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Croissants et décroissants

Me voilà à écrire un nouveau billet afin de mettre fin aux nombreuses contre-vérités énoncées dans le dernier billet de Super No. Super No souhaiterait que je l'oublie ; je comprends bien que mon argumentation le dérange puisqu'il se montre incapable d'y faire face ni de dépasser le niveau de la déclaration. Sans doute pris d'hallucinations violentes, il déclare avoir été envahi par des hordes de militants démocrates, plus enragés les uns que les autres sur son blog. Ah ? Je n'ai rien vu (ou si peu : un sympathique blogueur du MoDem, assez critique sur son propre parti, au demeurant, venant simplement signaler son désaccord avec les idées véhiculées par l'article...).

tapisrouge.jpgPlusieurs de ses commentateurs me demandent plus de respect pour leur idole : bon, si ça peut leur faire plaisir... Il semble que le gigot d'agneau chassé à la lance préhistorique accompagné d'une saine rasade d'eau de pluie soit passé un peu de travers chez les décroissants...

Ces quelques remarques ne sont évidemment qu'un avant-propos... Au-delà des moqueries réciproques, je suis pour ma part content d'engager le débat avec un blogueur dont les positions politiques sont assez éloignées des miennes. Et ce débat est important, parce qu'il recouvre une véritable ligne de fracture quant à la nature de l'écologie et son insertion dans les programmes politiques et économiques.

La thèse que défend Super-No a été popularisée ces dernières années et fait fureur au sein d'une partie non-négligeable de l'électorat vert ainsi que dans certains milieux de la gauche de la gauche. A ses yeux, la croissance économique est un miroir aux alouettes non compatible avec la préservation de la planète. Il n'existe aucune position intermédiaire, aucune solution médiane ni compromis, il s'agit bien de deux aspirations frontalement antagonistes.

En face, ce que nous défendons, au MoDem, c'est qu'il existe une croissance économique soutenable. C'est aussi le point de vue que je défends. Pour calculer cette croissance sur la base de données correctes, nous devons intégrer dans nos calculs toute la part de capital que nous n'avons jamais pris en compte, et qui est collective : le capital environnemental (les ressources, l'équilibre des éco-systèmes qui contribuent à les créer et les régénérer et cetera...). Nous pensons donc, qu'à certaines conditions, le mieux vivre et une consommation raisonnable et raisonnée sont compatibles avec le respect du milieu dans lequel nous vivons.

J'ai lu le billet auquel notre Super Décroissant invite à se référer. Ce qui me frappe, c'est qu'il revient comme un leitmotiv dans son discours l'idée incessamment martelée que la croissance a une fin et que les marchés sont saturés. Ce que Super Décroissant ignore, manifestement, par ce raisonnement, ce sont les mécanismes mêmes des révolutions industrielles. La situation dont il rend compte n'est pas nouvelle : l'humanité l'a vécue à chaque révolution industrielle. Je doute que cela fasse plaisir à Super Décroissant, mais ses observations pourraient avoir leur place dans quelques pages de Capitalisme, Socialisme et Démocratie de Schumpeter. En effet, nous abordons une phase de stagnation toute comparable à celles qui ont prévalu lors des siècles précédents avant qu'une rupture se produise dans l'univers capitaliste et vienne chambouler la donne.

Donc, oui, Super Décroissant, la croissance telle que nous l'avons connue n'est plus soutenable, et le monde dans lequel nous vivons ne peut pas subsister longtemps. Voilà ce que je vous concède. Mais justement, comme le dit Corinne Lepage dans son Vivre Autrement, et j'insiste vraiment pour que vous le lisiez, il faut changer de logiciel. Or, vous qui conspuez le capitalisme, vous continuez de raisonner avec les structures de ce que vous décriez. C'est là votre erreur.

Et pourtant, Super Décroissant, vous avez compris que nous vivons la fin d'une ère. Vous dites ainsi :

De la même manière, les difficultés du secteur automobile ne sont pas entièrement liées à la “crise” : c’est un problème plus vaste, les dirigeants de ces sociétés, aveuglés, contraints ou simplement complices de leurs actionnaires cupides, ont préféré tirer au maximum sur la corde de leur modèle économique sans consacrer le moindre argent à investir dans des voitures sans pétrole. Plus dure sera la chute. Elle a déjà commencé. Et elle sera vertigineuse. Rappelons que sur les 10 plus grosses multinationales du monde (en terme de chiffre d’affaires), 9 sont des compagnies pétrolières ou des constructeurs de bagnoles. Il n’y a pas besoin d’être aussi intelligent et clairvoyant que Sarkozy pour comprendre que les décennies à venir vont voir un bouleversement de l’économie mondiale, et que cela ne se passera pas forcément dans la joie et la sérénité.

