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dimanche, 05 décembre 2010

Vous ne ferez pas d'Assange et de son wikileaks des héros de la liberté.

J'ai lu successivement les billets de Birenbaum, de Thierry Crouzet et de Pierre Chappaz. Je récuse frontalement les arguments des uns et des autres, tout en recevant jusqu'à un certain point la conclusion de Crouzet. Birenbaum se trompe s'il ne comprend pas, que le super-menteur de l'histoire, dans la série wikileaks, c'est Assange, évidemment. Il devrait lire Martiens, go home, de Frédéric Brown, le compère Birenbaum. Oh, mais je parie qu'il le connaît : récit de SF presque drôlatique dans lequel des petits hommes verts s'abattent sur notre planète. Partout et nulle part, ils s'empressent de dévoiler à toute l'humanité les vices de chacun. Adieu, mensonges, tromperies, vices, petites mesquineries auxquelles nous tenons tant. L'humanité sombre dans l'ennui et la dépression, s'habituant tant bien que mal à vivre dans une transparence totale. Un homme, un seul, a échappé à la catastrophe transparitique qui frappe l'humanité : par un coup de chance extraordinaire, il développe une psychose d'un genre particulier qui le fait ne pas voir ni entendre les petits hommes verts ou quoi que ce soit qui se rapporte à leurs actions.

Dans la vie de tous les jours, quand on a affaire à quelqu'un qui vous dit tout de go tout ce qu'il pense, on juge généralement qu'il n'est rien d'autre qu'un malotru dénué du savoir-vivre le plus élémentaire. Une sorte de casse-couilles saoûlant qui joue les bravaches, en somme.

Qui peut dire vraiment ce qu'est le mensonge ? En un temps très ancien, il y eut tout un mouvement de pensée qui faisait de l'homme la mesure de toutes choses, récusant toute forme de vérité révélée. On appelait ceux qui se rattachaient à ce mouvement des Sophistes. Certains d'entre eux avaient reçu en héritage des disciples d'Héraclite l'idée qu'on ne pouvait se baigner deux fois dans le même fleuve. Les disciples les plus électroniques du philosophe d'Éphèse diraient qu'aujourd'hui, on ne se baigne jamais deux fois dans le même flux. Birenbaum est prisonnier d'une dialectique qu'il ne parvient pas à dépasser : celle du mensonge et de la vérité. J'y reviendrai dans la suite de ce billet.

Pierre Chappaz croit qu'il y a dans l'affaire wikileaks les prémices de la première guerre de l'information. Assange lui paraît un nouveau David affrontant les États-Goliath. Rien de tel, à mon sens. Rien de tel, parce qu'Assange ne délivre pas de l'information, il charrie du fumier. En revanche, ce grand magicien a réussi à faire croire qu'il pouvait transformer le purin en information. Et certains, même parmi les meilleurs, sont tombés dans le panneau.

Il me semble que Thierry Crouzet a mis le doigt sur le noeud de l'histoire, mais s'est en même temps trompé de combat. S'il renvoie dos-à dos les maniaques du secret et ceux de la transparence, il se livre aussi à une authentique hypostasie de l'information : crime de ne pas la laisser circuler comme bon lui semble. Ah. Et en quoi l'information aurait-elle un caractère si particulier qu'elle ne connaîtrait ni frontières ni bonnes moeurs ? Doit-on laisse circuler, par exemple, sans barrières ni protections des données sur un individu lambda sous prétexte que le fait brut est de l'information ? Thierry Crouzet tombe dans le même travers que Pierre Chappaz : il croit que la boue vaut de l'or dès lors qu'elle reçoit le titre ronflant et dûment estampillé d'information. A ce compte-là, tout est information, et le serpent de Crouzet finira par se mordre la queue : tout, au titre de l'information, disposant du droit imprescriptible de circulation, devient alors absolument transparent.

