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  • Il faut sauver le soldat Zemmour !

    Le politiquement correct n'a décidément pas de limites : le Figaro s'apprêterait à licencier Éric Zemmour pour ses propos sur les trafiquants de drogue. Ridicule. Il suffisait de répondre à Éric Zemmour que s'il y a plus de trafiquants de drogue parmi les Africains et les Maghrébins (c'est en effet une réalité) c'est qu'il y a aussi bien plus de foyers pauvres et/ou misérables dans ces catégories de population. In fine, ce n'est donc pas l'origine ethnique qui fait le trafic, mais la pauvreté et la misère (sans que cela exclue, bien sûr, la responsabilité individuelle). Par ailleurs, sa formulation favorise la stigmatisation, et je ne vois pas bien ce qu'elle apporte exactement.

    La bien-pensance n'en a pas moins manqué d'y voir un crime de lèse-racisme et le voilà conspué de toute part. Comme l'écrit Didier Goux, les chiens de garde du Bien vont avoir leur nonosse. Ah, qu'est-ce que je déteste ce consensus gauchouillard et mollasson dès qu'il s'agit de parler d'immigration ; car, in fine, c'est bien de cela dont voulait parler Éric Zemmour.

    Non qu'il s'agisse de glisser vers l'amalgame, mais tout simplement de se demander s'il est pertinent de poursuivre une politique d'immigration qui amène à grossir les catégories défavorisées de notre pays.

    Or, les organisations anti-racistes hurlent très facilement au délit de faciès face à ce type de contrôle. Déni de faciès, oui, plutôt ! Ce que Zemmour voulait entendre, à l'évidence, c'est qu'il n'était pas question que la police ne fasse pas son travail parce que ce n'était pas politiquement correct d'admettre le fait qu'il a énoncé.

    Il aurait évidemment gagné à assortir son discours d'une réflexion solide sur les vraies causes de la délinquance, mais bon, la finesse, à ma connaissance, n'est pas la qualité première du bougre.

    Il n'en reste pas moins que sa possible (probable) éviction , est un nouveau coup porté à la liberté d'expression. Éric Zemmour est une forte tête et une grande gueule : manifestement, Monsieur Mougeotte a du mal à accepter cet état de fait évident mais assez facilement plaisant pour ses auditeurs, que l'on soit d'accord ou non avec le personnage.

  • Hank Skinner, justice américaine, justice de merde !

    On entend parfois certains faire l'apologie de la justice américaine pour son indépendance : et pourtant, quelle justice de merde ! J'ai lu l'intégralité du dossier Hank Skinner, qui devrait être exécuté demain : n'ayons pas peur de le dire, ce n'est pas une exécution mais un assassinat politique en bonne et due forme. C'est tout de même incroyable : Hank Skinner est accusé de l'assassinat de Twila Busby et ses deux enfants sans que la moindre trace ADN ne soit venue accréditer ce crime. Pire encore : Twila Busby a passé la soirée en compagnie de Robert Donnell, l'oncle de Twila, qui l'avait deux fois abusée par le passé, lui faisait des avances ce soir-là, et avait déjà été condamné pour viol sur une jeune fille. Or, un témoignage direct informe qu'il lui avait fait des avances ce soir-là et que Twila le craignait. De plus, Twila a été retrouvée corsage baissé et braguette ouverte sans qu'aucune expertise n'ait été faite. Notre justice a des défauts, mais jamais elle n'aurait laissé passer de tels indices sans examen sérieux.

    Hank Watkins Skinner est de longue date, bien avant son arrestation, un militant des droits de l'homme et des prisonniers. Il gênait depuis trop longtemps. Son exécution programmée est un assassinat politique. Ce soir-là, il avait consommé un cocktail d'alcool et de Xanax qui l'avait laissé à 90% léthargique : il ne pouvait pas avoir frappé avec  force qui que ce soit (Twila a été retrouvée avec le crâne fracturé).

    Par ailleurs, un ami de Twila, Ronnie Campbell, a téléphoné ce soir-là chez Twila, et il a entendu, au téléphone, une voix d'homme, autre que celle de Hank Skinner. Il a demandé à parler à Twila, mais c'est Scooter, l'aîné des deux enfants, qui a répondu, d'une voix apeurée, qu'elle était en conversation avec "quelqu'un". Ronnie est sûr d'avoir entendu Twila hurler dans la pièce.

