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lundi, 31 janvier 2011

École, Apolalypse now...

Tuba mirum spargens sonum
per sepúlcra regiónum,
coget omnes ante thronum.
Mors stupébit et Natúra,
cum resúrget creatúra,
judicánti responsúra.
La trompette répand étonnamment ses sons,
parmi les sépulcres de tous pays,
rassemblant tous les hommes devant le trône.
La Mort sera stupéfaite, comme la Nature,
quand ressuscitera la créature,
pour être jugée d'après ses réponses.

Partout dans les académies françaises, les dotations horaires des établissements scolaires du secondaire parviennent aux chefs d'établissement les uns après les autres. Les chefs d'établissement ne dormiront pas, ces prochaines nuits. Châtel a beau faire feu de tout bois et nous faire entendre son joli petit air de flûtiau, qui sur le calcul, qui sur l'anglais, qui sur les primes des principaux et proviseurs, la réalité est têtue, elle nous rattrape.

De réductions d'effectifs en réductions d'effectifs, désormais, les équipes pédagogiques vont être confrontées à des choix impossibles : en effet, la saignée est telle que dans la plupart des collèges d'un département comme celui des Hauts de Seine, par exemple, si les collèges conservent leurs structures actuelles, ils seront contraints de fonctionner  de 35 à 40 élèves par classe. Même en sabrant options, petits groupes, heures de soutien et tous les petits à côté que le collège peut encore offrir, le compte n'y sera toujours pas. Les échos reçus des autres départements indiquent que la situation n'y est guère meilleure.

Le toutou de Grenelle est déterminé à obtenir le bon nonos de son gentil maître. Ancien DRH, le licenciement, c'est sa spécialité, il s'y connaît. Supprimer des postes, c'est tout un art, mon bon maître.

S'il fallait une preuve éclatante que ce gouvernement conduit notre école dans un mur sans équivalent, elle est très simple à trouver : la taille des salles de classe ! Même dans les collèges vénérables, les salles de classe ne dépassent pas 30, à la rigueur 31 à 32 places. Dans les collèges modernes, les salles sont prévus pour 28 élèves maximum. Quand des départements dotent des établissements en matériel informatique, ils le font demi-classe par demi-classe, c'est à dire par lots de 12 à 14 appareils en moyenne.

Les salles ne prévoient donc pas de contenir plus de 30 élèves par classe, y compris dans les anciens collèges. La chansonnette sur l'air de "moi on était 40", ça ne marche pas, «l'archéologie» des lieux elle-même prouve le contraire...

Il y a donc bien là la preuve que le gouvernement actuel crée dans le système secondaire une situation qui ne s'était jamais produite jusque là. Rien de semblable, pour être clair, depuis plus d'un demi-siècle. Si ce n'est plus. 

On comprend mieux les récentes «études» des deux dernières années assurant que les réductions d'effectifs dans les classes n'apportaient rien en termes de résultats. Il s'agissait de préparer le terrain à la compression du Mammouth. 

Allez, un peu plus d'un an encore à tenir. Vivement mai 2012...

14:25 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : collèges, école |  Facebook | | |

Commentaires

On est (étonnamment) d'accord. Jules Ferry, au secorus, reviens, ils sont devenus fous !

Écrit par : GdeC | lundi, 31 janvier 2011

Vivement 2012? mais pour voter qui? quoi? droite et gauche: même combat! LOLF, RGPP: tous d'accord.
Bon allez, je retourne lire Jacques Cotta. Avant d'attaquer Sophie Coignard (et une palette de Prozac)

Écrit par : Hergeloffeni | lundi, 31 janvier 2011

@GdC
J'ai déjà relevé ici que j'avais du respect pour Mélenchon pour ce qui touche l'école. C'est un des rares à s'extraire de la doxa ambiante. Mais, sur l'école seulement...
@Hergeloffeni
Bayrou. C'est le seul qui a un souci véritable de l'école. A défaut, la gauche, même si je n'ai guère confiance en DSK.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 31 janvier 2011

@l'hérétique : oh, dommage ! je suis déçu... je crouyais avoir réussi à te convaincre de venir parmi nous... ;)

Écrit par : GdeC | lundi, 31 janvier 2011

Très joli titre,
Quand à "l'archéologie" des lieux tout simplement excellent, meme le neuf est archéologique, me souviens de mes coups de sang et arrachage de cheveux à la construction d'un établissement ( mais "on" m'a dit: Martine, chuut! et corrigé mon article à grands coups de bic multicolore) avec soit-disant accès aux handicaps qui se limite à des rampes extérieures mais à l'intérieur^^^, réfectoire riquiqui etc.
Enfin bon bref, la révolution architecturale n'a pas eu lieu, du moins sur le batiment concerné.
Par certains aspects, mieux que les classes soient petites, cela devrait les contraindre à etre un peu plus réalistes quand à la faisabilité de leurs réformes hallucinantes.
En ce qui concerne les langues, c'est joli de vouloir copier/coller à la mode franchouille, mais dans les pays nordiques par exemple, un professeur est spécialement dédié à leur enseignement dès le plus jeune age, donc en surplus des effectifs.
@+

Écrit par : Martine | lundi, 31 janvier 2011

@ L'Hérétique

Ce serait encore mieux avec un petit fond sonore de Mozart, non ? ;-)

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 31 janvier 2011

@Christian
j'y ai songé, j'ai failli modifier aussi le texte, mais je me suis finalement abstenu :-)

Écrit par : l'hérétique | lundi, 31 janvier 2011

Oui : la traduction me semble légèrement fautive au début...

