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dimanche, 27 novembre 2011

L'art d'avoir toujours raison

L'art d'avoir toujours raison, c'est à l'origine le titre d'un ouvrage de Schopenauer : il y énumère et explicite toutes les techniques rhétoriques qui permettent, dans un débat, de l'emporter sur un adversaire. Mais ce pourrait être aussi le titre d'un des derniers billets de Maître Eolas.

Nous avons eu quelques échanges aigre-doux à ce sujet sur twitter. Son billet avait pour objet de dénoncer une officine dont je me méfie aussi au demeurant, l'IPJ, mais également de remettre en cause le témoignage d'un père qui a perdu son fils et juge notre système judiciaire déficient.

Pour être succinct et lapidaire le noeud de la contradiction, c'est de déterminer combien d'individus sont à l'origine de la mort du fils de la victime.

Pour Maître Eolas, seul l'un d'entre eux saurait être retenu comme coupable, car les autres se sont contentés de frapper à coups de pied dans le corps la victime.

D'un point de vue juridique, l'expert est Maître Eolas, donc, je ne doute pas de la qualification juridique qu'il donne à ce crime, mais pour le reste, bien évidemment, je vois bien qu'iil y a un écart idéologique conséquent entre sa perception et la mienne. 

Revenons sur notre affaire ; c'est simple à considérer, même si on aime chez Maître Eolas que la justice soit chose complexe : il s'agit ni plus ni moins d'un lynchage. J'aime bien la technicité rhétorique qui consiste à ne juger les faits qu'en les séparant les uns des autres.

Le raisonnement est celui-là : un coup de pied occasionne au plus une ITT de 8 jours. Donc les coups portés par les agresseurs ne peuvent pas être jugés au-delà de cette limite. 

Sauf qu'à dissocier les faits les uns des autres, on finit par oublier le lien qui les unit les uns aux autres. Et là, moi, derrière ces faits prétendûment isolés, je vois bien apparaître le lynchage. 

Quoi ? Ces individus ignoreraient que la somme de leurs coups de pieds peut avoir des conséquences mortelles ? Ils ignoreraient aussi que des coups de pied portés sur un homme qui a déjà reçu des coups de couteau mortels c'est une augmentation significative des probabilités de voir sa fin proche ?

Le raisonnement de Maître Eolas et de nombre d'avocats, au demeurant, me fait penser aux paradoxes des anciens grecs, et notamment à celui de l'archer et de sa cible de Zénon d'Élée : comme la flèche parcourt toujours la moitié de la distance qui sépare l'archer de sa cible, en principe, elle ne touche jamais sa cible. 

Comme on divise toujours plus les actions de coupables ou complices, ou du moins, témoins complaisants d'un homicide, on finit toujours par les exonérer car le fil qui conduit à leur culpabilité n'est jamais entièrement parcouru...

Commentaires

Alors la bravo.

Après avoir été moi même éolas-sien, je me suis lassé de sa morgue, de son corporatisme exacerbé, et de son incapacité à comprendre que même le non juriste à le droit de parler du droit, et notemment du droit tel qu'il pense qu'il devrait être. Il faut voir sur quel ton il répond à ses critiques. Affligeant.

La lecture du papier d'eolas sur l'IPJ m'avait laissé un profond sentiment de dégout sans que j arrive à identifier précisément "la" faille.

Vous avez parfaitement décrit le "missing link" - "Lynchage" et interdépendance des actes individuels ayant entrainé la mort.

Bravo et merci.

Écrit par : Vincent | dimanche, 27 novembre 2011

Bonjour Vincent,
Merci. Il y a je le pense un vide dans la législation française pour qualifier les crimes commis en groupe. Enfin, un vide...actuellement, on considère chaque responsabilité individuelle, diluant les faits. Ce n'est pas quelque chose de nouveau. C'est comme cela que dans bien d'autres affaires, des lâches et des ordures évitent le sort qui devrait leur échoir. J'ai plein d'autres exemples.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 27 novembre 2011

Pourtant, il existe déjà le viol en réunion, les associatns de malfaiteurs, et le crime en bande organisée... A mon avis, un proc dogne de ce nom devrait pvr trouver
la qualification adéquate dans l arsenal législatif existant. Mais je ne suis pas juriste.

Écrit par : Vincent | dimanche, 27 novembre 2011

@Vincent
Justement, pour le viol en réunion, regardez les issues des jugements : la plupart des individus sont acquittés...
J'ai enlevé la partie "morgue" de mon billet mais elle répondait à l'accusation de démagogie.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 27 novembre 2011

Il faudrait peut-être arrêter de considérer ce “maître Eolas“ comme un expert juridique : c'est un idéologue à diplômes, rien de plus.

Écrit par : Didier Goux | dimanche, 27 novembre 2011

Bonjour Didier
Je ne suis pas juriste et encore moins avocat, alors je ne peux pas trop me prononcer sur les aspects juridiques de ce qu'il évoque.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 27 novembre 2011

Amusant.

Neuf jeunes ont commis des violences aggravées.
Le dixième a commis un meurtre, qui suppose l'intention de donner la mort.

