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vendredi, 07 janvier 2011

Coup de folie sur l'euro !

Face aux oiseaux de mauvais augure de tout poil, il est toujours bon et rassurant de prendre connaissance de nouvelles heureuses qui vont contre l'opinion pré-conçue ambiante.

Ainsi, on aime l'euro, en France. Eh oui. Voilà qui enfonce un coin dans le souverainisme. Je ne fais pas partie de deux qui affirment qu'un retour au franc est impossible. En revanche, je fais partie de ceux qui jugent qu'il n'est pas souhaitable. 

Il est illusoire d'imaginer que la France gagnerait en marge de manoeuvre si elle quittait l'euro et l'Union européenne. 

Diplomatiquement, elle serait bien plus faible. Bayrou l'a compris, lui qui pense que la diplomatie de la France doit passer par l'Europe, non en sacrifiant les intérêts de notre pays, mais en tentant de convaincre nos partenaires du bien-fondé de nos vues.

Financièrement, nous gagnerions la liberté qu'obtient un drogué qui quitte prématurément sa cure de désintoxication. Les Souverainistes croient qu'en supprimant les signalisations, on fait disparaître les murs qui s'approchent. En réalité, dans le code de la route, s'il y a des chemins balisés et goudronnés, c'est pour éviter d'envoyer son véhicule dans le décor. Vous pouvez toujours enlever leur mention, vous n'enlèverez pas le danger.

Sauf à vivre en autarcie comme dans la Roumanie du temps de  Ceaucescu, il est illusoire d'imaginer un seul instant pouvoir pratiquer une politique monétaire indépendante. 

On peut bien sûr penser à la dévaluation, mais un tel choix n'a de sens que dans la seule mesure où il n'engendre pas de perte de confiance en la monnaie. L'Estonie a choisi de dévaluer parce qu'elle savait qu'elle intégrerait l'euro cette année. Elle a pu ainsi entrer dans l'Europe monétaire dans de bonnes conditions de parité monétaire.

Nous serions à la merci de la moindre attaque, de toutes les spéculations, faute de disposer du bouclier de l'euro. Notons qu'un gouvernement européen pourrait faire le choix de dévaluer l'euro face aux autres monnaies mondiales. Actuellement, c'est quasiment impossible.

Ce qui est vrai, et les Souverainistes pointent le doigt là où cela fait mal, évidemment, c'est qu'une monnaie unique peine à fonctionner en Europe : oui, mais en l'état actuel de la construction de l'Europe. Un gouvernement économique ET démocratique intégré de l'Europe permettrait une politique monétaire digne de ce nom. Ce n'est pas le cas actuellement parce que d'une part, les Etats font bien ce qu'ils veulent, et d'autre part, parce que ce sont des Commissaires, même pas élus, qui prennent des décisions au nom des peuples quand ce n'est pas contre eux. Voilà qui prête le flanc, en effet, à la critique souverainiste. 

09:47 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : euro, franc, europe |  Facebook | | |

Commentaires

"Les oiseaux de tout poil" ??? Il commence fort, ce billet. ;-)

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 07 janvier 2011

Plus sérieusement, les problèmes actuels de l'Europe me semblent avoir trois origines :

1) une expansion forcenée et aveugle, qui a amené à intégrer dans l'UE des pays aux situations économiques et sociales trop hétérogènes. Au nom d'un agrandissement considéré comme l'alpha et l'oméga européens, on a ainsi créé à la fois une concurrence interne pernicieuse (le dumping social) et un déséquilibre économique tel que les ressources de l'UE sont consumées dans une espèce de mise à niveau très coûteuse en temps de crise.

2) une dérèglementation à courte vue, qui a fait passer l'idéologie avant le pragmatisme avec pour résultat la création de situations ingérables. Ainsi, l'abolition des frontières et la création de l'espace Schengen se sont faits avant d'unifier les moyens policiers et judiciaires européens. Le résultat, c'est que la grande criminalité et l'immigration clandestine organisée bénéficient de la suppression des frontières, alors que la coopération inter-Etats qui permettrait de lutter contre est quasi-inexistantes.

3) Une marche forcée vers l'agrandissement réalisée à coups de mesures et de décisions anti-démocratiques, au nom de la vision éclairée des élites contre l'opinion forcément rustre et bovine des peuples à courte vue. A cet égard, la propagande sur le TCE fut particulièrement exemplaire, ainsi que le sort réservé in fine à la France (validation parlementaire de mesures refusées par référendum) ou à l'Irlande ("On les fera revoter jusqu'à ce qu'ils disent Oui").

La conjugaison de ces trois facteurs aboutit d'une part à des situations de blocages (voir le problème actuel de la présidence hongroise) et d'autre part à un rejet de plus en plus viscéral par les peuples de l'Europe telle qu'elle est. C'est donc un double gâchis.

