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vendredi, 04 septembre 2009

Delanoë, Hidalgo et le druide

Pas vraiment besoin d'écrire d'article , ce matin. je renvoie simplement à l'excellente synthèse d'Hervé Torchet sur les tenants et les aboutissants des plans secrets d'Hidalgo et consorts pour virer les écoles primaires des stades sportifs du XVIème arrondissement de Paris.

Il faut dire qu'Hervé connaît le sujet, il a été adjoint chargé des sports à la mairie du XVIème dans les années 90. Du temps des Gaulois, la zone que recouvre le Bois de Boulogne et toute la Porte de Saint-Cloud était un bois sacré. Hervé le dit, et il a raison. En sera-t-il le nouveau druide ? Les appétits de Monsieur Delanoë et ses amis ne connaissent plus de limites : ils ont juré d'abattre le stade Jean Bouin dans sa configuration actuelle et le redonner au sport professionnel. Les écoles seront évidemment exclues de cette nouvelle donne. C'est ça la politique de l'enfance de Delanoë et Hidalgo (ils n'en sont pas à leur coup d'essai, songeons au Musée en Herbe viré du Jardin d'Acclimatation et prié de mettre la clé sous la porte, ou encore à la fondation Vuiton bâtie sur 11 000 m2 de verdure...).

Morceaux choisis de l'article d'Hervé (mais que je recommande vraiment de lire en entier)

Anne Hidalgo et son adjoint aux sports ont mal défendu, ce soir, un dossier qui n'est pas défendable autrement qu'en exprimant ce qu'ils ont fait : la haine des gens du XVIe, une haine stupide et aveugle, qui ignore complètement la réalité sociologique de l'arrondissement, notamment du sud. Certes, je ne dirai pas que le XVIe soit un quartier déshérité, mais si l'on y voit une population d'environ 150000 habitants, dont environ 20 % votent à gauche, on ne sera pas loin de considérer que les 6000 gamins du secondaire public sont ceux dont les parents votent pour Delanoë, et qui n'ont pas de solution de rechange à la disparition d'un équipement de quartier comme Jean Bouin. Et d'ailleurs, les prof d'EPS (j'ai cru d'abord qu'ils étaient prof de PS et je ne comprenais pas) étaient là, ce soir, fous de rage, véhéments : personne ne les a consultés, ni eux ni les chefs d'établissements. "Nous travaillons avec le rectorat, seul compétent, puisque c'est lui qui attribue les créneaux horaires dans les stades", plaidait Hidalgo. "C'est faux ! hurlaient les prof d'EPS, personne n'est consulté ! Il n'y a rien au rectorat !" [...]

6000 gamins qu'on va promener en autocar, pendant au moins 3 ans, dans des stades du XVe (l'arrondissement qu'Hidalgo n'a pas gagné en refusant de s'allier avec le MoDem) ou peut-être du XVIIe. À raison de 35 jeunes par autocar, ça fait environ 170 rotations par semaine, 170 allers et 170 retours, dans les embouteillages, dans la pollution, et produisant de la pollution. Une réussite. Et si le champ de courses traîne, ce sera pour des années, des années, des années... des années... des années... 170 allers, 170 retours par semaine, 700 par mois. [...]

Donc, en résumé, on a un stade un peu vétuste qui mériterait un toilettage (pour pas cher), on a un président de club sportif qui veut faire dépenser au moins 150 millions d'Euros (d'aucuns disent 200 millions) à la Ville de Paris pour un stade où son équipe jouera ... huit ou dix fois par an ... Hein ? 200 millions d'Euros, les scolaires à la rue, pour un stade où on va jouer huit ou dix fois par an ????? Pincez-moi. On a une municipalité de gauche, à Paris ?

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