Je vous rejoins à 100%, Super Décroissant, sur ce très juste constat. Et c'est bien pour cela que nous ne pouvons plus attendre, ce que ne semblent pas avoir compris sérieusement ni notre industrie automobile ni notre gouvernement. Quand je lis vos propositions, par la suite, Super-Décroissant, vous n'êtes finalement pas si loin de ce que les salauds de droitiers capitalistes, libéraux et exploiteurs du peuple, que nous sommes au MoDem, proposons. C'est simplement que vous baignez dans un profond scepticisme en imaginant que les technologies vertes ne vont pas évoluer si elles reçoivent des investissements massifs. Oui des éoliennes produisent infiniment moins qu'un EPR, mais c'est que vous persistez dans une logique de distribution d'électricité dépassée avec de grosses centrales. Pourquoi ne pas imaginer (ce que fait Corinne Lepage) de petites unités de production dans chaque maison organisées en réseaux selon les besoins de la consommation, un peu à la manière d'Internet, par exemple.

Il serait long et fastidieux de reprendre tout le billet que vous invitez à lire, mais, on peut dire, in fine, qu'il repose tout entier sur un profond pessimisme envers la nature humaine et son inventivité, et ce, dans vos deux billets.

Pour finir sur une touche littéraire, Super Décroissant, je vous renvoie à l'une des plus belles oeuvres que la littérature grecque a produit : Antigone de Sophocle. Ce n'est pas pour Antigone elle-même, qui, je n'en doute pas, est un personnage qui vous plaît probablement, mais pour ce que disent les bons et sages vieillards de la cité de Thèbes dans leur second chant choral à propos de l'Homme :

Il s’est donné la parole et la pensée rapide et les lois des cités, et il a mis ses demeures à l’abri des gelées et des pluies fâcheuses. Ingénieux en tout, il ne manque jamais de prévoyance en ce qui concerne l’avenir. Il n’y a que le Hadès auquel il ne puisse échapper...

Commentaires

  • J'avais lu son billet... -))
    à en mourir de rire !
    Il y a une pub en ce moment pour une voiture qui est dans le même ton.

    Tu sais, il faudrait demander à François Bayrou de faire un élevage plus intensif de chevaux. C'est la seule solution pour aller au boulot. Bon, moi je suis à la campagne, il faut seulement que les batiments aient des écuries plutôt que des garages. L'équitation, il n'y a que ça de vrai.

    Tu vas bien trouver un super texte de littérature grecque sur le cheval.

  • Là où ça devient marrant, c'est que les décroissants sont en fait de véritables ultra-libéraux extrémistes ! Et je ne plaisante pas !

    Songez, amis décroissants, que les principales ressources de l'État (et même des autres fonctions publiques) proviennent principalement des fruits de la croissance, et certaines en sont totalement dépendantes : la TVA ou l'impôt sur les sociétés par exemple. Pour preuve, la crise qui s'achève a profondément entamé les ressources de l'État, en effet l'énorme déficit de cette année est dû en majeure partie aux recettes en moins causées par la récession, et donc par la décroissance.

    Ainsi, une France en décroissance, c'est surtout un État qui n'a plus les moyens de ses ambitions, et qui devrait apprendre à fonctionner avec une centaine de millards d'euros en moins...

    Finalement, les Verts devraient fusionner avec Alternative Libérale ! :-)

  • @Fanal SAFRAN

    En plus, le crotin de cheval est un très bon engrais naturel...

    Plus sérieusement que proposent les décroissants pour financer l'état? plus d'impôts?

  • @ Aymeric

    Oui, c'est une forme de libéralisme extrême, oscillant entre far-west et gentils hippies. In fine, les deux aboutissent à une société individualiste, morcelée et organisée en petites communautés.

  • @ europium
    C'est ce que j'aimerais bien savoir aussi. Je n'ai lu nulle part l'amorce d'un programme politique chez eux.

