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samedi, 18 décembre 2010

Pan, dans la gueule des profs et de leurs élèves...

Pas trop mal le dernier éditorial de François Jarraud au Café Pédagogique... Il a eu la bonne idée d'éplucher le rapport de la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée Nationale sur les rythmes scolaires. En fait, cela va bien au-delà des seuls rythmes scolaires. François Jarraud n'est pas content. On le comprend. Nous non plus.

Entre autres âneries monumentales, on trouve l'idée "géniale" d'alléger les contenus disciplinaires jusqu'à leur évaporation, pour reprendre la juste formule de François Jarraud.

Vous allez halluciner, chers lecteurs, quand vous allez prendre connaissance des recommandations des deux imbéciles députés qui ont pondu le fameux rapport. Accrochez-vous bien et tenez-vous à votre siège : 

Il serait souhaitable de réduire le temps de cours magistral, de développer les enseignements pluridisciplinaires et de repenser les temps pédagogiques et les séquences d’enseignement... Tout ceci impliquerait de faire varier les formes de regroupement des élèves. Il faudrait davantage recourir aux groupes de compétence, aux ateliers d’accompagnement, aux « cours dialogués », etc. Des cours magistraux de soixante à quatre-vingts élèves pourraient être dispensés ... 

Génial, non ? Il fallait y penser. Putain, j'aurais mieux fait de fermer ma gueule le 28 juin dernier. Châtel prévoyait des classes à trente, mais il y a eu des zélés pour imaginer mieux. J'avais alors emprunté à Orange Démocratique sa salle d'école du futur, mais on va y arriver sans rire, avec des zozos de ce genre. Allez, encore un effort : elle pouvait accueillir 332 enfants. 60 à 80 par classe, ils sont petits joueurs les compères Breton et Durand...

En autres joyeusetés, nos deux tristes sires envisagent d'en finir avec les disciplines actuelles pour se contenter de bloc disciplinaires, et, pour faire bonne mesure, de cesser de fixer des horaires plancher. Seuls des maxima seraient établis dans la loi, gravés dans le marbre et tout ça et tout ça. On aurait le droit de faire 0 heures de français par semaine, par exemple. Ingénieux, non ?

Les profs vont apprécier le sort qui leur est dévolu : révision des services, considérés désormais selon la présence dans l'établissement. Je traduis : 35 heures de présence. Ségolène Royal va être contente, tiens. Ensuite, réduction drastique du temps de vacances (-3 semaines en été). Compensations salariales ? Aucune. A vrai dire, comme notre État impécunieux n'a absolument pas les moyens d'augmenter quelque salaire de la fonction publique que ce soit, à l'heure actuelle, soit ces deux idiots députés sont déterminés à faire une déclaration de guerre en bonne et due forme au corps enseignant, soit leur niveau de réflexion est inférieur à celui de cloportes atteints de la maladie d'Alzeimher.

Je me suis dit qu'une telle "Somme" valait le détour. Du coup, j'ai été voir de mes propres yeux sur le site de l'Assemblée Nationale. Profond soupir. On nous bassine avec les réussites supposées du collège Clisthène de Bordeaux. Encore une supercherie. Le tout bien-pensant médiatique salive et bave d'admiration, mais la réalité est que les résultats de Clisthène sont conformes à ceux d'un collège de composition similaire (les résultats s'améliorent simplement parce que les classes aisées viennent s'y inscrire !). Il y a en revanche un autre son de cloche : celui des proviseurs du secteur. Ils observent que les élèves qui viennent de Clisthène ont quelques "difficultés" à s'adapter au lycée... Ainsi, la brillante expérimentation pédagogique des disciples des Meirieu et consorts (oui, oui, celui qui a été élu euro-député des Verts en Rhône-Alpes et qui prend du galon à Europe-écologie) repose en fait sur une imposture.

 

Commentaires

J'ai déjà eu l'occasion d'écrire ici que, pour moi; Meirieu est le Lyssenko de l'Education nationale française. Le drame, c'est qu'il semble faire des émules... et que ses capacités de nuisance s'accroissent.

Mais bon, avec un peu de chance, il va appliquer ses méthodes d'organisation à EELV. Le résultat serait croquignolet !