Et vous voudriez qu'ils soient tous condamnés pour meurtre.

Ou alors vous présupposez que ni le procureur ni le juge d'instruction n'ont qualifié les faits correctement? Qu'ils n'ont pas examiné si les neufs avaient une intention de donner la mort ou pas?

Vos propos sont soit de la démagogie, soit des préjugés.

Maitre Eolas ne fait que vous expliquer cela.

@Didier Goux: Alors que vous, vous êtes un idéologue sans diplôme. Nivellement par le bas, en somme.

Écrit par : Le Petit Poucet | dimanche, 27 novembre 2011

À petit poucettes
Oh, je pense qu'il doit y avoir une voie moyenne , condamné pour lynchage, en tout cas, oui.

Écrit par : Lheretique | dimanche, 27 novembre 2011

Saleté de tablette , encore le correcteur qui a corrigé sans mon avis
À petit poucet voulais je écrire

Écrit par : Lheretique | dimanche, 27 novembre 2011

Saleté de tablette , encore le correcteur qui a corrigé sans mon avis
À petit poucet voulais je écrire

Écrit par : Lheretique | dimanche, 27 novembre 2011

@Vincent : je ne pense pas, en lisant son blog, qu'il pense que le non-juriste ne peut pas parler de droit, tant qu'il sait de quoi il parle.
C'est comme le sport, pas besoin d'être un professionnel pour en parler, mais connaître les règles est quand même plutôt conseillé.

Écrit par : melianos | dimanche, 27 novembre 2011

@L' hérétique,
Je ne suis pas le blog de maitre Eolas^^^, suis passée visiter, son billet date du 14, depuis certaines choses ont évoluées ;)
Bien sur, qu'il conviendra de se pencher vers les phénomènes de groupe mais complexe, car idéalement il conviendrait sur ce thème d'associer différentes disciplines pas ou peu habituées à travailler de concert, et si les idéologies s'en mèlent...Ouh lala^^^.

Écrit par : Martine | dimanche, 27 novembre 2011

L'analogie avec l'histoire d'Achille et de la tortue, ou bien de la flèche et de la cible est bien trouvée. Elle rappelle qu'un mouvement ne peut être réduit à ses points extrêmes et à la distance parcourue.
Si on pense à Deleuze commentant Bergson dans le célèbre cours sur le cinéma, on peut même rapprocher chaque coup de pied d'une "coupe immobile" du mouvement global, d'un instant de la course.
La conscience humaine s'inscrit dans le temps, donc dans un mouvement. Aucun effet de l'intention humaine ne prend effet dans un instant de durée nulle, puisque l'instant n'existe pas. Le coup de pied a bien lieu, mais ENTRE les instants, si rapprochés soient-ils. Dans ce cas, distinguer UN coup de pied et LES coups de pieds n'a pas de sens, pas de justification.
L'intention du présumé coupable ne peut donc, en AUCUN CAS, être ramenée à l'intention de donner un coup de pied. Elle correspond forcément au mouvement tout entier. Le présumé coupable a-t-il eu l'intention de tuer ? A-t-il commit un mouvement global dans l'intention de tuer ?
C'est bien l'intention que l'on juge et donc le mouvement dans son ensemble.
Il est donc impossible de ramener un fait délictueux, c'est à dire une intention de "faire mal" ou de se venger ou de se défouler, à chacun des gestes qui ont entrecoupés cet acte de défoulement.
C'est confondre la réalité du temps du délit avec un temps abstrait, mathématique, sans aucun lien avec le réel. C'est une forme classique de sophisme, effectivement.

Erasmus Tharnaby (blog Ecologie totalitaire)

Écrit par : Erasmus Tharnaby | dimanche, 27 novembre 2011

Ou dans un français bien plus simple.
http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/02/12/1317-debriefing-sur-du-grain-a-moudre

Peut-être avait-ils l'intention de le tuer à coups de pieds, mais ce n'est pas les coups de pieds qui ont tué.
Ensuite je ne suis pas sûr, mais il me semble que le crime (ou délit ?) de "violences en réunion" est relativement récent, donc que c'est inapplicable pour ce cas.

Écrit par : melianos | dimanche, 27 novembre 2011

"Peut-être avait-ils l'intention de le tuer à coups de pieds, mais ce n'est pas les coups de pieds qui ont tué."

=> Non, si il y a intention de tuer, c'est une tentative de meurtre. C'est expliqué sur le blog d'Eolas.

"Ensuite je ne suis pas sûr, mais il me semble que le crime (ou délit ?) de "violences en réunion" est relativement récent, donc que c'est inapplicable pour ce cas."

=> Non plus. C'est expliqué aussi sur le blog d'Eolas.

Écrit par : Le Petit Poucet | lundi, 28 novembre 2011

@L' héré,
Laissez courir pour Me Eolas avec ses fantomettes et compagnie^^^.Un avocat qui passe son temps, sa vie sur twitter; c'est louche^^^.
Enfin, mon humble avis.
Sinon, avez-vous noté certaines évolutions? Magique parfois :)

Écrit par : Martine | lundi, 28 novembre 2011

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