  • « Pour calculer cette croissance sur la base de données correctes, nous devons intégrer dans nos calculs toute la part de capital que nous n'avons jamais pris en compte, et qui est collective : le capital environnemental »
    J'ai vraiment l'impression qu'en fait t'es d'accord avec Super No (d'ailleurs j'aimerais bien avec une réponse sur la croissance circulaire dans un commentaire que j'ai laissé en dessous du post « MoDem : Super Yes ... »).
    Seulement, au MoDem, vous changez la définition de croissance pour, en gros, prendre en compte la finitude du monde et vous dîtes ça peut continuer à monter. Ce point m'intrigue toujours d'ailleurs. Au mieux on peut dire qu'on est à 0, mais on ne pourra pas toujours croître, y compris en prenant en compte le capital environnemental. On va se cogner à des limites à un moment...
    Super No dit qu'en regardant toujours le même indicateur auquel on est habitué, il va falloir qu'il baisse : monde fini, toussa.

    Le problème avec une production d'électricité décentralisée c'est qu'il faut que la production colle à la consommation. Les pics de consommation ont lieu autour de 20h, les soirs froids l'hiver. Ça met de côté les panneaux solaires. Je ne suis pas sûr que le pic de production des éoliennes coïncident avec les soirs froids d'hiver vers 20h...

  • @ kelux

    je précise l'économie circulaire dans la région. Il y a des convergences avec Super No mais aussi de très grosses divergences, notamment sur le rôle du marché...

  • @ Kelux
    La croissance, sur le fond, ce qu'elle mesure, c'est l'activité et la production de richesses non pas matérielles mais estimées.
    Si avec le même bloc de métal, tu produis trois produits différents dans l'année, tu génères de la richesse et de la croissance économique.
    Comme les ressources de notre monde sont en effet finies, il faut placer la transformation au coeur de la croissance économique et non l'extraction de matières premières. Comme ces dernières correspondent à un capital fixe qu'il faut faire fructifier, et que toute destruction de ce capital est irrémédiable, il faut faire la payer très cher, non pour punir, mais tout simplement pour rétablir la vérité des coûts.
    En somme, moins tu détruis de capital fixe, moins tu payes (il y a tout de même d'autres éléments à prendre en compte : temps de travail, rareté, qualité, et cetera... pour fixer le prix, bien sûr).

  • @l'hérétique
    désolé, j'ai pas compris la 1è phrase.

    Vous avez peut-être des divergences sur le rôle du marché mais là vous vous fightez sur la croissance alors que vous semblez d'accord.
    À un détail près, j'ai l'impression que le mot « décroissance » fait peur alors qu'une (utopique) économie circulaire, qui ne permet pas une croissance du PIB, était défendue dans un précédent post.
    Au passage, en prenant en compte les ressources naturelles, nous sommes peut-être déjà en décroissance : http://www.manicore.com/documentation/serre/decroissance.html
    Le but à atteindre, pour avoir un monde viable, c'est une croissance nulle, en prenant en compte les ressources naturelles.
    Il faut donc réduire ce qu'on produit pour que la balance s'équilibre entre ce qui est produit et ce qui est détruit. Cette réduction de la production se traduit par une diminution du PIB, c'est-à-dire une décroissance...

  • @l'hérétique
    Nos commentaires se sont croisés...

    « Si avec le même bloc de métal, tu produis trois produits différents dans l'année, tu génères de la richesse et de la croissance économique. »
    Tu génères de la richesse, oui.
    De la croissance, ça dépend de ce que t'as fait l'année d'avant. Puisque la croissance c'est ce que t'as fait en plus par rapport à l'année précédente.
    Dans un circuit fermé avec 100 de matières premières, tu produis 100 de produit fini.
    Si le recyclage fonctionne à 100% des 100 du produit fini, tu retrouves tes 100 de matières premières.
    Pour générer de la croissance économique, il faudrait que ce cycle (production, recyclage) aille de plus en plus vite.
    Ce qui, à terme, n'est pas réaliste (directement sorti de l'usine, on recycle !).

  • @ kelux
    oulah oulah, là, ton raisonnement économique, il ne tient pas du tout ! ce n'est pas matière première qui fait le prix et la croissance mais bien le produit fini.
    Ton raisonnement ne s'applique qu'à la matière. Mais, en valeur, avec 100 de matières premières, tu peux aboutir à des valeurs très variables (10, 1000, 10 000, tout dépend de ta créativité et de ton sens des affaires).
    Ensuite, pour l'industrie, il y a du juste dans ce que tu dis, mais tu oublies que la croissance, ce ne sont pas seulement des choses matérielles : ce sont des services, des logiciels, et bien d'autres choses encore. La répartition des activités sera simplement différente, c'est tout.

