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lundi, 20 juillet 2009

Internet électrique, c'est possible ?

Lepage.jpgJe poursuis ma lecture du livre de Corinne Lepage, Vivre autrement, un ouvrage passionnant, et j'en suis arrivé au chapitre II, une société de transition. Elle imagine pour l'électricité un modèle de développement que je trouve très intéressant. L'essor des énergies renouvelables donne la possibilité à de nombreux foyers de produire eux-mêmes leur énergie, énergie qui peut être convertie en électricité. Elle imagine donc que se constitue une sorte d'Internet de l'électricité par lequel les citoyens pourraient mutualiser leur production, la rediriger, l'échanger et/ou la revendre. Simplement, elle observe que cela va complètement à l'encontre de notre modèle de centralisation, particulièrement prégnant en France, mais plus généralement à la base de notre développement économique.

Bien évidemment, les Régions pourraient ouvrir la voie dans ce domaine. D'après Corine Lepage, cela commence à se faire en Champagne-Ardennes. Je relevais ce matin l'extrait d'une note de Quindi qui faisait de l'énergie, de sa production et de sa distribution, un des axes majeurs du développement des Régions et donc des élections régionales.

Nous pourrions bâtir avec le MoDem, un programme très ambitieux en ce sens. Évidemment, nous risquons ainsi de heurter frontalement les intérêts d'EDF, particulièrement pour ses projets nucléaires.

C'est une vraie mine d'or, ce livre. Pour l'instant, je le lis, mais je ne vais pas manquer d'en faire une ou même plusieurs synthèses. Il y avait des propositions intéressantes dans le programme de Bayrou lors des présidentielles, mais le projet de Corinne Lepage est bien plus ambitieux et complet. J'espère que sa réflexion va venir enrichir le programme du MoDem, et je vais la prendre en compte pour la rédaction de l'article Énergie.

Commentaires

Justement, florent viens de parler d'un petit boitier qui permet d'optimiser sa consommation énergétique en fonction de la disponibilité.
(là : http://ataraxosphere.canalblog.com/archives/2009/07/20/14462388.html)

C'est une première étape vers ce réseau, qui permettrait à l'état de se débarrasser une bonne fois pour toute d'EDF en tant que grand producteur, le rôle de l'état ne serait plus que de distribuer l'électricité entre les consommateurs en fonction de la disponibilité, et de gérer les dispositifs de stockage/redistribution (barrages etc.).

Nous avons la capacité technique de la faire, reste plus qu'à créer les infrastructures.

Bref, la mise en place d'un tel réseau aurait pu faire un axe majeur du plan de relance, en favorisant la mise en place des petites structures, ce qui aurait profité à un grand nombre d'artisans, et aurait permis des économies aux classes moyennes.

Encore un rendez-vous manqué.

Écrit par : vincent15 | lundi, 20 juillet 2009

Je trouve que le système actuel n'est pas complètement mauvais. L'électricité produite par les foyers est totalement rachetée par EDF, à un tarif supérieur au tarif d'achat. Ensuite, vous consommez normalement de l'électricité, et payez normalement votre facture.
Il y a donc deux factures séparées : l'achat par EDF de votre électricité produite, et votre consommation.

Je n'ai pas (encore) lu le livre de Corinne Lepage, mais j'avoue avoir du mal à imaginer un système de marché de l'électricité auto-géré par les citoyens. Avoir un client unique est efficace, non ?

Écrit par : Olibé | lundi, 20 juillet 2009

@ Vincent

Oui, mais EDF a gagné un procès pour les contraindre à leur reverser 70% de leurs bénéfices. :-(

@ Olibé
Oui, mais si on va vers une privatisation d'EDF on risque d'avoir des blocages contre les énergies renouvelables.

Écrit par : L'hérétique | lundi, 20 juillet 2009

@l'hérétique : certes, mais ce n'est que la première étape, ils ont perdu un procès, mais pas la guerre :), et ce coup de pub peux leur rapporter gros dans l'avenir.

@Olibé : le marché ne sera pas autogéré, internet ne l'est pas, et si cela fonctionne sur le même modèle, on aura des réseaux de fournisseurs d'accès à l'électricité, qui mutualiseront les moyens fournis par leurs abonnés et leurs moyens propres pour fournir un service continu.

Écrit par : vincent15 | lundi, 20 juillet 2009

Même démarche en ce moment mais en pointillés entre les autres lectures !
As-tu déjà fait une synthèse de la première partie ? Car il faut reconnaître malgré tout que certaines formulations nécessitent une très grande concentration pour la compréhension totale. (Il ne faut pas oublier que Corinne est... avocate !) Mon voeu serait de simplifier ses phrases, trouver des mots plus courants pour certains pour les rendre accessibles à plus de personnes. La difficulté est de rester entièrement fidèle à l'idée émise. ;-)
Merci à Vincent de son info, je vais vite lire Florent.

