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samedi, 16 octobre 2010

Mais non, le libéralisme, ce n'est pas le Diable !

Tiens, v'là l'Nicolas qui se lâche contre les libéraux et invite de surcroît toute la gauchosphère à en faire autant. Nicolas pense qu'il y au moins 17 raisons (7+10) de se moquer des libéraux.

Ce qui est drôle, c'est qu'il y en a toujours au moins une de se moquer de la gauche toute entière (ou presque) : chaque fois qu'elle parle des libéraux, elle est profondément comique.

Il faut dire qu'un certain nombre de libéraux y concourent : ils ont une relation au syndicalisme qui ne laisse de m'étonner. Certes, il y a des syndicats gauchistes, et beaucoup même, mais enfin, à plus d'un point de vue, le syndicalisme est une conquête du libéralisme, parce qu'il repose avant toutes choses sur le droit d'association. Or, le droit d'association est l'un des fondements du libéralisme.

Que font les syndicats, sur le fond, eh bien ils essaient de se défendre contre des forces qui les dépassent souvent. Ils peuvent être archaïques, inefficaces, abêtis et peu représentatifs, ils n'en font pas moins ce pour quoi ils ont été créés. On ne peut pas le leur reprocher.

Nicolas croit que la propriété est un dogme chez le libéral : eh non, c'est, selon l'article II de la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen de 1789 un droit naturel et imprescriptible au même titre que la liberté, la sûreté et la résistance à l'oppression. L'article 17 proclamait même que la propriété était un droit inviolable et sacré et sacré et que nul ne pouvait en être privé.

Quand les Socialistes, en 1981 et 1982 ont nationalisé à tour de bras industries et banques, le Conseil Constitutionnel a alors estimé, dans un arrêté rendu le 16 janvier 1982 que la conservation du caractère fondamental du droit de propriété était l'un des buts de la société politique.

Bon, en fait, ce ne sont pas les libéraux, mais les socialistes qui ont un problème avec le dogme de la propriété privée...

Il n'était à cette époque question ni d'égalité, ni de fraternité. La République n'a d'ailleurs jamais proclamé la nécessité de l'égalité des fortunes. Il n'y a eu que l'esprit malade de quelques socialistes agités mais dangereux pour en rêver, avec toutes les conséquences néfastes qui se sont ensuivies et qui nous sont connues aujourd'hui.

Bon, soyons justes : paf une baffe à la gauche, et paf une baffe aux libéraux : je suis surpris de voir avec quelle hargne les libéraux s'en prennent aux syndicalistes. Regardons le genre de vie de ces derniers, y compris en leur sommet, on ne peut pas dire que ce soient des gens qui font partie de la Jet Set ni qu'ils versent dans la collusion d'intérêts avec les puissants de ce monde. Il me semble que les libéraux devraient avoir avant tout comme souci de lutter contre les collusions de toutes sortes, à commencer par celles qui impliquent les états directement.

Comme puissance, un syndicat n'est rien ou presque et ne s'infiltre nullement dans tous les compartiments de la société comme peuvent le faire des États ou de très puissantes multi-nationales. Ce sont donc des cibles un peu faciles, je trouve, même s'ils font souvent ch.. par ailleurs, et se trompent régulièrement de siècle en termes de combats syndicaux. Et même s'ils se trompent et peuvent gonfler, ce n'en est pas moins des partenaires respectables avec lesquels tout pouvoir démocratique digne ce nom devrait avoir le souci de dialoguer.

Sarkozy and co n'invoquent le dialogue social que pour l'image et pour mieux leur baiser la gueule ensuite en les plaçant devant le fait accompli. Tu m'étonnes qu'ils sont très en colère après. C'est du gâchis, parce que pour une fois, il y a une génération de leaders syndicaux (je ne parle pas des abrutis de Sud) relativement pondérés avec lesquels on peut discuter.

Bref, pour moi, un syndicat, c'est une association comme une autre, et comme libéral, je suis plutôt favorable aux associations, dès lors qu'elles ne se constituent pas en réseaux de pouvoir qui tentent de court-circuiter continuellement toute concurrence, genre le Siècle, par exemple (Ah, la concurrence libre et non faussée, comme j'en ai rêvé...!)

