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mercredi, 25 mars 2009

Comment les pédagogistes ont flingué la pédagogie...

Dans le domaine de l'éducation, j'ai une rancune, et j'ai souvent l'occasion de l'exprimer ici. Je parle souvent des pédagogolâtres et leurs expériences tordues comme l'une des causes de l'affaiblissement de l'école.

Je devrais être plus précis, car en réalité, je n'en veux absolument pas à la pédagogie et pas davantage aux recherches en pédagogie. Les travaux d'individus peu communs (bien que très différents) comme Freinet ou Maria Montessori m'intéressent. Je pense même qu'ils ont fait des découvertes très importantes. Ce contre quoi je m'érige, c'est contre la prétention idéologique à faire un modèle pédagogique unique. Si les freinétistes frénétiques m'exaspèrent, c'est en raison de leur idéologisme (pardon pour le néologisme), non en raison des thèses qu'ils défendent. En fait, je rêve d'une école à pédagogies multiples capable d'adapter non pas une pédagogie mais des pédagogies aux personnalités diverses des enfants. Voilà ce dont je rêve, et voilà pourquoi, in fine, je renvoie dos-à-dos Républicains et Pédagogistes. Les premiers ne rêvent que d'autorité du maître et de transmission, les seconds que "d'apprenants" et de "compétences".

J'aime beaucoup Maria Montessori et la méthode Montessori pour l'humanisme professé. En même temps, je ne voudrais pas que cela soit le modèle dominant de l'Éducation Nationale, mais je m'étonne tout de même de ce que pas une école publique n'ait adopté cette méthode autrement qu'à doses homéopathiques. Résultats, les écoles Montessori sont toutes hors contrat, parce qu'elles bâtissent des progressions très différentes des écoles publiques habituelles, et donc très chères. Parce que l'Éducation Nationale n'aime pas la diversité, elle est infoutue de sortir des sentiers battues pour tenter une expérience originale et, pour les résultats qui s'en dégagent dans le privé, globalement salutaire.

Peut-être est-ce le fait que la méthode soit issue d'une sensibilité catholique relativement traditionnelle qui gêne certains de nos beaux esprits "laïcs" et autres catho de gauche reconvertis à l'idéologie laïcarde...

Peut-être est-ce aussi que ces méthodes concurrencent les méthodes préférées de nos pédagogistes patentés...une concurrence de plus à laquelle il convient de ne pas faire de place. Il me semble pourtant qu'aucune autre pédagogie que la pédagogie Montessori n'a à ce point tâché de placer l'être humain, l'enfant, au coeur même de l'éducation, en faisant de ce dernier son acteur principal. Je me suis promis d'acheter et de lire le Pouvoir absorbant. Dès que cela sera fait, j'en ferai un compte-rendu sur ce blog. Ou plutôt, j'écrirai des billets au fil de ma lecture.

J'ajoute qu'il ne faut pas succomber au leurre de la participation des "Montessori" au mouvement "Éducation Nouvelle" et notamment de leur implication dans les méthodes actives. Les pré-supposés idéologiques et/ou philosophiques sont très différents d'une mouvance à l'autre. J'y reviendrai dans un autre billet dans quelques temps.

Commentaires

:) Je me souviens d'une enseignante de classe de cp qui utilisait trois techniques différentes et associées. La quasi majorité des enfants passés entre ses mains ne connaissent ni problème de lecture, ni problème d'orhographe...Les accents: langue des signes, par exemple.
Montessori intéressant pour les notions de Mathématiques mais les arts plastiques aussi.

Écrit par : Martine | mercredi, 25 mars 2009

@ Martine
C'est idéal, mais cela suppose un nombre d'élèves limité.
Oui, pour les Mathématiques, Montessori est inhabituel.

Écrit par : L'Hérétique | mercredi, 25 mars 2009

Il y a une solution politique à ce problème: le démantèlement de l'Éducation nationale et son remplacement par des écoles libres, alimentées financièrement grâce au principe du « chèque-éducation » : l'État aide les familles à payer la scolarité de leurs enfants dans les écoles de leur choix.

Écrit par : Criticus | mercredi, 25 mars 2009

@ Criticus

Je connais cette solution. Elle me paraît très très coûteuse. Ensuite, il faut tout de même une certaine continuité dans l'enseignement. Enfin, je considère l'Éducation comme une fonction régalienne de l'État. Je souhaiterais plutôt que l'État assouplisse ses sacro-saints programmes pour permettre des expérimentations, dès lors qu'elles ont déjà prouvé leur efficacité.

Écrit par : L'Hérétique | mercredi, 25 mars 2009

Pas d'accord, plus de trente élèves dans ses classes.