Car je viens aussi d'aller lire un billet de Chantal Portuèse ayant reçu une réponse sur son blog de... Corinne Lepage elle-même (vraiment sympa hein ?!) où celle-ci renvoie à un article de sa plume (c'est dans les commentaires aussi que l'on apprend que CL était "Catherine de Médicis" ?!) du 18 juillet dernier sur Marianne 2 : "la mue du politique". Ma réflexion est la même que celle de Danièle Douet et que j'ai aussi formulé plusieurs fois : il faut parvenir à "traduire" certains textes "hautement inspirés". Ce devrait être notre principal travail pour les prochaines campagnes il me semble. :-)
Et toi l'Hérétique, cela tu sembles savoir le faire non ?!

Écrit par : Françoise Boulanger | lundi, 20 juillet 2009

@ Françoise

Oui, ça, je sais faire.
En gros sa pensée tourne autour de deux pierres angulaires
a) il faut d'abord une révolution mentale pour nous habituer à penser avec d'autres schémas mentaux. Non qu'il ne s'agisse plus de faire du profit, mais plutôt qu'il s'agisse de bien considérer ce qu'est réellement le capital.
Le capital, c'est aussi notre terre et ses ressources et puis aussi le bien-être social. Donc, tu ne peux affirmer avoir fait des profits si tu entames ce capital-là alors qu'il devrait être productif aussi.
Pour comprendre Lepage, il faut intégrer ce raisonnement. Après, tout est facile, parce que cela en découle.
b) L'autre pierre angulaire, c'est l'économie circulaire. En gros, le recyclage : il ne faut plus détruire pour produire, mais il faut se débrouiller pour renouveler ou réutiliser la matériau. Rien ne t'"empêche de continuer à développer de nouveaux produits, mais le fond ne doit plus changer. Seule la forme doit varier. En gros, produis tout ce que tu veux, mais débrouille-toi pour que ce soit avec le même morceau de métal, ou, plus largement, avec les mêmes composants.

C'est très synthétique, mais c'est l'esprit du premier chapitre.

Écrit par : L'hérétique | lundi, 20 juillet 2009

Bravissimo ! :-)

Écrit par : Françoise Boulanger | lundi, 20 juillet 2009

Si je comprends c'est un SEL électrique ?
Ou un système de partage comme les logiciels type SETIE ?

Écrit par : KaG | lundi, 20 juillet 2009

Je suis responsable de la commission énergie au Modem et à CAP 21 et nous réfléchissons bien entendu sur les thèmes liés à la maîtrise de l'énergie, aux énergies renouvelables, à la mise en réseau de ces énergies.

Les compteurs intelligents permettant, à terme de piloter les installations commencent à sortir dans le commerce.

L'intérêt pour un fournisseur d'énergie est de pouvoir réguler production/consommation et de pouvoir, à terme, prédire ce qui empêchera de produire pour rien car le problème de l'électricité est qu'elle ne se stocke pas (ou d'une seule manière : dans les barrages hydroélectriques).

Les enjeux sont le développement des réseaux intelligents (smart grill) qui permettent cette régulation, une meilleure exploitation des milliers de sources d'énergies renouvelables qui se développent en ce moment et d'éviter de mettre en route des générateurs polluants et fonctionnant au pétrole.

L'utilisation de sa propre électricité est un bon compromis si on n'a besoin que de quelques kWH mais ne devient pour l'instant pas pertinente pour des problèmes de coûts (le coût du kWh solaire photovoltaïque est actuellement trop important et nous pensons qu'il ne sera possible de le rendre économiquement viable que dans 5 ans.

Pour l'instant, la solution est malheureusement de renvoyer l'électricité vers le réseau (avec une perte de 8% !).

La commission rédigera dans les prochaines semaines un projet "Energie" pour les régionales que je ne manquerais pas de vous communiquer.

A bientôt.

dominique

Écrit par : dominique lemoine | lundi, 20 juillet 2009

C'est un bouquin très intéressant. La 2ème partie est un inventaire très complet de solutions innovantes, parfois expérimentales, pour des modes de consommation plus sobres -- même si certains sont assez discutables, je pense aux véhicules à hydrogène par ex.

Dans la 1èere partie, intéressante aussi, j'avais été un peu ennuyé par le manque de propositions concrètes pour faire avancer les choses : ok pour constater que nos modes de comptabilités sont dépassés, mais comment faire pour les réformer ? Politiquement, la question est bien là !