La manoeuvre d'Éric Besson est certainement maladroite ; mais je ne vois pas pourquoi les États ne seraient pas en droit de protéger leurs données privées, au même titre qu'un individu dont on aurait fouillé l'ordinateur. 

La diplomatie, in fine, a un caractère particulier. Ce qu'on nomme vérité est à l'origine d'au moins autant de guerres que ce que l'on appelle mensonge. La diplomatie qui s'emploie souvent en amont des conflits, dévide son fil sinueux à équidistance de ces deux absolus bien peu compatibles avec la paix dans le monde. Il faut être un imbécile ou un fieffé menteur pour méconnaître ces particularités. In fine, Assange est peut-être bien les deux...

 

Commentaires

hmmm mouais...

C'est parce qu'il y a énormément de daubes sur youtube qu'on y trouve aussi des pépites. Si un comité éditorial y filtrait les contenus selon des critères de qualité, on y trouverait certes quelques bonnes vidéos, mais le reste serait juste médiocre.

C'est ce genre de raisonnement qui je pense anime Thierry et les autres.

Donc non toute information n'est pas sacrée en soi. Mais personne ne devrait être le juge de ce qui est bon ou pas sur le réseau. C'est un jugement très subjectif et donc relatif à chaque personne.

Je vous ai connu meilleur. espèce d'hérétique, va ! :)

De tout

Écrit par : Stan | dimanche, 05 décembre 2010

Bonjour Stan,

On ne vous avait plus revu par ici depuis un moment. La réaction des États est, il est vrai, assez étonnante, dans cette histoire. Il n'y a rien d'intéressant dans les racontars de wikileaks. Ils devraient laisser Assange faire pschitt tout seul.
Je me méfie beaucoup des États, mais en la circonstance, au moins autant des illuminés.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 05 décembre 2010

@Stan
Sinon, oui, j'ai bien compris le raisonnement de Crouzet, mais voilà de sa part une curieuse forme de libéralisme intégral (laissez-faire, laissez-aller). Il n'en pense pas moins que le principe même de laisser circuler l'information est sacré en soi. Or, on en vient vite à ne plus protéger les données privées avec ce raisonnement.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 05 décembre 2010

Internet pose problème car certains pensent que c'est un espace de liberté ou l'on peut tout dire et que les règles de la "vie réelle" ne s'y appliquent pas.

A mon sens ils font erreur car si on veut garder une grande liberté d'expression sur le net, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin sinon les états, les législateurs, les dictateurs qui veulent contrôler le net se voient fournir des biscuits pour légitimer leur démarche au non de l'intérêt supérieur, démarche sans doute contestable mais qui peut être défendue.

Dans la vie réelle il existe des métiers soumis au secret professionnel qu'il faudrait aussi appliquer a l'internet.

Dans le domaine de la diplomatie il est stupide de tout divulguer au nom du droit a l'accès a l'information car cela peut déstabiliser pas mal de chose. Les politiques sont élus le plus souvent démocratiquement, laissons les libre de leur communication diplomatique dans un monde difficile a appréhender.

Il faut prendre en compte que des états, des terroristes veulent déstabiliser le monde en employant de sales méthodes, par conséquent pour y faire face les démocraties sont amenés a flirter avec la ligne rouge, et alors....

IL est anormal que dans d'autres domaines ce soit la même chose. je citerais juste un exemple. Le site de l'express n'avait pas a divulguer le dossier médical de Johnny.

En ce qui concerne Besson, il n'a pas a demander d'interdire l'hébergement de wikileaks en France de façon autocratique, il doit le faire en passant par la case justice. Ou va-t-on si de telles pratiques se développent.....

Écrit par : Europium | dimanche, 05 décembre 2010

@europium
mais ses propos ont été déformés. je crois que c'est exactement ce qu'il veut faire.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 05 décembre 2010

J'ai rien dit de tel... Je suis pour que l'information puisse circuler, mais l'information qu'on a laissée circuler.