Écrit par : Martine | mercredi, 25 mars 2009

@ Martine
Je n'ai pas très bien compris l'argument : il faut plus de 30 élèves dans les classes ?!

Écrit par : L'Hérétique | mercredi, 25 mars 2009

@L' hérétique,
Elle a en général des classes dont les effectifs sont de trente élèves, souvent un peu plus.

Écrit par : Martine | mercredi, 25 mars 2009

Un pédagogue anti-pédagogisme que vous devez sûrement connaître: Marc Le Bris qui nous fait partager le bonheur de la transmission des connaissances sans idéologisme ni modes politiques (pardon pour ces néologismes en "isme"). Tout pour le bonheur de l'enfant "qui sait", qui n'a pas à tout redécouvrir, qui bénéficie de ce que l'adulte rassurant sait avant lui, de la façon la plus simple et la plus directe qui soit. Salutaire et vivifiant!
C'est là:
http://marc.le.bris.free.fr/

Écrit par : Marine | mercredi, 25 mars 2009

Super l'article, merci.

Écrit par : Parier en ligne | mercredi, 25 mars 2009

Mon commentaire n'est apparemment pas passé, mais l'essentiel est ici:
http://marc.le.bris.free.fr/
Le témoignage vécu d'un enseignant anti-pédagogiste et un hymne à la transmission humble et directe des savoirs. Salutaire et vivifiant.

Écrit par : Marine | mercredi, 25 mars 2009

@ Marine

Euh, quel commentaire ? Celui où vous citez Marc le Bris est bien passé, et je connais cet instituteur depuis longtemps. J'ai quelques convergences avec lui en effet, mais pas sur tous les points.

Écrit par : L'hérétique | mercredi, 25 mars 2009

bnj l'Héritique,
je souhaite t'envoyer un document ou puis-je le faire?

Écrit par : Tarik | mercredi, 25 mars 2009

Votre article est intéressant. Mais est-ce que ces méthodes ne sont pas applicables plutôt aux plus jeunes ?
Disons que pour les colléges et lycées des améliorations pratiques ne pourraient que faire du bien.
(Peu d'élèves et profs expérimentés pour les classes plus difficiles, et surtout direction très motivée et solidaire, je dirais presque militaire).

En tout cas, si l'école n'est pas l'occasion d'un mélange des milieux, où se fera-t-il ?

Écrit par : Chui Kalm | jeudi, 26 mars 2009

"Améliorations pratiques", j'aime assez.

Écrit par : Martine | jeudi, 26 mars 2009

@ Chui Kalm
Oui, en effet, plutôt aux jeunes enfants.
Pour le lycée et le collège, c'est sûr. Mais déjà si on réussissait à mettre en place un bon démarrage, la suite serait plus prometteuse

Écrit par : L'Hérétique | jeudi, 26 mars 2009

Lycée et Collège aussi, il y a des possibilités.
En fait au niveau pratique, il y a beaucoup à ré-organiser.

Écrit par : Martine | jeudi, 26 mars 2009

Je suis d'acord avec l'idée d'une école aux pedagogies multiples. D'autant plus que je trouve le principe de pédagogie unique profondément inégalitaire et discriminatoire, surtout quand il s'agit de jeunes enfants.

En effet, a l'entré de l'école primaire les différences des savoirs aqcuis et des comportements cognitifs sont encore très sensibles. Elles sont dues pour beaucoup au milieu familial mais pas uniqument. Les enfants d'une même famille ne se construisent pas forcément de la même façon, n'ont pas les mêmes motivations dans leurs apprentissages. Imposer la pédagogie unique c'est pour moi comme tenter a tout prix de cultiver de la même façon toutes les terres sous tous les climats. Si le terrain n'est pas prêt a recevoir votre graine, elle ne poussera pas.

Écrit par : Anya | jeudi, 26 mars 2009

Je suis d'acord avec l'idée d'une école aux pedagogies multiples. D'autant plus que je trouve le principe de pédagogie unique profondément inégalitaire et discriminatoire, surtout quand il s'agit de jeunes enfants.

En effet, a l'entré de l'école primaire les différences des savoirs aqcuis et des comportements cognitifs sont encore très sensibles. Elles sont dues pour beaucoup au milieu familial mais pas uniqument. Les enfants d'une même famille ne se construisent pas forcément de la même façon, n'ont pas les mêmes motivations dans leurs apprentissages. Imposer la pédagogie unique c'est pour moi comme tenter a tout prix de cultiver de la même façon toutes les terres sous tous les climats. Si le terrain n'est pas prêt a recevoir votre graine, elle ne poussera pas.

Écrit par : Anya | jeudi, 26 mars 2009

Je suis d'acord avec l'idée d'une école aux pedagogies multiples. D'autant plus que je trouve le principe de pédagogie unique profondément inégalitaire et discriminatoire, surtout quand il s'agit de jeunes enfants.

