistre généralement des taux de viols record, au demeurant).

    De petites prises de conscience commencent à se produire : j'ai aimé la réaction de l'opinion publique en Inde et les condamnations qui se sont abattues sur des violeurs coupables de faits atroces.

    Quel pays magnifique Dubaï : un effet de la Charia, sans doute, on y grâcie les victimes et...bien sûr, les violeurs aussi...

    Cela dit, un petit mot sur l'affaire elle-même : Marte Dalelv a fait l'erreur de monter dans la chambre d'un de ses collègues de travail complètement saoûle. Ce dernier lui a proposé que chacun dorme séparément mais elle a affirmé avoir voulu rentrer par ses propres moyens dans sa chambre. L'inconvénient, c'est qu'elle ne se souvient plus de rien après. Elle a juste constaté à son réveil qu'il s'était produit une relation sexuelle, sans son consentement.

    Si Dubaï l'a condamnée c'est d'une part en raison de la présence d'alcool dans son sang, et d'autre part en l'absence de signes manifestes de violences physiques (et pour cause).

    Pour eux, alcool + relations hors mariage, la cause était entendue. Dans un premier temps, la jeune femme s'est rétractée (mais sans doute parce qu'elle a eu peur, faute de pouvoir prouver par des signes évidents le viol) avant de se retourner devant la cour de justice.

    A vrai dire, on peut comprendre des atermoiements dans un pays où la Charia sert de référence au code pénal.

    Il reste dans tous les pays beaucoup encore à faire avant que tout le monde comprenne qu'on ne couche avec une femme qu'avec son consentement express. Dans le cas contraire, c'est une relation contrainte, point à la ligne.

    J'ai quand même un lot de consolation : cette histoire a fait le tour de la presse mondiale et Dubaï en a pris plein la gueule. D'où la "grâce", d'ailleurs, je présume. Il y a même un article dans wikipedia ! Bingo, ils ont touché le gros lot avec cette histoire.

  • Bourdouleix ou la haine ordinaire du Rom...

    Je me défie comme de la peste des postures moralisantes si chères à la gauche, notamment en matière d'ordre et de sécurité, mais presqu'autant des raccourcis nauséabonds d'une certaine droite, malheureusement essaimée sur tout l'éventail de l'échiquier politique.

    Tout comme l'UDF de Giscard (pas celle de Bayrou), l'UDI a voulu, à sa genèse, reconstituer la formation giscardienne et rassembler un attelage hétéroclite de sensibilités politiques parfois très éloignées les unes des autres.

    On trouve quelques reliquats de feu de le CNIP, une ancienne formation, intermédiaire entre FN et droite traditionnelle, au sein de l'UDI.

    Pas étonnant, dans ces conditions, de voir l'un de ses dignes représentants regretter que Hitler n'ait pas liquidé assez de Roms, comme l'a fait l'actuel maire de Cholet.

    L'UDI a sainement réagi et l'a viré illico presto si tôt la preuve produite. Il reste à mon avis encore du ménage à faire au sein de cette formation.

    Plus largement, cet épisode s'inscrit dans une haine ordinaire du Rom qui se répand comme une traînée de poudre en France, et je la trouve inquiétante pare qu'elle se nourrit de généralisations hâtives.

    Paradoxalement, elle prospère aussi sur un laxisme judiciaire de plus en plus insupportable. Si les maires avaient le pouvoir d'interdire à des nomades de s'installer n'importe où, certains dérapages seraient contrôlés. De même, l'angélisme avec lequel certains Roms sont traités par la justice révolte le quidam exaspéré par les "incivilités" comme on dit en novlangue de gauche.

    Mais, inversement, si les municipalités se décidaient à mettre en place des terrains (et je ne crois pas que cela soit si compliqué) pour les gens du voyage, et, de même, si les autorités nationales et européennes comprenaient enfin que des nomades ne sont pas des sédentaires, je pense que l'on pourrait avancer : d'une certaine manière, avec leur habitude de voyager partout en Europe, les Roms sont les premiers authentiques citoyens européens débarassés des frontières des États-nation...Ce n'est là pas le moindre des paradoxes !

    Il faut donc une législation européenne pour les Roms, et non des législations nationales, et une appréhension de leurs existences sous l'angle du nomadisme et non de la sédentarité.

  • Un bon coup de censure sur la légion d'honneur

    Il existait au temps de l'Ancienne Répubique Romaine une antique magistrature, indépendante du cursus honorum. La doit-on à Servius Tullius, le 6ème roi légendaire de Rome ? Je ne le sais pas. Servius Tullius a institué le cens, mais je ne saurais préciser s'il a lié la citoyenneté romaine à la vertu. Car c'était bien là le rôle des censeurs : ils établissaient les listes de citoyens romains et ne décernaient cette qualité qu'à ceux seuls dont le comportement et les faits et gestes ne souffraient pas de tâches.

    Oh, je ne me fais guère d'illusions : je suppose que l'institution a assez vite souffert de dysfonctionnements et qu'on a vu fleurir au bout d'assez peu de temps des citoyens romains qui fleuraient bon le bling-bling antique. 

    Il n'en reste pas moins que l'idée était riche.

    Je demeure estomaqué, aujourd'hui, de la facilité avec laquelle les démocraties décernent des palmes de toutes sortes. Aucune enquête de moralité derrière. On l'a bien vu avec le tristement et honteusement célèbre, désormais "lord" Saville, ex-présentateur pédophile et cynique pour le compte de la BBC, annobli par la reine d'Angleterre, mais, sans aller jusqu'à cette extrémité, je doute que les légions d'honneur que l'on sème à tout va désormais ne vaillent plus que le métal qui les constitue, et encore.

    Finissons-en avec ces médailles ridicules qui vont non aux plus méritants mais aux mieux en cour.

    Je remercie Bayrou d'avoir eu la dignité de refuser cette décoration devenue ridicule.