C'est la conséquence de mon refus de la transparence totale. Tout ne peux circuler justement. Tu as mal lu ou j'ai pas été clair. J'y suis revenu hier dans un autre billet.

Écrit par : tcrouzet | dimanche, 05 décembre 2010

de la qualité, de l'analyse.
Écrire à minuit tonifie à n'en pas douter tes neurones.

J'aimerais que certains dépensent autant d'énergie à dénoncer les travailleurs pauvres, les étudiants précaires, les sans-logis, ... qu'ils défendent Assange.

Dans les années 70 on aurait parlé de problématique de petits-bourgeois. Autant dire de Bobos

Écrit par : jpb | dimanche, 05 décembre 2010

@Thierry
Si j'ai bien lu, mais justement, je pense que tu en arrives à une contradiction. Parce que d'un côté, tu t'opposes à la transparence totale, et de l'autre, tu estimes que rien ne doit entraver la circulation de l'information.
Or, l'un et l'autre ne sont pas compatibles : tôt ou tard, tu dois tracer une ligne rouge. Les démocraties essaient de se protéger, cela me paraît légitime.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 05 décembre 2010

Salut jbp
Bon, si tu viens de laisser un com, c'est que je peux t'appeler au tel.
Sur la blogo, on est toutefois plusieurs à ne pas être dupes d'Assange.
Il faut que je trouve le temps, mais j'ai bien envie d'écrire une synthèse à partir des avis exprimés.
Je crois que Xerbias, Koz, le Chafouin, toi-même et moi-même nous nous sommes exprimés dans un sens hostile à wikileaks.

Je n'ai pas fait le tour de tout, mais je sais que Birenbaum, Chappaz, et à moindre mesure Thierry ont des vues opposées aux nôtres.

Il y a en tout cas un débat intéressant. Tiens, je me demande bien, justement, ce qu'en pense Internet sans frontières.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 05 décembre 2010

De la boue les cables diplomatiques révélés par Wikileaks? je ne trouve pas. J'y trouve au contraire de nombreuses informations très utiles pour mieux comprendre les relations internationales, par exemple la Chine et l'Iran.

Quand le Canard Enchaîné diffuse des documents confidentiels qu'il s'est procuré par Dieu sait quel moyen, ce qui arrive à peu près toutes les semaines, est-ce qu'on lance ainsi une chasse à l'homme? est-ce qu'on le censure?

Il y a deux poids et deux mesures dans cette affaire.

D'abord parce qu'avec Wikileaks , Internet fait le boulot de la presse mais on ne lui reconnait pas le statut de la presse.

Et parce que l'Etat victime des fuites est la superpuissance planétaire, qui dispose de tous les moyens, assisté de ses vassaux, pour réduire les fauteurs de troubles au silence.

Et puis, n'entretenons pas la confusion entre la (nécessaire) protection des données privées des individus sur Internet, et celles des Etats. La démocratie, c'est aussi le contrôle des Etats, ce qui passe par une presse et un Internet libre de faire toutes les enquêtes qu'il souhaite.

Écrit par : Pierre Chappaz | dimanche, 05 décembre 2010

@L'Hérétique

De toutes façons est-ce a Besson de monter au créneau sur un tel sujet? Je pense plutôt que c'est a un des ministres régaliens( justice, défense, affaires étrangères, intérieur) de le faire.

De plus? Que dire de la véracité et de l'authentification des documents fournis a a Assange?

N'est-il pas manipulé? Est-ce que parmi les vrais documents, il n'y en pas quelques uns qui seraient bidonnés, histoire de....

Que dire de l'attaque a charge quasi exclusive envers les USA?

Que wikileaks dénoncent des tortures, des exactions de l'armée américaine, des bavures, OK car c'est de l'information mais en ce qui concerne la diplomatie....

