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  • Femen, Pussy Riot, la tradition anarchiste

    Je ne me suis jamais exprimé à propos des Femen et des Pussy Riot, mais je dois avouer que je n'ai guère de sympathie ni pour les unes ni pour les autres.

    Les Femen ont la provocation facile en terrain conquis : quel intérêt de se promener à demi-dévêtues pour faire valoir des revendications politiques ? C'est de l'agit-prop à bon compte avec un public de pervers ou de bobos dans les pays occidentaux conquis. Dans la pratique qu'apportent-elles pour la condition de la femme ? Pour celles qui sont opprimées et martyrisées dans des pays déliquescents aux pratiques religieuses arriérées ? Rien. Absolument rien. Pire, au final, elles font passer le féminisme pour un combat ridicule et hystérique.

    Je n'ai guère plus d'estime pour les Pussy Riot en dépit de leurs malheurs contre Poutine. Non que j'ai la moindre affection pour ce dernier, mais plutôt que l'action de ces jeunes femmes confine au ridicule. Se livrer à des orgies sexuelles dans des musées, piétiner les symboles des croyants pour protester contre Poutine, c'est une attitude imbécile. Poutine a fait une énorme erreur de les transformer en icône. Mais bon, on ne se refait pas : quand on a le despotisme et la tyrannie dans le sang, c'est typiquement le genre de fautes politiques que l'on fait...

    Les unes et les autres s'inscrivent au fond dans une tradition anarchiste et libertaire parfois amusante mais la plupart du temps inefficace.

    Il faut autrement plus d'astuce pour amener les droits des femmes et la démocratie à progresser. Un exemple, écrire une belle lettre pour demander au Président Hollande d'appeler le Mali à lutter contre l'excision, voilà qui aurait plus d'allure et d'impact que de se présenter seins nus (fussent-ils fort jolis) aux touristes venus au Brésil avec des intentions douteuses ou encore face au pape Benoît XVI pour dénoncer les positions de l'Église sur l'homosexualité.

    Non, franchement si on veut faire avancer la cause des femmes et des jeunes filles, je crois bien plus aux actions comme celles de Plan International, par exemple : droitdesfilles.fr

    Pour ma part, c'est par cette association que j'en suis à mon second parrainage. Pourquoi un parrainage ? parce que ce sont des filles, tout simplement.

    Très agréable à écouter aussi en espagnol !

  • Je suis sidéré par les propos de M.Rufo sur les viols d'enfant

    On se souvient de la sortie du sieur Rufo sidéré par l'égoïsme des enseignants et des parents à propos des rythmes scolaires. J'ai toujours dit que les donneurs de leçon, c'étaient les pires. Ils s'esbaudissent et font la roue sur toutes les ondes tels des paons paradant dans des jardins d'agrément bourgeois.

    Or, le sieur Rufo s'est permis de sententieusement expliquer à une mère dont la petite fille avait été victime de viols que l'immense majorité des enfants abusés vont bien et que, pour sa fille, il lui conseillait de demander au violeur désigné s'il était bien l'auteur de viols sur son enfant avant de croire la petite sur paroles.

    Taisez-vous, arrogant et incompétent personnage ! Taisez-vous imbécile-heureux !

    Non, la majorité des victimes d'inceste et de pédocriminalité ne vont pas bien ! Les conséquences multiples sur leur vie intime, sexuelle, de couple, professionnelle et leur santé sont dévastatrices. De nombreuses études scientifiques, témoignages, ouvrages l'expliquent et le prouvent très clairement : 56% à 80% des victimes nécessitent des soins, soit l'immense majorité (Dufour et al 2000). La Haute Autorité de santé le reconnaît : "La gravité des séquelles sur la santé physique (troubles du comportement alimentaire, addictions…), sur le développement psychique (dépression, pulsions suicidaires…) et sur la vie sociale des victimes (peur des autres…) fait de l'inceste un enjeu sanitaire et sociétal majeur."

    Les professionnels de santé doivent jouer un rôle essentiel dans le repérage. Mieux repérer, est-ce bien là ce que fait M. Rufo ? Les propos de Mr Rufo reportant la responsabilité du mal-être sur la vulnérabilité préalable de l'enfant victime inversent la conséquence et la cause, ce qui est insoutenable scientifiquement pour tous les psychotraumatologues. Par ailleurs les chiffres des faux témoignages et faux souvenirs sont particulièrement faibles, comme le prouvent de nombreuses études juridiques, et psychiatriques, et ce malgré des mythes contraires. Les chances de résilience d'une victime d'inceste ou de pédocriminalité sont accrues lorsqu'on lui apporte soutien et reconnaissance, quand elle est entendue et crue sans aucune condition ! En revanche le déni, le refus de croire font considérablement accroître le mal-être et nuisent à la possibilité de se reconstruire.

    Je ne puis qu'inviter à signer la pétition invitant à dénoncer les propos de ce vil personnage et je constate tout de même une chose : il y a eu foultitude de médias pour reprendre l'exaspération du Sieur Rufo contre les enseignants et les parents attachés à leur vie de famille mais absolument aucun pour dénoncer ce dérapage inacceptable.

    Les pauvres demi-excuses du Sieur Rufo loin d'être suffisantes enfoncent le clou. Pas l'expression d'un seul regret. Le Sieur Rufo est toujours aussi satisfait de lui-même.

    Ce qui m'indigne c'est que des chaînes comme France 5 ou des radios comme France-Info continueront de faire appel à lui en le présentant comme un spécialiste de référence.

    Le Sieur Rufo ferait bien de balayer devant sa porte avant de faire la leçon aux autres.