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mardi, 01 février 2011

Châtel organise la guerre civile à l'école

Je voulais revenir une fois encore sur la manière de procéder de Luc Châtel (celui-là, je l'ai dans le pif). Elle est symptomatique du sarkozysme en action.

Châtel, je l'ai dit à plusieurs reprises, démolit consciencieusement notre école républicaine en l'étouffant par compression. Empêcher les collèges et lycées de fonctionner est une garantie d'organiser une fuite vers l'école privée, guère mieux lotie, au demeurant. En France, l'école privée est quasi-publique, sauf quand elle est hors-contrat. Ah, le hors-contrat, le rêve américain de Châtel et Sarkozy...

Mais revenons à nos moutons. Question : pourquoi Luc Châtel vient-il d'annoncer que les chefs d'établissement méritants recevraient des primes ? Réponse : parce qu'il les a chargés d'organiser la pénurie. En réalité, les chefs d'établissement ne sont nullement responsables de cette pénurie. Ils ne font que redistribuer, intelligemment ou non, les moyens dont ils disposent. En faisant son annonce, Châtel est assuré de détourner l'ire des enseignants contre leurs principaux et proviseurs. Bien joué, Tullius Castelus Detritus (voir la Zizanie de Gosciny pour comprendre l'allusion) ! 

Ah, Châtel et les calculs. Tiens, c'est une section académique du SNES, un syndicat enseignant, qui illustre assez bien les connaissances mathématiques de Châtel : il ne connaît que la soustraction. Chez eux, par exemple, cela donne : 

Rentrée Versailles 2011 : le théorème de Chatel => Élèves plus 1159 = Emplois moins 493

Ça, c'est du calcul mental, hein, mon Luc ? Tiens, un nonos, allez, allez, attrape, mon bon toutou à son Nicolas ! 

Méthode sarkozyste en action  : on dresse les citoyens les uns contre les autres. Ça marche à tous les coups, ou presque. Roms, juges, étrangers, chefs d'établissement, on trouve toujours un coupable en sarkozie. C'est cette manière de faire insupportable que n'a cessé de dénoncer, en vain, Bayrou pendant toute la campagne présidentielle de 2007. C'est là le danger qu'il avait perçu pour la France. Un Président devrait être un pont entre les hommes, Sarkozy est une frontière barbelée. Et ses sbires aussi.

L'école ne semble guère faire recette dans l'opposition. Le Front National s'en moque comme de la dernière guigne, et à vrai dire, lisez son programme (Le FN juge l'école dépensière, ce qui en dit long sur l'attention qu'il compte porter à l'éducation ; son programme annonce d'ailleurs clairement des réductions d'effectifs !), en fait, ce qu'il pourrait reprocher à Sarkozy, ce n'est de ne pas aller encore plus loin dans la casse de l'Éducation Nationale. Au PS, on demeure sans voix. Seul le MoDem a réagi par la voix de son porte-parole, Yann Wehrling, qui a parfaitement senti l'entourloupe

Ce ministre est très inventif. Il nous annonce des mesures qui peuvent être intéressantes, comme l'apprentissage de l'anglais dès le plus jeune âge ou celles visant à la cohérence des matières scientifiques...Mais il y a aussi le contexte dans lequel s'inscrivent ces mesures, celui de la réduction des postes. Il y aura quand même, à la rentrée 2011, près de 8.967 postes en moins.

Nous soupçonnons M. Chatel de créer un écran de fumée pour cacher cette réalité de coupes budgétaires qui aboutira immanquablement à un recul de l'école en France. Moins d'enseignants, c'est une plus mauvaise Éducation nationale, alors que l'on constate un recul de la maîtrise du français lui-même. Nous ne voulons pas être dupes de ces annonces qui enrobent et dissimulent cette logique de coupes budgétaires qui remplace toute réflexion sur l'Éducation nationale.

Ouf. Merci, Yann. Y'a quand même quelqu'un qui l'ouvre, dans le silence assourdissant de la classe politique quand l'actualité évoque nos collèges et nos lycées. Que deviendrons nos enfants ? 

 

Commentaires

Pour ce qui me concerne , je partage tout à fait cette analyse. Il faut reconnaître une qualité à Luc Chatel : en matière de communication , il sait bien "embobiner" l'opinion (voir ses deux dernières interventions sur le calcul mental et sur les sciences ). Voilà quelqu'un qui sait bien brouiller les pistes.
On peut regretter que la presse "tombe en général dans le panneau" lorsqu'elle relate les propos de Luc Chatel .Notre presse ne devrait-elle pas se montrer plus critique et démêler le bon grain de l'ivraie .
Quand on voit à la télé des élèves qui "redécouvrent" la science (méthode Charpak), je n'ai pas l'impression que nos salles de travaux pratiques ,dans les établissements scolaires, ressemblent toujours à ce que l'on nous montre à l'écran !

