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  • Thésée aimait-il la corrida ?

    taureaucrete.jpgLa Corrida, avec la réouverture de la saison tauromachique va faire à nouveau débat. Quand je considère les toreadors, je pense souvent à Thésée et à ce qui se pratiquait historiquement en Crète. Si Thésée mit à mort le Minotaure, mais parce que ce dernier était un monstre qui était prêt à dévorer les jeunes Athéniens et Athéniennes, les fresques retrouvées à Cnossos ont permis d'établir que les Crétois se livraient à des jeux  périlleux dans les arènes, sans pour autant que l'on puisse parler de tauromachie : en effet, les fresques montrent que le but n'était pas de tuer les taureaux mais de les éviter. Une sorte d'inter-ville, en somme, en un peu plus risqué tout de même, la 1/2 tonne de muscles d'un taureau étant sensiblement plus impressionnante que les 100 kilogrammes des sympathiques vachettes du jeu télévisé.

    Moi, je ne comprends pas : les partisans de la corrida disent que ce sont les émotions fortes qui les attirent dans ces spectacles-là. Eh bien, soit, mais quel besoin de piquer à mort ces pauvres taureaux. Pourquoi les pouvoirs publics ne prennent-ils pas une bonne fois pour toutes le taureau par les cornes, c'est le cas de le dire, non en supprimant  les corridas mais simplement en interdisant de mettre à mort ou de faire souffrir l'animal. Voilà qui règlerait une bonne fois pour toutes la chose et qui permettrait un retour au source de ce qu'était la tauromachie des origines : un jeu ritualisé.

    Comme le dit Cabrel...

    J'ai prié pour que tout s'arrête
    Andalousie, je me souviens

    Je les entends rire comme je râle
    Je les vois danser comme je succombe
    Je pensais pas qu'on puisse autant
    S'amuser autour d'une tombe
    Est-ce que ce monde est sérieux ?
    Est-ce que ce monde est sérieux ?
    Si, si hombre, hombre
    Baila, baila

    Hay que bailar de nuevo
    Y mataremos otros
    Otras vidas, otros toros
    Y mataremos otros
    Venga, venga a bailar...
    Y mataremos otros...

    Pas mieux pour ce qui me concerne...

  • Charpentiers du futur mais pas esthètes !

    090403120320.jpgUne prouesse française dans le domaine de l'économie verte, ça se faisait rare, eh bien voilà une, et de taille ! Ça se passe à Dijon. Le cabinet d'Architectes Arte charpentier a réalisé pour la société d'ingénierie Elithis, une tour unique en son genre : elle produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme. Un exemple à méditer pour Bertrand Delanoë et ses ruineuses tours de grande hauteur. La Tour Elithis rejettera six fois moins de gaz carbonique qu’un immeuble classique. Bâtiment à énergie positive, il produira plus d’énergie qu’il en consommera. Pour une économie annuelle d’un montant non négligeable de 115 000 à 150 000€ par an.

    Si le chauffage, émis par une chaudière fonctionnant aux granulés de bois, ne sera activé que pendant la nuit, la chaleur émise par les occupants et les machines servira à réchauffer l’atmosphère en journée. L’atout majeur de ce type de construction réside aussi dans l’absence de climatisation. A priori, fabriquer du froid nécessite trois fois plus d’énergie que pour du chauffage. Pour atténuer l’effet des rayons du soleil, de 80 % lorsqu’il sera au zénith, la partie la plus exposée du bâtiment a été recouverte d’un bouclier thermique transparent en résille. Et l’effort a été mis sur les panneaux isolants de 12 cm d’épaisseur à base de ouate de cellulose. L’énergie sera produite par les panneaux photovoltaïques placés sur le toit qui permettront de générer 75 000 kWh/an. L’eau de pluie sera récoltée pour ensuite servir dans les sanitaires.

    Un petit bijou qui consommera moins de 20 kwh/m2. Pas mal. Maintenant, l'inconvénient, c'est que je trouve la tour d'une laideur remarquable. C'est un peu le problème des constructions écolo en général. L'esthétique est le dernier de leur souci, et le résultat final donne à tous les coups un aspect de bâtisse de bidonville au produit fini. Le concept technologique me plaît bien, en revanche, et cocorico, la France est la première à produire une construction de ce genre.

    Apparemment, Elithis a organisé un concours d'art mural pour décorer les parties communes intérieures de sa tour (en fait essentiellement les cages d'escalier). Alors déjà, c'est moche à l'extérieur, mais à l'intérieur, quand je vois les réalisations post-modernes, no future ou abstracto-déprimantes des lauréats, c'est du pousse au suicide du haut de la cage d'escalier (ricanements gras de blogueur bien droitier qui n'a rien compris à l'art conceptuel, je sais...) .

    En somme, cette histoire-là, c'est technologiquement génial, esthétiquement cauchemardeux. J'observe, de toutes façons, que les écolos ont souvent des goûts de chiotte, dans le domaine architectural.

    Je ne sais pas moi, la peinture classique regorge d'oeuvres exceptionnelles : pourquoi ne pas payer un bon copiste, plutôt pour égayer ces fameuses cages avec un sympathique patchwork de ce que l'art a pu générer de plus remarquable, au lieu de gaspiller de la peinture Zolpan à déprimer les futurs habitants (ils sont partenaires du concours).

    Enfin, Rebmasen peut être content : avec une réalisation pareille, Dijon va rentrer dans le panthéon de l'écologie. Tiens, faudrait demander au MoDem qui fait partie de la majorité municipale là-bas ce qu'ils en pensent...