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 31 janvier 2011

@ Martine:
"Par certains aspects, mieux que les classes soient petites, cela devrait les contraindre à etre un peu plus réalistes quand à la faisabilité de leurs réformes hallucinantes."
Pas du tout: les instructions viennent d'en haut, la base applique. Parlez-en à des profs de langue de mes amies qui gèrent des groupe de 33 dans les classes prévues pour 30, en priant à chaque fois pour qu'il y ait des absents...
L'heure est à l'économie sourde, pas au réalisme ni à l'intelligence, et c'est bien triste...

Écrit par : Pierre67 | lundi, 31 janvier 2011

@lheretique

Je ne comprends pas. On doit pourtant baisser les impôts, et donc diminuer fortement la dépense publique. Le premier poste étant l'enseignement, ça veut dire soit qu'on augmente le nombre d'élève par classe (qui doit encore être de 16 par profs en moyenne, compte tenu du nombre de personnel pas en service devant des élèves), ou bien on continue à baisser le salaire des profs (pour rappel, dans les années 70, un Normalien commençait à 3 fois le smic...) qui a déjà été divisé par trois en 30 ans, ou bien ?
Quelles solutions ?
:-)

Écrit par : Fabrice_BLR | lundi, 31 janvier 2011

@Pierre,
Avant de m'apostropher à tort et à travers, vous suggère de me lire correctement.
@FabriceBLR,
Le dernier poste ou l'on doit économiser est celui de l'enseignement, les municipalités et cantons et régions ont eu toutes libertés d'oeuvrer dans ce sens, l'ont-ils toujours fait avec bon sens?

Écrit par : Martine | lundi, 31 janvier 2011

Suggestion: on ne touche pas à ceux en bout de ligne, mais "on" dégraisse" le Mammouth d'administratifs dont on se demande ce qu'ils fabriquent exactement.
Ratio: masse salariale, productifs en frontline et administratifs majoritaires souvent, dont "on" se demande à quoi, pour certains, ils peuvent bien servir.

Écrit par : Martine | lundi, 31 janvier 2011

@Fabrice
tss tss : ça, je savais qu'on allait me renvoyer dans les dents ce paradoxe apparent :-)
Je vais écrire pour m'expliquer sur le sujet. Je ne suis pas contre l'impôt,ni même la hausse d'impôt quand elle est nécessaire. Je suis contre, en revanche, le discours idéologique. La seule raison valable d'augmenter les impôts à l'heure actuelle, est qu'on a besoin d'argent et qu'on a des dettes. Après, il y a des manières de faire, et ce que je constate, c'est qu'il y a toujours un effet "masse" : cest à dire que c'est toujours la masse d'un groupe qui est touchée par une réforme fiscale quand les autres y échappent.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 31 janvier 2011

Ce n'est pas la première fois que je le dis ici, et Martine l'a dit également : l'enseignement est le domaine a touché en dernier en cas de nécessité de restriction budgétaire. Penser le contraire serait une erreur, une grave erreur.

J'ajouterais que j'aime beaucoup l'approche architectural et archéologique de la question des classes et des effectifs de celle-ci. C'est fort et très bien trouvé !

Et pour conclure ce message, j'invite ceux qui ne l'ont pas fait ou qui on encore des doutes à lire le bilan du passage de François Bayrou au ministère concerné par cet article.

Écrit par : Maxime FIALON | lundi, 31 janvier 2011

@martine

Tous les gouvernements disent qu'ils vont faire diminuer les administrations et en même temps, il crée plein de lois *ET DONC* des besoins administratifs de contrôle. Sans parler des emplois de complaisance. Les exemples ne manquent pas... Un des plus emblématiques et caractéristiques: Arnaud Teullé devenu IG car il ne s'est pas présenté face à Jean Sarkozy au CG en 2008 ?
Quand on parle de réduire le nombre de fonctionnaires, cela fait toujours consensus, car tout le monde s'imagine des cadres/employés de bureau auxquels ils ont été confrontés qui à la préfecture, qui en mairie, etc... En pratique, les économies de poste se réalisent toujours sur ce que j'appelle les *fonctionnaires de terrain*: policier, professeur, pompier, et très peu sur Bercy, par exemple :-)

@lheretique
Bref sur les impôts la seule chose à reprocher à Piketty, ce n'est pas le fond (=faire contribuer équitablement tout le monde, et en tout cas donner un outil paramétrique pour avoir une idée approximative de telle ou telle réforme, le tout dans le but d'éviter la redistribution à l'envers à la française) que sur la forme, à savoir une couleur rouge oppressante, le mot "révolution" utilisé pour désigner un bête projet de loi assez facile de description.
Mais le constat, c'est que l'on n'a pas assez de rentrées fiscales. Sinon, la politique actuelle a au moins le mérite d'aller dans le "bon" sens (le clientélisme électoral en moins), à savoir une compression des dépenses. Quoique l'on pourrait en reparler, la création d'agences gouvernementales et d'autorités administratives indépendantes vont faire exploser le bilan du pays. Mais ça on le verra en 2014, comme en 1997 lorsque l'on regardait la période 93-95.