Si j'ai une certaine bienveillance pour les syndicats, je n'en ai nullement, en revanche, pour les programmes politiques qui font des États l'alpha et l'oméga de l'action sociétale, économique et politique. C'est pour cette raison que j'aime bien l'État bienveillant des Démocrates, dont l'objet est simplement de faciliter les mises en relation et de permettre la libération des initiatives, non de les contrôler sous aucune forme quelle qu'elle soit. J'aime bien le Modem quand je l'entends tenir ce discours. Je l'aime moins quand il copie bêtement la gauche en brandissant la solidarité pour justifier l'intervention de l'État. L'État pourrait simplement se borner à faciliter la solidarité entre individus, et non l'imposer du haut avec des lois qui frisent la spoliation ou le déni de liberté.

19:35 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : libéralisme, syndicalisme, propriété | |  Facebook | | | |

Commentaires

La charge de la gauche contre les libéraux porte à faux pq la droite au pouvoir n'est pas libérale, elle véhicule un pseudo-libéralisme qui n'est que l'alibi de la logique léonine, même logique d'ailleurs que celle de la gauche, mutatis mutandis.

Écrit par : Hervé Torchet | samedi, 16 octobre 2010

Le libéralisme est une idéologie complexe, qui cherche la logique et la modération et est donc indissociable d'une forme "l'anti-populisme" primaire, sans pour autant chercher à être élitiste...

Mais dans le débat public, ce sont les idées simples ayant un fort potentiel émotionnel qui passent le mieux, tel un sèche cheveux dans un bain.

Cela fait quelques dizaines d'années en France que les gens ont décidé de mettre le mot libéral sur une de leur peur les plus primaires, celle de la loi du plus fort.

ça me rappelle mes cours de philo sur les potentialités limitées du langage par rapport à l'intelligible, aux idées.

Le seul moyen de parvenir à un vrai débat sur le libéralisme et la liberté, c'est d'inventer un nouveau mot.

L'inertie des mots nous dépasse, comme le sensible dépasse si souvent insidieusement l'intelligible.

Imagine que Jean-marie L., le patron du FN décide que son parti étant nationaliste et se souciant des droit sociaux des français, il l'appellerait

"Parti National Socialiste"

ça ferait tache.

D'ailleurs, JML, je l'ai entendu dire en interview que le nom de son parti ne devait être changé, car il portait en lui une signification et un poids non négligeable pour ses électeurs.

Et c'est d'ailleurs vrai pour tous les partis. Les créations sont des évènements assez rares en fin de compte, possible grâce à des contextes assez particuliers.

Écrit par : Florian | samedi, 16 octobre 2010

"le Conseil Constitutionnel a alors estimé, dans un arrêté rendu le 16 janvier 1982"

Le Conseil constitutionnel rend des "décisions", pas des "arrêtés" comme un maire peut le faire. :-)

Écrit par : LCDM | samedi, 16 octobre 2010

@LCDM
Bon, je ne suis pas juriste, moi, m'sieur :-) Bref, il a avalisé ce que je dis, ce qui est l'essentiel :-)
@Hervé
Oui, c'est à peu près cela.
@Florian
ça, les idées simples...elles sont légion, et le fait est que le libéralisme en a fait largement les frais...

Écrit par : l'hérétique | samedi, 16 octobre 2010

Prendre H16 en exemple, et dire qu'un libéral voterait X c'est assez fort, surtout quand l'on connait et lis le blog hashtable.

Encore un a coter de ces pompes dans ces remarques ? :D

Écrit par : Bellegarrigue | samedi, 16 octobre 2010

@Bellegarrigue,
Séjourneriez-vous du coté d'Orange ou Toulon par exemple?

Écrit par : Martine | samedi, 16 octobre 2010

Vous me paraisez, vous meme assez effroyablement à coté de vos pompes, ensuite qu'elle valeur ajoutée apportez-vous?
La bulle, zéro pointé jusqu'à preuve du contraire^^^
Bonne nuit.

Écrit par : Martine | samedi, 16 octobre 2010

Tsss...paraissez, la la

Écrit par : Martine | samedi, 16 octobre 2010

"Bon, en fait, ce ne sont pas les libéraux, mais les socialistes qui ont un problème avec le dogme de la propriété privée..."