Écrit par : Daniel54 | mardi, 01 février 2011

Yeeess!! Oups, euh...J'adore! :)Ecrans de fumée, très joli. :)
Mouais, "inventif" on se demande ou il a bien pu pécher certaines idées ;o)) Dommage d'en faire une "création pareille"!! Il m'agace, il m'agace ce LC quand à votre autre "chouchou" PM...Pfiouou.

Écrit par : Martine | mardi, 01 février 2011

J'ai vu une video de Chatel présentant son dispositif pour l'apprentissage de l'anglais dès le plus jeune âge. Son incompétence était palpable, tant il "récitait" un texte bien appris mais ridicule. J'aurais aimé un peu plus de sérieux de la part des journalistes: pas une des conneries qu'il a pu proférer n'était défendable face à des questions bien posées et, surtout, face à l'expression d'un peu de bon sens.
Merci à Yann Wehrling; mais qui, dans les medias traditionnels, va relayer cette réaction?
(une autre chose m'inquiète: l'apathie des enseignants eux-mêmes... "mais ceci une autre histoire"...)

Écrit par : Pierre67 | mardi, 01 février 2011

+1
quant à l'apathie des enseignants, on est plutôt atterrés.
nos syndicats qui n'ont jamais joué leur rôle sont en dessous de tout.
Les profs, ils essayent de faire leur travail "quand même" et on a même plus le temps de penser ou d'anticiper.
là, le jour où ils seront dans la rue, ce sera que ça aura craqué, ce sera plus pour proposer des trucs.

Mais c'est la faute des syndicats: on leur avait donné un super avantage en défiscalisant les cotisations (soit division par 3) pour que le maximum de personnel se syndique et qu'ils soient ENFIN représentatifs de quelque chose.
qu'en ont-ils fait? l'année suivante ils avaient multiplié par 3 les cotisations, ce qui fait que pour nous, il n'y avait aucune réduction, ils se sont tout mis dans la poche, et ont continué à ne représenter qu'eux-mêmes. Ils mériteraient d'être dissous, pour avoir fait ça.

alors sans syndicats honnêtes, que voulez vous qu'on fasse?

Écrit par : do | mardi, 01 février 2011

@do:il ne faut pas mettre tous les syndicats dans le même sac : vous devriez mieux vous renseigner.
Quant à dire que les syndicats ne font pas leur travail , c'est absolument faux . Renseignez vous seulement sur Internet et vous verrez !

Écrit par : Daniel54 | mardi, 01 février 2011

@ do: je souscris parfaitement, je suis moi aussi enseignant. Mais on ne peut plus continuer à se laisser imposer de nouvelles contraintes aussi prenantes qu'inutiles et qui nous accaparent au détriment des élèves (car c'est le plus grave dans tout cela: sous couvert de "mettre les profs au boulot" on oublie l'essentiel)

Sur les syndicats: je suis également très déçu. J'ai eu l'occasion récemment de discuter avec un banquier a soutenu Sarkozy d'assez près en 2007 et qui affirmait mordicus que les syndicats étaient - sur les "gros" sujets - achetés par le gouvernement. J'ai évidemment hurlé de rire et il m'a donné l'exemple d'EDF et de la menace de contrôle du Comité d'Entreprise qui aurait servi de levier. Quand je vois la mollesse des réactions des syndicats d'enseignants ces derniers temps, je me pose des questions. Je m'étais "re"syndiqué il y a trois ans, je n'ai pas renouvelé.

Il ne s'agit pas de râler pour râler comme l'ont fait des générations de profs dont les conditions de travail étaient autrement plus clémentes. Mais de sauver le pays de la déroute vers laquelle nos amis de l'UMP le précipitent. Là-dessus, Bayrou a raison d'insister: on ne fera pas l'économie d'une réforme exemplaire de l'Education Nationale. Mais jusqu'où faudra-t-il chuter avant qu'il ne se passe quelque-chose de positif (parce qu'en sous-main, il s'en passe des choses, à un rythme qu'on n'a jamais connu)?

Écrit par : Pierre67 | mardi, 01 février 2011

C'est vrai que l'ami Chatel - et indirectement notre Président de la République - en prend plein la tête sur ce blog dernièrement. Et ce n'est pas pour me déplaire je l'avoue.

