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jeudi, 18 novembre 2010

Droits d'inscription à l'IEP de Paris

J'abhorre  Richard Descoings et ses rêves de Business School, et comme tout un chacun a pu le constater, je ne manque jamais une occasion de l'enfoncer sur ce blogue.

Toutefois, si je veux être crédible, je dois m'appuyer sur des faits avérés. Rien ne m'empêchera de penser que l'affirmative action de Descoings est de la poudre aux yeux et que l'IEP ne reproduit pas moins les inégalités socio-culturelles que toutes les autres grandes écoles françaises, mais, force est de reconnaître que je me suis trompé sur les droits d'inscription que je présumais à l'IEP de Paris pour appuyer une démonstration récente.

Or, je déteste laisser une erreur flagrante sur mon blogue. Enfin, flagrante à ce point.

Reprenons. J'avais dit qu'un foyer avec un revenu fiscal de 66 000 euros par an et deux enfants devait payer 12 000 euros par an en master si l'un des deux enfants souhaitait entrer à l'IEP

Je me suis trompé.

En fait, c'est 4760 euros. Évidemment, comme Descoings fait son humaniste avec ses students et alumni (en Amérique, mot d'origine latine qui désigne les anciens étudiants des campus), il s'est trouvé un groupie pour porter jusqu'ici la flamme du Descoings'power. Enfin, même si ce n'est pas mes 12 000 euros qui représentaient à eux seuls 20% du revenu de ma famille bourgeoise, cela fait encore 7.5% des revenus totaux pour les seuls droits d'inscription. Si l'on considère tous les frais attenants (logement, notamment), les 12 000 euros sont plus que largement enfoncés : j'ai calculé que l'on dépassait allègrement les 15 000 euros par an.

L'arrogant Descoings fait l'humaniste, mais dans le même temps, il rêve de médiocrité pour les lycéens français, considérant les humanités comme un luxe, la diversité des formations au lycée comme une billevisée.

Parce que les étudiants qui arrivent jusqu'à l'IEP, ce ne seront pas ceux qui seront passés par les établissements qui auront appliqué ses obsessions et théories pédagogolâtres, mais bien les fils et filles de bonne famille passés par les écoles privées select et l'élitiste and very expensive Ipesup...

Descoings se donne bonne conscience en signant des appels à la suppression des notes dans le primaire et fait dans la fibre sociale en recrutant des indigènes du 93, mais je peux vous assurer que la moyenne, vous avez intérêt à l'avoir à l'IEP, pour passer d'une année à l'autre. Et mieux vaut ne pas tarder, parce que dans le cas contraire, pas de sentiments et viré, voilà votre sort.

Bref, cette élite arrogante, dominatrice et sûre d'elle-même me débecte : elle hurle hypocritement  avec les hyènes pour offrir de la merde au petit peuple pendant qu'elle même se vautre dans la soie avec une mine dégoûtée.

Cette mise au point ne change rien au fond de mon propos.

22:57 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : iep, droits, descoings |  Facebook | | |

Commentaires

Hola, hola... Voilà des propos bien virulents.

Personnellement, et jusqu'à plus ample informé, je trouv que cette histoire de suppression des notes est plutôt une ânerie. Mais je dois avouer que les défenseurs des notes (ceux que j'ai entendu s'exprimer à la télé) m'ont paru aussi peu convaincants et aussi idéologues que les adversaires desdites notes. Néanmoins, je me demande la tête que ferait Axel Kahn si des instituteurs lançaient une pétition pour lui expliquer comment diriger un labo de génétique.

Cela dit, et pour revenir à la fin du texte de L'Hérétique, je ne vois absolument pas en quoi la "fibre sociale" qui fait aller chercher des élèves dans le 9-3 serait incompatible avec l'exigence que ces élèves (et les autres) aient au moins 10 de moyenne aux épreuves. Il y a là une démarche parfaitement cohérente, que j'approuve à 100% et qui s'appelle "méritocratie républicaine". Une démarche que l'idéologie libérale, celle précisément qui explique et justifie la création de l'IPESUP, a tendance à battre en brèche. Car, cher Hérétique, que cela vous plaise ou non, l'IPESUP est une merveilleuse illustration du droit à la création d'entreprise, du droit au choix de l'école et du droit du plus friqué à s'offrir ce que le moins friqué ne peut pas se permettre. C'est aussi ça, votre cher libéralisme, mon grand !

Écrit par : Ch. Romain | jeudi, 18 novembre 2010

Un peu virulent, alors que c'est un des rares endroits où il y a encore des bases républicaines

Tu préfères peut être les autres ISG, ISC, ESCLA, et ESCA.... ou même EBS, avec fils à papa et fils à papa ?

Écrit par : disparitus | jeudi, 18 novembre 2010

Est-il vraiment si utile que ça d'être noté quand on a moins de 8 ans? A cet âge, note ou pas note, on essaie surtout de satisfaire ses parents, plus que le professeur, non?
D'où l'importance de leur travail qui n'est pas à redémontrer...