Écrit par : Europium | dimanche, 05 décembre 2010

Ce qui me gène c'est que ces fuites soient en fait l'oeuvre d'une vengeance. Pas content... je donne des infos. C'est pas très chevalier au panache blanc ça. C'est pas Robin des bois non plus.
Enfin, pendant ce temps on ne parle plus des autres affaires.

Écrit par : Dany de Fanal Safran | dimanche, 05 décembre 2010

Je vois que L'Hérétique continue à pratiquer la technique marketing de la contreprogrammation ;)

Mais dire que les dépêches Wikileaks sont de la boue, non, là, vraiment, pardon, L'Hérétique, mais c'est une connerie.

À ce train-là, le Canard ne serait qu'un torrent de boue centenaire. Or c'est bien un journal d'info stairique.

Je crois que, dans l'affaire, on sait où est le mensonge : celui de George W Bush avant la guerre en Irak était criant. On sait aussi où est le secret : l'élaboration d'ACTA.

C'est ce que je dis ce matin sur mon blog.

Écrit par : Hervé Torchet | dimanche, 05 décembre 2010

@l'hérétique Quand je parle de libre circulation des information, c'est des information volontairement mise en ligne, pas de toute les informations puisque je suis contre la totale transparence.

Si je décide de mettre un texte en ligne, personne ne doit devrait avoir le droit de le bloquer. C'est ça que ça veut dire.

En revanche si quelqu'un vient me voler un texte sur mon PC et le fait circuler, là c'est du vol et la libre circulation de l'information ne s'applique pas.

Écrit par : tcrouzet | dimanche, 05 décembre 2010

Je crois qu'indirectement ce Monsieur donne du grain à moudre à ceux qui souhaitent controler le web coute que coute.
"Toute vérité n'est pas bonne à dire" ensuite, qu'est-ce que la "Vérité" ?
Que sait-il ce monsieur, des pressions que peuvent subir certaines entreprises afin qu'elles fournissent fichiers et données personnelles de leur clientèle, pense-t-il les aider dans leur lutte avec de telles pratiques? Que nenni, que nenni.
Quitte à me répéter, la représentation architecturale de la transparence est la casa del fascio.

Écrit par : Martine | dimanche, 05 décembre 2010

Comme dit Chomsky... cette histoire de wikileaks montre une chose:

Une grande partie de l'élite politique hait la Démocratie!!

Écrit par : lg | dimanche, 05 décembre 2010

le lien vers Chomsky

http://www.democracynow.org/2010/11/30/noam_chomsky_wikileaks_cables_reveal_profound

Écrit par : lg | dimanche, 05 décembre 2010

assez d'accord avec le commentaire d'Hervé Torchet, et en désaccord avec quelques passages du billet … mais je mettrais bien un coup de projecteur sur ce paragraphe, qui me semble essentiel, et à rappeler souvent :

"Et en quoi l'information aurait-elle un caractère si particulier qu'elle ne connaîtrait ni frontières ni bonnes moeurs ? Doit-on laisse circuler, par exemple, sans barrières ni protections des données sur un individu lambda sous prétexte que le fait brut est de l'information ?"

+1

Écrit par : FRédéricLN | dimanche, 05 décembre 2010

@lheretique :

c'est là ou comme Pierre Chappaz j ne suis pas d'accord avec vous : on trouve des choses intéressantes dans les cables.

Le problème, c'est qu'on n'est même plus capable de s'étonner des scandales qui nous entourent...
Moi c'est ça qui me choque. On dirait que la plupart des gens sont prêts à accepter une nouvelle dictature. Ca craint du boudin.

Ensuite, il y a une grande différence entre publier des documents officiels et les données personnelles. Assange ne serait pas capable de publier les données perso de milliers de gens. Et s'il le faisait, pour le coup les geeks se retourneraient contre lui.