    Tiens, prends l'exemple des piscines écolos avec deux mares dont une de recyclage et de nettoyage avec des plantes : dans ce système, une partie du recyclage se fait lui-même mais, on peut imaginer que ce soient les semis de plantes qui aient de la valeur, ou encore les sympathiques grenouilles qui viendront s'installer dans ta mare de filtrage.

    Ton problème (et celui des décroissants) c'est de penser que la croissance ne peut être assise que sur l'extraction de matières premières et la production de biens matériels. Or cela n'a rien d'une fatalité, et c'est ce qu'on s'évertue à dire au MoDem depuis un moment...

  • Et oui, de très grosses différences sur le "rôle à accorder au marché" l'hérétique : c'est un des points de départ d'une classification rationnelle.

    Pour ma part, je suis partisan d'une typologie bipartite (comme je l'ai déjà exprimé). Si tu tiens à faire émerger un 3ème courant qui serait autonome, le centrisme, il faudra me démontrer que lorsqu'ils étaient au pouvoir, ils ont mené une politique "libérale" (au vrai sens du terme). Or, à chaque fois, les libéraux se sont accommodé du capitalisme. A votre décharge, les pseudo-socialistes européens se sont empressés de faire de même une fois au pouvoir.
    Ce qui prouve bien que le problème est plus complexe qu'il n'y paraît (que tout tourne autour du capitalisme). SuperNo propose de sortir du capitalisme, tout comme les communistes, les socialistes et - historiquement - les libéraux... La forme pour y parvenir est différente, c'est tout, mais tous ces courants sont d'accord sur le fond : sortir du capitalisme...
    Dans ce billet, j'esquissais incidemment une authentique définition du libéralisme (même si c'est avant tout une diatribe "à l'endroit" de nos chers conservateurs qui gouvernent paisiblement la France depuis des siècles). Partie IV !
    http://www.leclubdesblogueurs.com/blog/2009/07/01/comment-se-tirer-une-balle-dans-le-pied-petit-vademecum-du-parfait-conservateur/

    Derrière le brouillard, au-delà des enfumages, il y a réellement un problème démocratique intrinsèque à nos régimes dits "démocratiques".

    Ensuite, pour faire simple (et donc simpliste), les décroissants souhaitent a priori que l'Etat intervienne de moins en moins souvent (tout comme les libéraux mais d'autres également - je ne vais pas vous faire un cours d'histoire des idées politiques), voire qu'il disparaisse. Donc pas trop de problème avec les recettes fiscales (si on suit leur logique jusqu'au bout).

    @Aymeric :
    Attention aux termes : "décroissance" n'est pas synonyme de "récession".

    Ex : en ce moment, nous sommes (oups, "nous étions en récession", mais tout va bien désormais). Donc la croissance décroît ! Mais nous produisons toujours, n'est-ce pas ? La croissance en terme de biens ou services produits est donc toujours à l'ordre du jour. Me trompe-je ???

    "Songez, amis décroissants, que les principales ressources de l'État (et même des autres fonctions publiques) proviennent principalement des fruits de la croissance, et certaines en sont totalement dépendantes : la TVA ou l'impôt sur les sociétés par exemple"...

    Sur le fond, prôner la décroissance signifie qu'on part du summum de la croissance (ex : 5% de croissance annuel, puis 4, et 2,5% etc) : donc, pendant des dizaines d'années, il y a toujours un reliquat de croissance inexorable car il faudra bien produire quelques biens indispensables.

    Sur la forme, il y a donc des moyens d'assurer intelligemment des recettes fiscales à cet Etat qui contrôlerait de moins en moins nos vies.

    Bon exemple avec la TVA Aymeric ; malheureusement, pour l'impôt sur les sociétés, tu repasseras en septembre (ah... c'est donc maintenant : tu es prêt). Le rendement de l'impôt sur les Stés n'est que de 30%... Celui de l'impôt sur le revenu, 80%... La TVA, 100%.

    Donc déjà on taxe un max les entreprises qui ne payent pas ce qu'elles doivent (attention, pas les PME ni a fortiori les TPE); ensuite, on procède au remboursement d'une bonne partie des "subventions publiques" à hauteur de 30 milliards d'euros annuels pour les inciter à mener une politique environnementale, d'embauche et de fonctionnement "utile" pour la société. Enfin, pour ma part, je remplirais les caisses de l'Etat en supprimant (presque) toutes les niches fiscales (+ 70 Milliards d'euros à récupérer).