Donc c'est bien un dogme. Merci, j'étais un peu perdu.

Écrit par : Nicolas | samedi, 16 octobre 2010

@Nicolas
Oui, j'avais remarqué que tu étais quelques peu perdu sur le sujet...

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 17 octobre 2010

pour la petite histoire, rappelons que les syndicats furent interdits aux USA à la fin du XIXeme siècle parce qu'un industriel futé avait réussi à démontrer qu'ils s'apparentaient à un trust anti-concurrentiel (entente entre responsables pour imposer un prix minimum, en l'occurrence celui de la main d'œuvre, et donc entrave au libre jeu de la concurrence) et tombaient par conséquent sous le coup de la loi anti-trusts (Sherman Act de 1890). Il me semble donc un peu gonflé d'écrire que les syndicats sont d'inspiration libérale. Ni les syndicats, ni les corporations ne sont d'esprit libéral, bien au contraire, et c'est bien pourquoi l'un des premiers soucis des révolutionnaires de 1789 fut de supprimer les corporations, les syndicats et le compagnonnage (loi Le Chapelier de 1791).

Par contre, d'accord avec l'esprit général du billet : les syndicats, avec toutes leurs imperfections, sont absolument nécessaires au dialogue social. Un patron éclairé comme Antoine Riboud (le fondateur de BSN, l'actuel Danone) en était un ardent défenseur. Et il est vrai que les dirigeants syndicaux actuels (Chérèque, Thibault...) ont su faire preuve d'une ouverture d'esprit et d'un sens des responsabilités plus que méritoires. Il est vraiment à déplorer que Sarkozy les ait trahis et trompés.

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 17 octobre 2010

Le problème de la france est sa culture dogmatique basée sur l'affrontement et par conséquent sur les rapports de force, que ce soit lors de élections, a l'AN, entre la rue et le GVT, entre les syndicats et elt l'élysée. Tous les débats sont donc clivant car chacun pense d'abord a montrer ses muscles et dénombrer ses troupes avant de discuter et tente de tenir bon coûte que coûte....

l'autre problème de la france est qu'elle n'a pas ou très peu de culture positive syndicaliste. l'histoire le montre et se répète éternellement.

Dans les pays d'Europe du Nord et l'Allemagne les syndicats qui sont forts peuvent discuter longtemps avec le gvt pour faire aboutir des réformes.

De plus la france n'a jamais réussi a décapiter le pouvoir monarchie. Tous les systèmes ou presque fonctionnent avec un exécutif fort, élu démocratiquement, mais qui une fois élu abuse de cette légitimité et se croient tout permis et gouverne en force!!!!

je ne pense pas que ce soit que la france qui ait un problème avec le libéralisme mais plutôt que ce dernier fait figure de bouc émissaire comme la commission européenne par exemple pour masquer les incompétences de chacun et les faiblesses de notre discours sociale.

Notre façon de faire est a bout de souffle, il est donc nécessaire de faire évoluer notre culture des rapports sociaux et notre relation au pouvoir pour que nous puissions mettre en place les réformes nécessaires.

cf le dernier sujet de Ginisty a ce sujet...

Écrit par : europium | dimanche, 17 octobre 2010

les liberaux ne font pas assez savoir qu'ils sont bien les héritiers de le Chapelier.

sinon, les gens sauraient que Alternative Liberale regrette au contraire que les syndicats francais soient si peu représentatifs et si peu cooperatifs http://www.alternative-liberale.fr/index.php/index.php/evenements-de-la-communaute-liberale/vers-la-creation-dun-syndicat-liberal.html

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Écrit par : Le Parisien Liberal | dimanche, 17 octobre 2010

En tout cas, moi, je vois que certains ont été vexés comme des poux qu'on puisse trouver 10 raisons de se moquer des grévistes, et que ces 10 raisons fassent marrer pas mal de monde.

Ça en dit long sur la capacité d'autocritique et d'humour. Hi. Hi. Hi.

Écrit par : h16 | dimanche, 17 octobre 2010

@Ch. Romain : oui, concernant les syndicats, dans une démocratie libérale type, ils sont nécessaires.

En France, en revanche, je ne vois pas de syndicats. Je vois bien des corporatistes qui poudroient et des gauchistes qui verdoient, mais des syndicalistes qui défendelemploient, je n'en vois pas.