En effet, a l'entré de l'école primaire les différences des savoirs aqcuis et des comportements cognitifs sont encore très sensibles. Elles sont dues pour beaucoup au milieu familial mais pas uniqument. Les enfants d'une même famille ne se construisent pas forcément de la même façon, n'ont pas les mêmes motivations dans leurs apprentissages. Imposer la pédagogie unique c'est pour moi comme tenter a tout prix de cultiver de la même façon toutes les terres sous tous les climats. Si le terrain n'est pas prêt a recevoir votre graine, elle ne poussera pas.

Écrit par : Anya | jeudi, 26 mars 2009

Je suis d'acord avec l'idée d'une école aux pedagogies multiples. D'autant plus que je trouve le principe de pédagogie unique profondément inégalitaire et discriminatoire, surtout quand il s'agit de jeunes enfants.

En effet, a l'entré de l'école primaire les différences des savoirs aqcuis et des comportements cognitifs sont encore très sensibles. Elles sont dues pour beaucoup au milieu familial mais pas uniqument. Les enfants d'une même famille ne se construisent pas forcément de la même façon, n'ont pas les mêmes motivations dans leurs apprentissages. Imposer la pédagogie unique c'est pour moi comme tenter a tout prix de cultiver de la même façon toutes les terres sous tous les climats. Si le terrain n'est pas prêt a recevoir votre graine, elle ne poussera pas.

Écrit par : Anya | jeudi, 26 mars 2009

Bonjour Anya

Hélas, ce n'est qu'un voeu pieux. Mais nous sommes absolument d'accord.

Écrit par : L'hérétique | jeudi, 26 mars 2009

Bonjour l'Hérétique!
"J'ai quelques convergences avec lui en effet, mais pas sur tous les points." (Nous parlions de Le Bris)
D'accord :) Et quels sont vos points de non convergence avec lui, si ce n'est pas indiscret? D'un point de vue pédagogique s'entend.

Écrit par : Marine | samedi, 28 mars 2009

@ Marine
Son refus absolu de voir une idéologie s'emparer de l'enseignement. Le problème, c'est que je ne vois pas non plus d'un bon oeil ce refus se transformer en charge frontale contre la recherche pédagogique en général. C'est là où je diverge. Pour moi, la recherche pédagogique est intéressante tant qu'elle ne se prend pas pour une idéologie.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 30 mars 2009

@L'Hérétique :
son analyse de chaque acte pédagogique de l'institutrice face à ses petits élèves relève de la recherche pédagogique, fondée sur l'efficacité de l'apprentissage et sur tous les aspects éducatifs mis en action. On n'est pas dans la théorie ni dans l'idéologie, mais dans l'application de ce dont l'efficacité a été prouvée empiriquement et analysée a posteriori, pour être répétée. On est dans le "savoir" (compilation de toutes les expériences REUSSIES). On ne refait pas le monde à chaque pas, ce que je reproche tellement à la recherche pédagogique centrée sur elle-même et non tournée vers l'apprentissage des enfants.

Écrit par : Marine | vendredi, 03 avril 2009

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Je rebondis sur cette ancienne note.

La pédagogie n'existe pas : à chaque savoir une technique d'apprentissage.

Peut-on débattre sur la pédagogie sans évoquer les programmes lourdingues et arriérés des collèges et lycées ?


Offrons d'abord des "savoirs" intéressants, modernes et UTILES à nos jeunes qui seront peut-être plus motivés, au lieu de leur bourrer le mou avec des programmes à la con, et ce pendant 40 heures par semaine !

40 heures de cours par semaine !!! Et la plupart de ces jeunes ne peuvent écrire 10 mots sans aligner 5 fautes !!!

Comment un élève pourra se concentrer pendant 4 heures de maths le samedi matin ??? Et oui, ça existe, en ce moment même, des plannings complétement stupides et sans queue ni tête !!!

Et la moitié des matières sont à jeter...

Ensuite, offrons une véritable formation aux enseignants, pédagogie adaptée, psychologie de l'enfant et de l'ado, et gestion du stress, et ils seront peut-être plus motivés...

Avant d'enseigner aux enfants, apprenons à enseigner...
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Écrit par : Chriz | lundi, 16 novembre 2009

@ Chriz
Pas d'accord : tu es en train de dire que puisque les élèves sont plus faibles, il faut revoir la qualité des programmes la baisse. C'est le discours des pédagogistes.
C'est quoi un savoir utile ? En réalité, les savoirs scolaires construisent les individus, leur culture, et, en partie leur personnalité. Rien d'inutile là-dedans.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 16 novembre 2009

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