    La justice américaine, elle me rappelle bien les manuels d'inquisition du moyen-âge : dans l'un des plus fameux d'entre eux, le Manteau des Sorcières, l'inquisiteur rédacteur de l'ouvrage reconnaît explicitement qu'il y a certainement des innocents condamnés dans les procès en sorcellerie, mais, qu'au final, ce qui compte, c'est de frapper l'imagination du bon peuple.

    Je ne sais pas quoi faire pour Hank Skinner : en France, nous avions une grâce présidentielle, en Amérique, la justice est..."indépendante"... Tu parles d'une indépendance...Il faudrait aussi préciser que Hank Watkins Skinner luttait contre les mauvais traitements infligés aux prisonniers par le shérif local, celui-là même qui l'a arrêté...

    Quelques précisions supplémentaires chez Bug Brother, qui a lu, tout comme moi, le dossier.

    Le Texas a fourni vraiment à l'humanité ce qu'elle compte de pire : après Daboliou, des exécutions à tire-larigot sans contrôle, sur la foi de témoignages faisandés, et de préférence contre des gêneurs ou des individus sans défense.

    Bref, il faut lire le dossier et se faire une idée, mais une nouvelle fois, je maintiens que cette exécution a une claire allure d'assassinat politique dans la grande tradition des procès de la Guépéou au milieu des années 30.

    Moi, je suis tout de même très étonné de trouver l'Amérique au 18ème rang des démocraties complètes du classement de The Economist, avec une justice de cette teneur. En France, on n'en est peut-être qu'au 24ème rang, mais on n'en est pas encore à exécuter les opposants politiques.

    J'avoue que je suis un peu rageur, parce que je ne sais pas ce que je pourrais faire d'efficace pour alerter l'opinion publique américaine. Peut-être que Fred, qui a fait de la démocratie sans frontières le coeur de son blogue, et que je sais fin angliciste, pourrait dans l'urgence écrire un article en anglais, que nous pourrions alors tenter de propager sur la blogosphère et la twittosphère américaines ?

    Ah, peut-être que Robert Ménard pourrait faire quelque chose ? Là, c'est clair, c'est pas Dutroux...

  • Le vrai bilan des Régionales

    Instructifs et très pertinents, les graphiques et les tableaux trouvés sur le portail elunet. Ils permettent de se faire une idée bien plus précise de la situation exacte des forces en présence, et surtout, des pertes et des gains depuis 2004.

    En 2004, le Parti communiste et la gauche rassemblée (hors écologistes) disposaient de 905 élus. En 2010, ils n'en ont plus que 854. Si le PS et ses alliés sont en progression avec 754 sièges contre 714, le Front de Gauche qui obtient 102 élus est loin de 191 élus du Parti Communiste. Les Verts réalisent un jackpot en passant de 159 à 263 élus : ce sont eux les grands gagnants de cette élection. Si l'on enlève les 66 élus du Nouveau Centre qui sont des successeurs de l'UDF, l'UMP obtient, avec ses alliés, 394 élus : elle est donc en progression ! Le Front national, quant à lui passe de 156 à 118 élus. Il a prouvé qu'il existait encore, mais il est en repli.

    Hélas et mille fois hélas, la nouvelle donne, c'est que le MoDem, la composante de gauche de l'ex-UDF s'effondre, en passant de 69 à 10 élus, dans le temps où le Nouveau Centre, lui, obtient 66 élus contre 55 en 2004. In fine, si l'on additionne les scores de l'un et de l'autre, on obtient 76 élus contre 124 pour l'UDF entre 2010 et 2004. Voilà où le bât blesse, dirais-je.

    En somme, les perdants de cette élection sont la gauche extrême, la droite extrême et le Centre. En revanche, en considérant les résultats du point de vue du nombre de voix, seuls les Verts gagnent des électeurs, alors que toutes les autres formations en perdent...

    Un dernière remarque sur la majorité présidentielle : avec 460 sièges en 2010 contre 480 en 2004, la perte n'est pas trop sèche. Toutefois, si l'on considère qu'elle a récupéré une partie des sièges de l'extrême-droite, on mesure mieux, alors, combien elle a perdu au centre...