Le lien étant donné dans l'article, j'ai jeté un coup d'oeil au programme du FN en matière d'éducation et ce n'est jamais que la version radicale de ce que propose l'UMP. Quoi qu'il en soit, on ne va pas redire vingt fois sur ce blog qu'il faut que l'Education redevienne la première priorité nationale (article 1 du Code de l'Education !) : il faut essayer de faire passer ce message via les médias traditionnels.

Ensuite, je suis d'accord avec les propos qu'a tenu le porte parole de notre Eglise (pour reprendre le jargon local) et notamment lorsqu'il dit : "Moins d'enseignants, c'est une plus mauvaise Éducation nationale."

Enfin, concernant le PS, je serais moins dur. En effet, dans le document d'une cinquantaine de pages sur l'égalité réelle, les pages 8 à 22 (à partir de la page 11, le sujet de l'école est abordé) sont consacrées à l'éducation : le PS donne donc un avis sur la question.
J'avoue ne pas avoir lu plus que les titres pour le moment, mais j'ai dans l'idée de lire au moins cette partie de ce qui semble être une partie du projet présidentiel proposé par le PS (d'ailleurs, on entend plus parler de société du "care" ?).

Écrit par : Maxime FIALON | mardi, 01 février 2011

@Maxime
vous auriez le lien direct vers la partie éducation du programme du PS ?

Écrit par : l'hérétique | mardi, 01 février 2011

Encore plus de moyens, encore plus d'enseignants, c'est ce qui se passe a l'ÉN depuis 30 ans. Le France fait partie des pays de l'OCDE qui consacrent le plus de leur budget a l'éducation. Et les résultats sont mauvais, et continuent de baisser, comme le montrent les tests PISA. La France dépense plus que les autres, et elle obtient de moins bon résultats que les autres.

Il faut arrêter cette spirale infernale de fuite en avant des dépenses pour des résultats nuls. Malheureusement, l'ÉN est sclérosée, vérolée par les syndicats. Aucune réforme n'est possible. Même l'instauration du DAPE, maintenant acceptée et acclamée par les instituteurs comme une bonne mesure, était décriée par ces mêmes syndicats.

Quant-aux chiffres des syndicats, ils sont bien spécifiques à certaines régions, et se gardent bien de donner des évolutions sur de plus longues périodes. Des chiffres comparés du nombre d'élèves et du nombre d'enseignants sur 10 ou 20 ans montreraient exactement le contraire ! Mais comment faisaient les professeurs il y a 10 ou 20 ans ?

Je ne suis pas certain que les changements d'effectifs opérés : 9000 sur 1,2 millions, soit 0,8% de réduction soient véritablement la saignée qui va causer la perte de l'éducation en France. C'est plutôt de ne rien faire, de ne rien changer qui finira par couler l'ÉN.

Écrit par : Karizoc | mardi, 01 février 2011

@Karizoc
écoutez, moi, les chiffres que j'entends, je m'en fous un peu : ce qui compte, ce sont ceux que je constate. Or, je constate que mes deux petits sont en CP et en CM2 à des classes à 30. Que les parents sont de plus en plus sollicités parce que les enseignants sont submergés, et que si vous n'êtes pas là comme parent, soit vous avez du pot, votre enfant tourne tout seul, soit ce n'est pas le cas, et alors il est carbonisé.
Après, on peut me blablater tout ce qu'on veut en me disant qu'il y a 10,15,20 ou 2000 ans on se débrouillait bien, moi, ce que je vois c'est qu'il y a toujours plus d'élèves pour toujours moins de professeurs, y compris en collège pour les échos que je reçois.
Des pseudo-réformes, on peut toujours en faire, mais si elles aboutissent, in fine, à fragiliser l'offre de disciplines, la formation et la culture, je n'en veux pas. Châtel a un sourire bright, mais c'est avant tout un DRH spécialiste du licenciement. On lui demande des économies, le reste, il s'en tape.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 01 février 2011

@Karizoc @lheretique @do @pierre67

En fait vous ne voyez pas que tout se tient.
Le gouvernement compresse les postes mais ne remet pas trop en cause les décharges - généreuses ! - syndicales.
Ainsi, il avance l'encadrement moyen dans les classes (ce qui ne fait que pointer la trop grande quantité de personnel pas affecté devant des enfants !), puis presse sur les syndicats ( en sous-mains !!) pour faire passer l'augmentation vertigineuse des effectifs dans les classes.
Et après, comme l'a pointé @lheretique, on divise tout ça avec les primes, histoire de diffuser les responsabilités.
Et on répète. Mais vu l'argent distribué aux cadres, ça ne fera même pas diminuer les coûts d'exploitation...