Écrit par : Stan | dimanche, 05 décembre 2010

Du coup en ce dimanche matin pluvieux, je me suis fendu d'un petit billet moi aussi.. ce qui n'est jamais bon pour la paix des ménages. :-)

Écrit par : lg | dimanche, 05 décembre 2010

Tu fais quasiment la même erreur que Besson. Besson confond la transparence qui consiste en la surveillance généralisée des individus, par une autorité ou par les individus entre eux (cf. la Roumanie sous Ceaucescu), qui est totalitaire, avec la transparence qui consiste en le contrôle de l'état et de ses ramifications par les gouvernées, qui n'est pas totalitaire mais bien au contraire est une garantie pour la liberté individuelle vis-à-vis des excès de l'état.

> je ne vois pas pourquoi les États ne seraient pas en droit de protéger leurs données privées

Justement c'est aux États de se débrouiller que ces informations « privées » ne fuitent pas ; une fois qu'elles sont aux mains des journalistes, c'est déjà trop tard, la liberté d'expression et d'information ne peuvent être entravées.
D'autre part il n'existe pas de données privées au regard du Souverain qui est chargé de contrôler le comportement de son état. On ne peut donc que souhaiter plus de transparence de l'état, que cela soit volontaire ou non. Surtout en France où l'opacité règne.

Écrit par : Bob | dimanche, 05 décembre 2010

@Pierre Chappaz
Je pense que wikileaks et le Canard n'ont pas du tout les mêmes objectifs ni la même pratique. Le Canard ne prépare pas ses numéros en promettant l'apocalypse aux puissants, mais plutôt en rigolant un bon coup à chaque bon mot. En outre, le Canard agit avec discernement et évite de diffuser des documents qui pourraient mettre en danger des individus. Assange n'a pas ces scrupules-là.
Wikileaks ne fait pas le boulot de la presse. Il n'y aucun autre objectif que de semer le maximum de confusion avec un a priori idéologique qui consiste à faire de l'Amérique l'alpha et l'oméga du mal sur la planète. D'ailleurs, Assange n'a fourni aucune analyse géopolitique et stratégique de la masse de documents qu'il a récupérés.
Ah, internet et sa sacro-sainte liberté...Assange n'est pas un martyr de l'internet, même s'il aimerait bien se faire passer pour tel. Je ne suis pas certain que la ligne de démarcation entre protection des données privées, celles de l'individu, et celles des États, soient si nettes.
@thierry
justement, il s'agit bien de documents volés et détournés.
@Hervé
les dépêches en tant que telles ne sont pas de la boue, mais Assange en fait du fumier.
@Laurent
Non, je ne vois pas en quoi ceci montre que nos élites haïssent la démocratie.
@Stan
C'est pourtant ce qu'il a fait en lâchant les noms des divers individus qui travaillent dans les services diplomatiques du monde entier. D'ailleurs, sa référence, c'est le 11 septembre. On voit donc bien que ce gars-là se place dans une phraséologie que ne renieraient pas de nombreux terroristes.
@Bob
Mais ça, ce n'est pas du contrôle de l'État par ses citoyens. C'est de l'information-poubelle. Assange aimerait bien passer pour un corps intermédiaire, au sens où tu l'entends.
Il faut arrêter avec la transparence à toutes les sauces. La transparence intégrale n'apporte rien à la démocratie dans le domaine diplomatique.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 05 décembre 2010

Il l'a fait une fois, et s'est bien fait trashé d'ailleurs, et depuis ne le fait plus.

Et puis il y a une différence entre dévoiler des noms de gens impliqués dans des événements précis et la "transparence totale" ou surveillance des simples citoyens comme le dénoncent les élites histoire de bien effrayer tout le monde.

Bref, je trouve votre discours très démago... je vous pensais capable de plus de discernement.

Écrit par : Stan | dimanche, 05 décembre 2010

Données privées... de l'Etat ...

