Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Un sondage et ça repart pour Rama Yade | Page d'accueil | École : ça va chauffer chez Peillon ! »

mardi, 10 novembre 2009

La vraie fiancée

La vraie fiancée, c'est un conte de Grimm. J'en lis un de temps à autre histoire de meubler les temps morts. J'ai par exemple découvert, mea culpa, que Grimm avait sa propre version de Cendrillon ; je l'ignorais.

Ce qui m'interpelle, dans ces contes, c'est l'attitude des hommes. Quand on pense conte, on pense bonheur, perfection, mariage, et cetera...penses-tu, oui ! Tenez, dans la vraie fiancée, il s'agit d'une jeune orpheline : tout comme la Cendrillon de Perrault (pas celle de Grimm) elle est mal barrée et aux prises avec une marâtre prête à la battre comme plâtre au moindre prétexte. D'ailleurs, elle lui fixe des tâches impossibles. Mais la gamine va avoir de la chance, elle croise une bonne vieille qui lui file de sacrés coups de main dans ses épreuves à force de magie. La marâtre, furieuse de perdre une occasion de taper demande toujours plus, et elle finit par réclamer un château à sa belle-fille. Et comme elle est par trop pressée de vérifier qu'il y a une cave à vin (la pochtronne, tiens : attention, ça, c'est moi qui le dis, et je surinterprète sans doute) elle ne fait pas gaffe à une lourde trappe mal fermée qu'elle se prend sur le coin de la tronche. Et voilà notre petite dotée d'un château à faire pâlir Windsor...

Elle fait alors la rencontre d'un jeune prince, attiré par sa réputation de beauté : ébloui, il lui demande juste d'attendre, le temps d'aller demander l'autorisation à son père de sa marier avec elle. Et vous savez ce qu'il fait, ce petit con égocentrique et négligent : eh bien il l'oublie. Il oublie de revenir, et voilà la gamine à attendre en vain. Finalement, après quelques péripéties, elle le retrouve, plusieurs années plus tard alors qu'il s'apprête à se marier avec une autre nana (quel petit con !). Finalement, elle finit par se dévoiler à lui, parce que l'abruti ne la reconnaît toujours pas et ils finissent leur existence ensemble.

Faut-il qu'elles soient amoureuses, les minettes, pour être prêtes à tout abandonner pour un petit con, tout ça parce qu'elles le prennent pour le prince charmant. Et le petit con, il peut lui faire les pires crasses, eh bien elles pardonnent parce qu'elles l'aiment. Y'a pas de suite, dans le conte, mais moi, je peux vous l'écrire : en fait, ce n'est pas un conte de fées, cette histoire-là : un mec qui commence par oublier la nana dont il est éperdument amoureux, pour finalement se tourner vers une autre, ce n'est pas de très bon augure pour la suite...

Bon, cela dit, d'autres y verront une belle histoire du genre "on s'est perdu et puis on s'est retrouvé". Peut-être. A voir. Pas mon avis, mais je conçois cette interprétation-là. Ils étaient trop jeunes à 20 ans, il fallait que le temps passe pour qu'ils se retrouvent vraiment. Admettons. N'empêche que c'est un petit con quand même...

23:54 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : grimm, conte, homme, mariage, femme, amour |  Facebook | | |

Commentaires

Petit con certes, mais que dire de la fille qui attend bêtement ?

Écrit par : olympe | mercredi, 11 novembre 2009

zut, parti trop vite.

Il y a dans ces contes tous les stéréotypes sexués qui imprègnent l'éducation de nos enfants.
les garçons partent à l'aventure, c'est le plus important pour eux et les filles attendent

Écrit par : olympe | mercredi, 11 novembre 2009

@ Olympe
euh, oui pour les stéréotypes sexués, mais pour les aventures, en revanche, dans cette histoire, c'est la jeune fille qui les vit.
Je suis parfois étonné de voir des filles ou des femmes que je connais, belles, intelligentes, sensibles, avec des abrutis et des beaufs finis.
On m'a parfois répondu que le choix n'était pas non plus illimité...

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 11 novembre 2009

"On m'a parfois répondu que le choix n'était pas non plus illimité..."
Exact, cher ami ! Voilà pourquoi certaines fois, mieux vaut éviter de chercher trop longtemps le prince charmant. Après un certain laps de temps (100 ans ?) la princesse s'apercevant que c'était une invention de l'esprit. Mais au moins, durant toute sa vie, aura-t-elle pu accomplir ses rêves d'aventure elle-même ! ;-)

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 11 novembre 2009

Le Renard dit au Petit Prince:

"L'essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu'avec le coeur".

C'est ce qui semble manquer à l'Hérétique qui ne voit que des "beaufs finis", et qui se trouve mieux qu'eux...

En outre, je vous conseillerais la lecture d'ouvrages de Bruno Bettelheim, notamment celui-ci: "Psychanalyse des contes de fées" en voici une première information:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychanalyse_des_contes_de_f%C3%A9es

Cela l'aidera à comprendre certains points qui semblent lui être totalement passés inaperçus...