Écrit par : Fabrice_BLR | mercredi, 02 février 2011

bonjour, c'est la technique appliquée par les sociétés forestières canadiennes, on laisse une bande d'arbres de 200m d'épaisseur de chaque côté des routes principales, l'illusion de forêt est ainsi préservée (et finalement seul cela compte pour le voyageur)au-delà de cette limite commencent les coupes à blanc...

Écrit par : ali427 | mercredi, 02 février 2011

Bonjour

Je suis votre blog depuis plusieurs mois et je continuerai.

Je vous suggère de regarder et de commenter le site sur de la banque mondiale qui présente l'espérance de vie. Regarder sur l'Afrique, c'est à la fois surprenant et rassurant.
http://www.google.com/publicdata?ds=wb-wdi&met=sp_dyn_le00_in&idim=country:FRA&dl=fr&hl=fr&q=esperance+de+vie

François Garnier Modem 74

Écrit par : Garnier | mercredi, 02 février 2011

Le ministre Luc Chatel répond, point par point, au micro France Info de Raphaëlle Duchemin, et confirme la signature d’un accord avec les syndicats de principaux et de proviseurs : les salaires des chefs d’établissement intègreront une part variable.

Primes sur objectifs :

Le ministre de l’Education confirme sur France Info la signature d’un accord avec les syndicats de chefs d’établissements (proviseurs de lycées et principaux de collèges). Accord qui met en place une prime sur objectifs pouvant aller jusqu’à 6.000 euros tous les trois ans. "Le gouvernement a décidé de développer une rémunération variable liée aux performances de nos cadres, comme cela existe dans l’immense majorité des entreprises de notre pays".

http://www.france-info.com/chroniques-les-invites-de-france-info-2011-01-25-des-primes-au-merite-versees-aux-chefs-d-etablissement-confirme-511258-81-188.html

Cette phrase de Luc Chatel sera la phrase la plus importante de l’année 2011 :

"Le gouvernement a décidé de développer une rémunération variable liée aux performances de nos cadres, comme cela existe dans l’immense majorité des entreprises de notre pays".

Cette phrase de Luc Chatel résume la "philosophie" de l’UMP : tout doit être privatisé.

Tout doit devenir une entreprise privée (sauf la Justice, la Police et l’Armée car il faudra réprimer les émeutes).

Écrit par : BA | mercredi, 02 février 2011

Je suis assez déçu de constater que pour vous l'EN va mal par manque de moyens. Et vous dites en commentaires "or, je constate que mes deux petits sont en CP et en CM2 à des classes à 30...

Toutes les études montrent que la taille de la classe ne change rien aux performances des élèves, à moins de diviser par 2 le nombre d'élèves. Ca change le confort du prof ça oui mais n'a pas d'impact sur les performances des élèves. Et c'est la mesure la plus coûteuse qui soit.
Il faudrait arrêter de relayer ces souhaits syndicaux et réfléchir à ce qui cloche.
De 1980 à 2000 : budget de l'EN a augmenté de 80% pour des résultats sen chute libre (cf. PISA etc.).
Ce qui empêche les élèves de progresser c’est leur propre environnement familial et notamment le manque d'ambition. Et ça on ne peut le réduire qu'en ayant une école qui fasse l'EXACT OPPOSE de ce que fait l'école depuis 20 ans : arrêter de faire du compassionnel, cesser de refuser de transmettre des connaissances par soucis égalitariste, cesser de vouloir démocratiser en mentant aux mômes (et aux parents) sur leur niveau, vouloir les garder à tous prix à l'école, etc. Cela est démontré (si, si) depuis 38 ans maintenant (cf. R. BOUDON). Et pourtant les fadaises syndicales marxisantes et bourdieusiennes se poursuivent.
Je suis déçu de trouver ces arguments sur ce blog.
Cordialement,

Écrit par : Pedro | jeudi, 03 février 2011

Mais, il sort d'ou le Pedro hallucinogène?

Écrit par : Martine | jeudi, 03 février 2011

@ Martine,
En voilà une belle contre-argumentation !

Sinon je suis prof, qui passe outre ses impressions et la vulgate environnante et fouille pour comprendre (comme tous les profs non ?).

Pour info :
par exemple ici :
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/024000197/0000.pdf
Avec un extrait de la conclusion p30 : "aucune recherche française au collège ne laisse penser qu’une politique de RTC [réduction de la taille des classes] aurait des effets positifs".
Voir aussi l'étude STAR ou bien encore des études de T. Piketty...

