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samedi, 29 septembre 2012

Un socialiste reste un socialiste, même réformateur...

Il y a encore deux jours, je commençais à presque regretter de ne pas avoir voté pour un socialiste (c'était un candidat PRG en fait) au second tour de l'élection législative car les décisions gouvernementales me semblaient commencer à aller vraiment dans le bon sens. 

Un point toutefois me chagrinait : la droite le dit et elle n'a pas tort de le dire, les entreprises françaises ont besoin d'un choc de compétitivité. Ayrault, paraît-il, réfléchit à un allègement des charges des entreprises et Bayrou s'en réjouissait même. Réfléchir, c'est bien, mais in fine quel est le constat ?

En pleine crise, aucune mesure et, pire encore, le gouvernement s'apprête à revenir sur le statut d'auto-entrepreneur. J'avais jugé cette mesure bien trop inaboutie sous le gouvernement Fillon mais elle avait au moins le mérite de stimuler l'esprit d'initiative, en dépit de ses travers et de ses limitations.

La mesure prise par le gouvernement revient à faire payer tous ceux qui envisagent de devenir auto-enrepreneur même quand ils ne font pas de chiffre d'affaire. Radical pour tuer l'esprit d'entreprise.

Bien sûr, je suis content de voir les Socialistes s'attaquer au déficit budgétaire, je ne vais pas dire le contraire, mais ils le font avant toutes choses à coups d'impôts et pourraient de ce fait entrer très vite dans un cercle vicieux si notre pays ne parvient plus à produire de richesses.

Monteboug qui jouait les matadors s'est reconverti dans celui du pompier incendiaire. La gauche essaie coûte que coûte de limiter les dégâts en pertes d'emploi, mais la vie économique des entreprises ne se décrète pas...

L'équation est en réalité simple et elle sera douloureuse d'une manière ou d'une autre :

- soit les entreprises paient mais leur compétitivité en sera affectée et mécaniquement des baisses de recettes s'ensuivront sur les impôts parce qu'elles ne feront plus assez de bénéfices

- soit le salarié paie et et dans ce cas, il y aura des conséquences sur la consommation ; tout dépendra alors des choix effectués par le consommateur. S'il réduit la voilure sur les biens d'importation (par exemple la high-tech), notre balance commerciale s'en réjouira mais tout le secteur commercial en souffrira.

- soit l'État réduit ses dépenses, et là, il faut commencer à bien considérer lesquelles. L'État ne peut qu'abandonner certaines missions car je ne crois pas vraiment qu'il soit possible de maintenir un même service avec des moyens en baisse. Ce qui n'empêche pas de chasser les gaspillages (90% des agences Branquignol et Guignolo dont la Cour des Comptes dénonçait l'enflure démesurée par exemple...).

Le problème, si l'État réduit ses dépenses c'est que cela peut impacter la protection sociale. On dit la France un pays riche, mais le salaire de bien des travailleurs, rapporté au coût de la vie, les réduit souvent à une situation personnelle proche de la précarité. 

Quand je lis les solutions proposées par mon affreux libéral favori, je constate qu'il renvoie tout aux accords passés entre individus. Mais que deviennent alors les plus faibles ? Tributaires des aléas du Charity Business, s'il n'y a pas plus d'état ?

Je ne crois pas aux solutions simples car nous vivons dans un monde complexe. On dit souvent qu'il faut en finir avec les normes. Dans l'idéal, je suis en phase avec cette volonté, mais si le résultat final, c'est l'opacité totale sur ce que l'on consomme parce qu'il n'y a à la fois pas d'information et plus de normes, le remère est pire que le mal !

Le devoir d'information du consommateur, de l'usager, des contractants, devrait être la règle numéro un du marché. La transparence, en somme. Au fond, cela ne me gêne pas tant que cela que certains se satisfassent d'OGM, mais qu'on ne me les impose pas et que l'on soit certain également qu'une grave crise sanitaire en forme de bombe à retardement ne se cache pas derrière, car, même si elle ne me concerne pas directement, j'estime que la société n'est pas seulement le fruit d'une coalition d'intérêts bien compris et réciproques mais aussi un contrat solidaire, y compris avec les individus pour lesquels je n'ai aucune affinité personnelle.

09:03 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : nortmes, consommation, budget | |  Facebook | | | |

Commentaires

pfff.... Problème de compétitivité, as-tu dit ? m'enfin ! Arrête de te laisser intoxiquer par cette propagande là, car c'en est une ! Le véritable problème,c 'est la compétitivité, certes, mais aps celle de nos salariés : celle de nos politiques, et de nos grands patrons, qui continuent à être payés des fortunes alors qu'ils ont gravement failli !

Écrit par : GdeC | samedi, 29 septembre 2012

@GdC
Attention, tu déformes ce que j'écris. Le problème, ce n'est pas la compétitivité des salariés. Bayrou faisait remarquer dans son État d'urgence que le coût salarial n'entre que pour 7% dans le prix final d'un produit. C'est bien pour cela qu'il concluait que le salaire n'était pas une marge de manoeuvre si l'on voulait concurrence les pays à bas coût de main d'oeuvre.
Par ailleurs, les cadres français sont les plus compétitifs du monde en termes de rendement.
Le problème, c'est la compétitivité de l'entreprise.

Écrit par : l'hérétique | samedi, 29 septembre 2012

Tant qu'on continue à bricoler un système existant, rien ne changera vraiment, on prendra à droite pour donner à gauche, il faut de véritables ajustements structurels

Écrit par : centre d'affaires aas | vendredi, 16 novembre 2012

+1 pour le commentaire précédent, il faut surtout sortir de cette vision bipolaire que l'on a en France (droite/gauche)

Écrit par : Externalisation paie | vendredi, 16 novembre 2012

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