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mercredi, 22 juillet 2009

Art moderne

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Et là, vous découvrez que la valeur d'une oeuvre est surtout fonction de la surenchère langagière pratiquée par son auteur, de l'intensité substantive, adverbiale et superlative de la logorrhée exsudant du jargon développé autour du moindre gribouillage, afin de vous faire prendre des vessies pour des lanternes.

"un dépassement pictural à observer dans une démarche post-moderne décontemplative, une recherche de puissance suggestive par la domination du rouge sang qui submerge l'oeil du spectateur"

 

Sans adhérer à la totalité du discours, j'ai tout de même bien ri à la lecture du billet d'Objectif Liberté. Si je ne rejette pas en bloc l'art moderne, je me permets tout de même, en dépit de mon amateurisme, d'exprimer mon scepticisme devant l'intérêt ou même plus simplement la qualité artistique de certaines oeuvres...

Il se trouve qu'Objectif Liberté évoque l'action culturelle de la ville de Nantes. Je tiens tout de même à rendre justice à la ville (dans laquelle je me suis rendu récemment) : ses initiatives ne se limitent pas au vilain carré orangé que l'on voit sur l'écran. Il y a aussi l'entretien du Château des Ducs de Bretagne, l'aménagement des rives de la Loire, des festivals variés, et plus généralement, à ce qu'il m'a semblé beaucoup de bonne volonté au sein des services culturels. Ces derniers associent  le très moderne (qu'a relevé Objectif Liberté) au classique (Festival de grec et de latin) avec une certaine audace, puisqu'à chaque fois, c'est un choix où l'on n'attend pas forcément une ville.

Ensuite, je mets en doute tout de même le chiffre qu'avance Objectif Liberté : 17% du budget pour la culture à Nantes, bien que cela me ravisse, cela m'étonne tout de même. Peut-être y-a-t-il une virgule qui a sauté ?

Enfin, si je tends à partager certaines considérations d'Objectif Culturel sur l'art moderne, je suis franchement en désaccord avec certaines de ses conclusions sur les subventions à la culture. Par exemple, ceci :

Le cas échéant, le rayonnement culturel d'une ville doit il être le fait de fonctionnaires qui jouent aux découvreurs d'artistes avec notre argent, ou celui de riches mécènes qui tels les Médicis ou les Grassi, ou les Guggenheim et Pinault, tentent de passer à la postérité en convertissant leur fortune en lieux d'induction de plaisir artistique ? Qui aura plus fait pour le rayonnement culturel : les Médicis à Florence, les riches commerçants de Venise, ou un obscur conservateur de FROC à Nantes  ou à Clermont Ferrand ?(NDLR : l'auteur à transformé le mot FRAC en FROC, A pour Art, O pour Onanisme...).

Je crois qu'il n'y a pas de contradictions entre les fondations privées et le travail de fonctionnaires, et je pense également que le goût artistique d'un fonctionnaire peut s'avérer aussi sûr que celui d'un grand capitaine d'industrie. Ce qui serait néfaste, ce serait que l'art ne dépende que de l'un ou que de l'autre. Je me retrouve finalement dans l'analyse de François Bayrou pendant l'élection présidentielle, qui demeure à ma connaissance, la position officielle du MoDem :

Tout cela pose bien entendu la question des financements de la culture aujourd’hui en crise, et de l’organisation des territoires, aujourd’hui en panne. L’attention des médias s’est récemment portée sur le patrimoine et sur le recul de la francophonie dans le monde. Nous connaissons l’état de nos finances publiques, mais la culture est un investissement pour l’avenir afin de garantir les crédits nécessaires au rayonnement culturel de notre pays. Son budget, qui atteint péniblement les 1% de celui de l’État, doit faire l’objet d’une programmation pluriannuelle. Il faut aussi trouver les moyens de renouveler les financements de la culture dans un équilibre subtil entre la liberté de création et la pluralité des financements, publics et privés, et continuer à encourager le mécénat.

Je concluerai enfin sur cette sentence, par laquelle Bayrou ouvrait le colloque de l'UDF le 17 février 2002 et qui figure aussi dans son livre Projet d'Espoir :

La culture n'est pas un luxe qui vient après le nécessaire. Elle constitue le soubassement de nos prises de conscience, de nos comportements et des événements historiques.

Commentaires

Entièrement d'accord avec vous. " Des vessies pour des lanternes": joliment dit.

Écrit par : Neriel | mercredi, 22 juillet 2009

De l'art content pour rien comme dirait l'autre :-)

Écrit par : vincent15 | mercredi, 22 juillet 2009

Souvenirs d'une visite au musée d'art moderne à Nimes. Et souvenir du frisson à la lecture du prix de l'oeuvre "cric sur un frigo" acheté par la ville de Nîmes.

Certains trouvent ça beau. Moi non, je ne comprends pas, trop con. Et je ne comprends pas non plus qu'on subventionne ce qui s'apparente pour moi à une moquerie insupportable.

Après oui, il faut soutenir l'art. Mais qu'est ce que l'art ? Si c'est un vieux matelas qu'on vend un prix d'or pour exposer au Carré d'Art à Nîmes, ben je préfère encore que la collectivité investisse dans des routes et des écoles...