Voir aussi R. Boudon in "l'inégalté des chances" qui démontre (Boudon est un scientifique) l'origine de l'inégalité des chances (l'effet du groupe de référence, ici la famille).

Vous voudrez bien me montrer en quoi je suis hallucinogène.

Cordialement,

Écrit par : Pedro | jeudi, 03 février 2011

Dslée,
Ne suis intervenue en milieu scolaire que depuis environ treize années, sur le terrain, alors vos liens vers les déconnectés...Très franchement dslée.
Ceci dit, cet après-midi j'ai bu du miel quand à ce que les profs pensent de mes trésors et le reste...
Bonne soirée à vous.

Écrit par : Martine | jeudi, 03 février 2011

@Pedro
En fait, moi, j'en ai juste assez des mensonges des études à la c...
Je discute avec des amis enseignants régulièrement : la taille des classes ne bouge plus depuis près de 15-20 ans. Leur taux d'encadrement de merde, je ne sais pas comment ils le calculent, mais il ne correspond pas à une réalité concrète sur le terrain.
Je n'ai aucune confiance en ces chiffres que j'estime faisandés. Châtel and co nous serinent que le taux d'encadrement de l'EN est d'un enseignant pour 14 enfants. Il faut arrêter de se foutre de la gueule du monde. Ce taux ne correspond à aucune réalité nulle part. Il n'y a pas longtemps, par exemple, j'ai fait le tour des structures des collèges parisiens. Ça dépasse 30 partout dans plusieurs niveaux. Moi, je le constate aussi avec ma famille. Que les experts cessent de me raconter des balivernes, parce qu'ils commencent à me chauffer les experts à la con.
Notez que je ne dis pas ça contre vous : je pense, en revanche, que si vous vous fiez à ces rapports, vous pouvez estimer largement que vous êtes plus que désinformé...

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 03 février 2011

@lheretique

Ce ne sont pas des "rapports stupides", mais juste des règles de trois entre personnes rémunérées par l'EN provenant d'un corps d'enseignement rapporté au nombre total d'élèves.
Ainsi, vous en déduisez que près d'un prof sur deux n'est pas en face d'une classe.
Ainsi, le problème est donc RH, à savoir, comment "recycler" cette force de travail, afin de regagner des marges de manoeuvre budgétaires.
Mais refuser de regarder la réalité comptable ne permet pas d'avancer dans ce domaine.

Écrit par : Fabrice_BLR | vendredi, 04 février 2011

http://www.youtube.com/watch?v=VdvbgW3YOVM

Écrit par : Martine | vendredi, 04 février 2011

Suis passée sur le site ...Avant que j'aide le "R" ou le "frelon"...

Écrit par : Martine | vendredi, 04 février 2011

Et Jacqueline Gourault, elle ne dit rien ?

Ca lui donnerait l'occasion de se faire connaître un peu.

Écrit par : Citoyen | vendredi, 04 février 2011

@ l'hérétique,

L'encadrement annoncé de 12 ou 15 élèves par profs est bien sûr une blague, je n'ai jamais dit le contraire. Je n'ai moi non plus jamais enseigné que dans des classes de +/- 30 élèves.
Mais ce n'est pas ce que je dis : ce que je dis c'est que le nombre d'élèves dans une classe n'a pas un grand impact sur leurs apprentissages. A moins de diviser les classes par 2 (le dédoublage, qui existe très ponctuellement).
Or les profs n'ont qu'une idée en tête, faire baisser le nombre moyens d'élèves par classe (genre de 30 élèves à 25) ce qui, outre, donc, que c'est inutile pour faire progresser les élèves, a évidemment un coût faramineux.
C'est vous, il me semble, qui jouez au désinformé en ne voyant pas, ou en faisant mine de ne pas voir, l'argument proposé.

Cordialement,

Écrit par : Pedro | vendredi, 04 février 2011

@Pedro
mais moi, ce que je vois, c'est que le nombre d'élèves est en train de passer au-dessus de 30. Et ce n'est pas tout : l'offre de formation se restreint (disparition progressive de l'allemand, du russe, des langues anciennes, entre autres...)

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 04 février 2011

@ l"hérétique,

Vous dites :
"mais moi, ce que je vois, c'est que le nombre d'élèves est en train de passer au-dessus de 30."
Alors il faut vous rassurer, cela n'a que très peu d'impact sur les élèves, ce n'est pas du tout la cause d'un éventuel échec.

