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  • Je conchie la Marseillaise !

    Ça faisait longtemps que j'avais envie de l'écrire. En fait, plus encore que Némo, vous l'aurez deviné, les sentiments que j'éprouve pour cette chanson révolutionnaire, sont peu amènes. Je dirais même que mes réflexions sur le sujet sont assez proches de celles de Roman. Il y a toute une mythologie autour du drapeau et de la Révolution qui ont le don de m'exaspérer. En réalité, il y a une date importante, pendant la Révolution, c'est la nuit du 04 août. C'est là que l'Ancien Régime décide, sous la pression conjuguée des idées qui circulaient depuis le début du siècle et du peuple, d'abolir une large part de ses privilèges.

    Le second point important, c'est la réforme du Droit. Le droit révolutionnaire a véritablement ouvert une nouvelle ère. Seule chose valable de la Révolution que Napoléon s'est empressé d'anhiler.

    Le reste à acouché de monstres, de crimes, de meurtres et d'infâmies. D'ailleurs, sans famine, sans crise économique (la Révolution a connu aussi ses titres faiansés avec les assignats de Law), il n'y aurait pas eu d'émeutes et donc pas de révolution. Le régime se serait doucement mais sûrement libéralisé et la France aurait évité bien des misères.

    D'ailleurs, partout où l'on a brandi par la suite la Révolution pour inspirer une révolte, cela a servi à établir des dictatures ou des semi-dictatures.

    Pour revenir à la Marseillaise, je n'ai aucune sympathie pour un hymne qui veut abreuver de sang la terre. C'était un bon chant de guerre en un temps où la France était menacée par des puissances étrangères, mais c'est un mauvais hymne national.

    Là s'arrête mon inimitié. J'aime mon pays, j'aime mon drapeau, et j'aime ma culture et ma langue. Je serais prêt (volontiers) à laisser tomber mon drapeau pour le bleu étoilé de l'Europe, mais jamais je ne renoncerai à ma culture et à ma langue.

  • Le Musée en Herbe victime de Delanoë

    Ce qui devait arriver arriva...Delanoë a décidé de supprimer brutalement 150 000 euros de subvention au Musée en Herbe à Paris. J'avais déjà évoqué les décisions étranges de Christophe Girard, adjoint à la culture du Maire de Paris et conseiller en communication du groupe LVMH, envers ce sympathique petit établissement culturel.

    En 2007, Delanoë a demandé au Musée en Herbe de dégager du Jardin d'Acclimatation. On sait très bien aujourd'hui, que cela a été une bonne aubaine puisque le Jardin d'Acclimatation a été amputé de plus de 11 000 m2 afin de permettre l'édification d'une fondation par la maison Vuitton (LVMH). On fait prétendûment place à la culture et dans le même temps, on vire un musée. Il était gênant, le Musée en Herbe : c'était le dernier concessionnaire à ne pas vouloir partir. Partout ailleurs, les consessions avaient été rachetées par LVMH.

    Le Musée s'est donc réinstallé sans aucune aide dans le 1er arrondissement dans un local bien plus petit. Je rappelle les objectifs de cette association (c'en est une).

    Depuis 1975, le Musée en Herbe présente des parcours-jeux sur l’art, spécialement conçus pour les enfants. Plus de deux millions d’enfants sont déjà venus visiter les expositions. Sa pédagogie originale basée sur le jeu et l'humour développe la sensibilité et la curiosité des enfants. Des jeux d'observation, d'imagination, d'identification leur permettent de découvrir les oeuvres d'art et les objets exposés favorisant ainsi la visite autonome des expositions. Le Musée en Herbe est géré par une association loi 1901, d’intérêt général. Subventionné par la Ville de Paris, l'Etat et la Région, il s'associe à des entreprises pour des actions ponctuelles.

    Parallèlement aux expositions, le Musée en Herbe fait également profiter les enfants de son savoir-faire grâce aux ateliers d’art plastique. Encadrés par un plasticien, les artistes en herbe explorent une oeuvre d’art et utilisent différents matériaux et techniques.

    J'avais assisté avec mes enfants à l'exposition interactive sur le peintre Bruegel et avait été très impressionné par la qualité de l'animation. Plus d'un an après, mes enfants s'en souviennent encore. Ils ont d'ailleurs précisieusement conservé le diamant d'Anvers offert à chaque enfant à l'issue du parcours.

    Le Musée en Herbe est menacé de disparition pure et simple. Il existe une pétition. J'invite mes lecteurs, particulièrement parisiens (et je sais que c'est plus de 20% de les lecteurs grâce à mon compteur de statistiques) à signer massivement cette pétition et à alerter leurs élus. J'aimerais par exemple interpeler Anne Hidalgo à ce sujet, mais aussi les autres composantes de la majorité de Bertrand Delanoë. Est-ce que les Verts se retrouvent dans cette décision ? J'aimerais avoir leur réaction.

    Le Musée en herbe est le seul musée pour enfant à Paris !

    J'ai signé la pétition.

  • Droit et liberté

    Je vais être synthétique au possible faute de temps. Claudio s'est récemment interrogé sur la nature de la liberté, se demandant s'il fallait ne la définir que par une simple absence d'interdits. Il répond par la négative en évoquant des discriminations et des dysfonctionnements assez caractéristiques de notre pays.

    Je ne suis pas sûr de le rejoindre. L'absence d'interdits est surtout une absence de limites. Ce qu'il me semble devoir dire, c'est que l'illimitation et la liberté ne sont pas synonymes.

    L'un des premiers à saisir le danger que représente philosophiquement l'argumentation de l'illimitation, c'est Platon dans le Philèbe. La mesure s'oppose à la démesure comme le limité s'oppose à l'illimité. Se définir selon une mesure, c'est échapper au cours insensé des plaisirs sans limites. C'est à l'aune de la mesure, et non de la démesure que s'accomplit la liberté.

    J'observe au demeurant que la même confrontation d'idées opposent relativisme et vérité. Nous n'en avons décidément pas fini avec le multiple et l'un chers à Platon...

    Mais pour revenir sur les exemples que donne Claudio, je ne suis pas certain de le suivre. Il n'y a là à mon avis pas grand chose à voir avec la liberté. Nous sommes plutôt dans le domaine de la justice et du droit. Et de toutes façons, rien n'interdit de transmettre une profession de manière héréditaire. En ce qui concerne le jeune homme venu des cités, j'aimerais avoir connaissance de TOUS les paramètres. Quel est son niveau de langage, a-t-il l'accent des cités, quelle est sa tenue vestimentaire, par exemple. Le fait est qu'il ne dispose pas de tous les codes qu'a inculqué naturellement ou presque l'ingénieur à son fils. Mais ça, c'est un problème d'éducation, pas un problème de liberté. Si vraiment on veut essayer de combler ce fossé, on peut essayer d'enseigner ces codes à l'école ou ailleurs, sachant que l'école ne pourra jamais remplacer complètement la famille.