    Tu vois, ce n'est pas si compliqué d'équilibrer un budget. Ensuite, c'est sûr que je vais me faire quelques ennemis chez les vrais libéraux et les capitalistes sournois ; mais je m'en fous, jsuis socialiste (donc je regarde les 2 siècles d'histoire du socialisme et je ne me fais pas d'illusion).

  • @ Denis 75
    Mais que restera-t-il de tes 70 milliards si tu restreins l'activité et la création de richesses sur lesquelles seraient justement assis ces impôts...
    Je vais revenir sur le capitalisme, parce que je trouve que c'est un peu le bouc-émissaire de tout actuellement.
    Mais je vais répondre dans un second commentaire.

  • Ca s'équilibrera cher ami : il y aura moins de Rolls-Royce produites mais plus de "bien(s)"-être pour tout le monde.

    Ce qu'il faut, c'est mettre fin à un système totalement (totalitairement) inégalitaire. Sur les 70 milliards en question, fort peu proviennent des personnes à budget modeste.

    Moins de riches (qui ne payent pas énormément d'impôts de toute façon - proportionnellement à ce qu'ils gagnent bien sûr) mais des milliards d'honnêtes gens sortis de la misère et qui - EUX - payent systématiquement tous leurs impôts...

    Tu peux aussi me répondre sur mon blog et même y publier qqch (lol). Non parce que je suis jaloux à force de lire tous les commentaires sur ton blog et celui de SuperNo... :D

  • @l'hérétique
    Au temps pour moi, j'aurais dû mettre l'unité. Je parlais en masse. Si t'as 100 kg de matières premières, tu vas produire au plus 100 kg de produit fini (s'il n'y a pas de perte dans ton procédé de création, ce qui est plutôt optimiste).
    La quantité de biens produit ne pourra pas augmenter, contrairement à maintenant.
    Comme tu le dis, si on veut continuer à avoir une croissance du PIB, il reste à jouer sur le prix. Pas l'inflation, elle est (plus ou moins) retirée du PIB. Il faut donc apporter des améliorations à ce qui existe déjà.
    Les produits innovants coûtent généralement plus chers que leurs ancêtres parce qu'il a fallu payer des gens pour réfléchir dessus pendant un certain temps.
    Ces gens on les a payé pendant ce temps, et ils ont utilisé leur salaire pour manger, consommer, ... Donc, au final on a consommé plus de ressources que pour réaliser le produit précédent.
    Après il y a une autre possibilité : proposer un produit peu innovant à un prix scandaleusement cher et s'en foutre plein les poches (ex : ça commence par Win, ça finit par dows et ça donne une des plus grosses fortunes mondiale...). Je ne dis pas que c'est ce que tu proposes, c'était pour explorer les différentes pistes ;-)

    J'ai pas bien compris où tu voulais en venir avec l'exemple des piscines écolos. Une fois construites, il me semble justement que leur impact sur le PIB est très faible (je connais pas bien ces piscines, je peux me tromper). Une fois qu'elles sont mises en place, ça marche en circuit fermé : pas de consommation d'eau, pas (peu) d'entretien, tes grenouilles se reproduisent toutes seules, idem pour les plantes.
    C'est d'ailleurs le cas pour un certain nombre de technologies qu'il faudrait mettre en place (isolation, chauffe eau solaire, éclairage LED, utilisation d'eau de pluie pour l'eau qu'on n'ingère pas...). Tout ceci coûte un certain prix à metre en place mais sur le plus long terme ces techniques permettent des économies (et donc baisse du PIB).

    L'économie immatérielle, est tout sauf immatérielle. Les e-mails c'est formidable on consomme moins de papier, oui mais non parce qu'on n'arrête pas d'imprimer. Grâce à internet on a moins besoin de se déplacer. Oui mais non, parce qu'on fait nos achats sur internet (eBay et Amazon ne sont pas les sites les moins connux) et qu'on est livrés à domicile.
    Derrière l'immatériel il y a toujours du matériel, rien que parce qu'il faut des ordinateurs qui stockent « l'immatériel ».
    L'argent qui sert à payer les services est utilisé, un jour ou l'autre, pour consommer des choses bien matérielles : nous ne sommes pas purs esprits.