"Et ce n'est pas tout : l'offre de formation se restreint (disparition progressive de l'allemand, du russe, des langues anciennes, entre autres...)"
Je suis bien d'accord avec vous.
Mais si l'offre se restreint c'est parce que la demande se restreint drastiquement (voilà un exemple de cours où les élèves sont en classe de 6 ou 8 (allemand LV1, latin, etc.). Et si la demande se restreint cela n'est pas dû à un "manque de moyens" mais cela est dû surtout à l'école qui a changé de rôle, et n'incite pas du tout les "jeunes" à se porter vers ces options souvent difficile ou qui leur parlent peu.
Les clubs théâtre, arts plastiques, club ceci ou clubs cela, en marge des cours, eux, se portent à merveille et se développent.

Écrit par : Pedro | vendredi, 04 février 2011

Aux enseignants qui viennent sur ce site :
Pour alerter vous devriez opter pour une autre démarche que la manifestation publique : refuser en masse les consignes, toutes les consignes venues d'en haut, et donc ne pas les appliquer dans vos classes..
C'est une forme de rebellion, à mon sens plus efficace, que de défiler dans les rues.

Écrit par : Alouette | vendredi, 04 février 2011

@Pedro

Là par contre reconnaissez que @lheretique a raison, c'est aussi à la politique éducative d'inciter les gens à avoir tant de personnes apprenant telle ou telle langue.
En la matière, il n'y a aucun pilotage.
D'accord avec vous sur la faible influence de l'augmentation des effectifs. Ma femme a cette année une classe de 43 élèves, un de ses collègues une classe de 16 élèves. Nous verrons à la fin de l'année qui a les meilleurs résultats - il s'agit de classes préparatoires.
Par contre, reconnaissez que l'enseignement dans l'une ou l'autre de ces classes n'est pas *du tout* la même chose. Une classe surchargée entraîne une augmentation drastique de la quantité de travail à la maison (elle est plus proche des 80h par semaine que des 35h, lol), notamment à cause des corrections de copie. Du coup, si on veut lutter contre le trop grand nombre de profs non affectés à des classes je propose depuis longtemps de faire comme pour les grands corps d'état, et d'adjoindre à la rémunération forfaitaire (minable pour les profs, on est tous d'accord, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai fui de l'EN), une indemnité de service, qui elle, dépendrait notamment du nombre d'heures enseignées réellement et du nombre d'élèves dans la classe. Evidemment, le système actuel en tient *légèrement* compte avec le système des HSA, mais comme d'habitude, tout cela est régi par des seuils (24 et 36), ce qui fait qu'un prof avec 35 élèves a la même rémunération qu'un prof avec 24 élèves...
Franchement, ce que je trouve scandaleux, ce n'est pas les classes à 40, mais le fait que seuls 25 personnes puissent profiter de l'enseignement de très haute qualité d'un lycée comme Louis Le Grand. Je ne serais vraiment pas choqué qu'un prof à LLG se prenne (s'il l'accepte) 50 élèves.
Mes deux centimes.

Écrit par : Fabrice_BLR | vendredi, 04 février 2011

@ Pedro:
Vous écrivez: "Alors il faut vous rassurer, cela n'a que très peu d'impact sur les élèves, ce n'est pas du tout la cause d'un éventuel échec."
Parlez-en aux collègues de langue qui sont censés "faire parler chaque élève une fois au moins lors de chaque cours". 30 élèves sur 55 minutes, en comptant l'entrée en classe, l'appel et la copie des devoirs à faire => applicable, la directive ministérielle?
Avez-vous souvent enseigné à 30 adolescents de 12 à 15 ans dans une salle conçue pour 30 places "maximum"? Entre 25, même 27 et 30 élèves la pesanteur du groupe change radicalement.
Je suis d'accord pour dire que pendant des décennies l'argument des moyens insuffisants a été galvaudé (on l'entendait déjà il y a 25 ans). Mais maintenant, grâce aux différentes politiques menées depuis une vingtaine d'année, il devient pertinent.
Évidemment, la cause de l'échec ne réside pas "que" dans le sureffectif, mais comment l'Ecole peut-elle remplir sa mission dans les conditions citées par l'Hérétique?
Je l'ai déjà écrit ici: on ne fera pas l'économie d'une réforme "exemplaire", gérée en amont grâce à une véritable concertation. Ou alors nous allons droit dans le mur.
Où enseignez-vous? En lycée? Fabrice_BLR cite de son côté les classes préparatoires. C'est dans le primaire ou en collège dans un établissement lambda qu'il faut aller faire un tour. Si vous êtes de bonne foi, ce sera une révélation...