Écrit par : h16 | dimanche, 17 octobre 2010

@ h16

N'exagérons rien. Nous avons eu et nous avons encore, en France, des syndicalistes caricaturaux (Séguy, Krasucki, Blondel...) ; mais dès les années 70 un Edmond Maire (patron de la CFDT) faisait preuve d'un certain sens des responsabilités. Idem aujourd'hui, me semble-t-il, avec une Notat, un Chérèque ou un Thibault dont la radicalisation s'explique surtout, comme le souligne L'Hérétique, par le fait que Sarkozy n'a pas joué le jeu avec eux et les a trahis alors qu'ils avaient fait de très nombreux pas vers lui.

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 17 octobre 2010

"Certes, il y a des syndicats gauchistes, et beaucoup même, mais enfin, à plus d'un point de vue, le syndicalisme est une conquête du libéralisme, parce qu'il repose avant toutes choses sur le droit d'association. Or, le droit d'association est l'un des fondements du libéralisme."

Mouais, il y a une confusion ici, voire un sophisme. Que le libéralisme soutienne le droit d'association n'implique pas de légitimer les associations de malfaiteurs. Ni d'abdiquer le droit de chacun de résister aux méthodes musclées de certains syndicats organisés de façon quasi militaire.

Écrit par : Mingus | lundi, 18 octobre 2010

"dont la radicalisation s'explique surtout, comme le souligne L'Hérétique, par le fait que Sarkozy n'a pas joué le jeu avec eux"

Mbof. Se trouver "obligé d'être extrêmiste" est super-commode. C'est le même raisonnement que "C'est pas ma faute si j'ai tout pété, c'est la société qui m'y a obligé".

Pas convaincu du tout.

Écrit par : h16 | lundi, 18 octobre 2010

@ h16

Ce n'est pas exactement ça que j'ai écrit : nulle part vous ne trouverez dans mes commentaires, ni dans la lettre ni dans l'esprit, l'expression "obligé d'être extrêmiste".

Ce qui est vrai, c'est qu'au début de son quinquennat Sarkozy a fait mine de dialoguer avec les syndicats (sur la réforme des régimes spéciaux, notamment, un dossier sensible pour la "base") avant de passer en force en laissant les leaders qui avaient joué le jeu se débrouiller avec leurs troupes... Dès lors, il ne faut pas s'étonner si lesdits leaders n'ont plus très envie de dialoguer avec Sarko, ni s'ils préfèrent mener leurs troupes plutôt que courir derrière elles.

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 18 octobre 2010

@ h16

Et par ailleurs, il ne faut pas oublier que les leaders des divers syndicats (CGT, CFDT, FO) sont élus, et qu'il existe à leur gauche une organisation nettement plus radicale et nettement mois responsable, SUD, qui cherche à leur piquer les adhérents mécontents ou déçus. Donc, je comprends tout à fait la position d'un Thibault, d'un Chérèque ou d'un Mailly.

Histoire de vous éclairer un peu, voilà ce qui s'écrivait en mai 2007, au moment où les syndicats acceptaient de négocier avec l'Elysée, chez les "ultras" de leur base :
http://bladi.net/forum/100942-syndicats-concertation-sarkozy/

Liseez ça, songez qu'ils se sont fait rouler par Sarko, et dites-moi ce que vous feriez aujourd'hui à leur place ?

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 18 octobre 2010

Alors H16 ?
Rien à proposer?
:DDD

Écrit par : Martine | lundi, 18 octobre 2010

Oups,
Ai oublié bonne nuit à Laetitia. :o)))

Écrit par : Martine | lundi, 18 octobre 2010

@H16,
J'attends toujours votre force de propositions et puis émue :o))) Sachant quelle valeur vous accordez à la liberté de dire^^^Pour un "libéral" "ca la fout mal".

Écrit par : Martine | samedi, 23 octobre 2010

Pfiouou...
Quelle patience^^^J'attends toujours :o)
Je crains que vous n'ayez Rien à proposer et que vous ne sachiez guère faire avancer le schmilblick.
Faudrait aller sur le terrain le vrai de temps en temps.
Vous abandonne à vot' carapace.

Écrit par : Martine | samedi, 23 octobre 2010

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