Écrit par : Ch. Romain | samedi, 18 décembre 2010

On nous bassine avec les réussites supposées du collège Clisthène de Bordeaux. Encore une supercherie. Le tout bien-pensant médiatique salive et bave d'admiration, mais la réalité est que les résultats de Clisthène sont conformes à ceux d'un collège de composition similaire (les résultats s'améliorent simplement parce que les classes aisées viennent s'y inscrire !). Il y a en revanche un autre son de cloche : celui des proviseurs du secteur. Ils observent que les élèves qui viennent de Clisthène ont quelques "difficultés" à s'adapter au lycée... Ainsi, la brillante expérimentation pédagogique des disciples des Meirieu et consorts (oui, oui, celui qui a été élu euro-député des Verts en Rhône-Alpes et qui prend du galon à Europe-écologie) repose en fait sur une imposture.

_______________

Tout ceci est TOTALEMENT faux. je le dis très calmement.

1- La "pédagogie Meirieu" (vous avez lu Meirieu? Entièrement? Ou vous en avez entendu parler par Brigheli et Polony?) n'est pas appliquée à Clisthène. (elle est appliquée en revanche dans de très nombreux pays classés devant nous à PISA. Amusant non?).

2- le proviseur en question fait le forcing contre le principe Clisthène. D'où des propos TOUJOURS négatifs.

3- Les résultats sont ceux du collège "classique"? Oui sauf que ces élèves-là n'auraient jamais eu de résultats du tout sans Clisthène.

Quand on ne sait pas, on s'informe un minimum.

Allez @+ pilou_pilou

Écrit par : Bob | samedi, 18 décembre 2010

@Ch.Romain
excellent, le Lyssenko :-D Je retiens la formule :-D
Oui, ce serait trop drôle, l'autogestion chez les Verts :-)
J'ai jeté un oeil sur l'organisation des cours à Clisthène. Ils ont viré toutes les options et réduit l'enseignement disciplinaire. Tu m'étonnes qu'ils ont du mal à s'adapter au lycée, comme disent pudiquement les Proviseurs du coin...

Écrit par : l'hérétique | samedi, 18 décembre 2010

Lisez plutôt le livre de Luc Cédelle "Un plaisir de Collège. Il parle de Clisthène (au fait il y a des dizaines de collèges expérimentaux en France. Mais ça fait bien de causer de Clisthène dans les tuyaux. Ca fait "in")

C'est un travail de journaliste. Il pointe les dysfonctionnements inévitables (L'hérétique connait le colège parfait lui; ça se sent!)de Clisthène.

Mais au moins Cédelle évite de dire des âneries.

Écrit par : Bob | samedi, 18 décembre 2010

"Les profs vont apprécier le sort qui leur est dévolu : révision des services, considérés désormais selon la présence dans l'établissement. Je traduis : 35 heures de présence"

C'est sûr que les agrégés avec leurs 16h de présence, ça va leur faire tout drôle! Il va falloir qu'ils particiepnt un peu à la vie des bahuts! Putain!!!! La déchéance d'enfer!!!!!

Quant aux autres, si vous vous informiez a minima, ils les font DEJA les 35h de présence. En primaire c'est même plus souvent!!!!

En collège, à part nos agrégés qui regardent tout le monde d'en haut (d'en haut de quoi???), avec les heures de creux dans les emplois du temps, on n'est pas loin très svt des 35h.

Alors????

Écrit par : Jenn | samedi, 18 décembre 2010

Ne bradons pas l'Education. Ce serait n'importe quoi.

Écrit par : Dany de Fanal Safran | samedi, 18 décembre 2010

"(elle est appliquée en revanche dans de très nombreux pays classés devant nous à PISA"
Alors là! pd lol
Disons que M.Merieu a fait sa tambouille pédagogo en prenant deci delà, et pas obligatoirement ce qu'il y avait de plus pertinent.
Il aime beaucoup aussi j'ai cru lire, le financement d'établissements via les entreprises du coté de bordeaux^^^.
N'ignorant pas qu'au niveau européen certaines entreprises assurant le financement d'une formation professionnelle en continu, font pression pour établir elles meme le "diplome" qui ne serait donc plus d'état...ou de l'esclavagisme à venir des temps modernes^^^!

Écrit par : Martine | samedi, 18 décembre 2010

ouaips ...bientôt l'école va squatter les amphis ... quand je dis qu'on transforme l'école en garderie ... c'est le cirque ...
ils feraient mieux de généraliser l'enseignement sur internet et par correspondance, là ils seraient certains de faire des économies pour de bon !