Écrit par : Le Parisien Liberal | dimanche, 05 décembre 2010

@Stan
Ce qui est démago, c'est d'instrumentaliser la liberté au service de sa mégalomanie. C'est clairement ce que fait Assange.
@Parisien libéral
Ce n'est pas parce que ce n'est pas un individu que cela signifie que l'information doit être ouverte à tous les vents

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 05 décembre 2010

Mais quand même il est insoutenable de comparer l'état à l'individu. Pour ce qui est de la démocratie elle s'exerce en pleine connaissance de cause et de faits. Donc la soi disant publication de WL n'a rien de gênant, d'autant qu'à ma connaissance les pièces n'ont pas été difusées mais données à des journaux qui font le tri. Par contre, je suis surpris de la réaction des politiques sur ce dossier: elle signifie qu'ils pataugent dans l'immonde et l'inavouable, au point que même une imagination prolifique est de loin dépassée. La vrai question est: de quels crimes et actes crapeuleux voire sordides et inavouables sont ils coupables?

Écrit par : domingo | dimanche, 05 décembre 2010

Comme dit Aurel dans son dernier billet: c'est pour notre bien à tous.

Si les écoutes illégales, les fausses factures, les emplois fictifs, les rétrocommissions.. doivent rester dans le secret du pouvoir.. C'est pour notre bien à tous.

Écrit par : lg | dimanche, 05 décembre 2010

Wikileaks et le Vatican
Toc toc toc … Au compte gouttes !
Le cinquième pouvoir, le sixième sens, le septième ciel est en train de prendre les devants de la scène au nez et à la barbe de tous les états malveillants!
WIKILEAKS… catalyse à lui tout seul, tous les rayons X, Y et Z…
Il a percé tous les coffres forts et dispersé dans l’air leur substance toxique…

http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Wikileaks

Écrit par : le journal des tueursnet | dimanche, 05 décembre 2010

Je n'ai pas le souvenir que "Martiens go home!" traitait de transparence, je me souviens surtout que les martiens emmerdaient le monde en apparaissant n'importe où. À relire.
Quoi qu'il en soit, demander que l'action de la puissance publique se fasse exclusivemennt dans la clandestinité me paraît une idée absurde et contradictoire. Si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, toutes ne sont pas bonnes à cacher. Je me sens proche de cette longueur d'onde là : http://www.hyperbate.com/dernier/?p=14000
Quand à savoir si Assange est un héros... Je remarque qu'il risque au moins de devenir un martyr, puisque deux personnes importantes (un politologue canadien et un éditorialiste du Washington post) ont éhontément appelé au meurtre du hacker platine.

Écrit par : Gino | dimanche, 05 décembre 2010

Ah bon, il a fait des révélations en ce sens: écoutes , fausses factures & co et le "Karachi gate"?
:o)))

Écrit par : Martine | dimanche, 05 décembre 2010

J'ai dit une connerie, c'est le Washington Times (pas Post) qui appelle au meurtre d'Assange : http://www.washingtontimes.com/news/2010/dec/2/assassinate-assange/

Écrit par : Gino | dimanche, 05 décembre 2010

Chère Martine, bien sûr il n'y avait pas de "leaks" franco française ce coup ci. Mais je voulais attirer l'attention de l'Hérétique sur de possible futurs développements. Quand il dit:

"mais je ne vois pas pourquoi les États ne seraient pas en droit de protéger leurs données privées"

il faut essayer de rapporter ça à quelques affaires franco françaises..

Je suis bien content de vous avoir fait rigoler.. ce sujet ne m'amuse pas dutout.

Écrit par : lg | dimanche, 05 décembre 2010

@Gino
M'ont l'air un tantinet frappadingue au Washington Times. Une officine républicaine néo-conservatrice, en somme, non ?

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 05 décembre 2010

@lg,
Le "chère Martine" ne m'est acceptable que de personnes avec lesquelles j'ai eu contact, que je connais et apprécie, pas votre cas^^^ Ne vous connais ni de près ni de loin.Quand aux lecons de morale...
Que voulez-vous, j'ai décidé d'en rire, mon choix.
N'ai aucune espèce de sympathie pour M.A et trouve d'autres positions exacerbées. Je n'en dirai rien de plus.