Écrit par : retraité | jeudi, 18 novembre 2010

@Ch.Romain
Je crois qu'on ne se comprend pas : je ne critique pas Ipesup mais Descoings. Ensuite, je ne suis pas favorable à la libéralisation de l'éducation. Je suis libéral, pas ultra-libéral.
Je ne critique pas les notes, je critique ceux qui font les pédagogols tout en faisant l'inverse de ce qu'ils disent là où ils sont.
@Disp
Ce n'est pas à l'IEP que j'en veux, c'est à Descoings. J'ai une bonne opinion de l'IEP, globalement.
@retraité
mais est-ce que les notes sont importantes en tant que telles ? recentrons-nous sur les apprentissages au lieu de créer de faux débats qui sont autant de leurres.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 18 novembre 2010

@Disparitus,
Pas "républicaines" mais démocrates... :p

Écrit par : Martine | vendredi, 19 novembre 2010

Euh... Les alumni, ce sont les anciens, pas les étudiants sur le campus.

Sinon, assez d'accord sur le fond. Descoings devrait essayer de supprimer les notes à Sciences Po, histoire de voir comment ça fait... Tout cela est d'une hypocrisie assez écoeurante.

Écrit par : Rubin | vendredi, 19 novembre 2010

Salut Rubin

ah bon, alumni ça ne vaut pas pour les étudiants encore dans l'école ? Quel est le terme en anglais, alors ?
Sinon, on est bien d'accord, Descoings et tous les signataires ou presque, sont d'une hypocrisie totale. J'aimerais bien savoir où sont leurs enfants...faites ce que je dis, pas ce que je fais...

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 19 novembre 2010

Le terme en anglais pour les étudiants en cours de scolarité ? Ben... Students.

Écrit par : Rubin | vendredi, 19 novembre 2010

@Rubin
ah bon, il n'y a pas un anglicisme pour les étudiants en université ?

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 19 novembre 2010

la "transformation" de Sciences Po en "business school" est non seulement de la réthorique appliquée à une réalité pré existante (un grand nombre de ScPo font du business, en fait) et une inexactitude, les filieres hors Ecofi ou SP demeurant largement proches du concept d'humanités.

Écrit par : Le Parisien Liberal | vendredi, 19 novembre 2010

Tu veux dire, à l'IEP ? Je ne crois pas, mais je n'ai pas fait Sciences po.

Pour ce qui est des facs américaines, je te confirme que le mot "student" est de langue anglaise. ;-)

Écrit par : Rubin | vendredi, 19 novembre 2010

heu, moi, je suis assez pour la suppression des notes dans le primaire! les enfants ne savent pas quoi en faire, ça ne sert qu'à les stresser, et à affoler leurs parents: en primaire, l'évaluation normative ne sert qu'à les trier comme des petits pois, et ils n'ont pas assez de maîtrise d'eux mêmes pour se servir des notes pour se corriger.
De plus, j'ai débuté (à temps partiel) dans une école sans notes, en CM1-CM2, et franchement, à part un enfant un peu handicapé, tout les autres étaient nettement plus efficaces que dans l'autre école où j'étais, de même niveau, mêmes classe sociales, mais enfants infantilisés par les notes.

Par ailleurs, auparavant, à l'occasion d'un audit de la formation pro ds une banque, l'écueil premier auquel se heurtait le reclassement des gens c'était les formations diplômantes (donc avec des notes et tout), les personnes de niveau social faible étant des grands blessés du système éducatif, et la phrase type qui revenait était "on a passé l'âge d'avoir des 5/20"! Or ils se formaient volontiers dans des formations sans avantage financier, pour être plus compétents sur le même poste, du moment que c'était pas noté.

Il faut vraiment pas avoir d'idées toutes faites là dessus, tout le monde n'a pas vécu de la même façon sa scolarité, et la réussite dans le monde du travail n'est pas non plus forcément proportionnelle au flicage... De plus, c'est pas forcément vivable. Les enfants supportent parce qu'ils n'ont pas le choix, mais il vaudrait mieux moins de notes pour les jeunes enfants.

Écrit par : do | vendredi, 19 novembre 2010

Vous me devez des droits d'auteur.pour certains phrase que je retrouve dans votre article...(lol !)

Je suis d'accord avec votre analyse : Sciences po reste bel et bien un appareil de reproduction des élites (et de constitution de réseaux très puissants, Sciences po puis ENA que l'on retrouvera intacts, bien après dans la vie politique). Ne pas oublier que cette école se présentait elle-même comme "une école de formation des élites"

Mais il y a plus grave : on peut discuter de ce système, de la nécessité d'une élite et de sa sélection mais on ne peut nier jusqu'à présent qu'elle basait cette sélection sur une certaine méritocratie de l'excellence

Descoings tente de faire évoluer cette image de "laminoir des élites'" (voir article du Diplo :http://www.monde-diplomatique.fr/1999/03/GARRIGOU/11775) en allant piocher ses idées dans le système américain (de la même façon que nos écoles de commerce, HEC compris, se calquent sur les Business schools américaines)
- Un discours politiquement correct vis à vis des minorité et une politique des quotas directement inspirés des réflexions des années 70 des universités américaines "libérales" (de gauche) sur l'affirmative action et de leur pratique de quotas dans l'accueil de leurs étudiants
- mais surtout des droits d'inscription qui s'envolent : 800 francs qui passeront à 5 600 FF en 1995 et donc 4760 euros actuellement, ce qui fait une augmentation de 500 % environ en 15 ans

C'est donc bien l'exception, à savoir l'accueil de quelques étudiants du 9-3 qui dissimule la réalité de reproduction de l'élite de Sciences po, de plus en plus centrée sur les moyens financiers...

Écrit par : Brusyl | samedi, 20 novembre 2010

Tu as raison dans l'ensemble. Dis aussi que des ScPo sont au chômage en ce moment.

Écrit par : ancien scpo | dimanche, 21 novembre 2010

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