    « Ton problème (et celui des décroissants) c'est de penser que la croissance ne peut être assise que sur l'extraction de matières premières (...) »
    Non, mon problème (pour les autres, je ne sais pas) c'est que je ne vois pas comment un truc peut croître indéfiniment (quel qu'il soit) dans un monde fini.
    À moins qu'on soit capable de dire : la croissance du truc en question est soutenable car le niveau critique ne sera atteint qu'au moment où la Terre sera brulée par le Soleil. Mais je ne l'ai jamais entendu...

  • @ Kelux
    En masse, bien sûr, on est d'accord. Le développement de produits innovants, écolos ou non, coûtent en effet toujours chers. Mais je ne vois pas en quoi cela oblitère mon raisonnement : ceux qui ont mis au point ce produit ont mangé et consommé bio, c'est tout. La fiscalité doit servir de levier progressif pour assurer le changement de société qui doit se produire. C'est ce que proposent le MoDem et Corine Lepage, en gros.
    Ce que je veux dire pour les piscines écolos, c'est qu'elles vont entraîner d'autres activités qui donneront lieu à des échanges. Sans verser dans le happy flower, plutôt que d'acheter du chlore, on va décider de planter des roses parce qu'on aime bien les senteurs de roses, et une manière nouvelle d'organiser et d'arranger ces piscines va se développer. Simplement, il y aura toujours de la dépense, mais elle se concentrera sur d'autres choses, c'est tout (je ne peux pas non plus inventer l'avenir, mais je fais confiance à l'espèce humaine pour s'inventer de nouveaux besoins...).
    En ce qui concerne l'immatériel, ce que tu dis est vrai, mais la livraison par internet rationalise considérablement les déplacements. C'est donc un progrès.

    Le monde matériel est fini, mais le progrès, l'intelligence humaine et la propension de l'humanité à créer de nouvelles choses, elle, est infinie...

  • @ Denis75
    Je te promets que je vais venir sur ton blog. J'ai lu ton billet sur la social-démocratie standard. Tu te doutes bien, évidemment, que je ne suis pas d'accord avec toi...
    Sur les causes de l'abstention, je crois qu'au-delà du projet politique, c'est surtout l'absence de poids des euro-députés, l'éloignement du Parlement et l'hypocrisie des États qui la génèrent.
    Mon Dieu (je ne suis pas croyant, mais j'aime bien cette exclamation) : renoncer à l'économie de marché qui a assuré la bonne marche de notre civilisation tout au long de ce siècle...tu veux mettre quoi à la place, au fait ?

  • @l'hérétique
    Je te cache pas que j'ai du mal à me représenter ce que pourrait être une croissance dans un circuit fermé. Pour moi, il y a forcément une faille, parce que croissance dans un monde fini -> boum plafond (mais je l'ai déjà dit ;-)).

    D'ailleurs je vais commencer par la fin de ton post. Non, la propension de l'humanité à créer de nouvelles choses n'est pas infinie. Nous sommes (et serons) un nombre fini d'humain. Le nombre d'idées que j'ai chaque seconde/heure/mois/année (et je pense ne pas être le seul) est fini.
    Du coup tu conviendras (j'espère !) que la croissance basée sur le progrès en prend un coup dans l'aile.

    Un produit réalisé à partir d'1kg de matières premières est vendu en l'an X, 100€. En l'an X+100, la version innovée du produit (toujours 1kg de m.p.) est vendue 1000€ (en euros constants).
    Le coût des matières premières est resté constant : on est en circuit fermé y a pas vraiment de raison que ça explose.
    On a donc 900€ dû à l'innovation. Et effectivement si on a une croissance basée sur l'innovation ça signifie une part du prix toujours plus importante dû à l'innovation.
    Ça signifie donc de plus en plus de personnes qui travaillent sur l'innovation -> croissance de la population ?

  • @ Kelux
    Mais le circuit, il n'est fermé que du point de vue des ressources.
    Ensuite, l'inflation par le coût des matières premières existe, bien sûr, mais la hausse des prix ne lui est nullement exclusivement réductible.
    La croissance, elle est toujours basée sur l'innovation, simplement dans ce modèle, l'innovation intègre d'autres paramètres, c'est tout.

  • @L'hérétique
    J'ai dû mal m'exprimer ou t'as lu mon message un peu rapidement.

    Ce que je disais c'est qu'avoir une croissance basée sur l'innovation ça signifie qu'on innove encore et toujours plus. Pour y arriver il faut encore et toujours plus de personnes qui travaillent à innover. Ceci nécessite une croissance de la population qui n'est pas compatible avec la finitude de notre monde.

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