Écrit par : Pierre67 | vendredi, 04 février 2011

@Pierre67

J'enseigne en collège, en sciences, dans des salles prévues pour 24 places, avec des classes toujours en effectifs supérieurs. Ce n'est pas confortable mais ça n'est pas décisif sur le niveau des élèves. Si l'on pense à faire des réformes pour augmenter la taille des salles et/ou le nombre de profs c'est très couteux et inutile. Il y a mieux à faire.

Pour le problème des langues il faut dédoubler pour mieux faire. Mais l'apprentissage d'une langue se fait mal en classe de toute façon, les pays les plus au point en langue n'apprennent pas en classe mais ont une autre imprégnation. Il y a beaucoup à développer mais franchement cette histoire de taille des classes comme étant un problème est une des grandes pétitions de principes des profs et des parents.

L'argument des moyens n'est pas pertinent à mon avis car l'EN ne traite pas les problèmes par le bon bout (cf. mes posts précédents) : elle n'empêche pas l'impact familial, et même, en refusant la transmission des savoirs, en n'étant pas exigeante, elle permet à ces mécanismes familiaux de jouer à plein : les seuls enfants poussés et qui y arrivent le doivent pour des causes privées, l'EN ne le faisant pas. Donc on peut augmenter les moyens tant que vous voulez, si l'EN ne fait pas son job cela ne donnera rien.
En écrivant cela c'est bien sûr aux élèves qui se retrouvent prisonnier dans un destin familial irréversible que je pense.

Écrit par : Pedro | vendredi, 04 février 2011

@Pierre67

J'enseigne en collège, en sciences, dans des salles prévues pour 24 places, avec des classes toujours en effectifs supérieurs. Ce n'est pas confortable mais ça n'est pas décisif sur le niveau des élèves. Si l'on pense à faire des réformes pour augmenter la taille des salles et/ou le nombre de profs c'est très couteux et inutile. Il y a mieux à faire.

Pour le problème des langues il faut dédoubler pour mieux faire. Mais l'apprentissage d'une langue se fait mal en classe de toute façon, les pays les plus au point en langue n'apprennent pas en classe mais ont une autre imprégnation. Il y a beaucoup à développer mais franchement cette histoire de taille des classes comme étant un problème est une des grandes pétitions de principes des profs et des parents.

L'argument des moyens n'est pas pertinent à mon avis car l'EN ne traite pas les problèmes par le bon bout (cf. mes posts précédents) : elle n'empêche pas l'impact familial, et même, en refusant la transmission des savoirs, en n'étant pas exigeante, elle permet à ces mécanismes familiaux de jouer à plein : les seuls enfants poussés et qui y arrivent le doivent pour des causes privées, l'EN ne le faisant pas. Donc on peut augmenter les moyens tant que vous voulez, si l'EN ne fait pas son job cela ne donnera rien.
En écrivant cela c'est bien sûr aux élèves qui se retrouvent prisonnier dans un destin familial irréversible que je pense.

Écrit par : Pedro | vendredi, 04 février 2011

@Pierre67

Je n'ai pour ma part enseigner à un niveau lycée que trop peu d'années pour avoir été impacté. Compte tenu de mon expérience, je ne connais en effet très bien, que ce qui se passe en classes préparatoires.

Mon idée est la suivante: certaines classes, dans des lycées sans problèmes, typiquement les lycées *publics* prestigieux de centre-ville, sont tenus par d'excellents professeurs. Je pense que ces classes sont en sous-emploi.
Comment remédier à ce problème: effectuer un redéploiement des élèves suivant leur niveau, tout en gardant une certaine hétérogénéité au sein de chaque classe. Ca c'est côté "élève". De l'autre côté, je pense qu'il est temps de largement revoir la rémunération des agents de l'EN (je dis bien "agents", et pas "professeurs"). En mon sens, la rémunération dépendrait de trois parties. Tout d'abord, il y aurait une rémunération fonctionnelle, sur laquelle la politique de gel et d'austérité des salaires serait prolongée, une indemnité de service, calculée suivant le niveau de la classe, l'établissement dans lequel est donné la classe (avec éventuellement une codification en plusieurs critères), et une prime d'objectif basée sur les résultats du lycée et de la classe.
Seule la troisième patte de cette rémunération serait contestable (en théorie). Mais les services de l'EN ont déjà toutes les statistiques. Il suffit de dé-corréler de la CSP des parents, afin de mesurer la valeur ajoutée des professeurs, ainsi que le résultat sur des études par classe "normées", afin de comparer l'acquisition comparée des connaissances.