La solution passe à mon avis par un retour aux fondamentaux, c'est à dire par la création d'une Europe à deux vitesses, avec un noyau dur doté de capacité de décisions élargies est formé des 6 ou 8 pays "de base" (France, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas, Italie, Espagne et - sous réserve - Belgique et GB), et un statut de pays satellites ou associés pour les autres. Mais bien entendu, c'est assez peu réaliste, puisque tout a été fait pour nous enfoncer dans la nasse sans possibilités de sortir.

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 07 janvier 2011

Bonjour,

"Sauf à vivre en autarcie comme dans la Roumanie du temps de Ceaucescu, il est illusoire d'imaginer un seul instant pouvoir pratiquer une politique monétaire indépendante."

Votre procédé d'ouverture ne relève pas de l'argumentation sérieuse.

Des Etats de moindre poids économique et démographique conduisent des politiques monétaires indépendantes, et s'en portent plutôt mieux. Tous des adeptes de Ceaucescu et de la Corée du nord sans doute.

Je vais me permettre de résumer votre argumentation ainsi:
1- l'Euro en état ne fonctionne pas bien
2- mais cela serait pire sans
3- un gouvernement économique intégré pourrait faire de l'Euro un formidable instrument

1- Le constat est clair. Même les partisans les plus pavloviens de l'Euro doivent s'y réduire. Je ne m'attarde pas.

2- Sans Euro, ce serait pire dites-vous "Nous serions à la merci de la moindre attaque, de toutes les spéculations, faute de disposer du bouclier de l'euro."

C'est certain, aujourd'hui nous ne sommes ni à la merci des mouvements de marché ni à la botte des agences de notation. Le UK£ est-il plus attaqué que l'euro ? Cet argument n'est pas recevable. On est dans l'assertion la plus complète. Il y a quelques points positifs à l'Euro, surement pas celui-là.

3- Pour qu'un gouvernement économique intégré émerge et mette en place une politique monétaire commune et intelligente, il faut à une volonté politique. Mais il faut surtout une politique monétaire qui convienne à tous.

La même politique monétaire peut-elle satisfaire à des espaces économiques aussi hétérogènes que l'Irlande, la France, l'Allemagne, l'Estonie ?

L'Allemagne a besoin d'une monnaie stable et forte, avec peu inflation, qui s'adapte bien à son modèle démographique déclinant et exportateur. D'autres Etats ont des rythmes démographiques et des structures économiques différents.

En résumé:
- l'Euro ne fonctionne pas bien
- il ne fonctionne pas mieux que d'autres monnaies à périmètre plus restreint
- il est impossible d'en faire un élément efficace à terme au vu des différences structurelles des économies régionales (et je ne parle même pas de la volonté politique)

Il est dommage qu'un blog de qualité se précipite tête baissée dans des argumentations hasardeuses, sans objectivité ni vision. Il est possible et nécessaire de discuter sérieusement de l'Euro, ce billet n'y contribue malheureusement pas.

Écrit par : Benjamin | vendredi, 07 janvier 2011

@ Ch. Romain

Je rebondis sur votre premier point, celui de l'hétérogénéité des Etats partageant la monnaie commune.

Il me parait important de préciser que l'hétérogénéité des niveaux de vie est une difficulté secondaire.

Le problème prioritaire est celui des objectifs assignés à la politique monétaire. Voulons-nous une politique restrictive, qui assure stabilité et faible inflation ? Ou avons-nous besoin d'une politique plus expansionniste ?

L'Allemagne et un pays plus "pauvre" d'Europe de l'est pourraient très bien s'accomoder d'une politique monétaire commune, pour peu qu'il partagent structure économique et rythme démographique.

On pourrait aussi parler des conditions nécessaires à l'établissement d'une zone monétaire optimale, notamment la mobilité parfaite des facteurs de production (et donc des travailleurs) qui est impossible à réaliser en Europe.

Un poitevin peut aller s'installer à Roubaix, plus difficilement à Dresde, Prague ou Porto.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_mon%C3%A9taire_optimale

Bref l'Euro met la charrue avant les boeufs en imposant une monnaie unique avant que les conditions minimales soient remplies.

Écrit par : Benjamin | vendredi, 07 janvier 2011

L'estonie n'a pas devalué depuis son independance en 1991!!
La monnaie a un taux fixe depuis cette date, d'abord par rapport au Deutsche Mark, et ensuite par rapport à l'Euro

Écrit par : Eric | vendredi, 07 janvier 2011

Ah bon? "L'Europe à deux vitesses" fait partie des fondamentaux...Dslée, n'ai rien lu de tel dans la déclaration des droits fondamentaux européenne!
Ou avez-vous péché ce Benjamin l'hérétique?
Un spécimen rare^^^ :o))

Écrit par : Martine | vendredi, 07 janvier 2011

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