Écrit par : Martine | dimanche, 05 décembre 2010

Après vérification, le Washington Times est un journal fondé par la secte chrétienne coréenne Moon, qui fait exprès de jouer sur la confusion avec les respectables Washington Post et New York Times.

Écrit par : Gino | lundi, 06 décembre 2010

Je dois dire qu'en lisant tous ces posts et les articles référencés, on a une bonne vue d'ensemble des différentes opinions possibles, et *pfiouuuu* qu'elles sont variées et bien argumentées!

Si, à mon sens, aucune info n'est inutile, elle n'est peut-être pas utile pour tous. Parmi toutes ces notes diplomatiques, certaines ont forcément dû plaire à certains participants du jeu diplomatique mondial. Il ne nous appartient donc pas de juger de leur qualité ou utilité, NOUS N'EN SAVONS RIEN. Ainsi, exit la boue et le fumier. Tant mieux, ça sent meilleur d'un coups.

Ensuite, quant à la morale/éthique de l'acte, je crois que nous jubilons tous quand le duo Pacino/Redford dévoile au grand jour les manipulations de Nixon, ou plus prosaïquement, je me réjouis que Wikileaks ait révélé (enfin!) la vérité derrière le maquillage de certaines opérations de nettoyage de militants en Irak. Evidemment, l'image donnée ne sert pas la cause de démocraties occidentales face aux dictatures (qu'elles soient religieuses ou idéologiques), mais il est nécessaire que les puissants apprennent l'humilité face à leurs responsabilités et qu'ils rendent des comptes.

Enfin, au sujet du sieur Assange, je crois que ce monsieur a forcément un talent (quel qu'il soit, reconnaissons-lui au moins ça), et qu'il aurait pu l'exploiter d'une manière beaucoup plus rentable que celui de se mettre à dos tout un pan du monde pour finir par ne communiquer avec l'extérieur qu'à travers un écran Skype en craignant de mourir mystérieusement "suicidé" un beau matin. Au regard de son éducation, il a forcément dû se rendre compte que dans le vrai monde, les héros meurent jeunes, et qu'il avait tout à perdre à prendre ce chemin. La preuve en est qu'aujourd'hui, on lui nie ce statut, donc je ne crois pas qu'il vivait dans le doux rêve que son "retour sur sacrifice" soit qu'on l'idolâtre.

Personnellement, ce qui me chagrine le plus est l'erreur que commettent les états qui lui courent après. Ils perdent en crédibilité auprès des dictatures liberticides et apparaissent comme pourchassant un ennemi d'état, et quoique nous en pensions nous, ici, le grand public soutient toujours l'outsider. Ensuite, ils montrent leur sensibilité à ces actions, et cette porte ayant été ouverte, l'escalade dans les actes peut devenir dangereuse... Beaucoup de gens qui se limitaient à du téléchargement illégal ou du simple hacking trouvent là un combat qui leur ressemble, et un drapeau sous lequel se ranger. En gros, les états se créent un ennemi qui vient cette fois de l'intérieur et qui n'avait pour le moment pas de forme précise (si n'est en France, avec la lutte contre HADOPI). De quoi donner de bonnes leçons de terrorisme électronique à qui leur en veut suffisamment pour se faire sauter avec une ceinture d'explosifs devenant du coups inutile.

Écrit par : Fraide | lundi, 06 décembre 2010

@Gino
ça ne m'étonne pas. C'est bien la rhétorique de cette secte. Il y a des ponts nombreux avec l'extrême-droite évangéliste américaine, malheureusement de plus en plus puissante là-bas.
@Fraide
Vous avez bien résumé la situation.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 06 décembre 2010

merciiii

Écrit par : Fraide | mardi, 07 décembre 2010

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