Bonne journée

Écrit par : Falconhill | mercredi, 22 juillet 2009

Ça s'appelle du lobbying (artistique)

Écrit par : Claudio Pirrone | mercredi, 22 juillet 2009

Merci pour votre intérêt.

en ce qui concerne les 17%, le chiffre est issu d'un PDF diffusé par la mairie de Nantes et que je mets en lien dans l'article original.

http://web.archive.org/web/20071013180931/www.nantes.fr/fileadmin/telechargements/Mairie/rapport_annuel/memo.pdf

vous constaterez que la mairie dépense, pour 100 euros, 17 euros pour la culture, contre 4.50 euros au chapitre "social et personnes âgées".

Quand à l'intervention des pouvoirs publics dans la culture, vaste débat, qui dépasse le cadre d'un simple commentaire.

Pour ce qui est de la politique culturelle de la ville de Nantes, on pourrait également citer bon nombre d'escroqueries intellectuelles, comme la manifestation "estuaire 2009", déjà organisée en 2007, qui a fait les choux gras de la presse locale, notamment un canard flottant géant semblable en tout point à celui que ma fille a dans son bain, mais en plus grand, et qui s'est dégonflé puis a coulé dans la loire, ainsi qu'une "maison oeuvre" flottante qui a connu le même sort...

D'une façon générale, pour être artiste à Nantes, mieux vaut être TRES bien en cour auprès de son adjoint à la culture. Comment les pouvoirs publics peuvent ils intervenir dans la culture sans tomber dans le népotisme culturel ?

Écrit par : vincent | mercredi, 22 juillet 2009

Et encore, tu as presque de la chance, "l'oeuvre" que tu nous présentes là n'est pas uniformément peinte en rouge, il y a quelques dégradés. Je ne sais si c'est fait exprès où si son auteur aurait été simplement un mauvais peintre en bâtiment.
Il y a maintenant au moins 10 ans, à la FIAC, j'avais été consterné: entre 3 tableaux similaires peints uniformément pour le coup en gris, un assemblage de boite de lait vide (à reconstituer chez l'acheteur je pense) et un paquet de cigarette vide collé à un mur...

Écrit par : JF le démocrate | mercredi, 22 juillet 2009

@ Vincent

Oui, pour le risque de népotisme culturel, c'est ce que faisait aussi observer Bayrou. Mais il est difficile pour une institution culturelle de survivre toute seule.

Écrit par : L'hérétique | mercredi, 22 juillet 2009

Le pire que j'aie vu est une machine (transparente) à fabriquer des excréments, exposée dans un musée d'art moderne. Appelée très justement "Cloaca", cette oeuvre de l'"artiste" belge Wim Delvoye recevait son lot de nourriture d'un côté...pour produire à la sortie..de la m...rde. Et les bobos présents de s'extasier...
Ceci n'est pas une plaisanterie, il suffit de googler Cloaca et Wim Delvoye pour s'en rendre compte.

Écrit par : Rose Noire | mercredi, 22 juillet 2009

@ Rose Noire

Bon, c'est de mauvais goût, mais au moins, c'est marrant, tandis que le carré orange...

Écrit par : L'hérétique | mercredi, 22 juillet 2009

Ca me fait penser à cette oeuvre connue : "Artist's shit", un assemblage de boites de conserve contenant de la merde... (il a réédité la chose avec différents logos aparemment... ça se vendait bien)
Enfin comme l'urinoir de machin-chose etc., ce genre d'oeuvres conceptuelles sous-tend une réflexion sur la signification de l'art et blablabla... Bien loin effectivement du carré orange...

Écrit par : Pas convaincu | mercredi, 22 juillet 2009

Oui, c'est peut être marrant, mais c'est également sponsorisé par de l'argent public. Et là, ça me fait franchement moins rigoler. Oserais-je même dire que...ça me fait chi.r?
Trève de plaisanterie, un carré orange, ou rouge, ou bleu qualifié d'art, j'ai un peu de mal à digérer. Autant j'apprécie un Mondrian ou un Kandinsky, autant le carré orange de ce bilklet, j'en fais autant si on me donne un pinceau. Fichtre, je suis sûre que ma fille en fait autant! :-)

Écrit par : Rose Noire | mercredi, 22 juillet 2009

Cette superbe oeuvre d'art me fait penser à celle d'Aliboron... un âne devenu célèbre parce qu'il avait aidé à en exploiter d'autres (des ânes aux bonnets de nuit !).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Boronali

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 22 juillet 2009

"La culture n'est pas un luxe qui vient après le nécessaire. Elle constitue le soubassement de nos prises de conscience, de nos comportements et des événements historiques."
C'est vrai, mais cette culture-là devrait être transmise d'abord à l'école, elle l'a d'ailleurs longtemps été, elle ne l'est pratiquement plus. En revanche l'Education nationale rémunère comme intervenants des associations agréées qui vivent de ces contrats ou de ceux passés avec les communes, les conseils généraux ou régionaux. Il faut pour être subventionné connaître les filons, et non être artiste.
Je pense que les fonds publics doivent en effet contribuer à sauvegarder le patrimoine culturel. Mais au nom de quoi intervenir dans la création pour favoriser et donc stigmatiser par ricochet l'un ou l'autre ?

Écrit par : Christine | mercredi, 22 juillet 2009

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