Écrit par : pierre | lundi, 20 juillet 2009

@ dominique :

A propos de smart-grid et de réseau électrique intelligent, CAP 21 ou la Commission énergie du MoDem ne pourraient-elles par réagir à l'affaire Voltalis ?

http://exigencedemocratique.blogspot.com/2009/07/affaire-voltalis-quand-edf-soppose-aux.html

Écrit par : pierre | lundi, 20 juillet 2009

Tout à fait d'accord avec dominique, de plus il conviendrait d'intégrer aussi la notion d'espérence de vie des panneaux photovoltaiques.
@l' hérétique,
C'est assez amusant, je viens de terminer sa lecture à l'instant.

Écrit par : Martine | lundi, 20 juillet 2009

@ martine : (cellules photovoltaïques)
... et leur bilan carbone dans l'AVC :)

Écrit par : pierre | lundi, 20 juillet 2009

ACV = analyse du cycle de vie. La production de silice est dévoreuse de carbone.

Écrit par : pierre | lundi, 20 juillet 2009

Pour Voltalis, je suis en train de regarder de plus près cette affaire car, faisant partie du comité scientifique d'un pôle de compétitivité dans le domaine de l'énergie, j'ai pu constater que plusieurs projets concernant un produit destiné à réduire sa consommation électrique sont en cours de développement.

Ces produits vont bientôt connaître une grande diffusion. Il est certain que je vais répondre par un communiqué de presse CAP21 et MoDem dès que mes informations seront validées et solides.

Concernant le solaire. Celui-ci connaît une explosion mais il ne faut pas le réduire au photovoltaïque.

Un système photovoltaïque a un rendement de l'ordre de 18% à 20% et les travaux concernent l'amélioration du rendement et le développement de silicium solaire.

La durée de vie des panneaux sont de l'ordre de vingt ans.

Il faut également regarder les programmes de solaire à concentration. Un programme allemand prévoit d'installer des usines dans les déserts (Algérie, Maroc) et de transporter l'électricité vers l'Europe.

Si on utilise des lignes courant continu très haute tension, les pertes en ligne sont de l'ordre de 3% aux 1000 km et les coûts sont économiquement viables. Il y a cependant quelques problèmes éthiques à régler avant .

Cette discussion me donne envie de faire un article sur ce sujet.

Écrit par : dominique lemoine | lundi, 20 juillet 2009

Le projet Allemand est intéressant, mais pour les pays concernés, enfin telle serait une logique raisonnable, à mon humble avis.
J'aime le pluralisme et la diversité. :)
Je dois avouer que les multiples références à Al Gore...??!!!

Écrit par : Martine | lundi, 20 juillet 2009

Ai fait un billet sur l'île de la tentation solaire, hier. Solaire thermique. Un proto (suisse) est en cours de construction, à Dubay :
http://exigencedemocratique.blogspot.com/2009/07/lile-de-la-tentation-solaire.html

Concernant les infrastructures de transport, c'est tout le problème posé par la production fortement décentralisée dont de très faibles puissances : elles doivent être consommées à proximité, sinon, trop de perte en ligne.

Ou bien la stocker sous forme d'hydrogène ... un projet combiné éolienne / hydrogène / biogaz a été inauguré au nord de Berlin, il y a quelques jours.

Écrit par : pierre | lundi, 20 juillet 2009

@Pierre,
Savoir s'adapter au terroir... :)
Pfff, Dubai est défigurée :((

Écrit par : Martine | lundi, 20 juillet 2009

@L'hérétique
La privatisation ne changera rien au moins jusqu'en 2020. Les prix sont déjà fixés jusqu'à cette date, et ils se sont engagés à racheter tout l'électricité des panneaux solaires et éoliennes jusqu'à cette année-là.

@Vincent15
Je ne connais pas très bien le marché de l'électricité, mais c'est pas déjà ce qui arrive avec la création de l'ERDF et des autres entreprises (direct électricité, etc.) ?

@Dominique Lemoine
Très intéressant, le premier commentaire. Je ne connais pas bien les problématiques de la décentralisation de la production, et surtout des pertes faites en rebalançant dans le marché. Si l'énergie était consommée sur place, ça ne serait pas compliqué de basculer sur le réseau EDF en cas de pénurie ?

Écrit par : Olibé | mardi, 21 juillet 2009

Ces entreprises rachètent l'énergie en gros et la revendent au détail. Ce qu'il nous faut ce sont des entreprises qui achètent au détail et vendent au détail, mais ça pourrait être celles là.

Écrit par : vincent15 | mardi, 21 juillet 2009

Pour l'internet électrique, je crois que des expériences concluantes avaient été faites à la fin des années 90. Je me souviens d'une expérimentation sur une ville italienne mais ce n'était pas le seul cas.

Écrit par : Claudio Pirrone | mardi, 21 juillet 2009

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