Écrit par : Mirabelle | samedi, 18 décembre 2010

Je crois qu'il est grand temps que les professeurs, les parents et les enfants qui souhaitent réellement transmettre et recevoir une véritable instruction, il est temps que tous ces gens-là fassent sécession de la prétendue Éducation nationale et laissent cette dernière achever sa transformation en gigantesque garderie.

Écrit par : Didier Goux | samedi, 18 décembre 2010

@Didier Goux
Parfois, plutôt qu'un gros monopole qui force tout le monde à la crétinerie, je me dis en effet qu'il vaudrait mieux libéraliser tout cela en bloc : au moins on conserverait une certaine forme de choix.

Écrit par : l'hérétique | samedi, 18 décembre 2010

@Bob
En Corée, en Chine et au Japon ils appliquent les méthodes de Meirieu ?
MouuuâââââaââHHHH...Arf. J'ai failli m'étrangler avec mon verre d'eau en lisant vos bons mots....

Écrit par : l'hérétique | samedi, 18 décembre 2010

@ Didier Goux et l'Hérétique:
Ne vous méprenez pas, la gigantesque farce en cours vise justement la libéralisation. C'est l'objectif, comme dans tant d'autres domaines: on achève de bousiller le service public dans un consentement mou général, et après il y aura du fric, plein de fric à se faire...

Écrit par : Pierre67 | samedi, 18 décembre 2010

@Didier Goux c'est en marche, et je ne suis pas sûre que le gvt ne soit pas d'accord: les écoles hors contrat de tout type fleurissent, pour bien moins cher, et c'est très bien pour la plupart ...un peu carrément dangereux pour certaines aussi, qui font des trucs franchement limite. Quand on verra apparaître des écoles hors contrat extrémistes avec des valeurs très éloignées de nôtres, ça posera problème, mais bon, il y aura d'autres avantages aussi: que les meilleurs gagnent. ...juste dommage pour les autres.

Écrit par : do | samedi, 18 décembre 2010

"que les meilleurs gagnent", écrit "do"...
Les bras m'en tombent, Jules Ferry est bien loin...

Écrit par : Pierre67 | dimanche, 19 décembre 2010

Pierre67 a raison :
http://culture.france2.fr/livres/essais/46682721-fr.php

Écrit par : Géraldine | dimanche, 19 décembre 2010

Bon, cela étant, il faut tout de même se poser quelques questions. L'Education nationale est le premier poste budgétaire de l'Etat, c'est la plus grosse administration au monde depuis la disparition de l'Armée rouge, nous lui consacrons l'un des budgets les plus élevés au monde et les résultats sont piteux. Difficile de dire que c'est dû à un problème de moyens ; et difficile de nier que quelque chose ne fonctionne pas quelque part !

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 19 décembre 2010

@Ch.Romain
Oui, c'est clair. Il y a des choses pas si inintéressantes que cela dans le rapport, mais comme on voit les intentions venir avec des gros sabots, évidemment on se méfie.
Les deux députés avancent très prudemment l'idée de rendre les établissements autonomes, jusque dans leur organisation.
Je tends à penser qu'on devrait laisser en effet les établissements scolaires s'organiser comme ils l'entendent, avec des lignes directrices souples, et sans leur couper les moyens d'agir.
Il y a de petits gisements où de l'argent peut être récupérée : la plupart du temps, la formation continue des enseignants ne sert à rien. Des décharges et des sommes dépensées pour rien.
En ce qui concerne le budget, il ne faut pas non plus exagérer. Il est important, mais nous sommes juste dans la moyenne supérieure de l'OCDE.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 19 décembre 2010

@Christian
En tout cas, je suis convaincu d'une chose : les propositions qui figurent actuellement tant dans le rapport de ces deux députés, que dans celui de l'Institut Montaigne ou chez les Socialistes, aggraveront les choses.

Il y a certainement plusieurs problèmes qui expliquent la faiblesse de nos résultats, mais je pense que les programmes en sont l'une des causes.
Il y a un petit groupe qui réfléchit là-dessus qui m'a l'air plutôt pas mal :
http://www.slecc.fr/programmes_grip/2008-prog-gramm-primaire.pdf&pli=1

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 19 décembre 2010

@lheretique

Le problème n'est pas tant le programme que sa stricte application.
Même pour les programmes de prépa les plus élitistes nos technocrates préférés tentent de sabrer le contenu. Pour autant, le niveau de l'enseignement dans une classe comme la TS1 de LLG reste et restera le même. Celui qui vous met dans les rails pour avoir polytechnique/normale sup tranquillement, celui qui garantit près de 2 ans d'avance en termes de savoirs aux chanceux élèves. Et s'imaginer que pour le même niveau - terminale - il est possible qu'en des lieux différents un tel écart existe - pour rappel, le lycée dure trois ans, alors deux ans d'avance entre deux classes...- est pour le moins ahurissant.