N'oublions pas que dans le système actuel, aucune différenciation n'est faite entre un prof avec 24 élèves et un autre avec 35. Pour moi, c'est déjà trop scandaleux.
Que penser d'un tel projet de réforme ?

Écrit par : Fabrice_BLR | vendredi, 04 février 2011

@Pedro
Votre hypothèse est irréaliste : vous voulez agir sur les familles ? Expliquez-moi comment...

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 04 février 2011

@ l'hérétique,

"vous voulez agir sur les familles ?"
Justement non, le rôle de l'EN est de tamponner l'impact familial.
L'écart entre les réussites vient surtout de ce que les familles font et veulent pour leurs enfants.
Le manque d'ambition des élèves de banlieue ou en milieu rural est criant (des élèves affichent leur souhait d'être caissière, ou de se trouver un patron dès la classe de 6ème...).
Leur unique chance d'échapper à ce destin familial c'est l'école. Mais pour cela il faut une EN exigente, qui n'ait pas peur de choquer (dans le sens de recevoir un choc) culturellement et intellectuellement les élèves, qui oriente en fonction des résultats, etc. Mais l'EN rassérène les élèves, fait du compassionnel et transforme l'école en une grande MJC dans laquelle l'élève doit "se sentir bien", s'ouvrir, être valorisé et mis en confiance, etc. Autant de foutaises avec de terribles effets pervers : jamais les'école n'a aussi mal réussi à endiguer les inégalités sociales.
Et voici le paradoxe : moins l'école s'affiche comme élitiste, et plus elle le devient. Ce qui est tout à fait logique finalement, car on s'en remet complètement aux familles pour inciter les enfants à travailler et à progresser. Et l'on sait très bien les familles dans lesquelles il y aura une exigence, et celle où il n'y aura rien.
Voilà pourquoi je pense que le problème ne vient pas du tout d'un manque de moyens. Il faut accepter (intellectuellement) qu'une politique (ici réduire les inégalités, ce qui est devenu le but de l'école) puisse avoir des conséquences inverses à l'intention (ici un creusement des inégalités).

Écrit par : Pedro | vendredi, 04 février 2011

@Pedro

Merci beaucoup pour votre analyse. Je ne pensais pas qu'elle fût partagée :-)
Nous sommes dans le paradoxe suivant: les parents sont prêts à envoyer leurs enfants dans un centre de formation professionnel de football, qui va détruire la jeunesse de l'enfant -chose que l'on a tendance à oublier par ailleurs- mais la société, dans ses choix collectifs préfèrent ne pas mettre d'enseignements sélectifs trop tôt.
Cela part d'un bon sentiment, puisque certains retards peuvent être facilement gommés dans le futur. Le vrai problème, c'est que dans notre société, nous sommes déterminés dès 18 ans pour le restant de notre vie professionnelle, via les concours, les filières sélectives. Et cela, sans que cette brutalité soit diffusée tout au long de la scolarité. Du coup, tout se passe comme si en ayant rendu l'école un vrai bisounours-land où l'on n'enseigne plus que des savoirs superficiels bien saupoudrés et où toute forme d'exigence a été sacrifiée, la machine à sélectionner agissait encore plus violemment. Car en effet, seuls les parents ayant les "clés" peuvent préparer psychologiquement et même parfois matériellement leurs enfants.

Écrit par : Fabrice_BLR | vendredi, 04 février 2011

@ Alouette,

vous dites : "...refuser en masse les consignes, toutes les consignes venues d'en haut, et donc ne pas les appliquer dans vos classes..
C'est une forme de rebellion, à mon sens plus efficace, que de défiler dans les rues"

Ce serait peut-être plus efficace, mais c’est juste parfaitement illégal.

Écrit par : Pedro | vendredi, 04 février 2011

@ Pedro,
Je vous rejoins sur de nombreux points. Reste que faire des groupes à 32 ou à 33, surtout en langues, ne va pas améliorer les choses.
Je reviens d'un Conseil Pédagogique dans lequel j'ai appris que le seuil "officiel" des classes de collège - fait pour être dépassé, comme nous le savons tous - vient de passer de 28 à 30 élèves. Je ne sais pas si c'est académique ou national, en tout cas c'est révoltant.
Ce n'est pas parce que la revendication de moyens est une tarte à la crème syndicale depuis des lustres qu'elle n'est pas justifiée.

Écrit par : Pierre67 | mercredi, 09 février 2011

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