Enfin, les contes de Grimm ont été rédigés par les frères Grimm après un long voyage dans tous les villages de langue germanique, où ils ont écouté les vieilles personnes les raconter en regardant leur "gueule" pour retranscrire l'essence, le résumé de points commun entre toutes les histoires racontées au coin du feu lors de leurs voyages... Ils ne les ont pas inventés.

Lorsque j'étais en Jordanie, j'ai été étonnée d'entendre raconter des histoires semblables, avec d'autres détails culturels.

C'est la mémoire collective de l'Humanité, que l'on retrouve aussi dans les livres dits "sacrés" qui ne sont autre chose que des contes populaires auxquels on a ajouté une autorité divine pour leur donner plus de poids et mieux dominer les foules...

Rien n'a changé depuis des millénaires à ce niveau.

Écrit par : Danièle Douet | mercredi, 11 novembre 2009

@ Danièle
Vous savez ce qui est pénible, avec vous Danièle : c'est ce que vous êtes incapable d'écrire un commentaire sans l'assortir systématiquement d'une leçon de morale.
Ai-je écrit que les frères Grimm avaient inventé les contes ? Non.
Mais ils les ont mis en forme, comme La Fontaine a mis en forme Ésope et Phèdre et a apporté aux fables de l'Antiquité une touche toute personnelle.
Ensuite, il n'y a évidemment pas que l'angle psychanalytique pour lire un conte.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 11 novembre 2009

Pfff, elle n'a rien compris mais il est difficile de s'improviser princesse.
Désolant!
@Danièle,
Effectivement très jolie citation du Petit Prince là réside la clef.

Écrit par : Martine | mercredi, 11 novembre 2009

Je ne vais pas m'embarquer dans des considérations psycho-philosophiques de comptoir mais cette histoire me confirme dans l'idée que ce qu'on appelle l'Amour coup de foudre est certes un sentiment fort et appréciable (s'il est partagé) mais qu'il ne peut être qu'éphémère, plus ou moins éphémère selon les personnes mais éphémère. Après, peut se créer une relation forte mais fondamentalement différente sur la base d'une connaissance de l'autre beaucoup plus objective, mais ça n’a rien à voir et c'est difficile. D'ailleurs sur Paris un couple sur 2 divorce.
Certes le petit con de Prince est une caricature en la matière mais la fille n’est pas fine non plus de n’avoir pas compris cela !

Beaucoup de contes de fée commencent par un coup de foudre et se terminent par un équivalent de « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »…c’est d’ailleurs à ça que l’on reconnait que ce ne sont que des contes …dans la vraie vie ça ne marche pas comme cela !

Écrit par : Nicolas007bis | jeudi, 12 novembre 2009

parce que tu as des temps morts, toi ???
tu sais qu'il y a des bouquins qui traitent de la psychanalyse des contes de fées ?
http://www.amazon.fr/Psychanalyse-contes-f%C3%A9es-Bruno-Bettelheim/dp/2266095781
...
utiles pour développer l'imaginaire mais tellement néfastes effectivement pour la conception des rôles féminins qu'on ancre ainsi dans le subconscient des enfants !

argh ! les affreux machistes !

Écrit par : Mirabelle | samedi, 14 novembre 2009

dis ... hautetfort m'a bouffé mon message !
donc je disais à peu près :

(surprise) : tu as des temps morts toi ?
ensuite : il y a un livre de Bruno Bettleheim : Psychanalyse des contes de fées
puis : effectivement les contes sont utiles pour développer l'imaginaire de nos enfants mais néfastes quant au conditionnement qu'ils leur donnent sur les rapports hommes/femmes ... tout ceci étant écrit par finalement des très affreux machos !

Écrit par : Mirabelle | samedi, 14 novembre 2009

@ Nicolas
Bon, mon commentaire est aussi humoristique. Ce qui m'amuse, c'est le conte est censée s'inscrire dans une forme parfaite, les personnages, en principe ayant un fort caractère allégorique. Vous avez vu la g... de l'allégorie du prince ? :-)
@ Mirabelle
Je connais Bettelheim, bien sûr. Pour le conditionnement, n'exagérons pas : certainement moins que les bêtises que l'on voit à la télévision aujourd'hui. Mon fiston les lit aussi : je lui ferai quelques explications de textes, encore que je crois qu'il comprend très bien un certain nombre d'incohérences morales...

Écrit par : l'hérétique | samedi, 14 novembre 2009

@l'hérétique : moui... je ne suis pas certaine que même encore de nos jours cela ne laisse pas de trace dans l'inconscient au moins des filles !!! quant à celles de ma génération, c'est assez incroyable de constater quand tu parles avec elles du nombre de celles qui attendent ou rêvent du prince charmant !

Écrit par : Mirabelle | samedi, 14 novembre 2009

Les commentaires sont fermés.