La concurrence - déloyale - poussée à son paroxysme est pourtant bien lancée.

Écrit par : Fabrice_BLR | lundi, 20 décembre 2010

@Géraldine :
Je n'ai pas regardé les dernières statistiques.
Mais il y a 4 ans la France était, parmi les pays de L'OCDE, un de ceux qui consacraient la plus petite partie de son PIB à l'éducation.
Il ne faut pas croire que, parce que la dépense au niveau national est plus importante, la dépense totale est plus importante.

Écrit par : verdurin | lundi, 20 décembre 2010

@Verdurin,
Si vous pouviez traduire ou décoder^^^Car n'ai rien compris du tout, du tout...La résultante de l'état de notre enseignement pi'tr ?
@Géraldine,
Me souviens de vos propos concernant l'enseignement ( entre autres) ici meme, certes vous avez cherché à vous faire oublier mais "taté" en ce qui me concerne. Pour résumer pas dupe^^^.

Écrit par : Martine | lundi, 20 décembre 2010

@Martine
Il y a quelques années (je crois 2008) l' Organisation de Coopération et de Développement Economiques a publié une enquête (PISA) sur l'éducation dans les pays membres de cette organisation. Il y a une partie évaluation des résultats, et une partie coût. Sauf erreur de ma part (je ne retrouve plus les références) la France était 27° pour les dépenses en pourcentage du Produit Intérieur Brut. Soit, à la louche, du revenu total du pays.

Écrit par : verdurin | lundi, 20 décembre 2010

Merci de retrouver les références.

Écrit par : Martine | lundi, 20 décembre 2010

@Géraldine,
C'est joli :) Mais nous sommes en hiver et les branches sont gelées souvent en cette saison...!

Écrit par : Martine | lundi, 20 décembre 2010

@Géraldine,
le besoin de distraction n'est pas une excuse à la bêtise, ni à l'ignorance.

Écrit par : verdurin | lundi, 20 décembre 2010

@Géraldine
En fait, ce blogue se portait très bien sans vous. Vous n'êtes pas la bienvenue ici, merci de repartir aussi vite que vous êtes revenue.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 20 décembre 2010

@Verdurin
C'est pire que ça : elle m'a pollué mon blogue pendant des mois. Elle a annoncé son départ il y a presque un an, et je me suis dit, ouf, enfin, bon débarras. Pas de pot, la revoilà.
Notre Seigneur qui êtes aux cieux, faites qu'elle attrape le virus de la grippe A et qu'elle soit contrainte d'être alitée au moins trois semaines à un mois, en raison des complications qu'elle aura eues, convaincue qu'elle a toujours été de la nocivité des vaccins...
Je ne sais, ô, Notre Sauveur, que ce n'est pas très chrétien de ma part de souhaiter le mal de mon prochain, mais si tu savais, Seigneur, ô toi qui entends et vois tout, à quel point elle m'a empoisonné l'existence pendant des mois...

Écrit par : l'hérétique | lundi, 20 décembre 2010

Je ne suis pas contre tous les vaccins.

Écrit par : Géraldine | mardi, 21 décembre 2010

C'est con ça 35h de présence au lycée.

J'imagine qu'il veulent qu'on remplace les poins, vu qu'ils n'ont pas les moyens (et la place) de payer des bureaux aux enseignants pour leur permettre de travailler sur leur lieu de travail.

Tiens quand j'étais prof à la fac, j'avais un bureau. Et comme par hasard, j'étais plus de 35 h par semaine à la fac alors que j'avais seulement 2h/semaine de cours en moyenne.

Maintenant agrégé, en comptant les trous, je suis 25h au lycée. J'y ajoute 8 heures de transport, plus les conseils et autres réunions, on atteint déjà 35, et je n'ai pas encore compté la préparation des cours et la corrections des copies.

(Pour un certifié, il faudrait encore ajouter 3h)

Écrit par : Florian | mardi, 21 décembre 2010

Bonjour Florian

Eh oui...

Écrit par : l'hérétique | mardi, 21 décembre 2010

Amies amis,
nous sommes dans le privé, général et agricole.
En parallèle nous avons divers contacts plus ou moins proches dans le public.