Écrit par : Fabrice_BLR | lundi, 31 janvier 2011

Oui l'Hérétique! une prise de conscience urgente est nécessaire et ce genre d'alerte y contribue. Car en effet, dans le style "Casse de l'école", on approche le sans précédent.
Il faudra que les démocrates se mobilisent aussi dans l'action désormais. C'est pourquoi j'avais lancé cet appel au rassemblement (première tentative mal relayée que les organisations ont mal soutenu aussi; pourtant une manif un samedi...):http://www.sylvaincanet.fr/2011/01/education-samedi-22-janvier-indignons-nous-.html
Car même si ce n'est pas dans notre culture que battre le pavé, le centre ne doit pas laisser le terrain et cet espace sans cette forme d'expression.
Avant 2012, il nous faut accompagner le mouvement de notre présence tous azimuth (média, web, rue, écoles, etc...)tout en continuant de construire une nouvelle école pour ce 21ème siècle qui commence bien mal.
L'école est notre combat, qu'on se le dise.

Écrit par : Sylvain Canet | mardi, 01 février 2011

@ Martine: désolé, je n'ai pas voulu vous apostropher, encore moins "à tort et à travers"...
Je réagissais sur la phrase concernant l'architecture et au réalisme, pas à la partie concernant les langues. Je réalise à la relecture qu'effectivement, je n'ai pas compris la phrase que je cite - et que je ne la comprends toujours pas.
J'éviterai donc à l'avenir d'écrire quand j'ai 40 de fièvre et une céphalée prononcée, et j'éviterai l'adresse directe.
Avec toutes mes excuses...

Écrit par : Pierre67 | mardi, 01 février 2011

@Pierre,
Les classes étant prévues pour x élèves...En cas d'incidents style feu qui portera la responsabilité si décès il y a dans les locaux?
Je crois que la question mérite effectivement d'etre posée. ;)
Bonne journée à vous.

Écrit par : Martine | mardi, 01 février 2011

apocalypse également à l'université !
http://www.lespagespolitiquesdemirabelle.net/article-le-triste-bilan-de-l-universite-fran-aise-66221970.html

Écrit par : Mirabelle | mardi, 01 février 2011

@Mirabelle,
J'aime beaucoup ton article qui me parait très juste. Il convient dès lors de porter un message qui dit qu'il faut un espèce de retour à l'essentiel !

Écrit par : Maxime FIALON | mardi, 01 février 2011

@ Mirabelle:
Parfaitement d'accord avec vous.
La question est: jusqu'où va-t-on aller pour qu'il y ait une réaction? Ce qui se passe actuellement dans l'Enseignement au sens large, du primaire au supérieur, est sans équivalent et sera difficilement réversible.
Or j'ai l'impression que cette destruction méthodique se fait dans une indifférence quasi-générale: l'indignation d'un Bayrou ou de blogs comme le vôtre ou celui de l'Hérétique ne sont guère relayées.
L'apathie ambiante me laisse sans voix.

Écrit par : Pierre67 | mardi, 01 février 2011

Il y avait aussi un très beau billet à ce sujet chez Florent, je crois me souvenir l' hérétique.
@+

Écrit par : Martine | mardi, 01 février 2011

Oups, celui sur la recherche et l'enseignement sup. ;)

Écrit par : Martine | mardi, 01 février 2011

Les DGH sont un point noir auquel il faut ajouter celui de la réduction des effectifs enseignants, "facilité" par les primes aux "sabreurs".
Les recteurs font des choix :
- ainsi dans le département 35, les postes sont essentiellement supprimés dans le corps des professeurs pour conserver au plus près les effectifs des remplaçants. De la sorte, les effectifs d'élèves par classe augmentent.
- dans le 53, académie de Nantes, la suppression concerne essentiellement les remplaçants. Les classes sont donc moins surchargées mais dès qu'une absence, même prévue, arrive, il faut attendre 15 JOURS OUVRES, soit près de 3 semaines pour avoir un remplaçant, pas forcément avec les diplômes requis pour le poste ... La qualité de l'enseignement qui est en cause, sans parler des programmes au contenu de plus en plus indigent.

mamouchka.

Écrit par : Mamouchka | lundi, 28 février 2011

Cela s'appelle: gestion à flux tendus.
Vous croyais plus avertie Mamouchka.

Écrit par : Martine | lundi, 28 février 2011

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