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  • Taxer le capital pour financer les retraites ? ça va pas la tête !

    Bon, Nicolas s'est vexé comme un pou en commentaires à la suite de la réponse que j'ai apporté à son billet dans lequel il m'interpelait : il estime en effet que demander le financement des retraites sur la base des seuls fruits du travail est un postulat et pas un argument.

    Je lui ai donc répondu en deux temps :

    1. C'est toujours marrant de voir comment les mecs de gauche fantasment complètement sur les revenus du capital et la grande finance.

    Ils y voient une source inépuisable, alors que leur valeur est infiniment plus théorique et hasardeuse que celle du travail et de la production.

    Je vais te l'expliquer en termes simples, cher collègue blogueur de gauche, ainsi qu'à tes potes gauchistes :-)

    Quand on évoque la production industrielle, il y a une relative adéquation entre offre et demande, si bien que les prix s'équilibrent à peu près et ne fluctuent pas trop. Bien sûr, les entreprises ont des stocks, parfois importants, mais qui ne représentent pas des centaines de fois ce qu'elles écoulent.
    En ce qui concerne les produits financiers, ce qui s'échange n'est rien à côté de ce qui se stocke. Si un gros Kapitalist (ach so, gröss Kapital, ja) décide de vendre ses actions d'un coup, paf, elles chutent. Mais si tous les produits financiers étaient écoulés d'un coup, ils vaudraient nique nidouille.
    Ils n'ont de valeur que pour autant que les échanges ne soient pas trop importants. 
    Et c'est là-dessus que tu veux asseoir le financement des retraites, inconscient ?
    Finalement, pas mieux que les libéraux qui font le même calcul...pas sous forme de taxes mais de dividendes...

    j'te jure, les gauchistes, faut tout leur expliquer, en économie :-)

    2. Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas engager une réflexion sur le travail, mais c'est un autre problème.

    Le fait est que nos sociétés démocratiques ne survivront que difficilement à la concurrence effrénée que se livrent les pays de la planète sur le marché du travail.
    Il n'y a que deux issues :
    - soit se positionner sur un créneau où il n'y a pas de concurrence, mais cela ne tient qu'un temps
    - soit faire admettre au minimum au niveau régional que le dumping social fausse la concurrence.

    L'excellent TCE a été rejeté par une quantité faramineuse d'ânes sous prétexte que Das Kapital pas assez taxé, ja, vilains Kapitalists vouloir défigurer notre schön doulce France Zozialisten....

    Mais en réalité, avec son préambule exigeant le respect d'une concurrence libre et non faussée, il y avait une excellente brèche pour avaliser que le dumping social constituait un critère de falsification. C'est l'angle sur lequel il faut se battre.

    Tu persistes, dans ta réponse à Dorham, à imaginer que les flux qui se dirigent vers les produits financiers et ceux qui se dirigent vers le travail sont interchangeables. C'est une illusion dangereuse qui ne correspond à aucune réalité que la gauche agite très régulièrement dans ses raisonnements.

    Je ne savais pas quoi publier aujourd'hui, eh bien hop, voilà, c'est plié.

  • Eh oui, le SNES a raison d'appeler à la grève...

    Le Privilégié, qui est un enseignant, s'est montré très surpris de mon soutien au SNES, syndicat enseignant qui appelle à une grève aujourd'hui dans l'Éducation Nationale.

    Je persiste et signe. Le Privilégié s'étonne parce qu'il se dit certainement : "voyons, ce gars-là est libéral et plutôt de droite : comment peut-il soutenir un syndicat pas vraiment connu pour ses positions centristes ?".

    Eh bien c'est tout simple, Privilégié : parce que sur ce coup-là, le SNES a raison à 100% (ou presque). Mais bon, je ne suis pas le seul à avoir compris les enjeux : ils n'ont pas échappé non plus à l'oeil de lynx de Natacha Polony, observatrice émérite du monde éducatif.

    Comme par hasard, les syndicats "réformistes", SGEN (en fait la CFDT), UNSA (héritier de la fameuse FEN des années 80) et même une bonne partie de la FSU (à laquelle appartient le SNES) se sont gardés d'appeler à la grève aujourd'hui. Même le SNALC, expert en moulinets de bras mais qui se dégonfle l'heure venue n'a rien dit. Et pourtant, l'enjeu de cette grève du SNES est à mes yeux prioritaire. Je me réjouis qu'il se soit trouvé un syndicat pour défendre ce qu'il reste du modèle éducatif français. Ce que condamne le SNES c'est d'abord la réforme du lycée et les gesticulations pédagogolâtres qui aboutissent à supprimer peu à peu l'enseignement disciplinaire (le savoir, la culture, au fond) au profit d'une sorte de gloubi-glouba informe pédagogisant (accompagnement éducatif, aide individualisée et cetera). De la merde en barre que nous sert Châtel avec la bénédiction des pédagogols de service. 

    C'est aussi l'évaluation par compétence, les suppressions de postes (moi, j'en vois les effets avec mes petits, le second d'entre eux évoluant dans des classes de maternelle et de CP puis de CE1 qui frisent des effectifs à 30 !!!), les doubles discours. Ah, les doubles discours... Les Châtel, les Descoings and co qui prêtent une oreille prétendument attentive aux élèves en difficulté sont les premiers à prescrire la suppression de tous les dispositifs d'aide aux enfants en difficulté. Les vrais : RASED en école primaire, conseillers d'orientation dans les collèges, et cetera...

    L'école, l'éducation, pour moi, c'est sacré.  J'observe avec attention et bienveillance le SNES depuis plusieurs années, et je vois que ce syndicat est le seul à porter le flambeau. J'ai entendu que l'on avait reproché à Bayrou, quand il était ministre de l'Éducation Nationale, d'avoir co-géré cette dernière avec le SNES. Exagération manifeste, à l'évidence, mais je ne m'étonne guère qu'il y ait eu de bonnes relations, tant je constate qu'aujourd'hui, l'un et l'autre ont le même souci de préserver une école de qualité.

    Le SNES a eu la très juste idée de séparer les revendications qui concernent notre école et celles qui touchent les retraites. Il a eu raison. C'est plus clair ainsi. J'espère qu'il réussira ainsi à attirer l'attention des médias sur ces réformes déplorables.