Ce qui est en bonne voie, et là nous sommes d'accord c'est bien la destruction de l'école en général et en tant qu'outil d'émancipation ; en revanche voici quelques précisions.

Ce qui est visé est ce qui s'est produit dans la production. Le meilleur traducteur en fut Carlos Ghosn (ex patron de Renault Nissan). Pardon pour le vocabulaire ignoble repris ici volontairement :
la gamme moyenne est vouée à disparaître pour ne laisser que le haut de gamme et le bas de gamme, pour tout. La perception de notions de stocks, de produits, de gammes... dans l'éducation exprime la logique suivie.
Or le public n'est plus ce qu'il était et le privé, amies, amis, n'est pas ce que vous croyez, loin s'en faut.

Parlant de l'agricole privé, l'essentiel des élèves y aboutissent en dernier recours ; les taux d'élèves en foyer ou suivi par un éducateur y dépassent le plus souvent les 50% pour atteindre même 80%. La destructuration est totale, les nombre d'élèves par classe oscillant bien souvent autour des 30, et régulièrement entre 30 et 40, le nombre de frais scolaires non régularisés fort et en augmentation, ne parlons pas des aides territoriales...
Dans le général, nombreux sont les établissements ayant là aussi choisi pour survivre de sélectionner le moins possible et de charger les classes.

Autre point intéressant, la composition sociale et le niveau de formation. En vérité, le corps enseignant dans le privé est très divisé, entre de vieilles générations souvent de formation moins élevée, attachées à l'institution mais pas toujours au caractère religieux et une jeune génération soit très engagée religieusement pour un petit nombre (mais en augmentation), soit des personnels très éloignés du fait religieux, en partie à gauche, avec des parcours du travail moins direct assez en phase avec les élèves. En clair un personnel très disparate, extrêmement éloigné de la vision classique et dans lequel des enseignants hautement formés (mais pas en enseignement) ne trouvant pas de travail ailleurs aboutissent régulièrement.
De l'autre un ensemble public dans lequel nombreux sont ceux qui ont voté à droite en 2007, soutiennent progressivement une tendance autoritaire (globalement dans la société) envers les populations dont ils reçoivent les enfants et pour diriger le pays.

Ce modèle abject a un objectif en bonne voie :
un groupe réduit d'établissements privés et publics pour l'élite et le petit groupe social qui réussit à s'y agripper (un gros 30% au mieux et sans doute bien moins), une masse d'établissemens pour la "populasse" dont les classes moyennes en chute libre, où les écoles privées ne peuvent que disparaître lorsque le porte feuille des parents et celui des collectivités s'assèche et où le public reste en place dans les pires conditions pour servir de filet et ne pas provoquer de réactions trop violentes. Cynique.

Il a aussi des conséquences fort peu attendue par nos crânes d'oeufs :
leur propre élimination.
Prenons tous garde car dans le public (mais aussi le privé), notamment, beaucoup se radicalisent et pas forcément à gauche...
Les orientations du PS dans leur dernier opus grandiose sur l'égalité, toutes aussi régressives que celles du Gouvernement lorsqu'on connait le travail de l'intérieur ont de bonnes chances de faire basculer à courte échéance une large part du personnel éducatif hors des partis successivement au pouvoir.
Lorsqu'un corps dépassant aisément le million (privé public réunis) bascule, même partiellement (enseignants, administratif, personnel technique) c'est lourd de conséquences pour le meilleur ou pour le pire.
Sourions au moins d'une chose, une absorption dans le public ne rencontrerait sans doute pas le même accueil dans le personnel qu'en 1984.
Pour résumer nous sommes dans la même merde avec les mêmes adversaires et le problème prioritaire n'est pas les programmes, la pédagogie ou tout autre point interne mais en premier lieu que le monde autour de l'école est en plein vertige et rien n'est possible dans l'école sans agir autour.

Écrit par : nous | mardi, 21 décembre 2010

Christian, c'est parce que Meirieu est à EELV que tu le compares à Lyssenko ? En tout cas je ne connaissais pas du tout ce personnage. J'ai donc découvert ses pseudo-travaux (lien de Wikipedia)... Edifiant.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trofim_Denissovitch_Lyssenko

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 22 décembre 2010

L'hérétique, ton lien ne fonctionnant pas (dans un de tes commentaires), je me permets de le rectifier ici :
http://www.slecc.fr/programmes_grip/2008-prog-gramm-primaire.pdf

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 22 décembre 2010

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