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jeudi, 12 février 2009

Enseignants-chercheurs : ils gagnent si peu ?!!!

Je ne sais pas d'où le Figaro tient ses chiffres, mais ce n'est pas possible : il doit s'être trompé. Si les chiffres sont bons, c'est que la situation pour la recherche en France est encore bien plus misérable que je ne le pensais.

D'après le Figaro, un maître de conférences gagnerait 1700 euros net en début de carrière et finirait à 3100 euros net. Marie-Estelle Pech, la journaliste du Figaro précise dans son article qu'une part non-négligeable des enseignants-chercheurs complètent leur revenu par des activités privées. A considérer leur salaire, je commence à comprendre pourquoi !!!

Ils sont marrants, au Figaro : ils titrent "un quart des enseignants chercheurs ne publient pas". Moi, à la lecture de l'article, j'aurais plutôt écrit : "un maître de conférences en université gagne à peine plus que le SMIG à ses débuts".

Alors non seulement ils sont payés au lance-pierre, mais en plus, Valérie Pécresse veut les soumettre au pouvoir discrétionnaire d'un mandarin dont la carrière ne doit qu'à ses appuis politiques, et, le cas échéant, sa capacité à cirer les bonnes pompes au bon moment.

Car dans son projet, il en s'agit ni plus ni moins  que de concentrer tous les pouvoirs entre les mains du Président de l'Université.

Il y a plus d'un an déjà, en fait en juillet 2007, François Bayrou avait très largement mis en garde les Français (et les Universitaires) contre le danger d'un projet politique qui amenait à une concentration sans précédent des pouvoirs du Président. La concentration des pouvoirs, c'est décidément une manie dans la France de Nicolas Sarkozy...

Comme le dit Florent, ça sent le roussi pour Valérie Pécresse...

 

 

Commentaires

l'article du figaro est en tout point excellant....car il ne fait que dénoncer la vérité!!!!

Écrit par : europium | jeudi, 12 février 2009

Bienvenue dans le merveilleux monde de l'Education nationale ! Ces salaires sont à peu près ceux des agrégés du secondaire (ce sont souvent les mêmes), et les professeurs certifiés sont encore en-dessous.

Il est vrai que c'est encore plus choquant pour les universitaires.

A bientôt,

Écrit par : Mathieu L. | jeudi, 12 février 2009

Bon précisions...
le salaire de MDC débutant est de 1726,49 euro net par mois (indice 453 en 2008) et la grille va jusqu'à l'indice 820; pour cela il fait 192h de TD ou 128 h de cours magistral, c'est à dire jamais, par an (6h par semaine)
le salaire de Professeur commence à l'indice 657 (2415 euros) et fini à l'indice 1163 (4275 euros) .
Pour être MDC il faut une thèse, bac +8 sur le papier, et pour etre Professeur il faut 5 ans de MDC et une Habilitation à Diriger des Recherches.
Après obtention de ces titres, il faut être qualifié à ces fonctions par le Conseil National des Universités (se fait en ce moment de l'année) selon sa section universitaire, cette qualification vaut 4 ans ET candidater aux postes ouverts chaque année dans les Universités sur demande (en novembre de l'année n-1) au Ministère (qui les ouvre l'année n, vers mars).
On postule avec un dossier scientifique et pédagogique devant une commission de spécialistes, composée de membres de la fac en question et d'autres facs, puis le Conseil d'Administration de la fac entérine la proposition de la commission de spécialiste vers juin.
OR, il y a d'autres types de contrats avec l'Université: pendant qu'on est en thèse, on peut être moniteur (dans les 280 euros par mois pour 3h de cours semaine) puis après la Thèse on peut être pendant 4 ans ATER (attaché temporaire d'enseignement et de recherche), 1680 euros par mois pour 6h de cours semaine.
il y a aussi, quand toutes ces voies sont épuisées, les HEures COmplémentaires, payées 35 euros net de l'heure où l'on peut aller jusqu'à 169 h par an en justifiant d'un emploi principal, soit à un chouia près un service de maître de conférences.
DONC, puisqu'on a besoin, dans les premiers cycles de beaucoup d'heures de cours, que celles-ci empêchent, si on les fait sérieusement, de passer du temps à la recherche, que se passe-t-il?
on recrute 2 ater (payés sur l'année universitaire et non l'année civile et recrutés pour un an renouvelable 4 fois) au lieu d'un MDC, en n'ouvrant pas de poste de MDC (le Président décide déjà ), on demande à des enseignants du second degré de venir donner des cours en premier cycle (un méga lycée) jusqu'à 5h par semaine ou à des professionnels comme moi sur des besoins spécifiques (enseignante depuis 1997 à la Sorbonne et à Aix sans jamais avoir eu de poste et ayant donc créé mon agence) et ... on fait des économies...
d'autre part, le fait de compléter par une activité ne vaut que dans les disciplines scientifiques d'une part et on ne peut doubler son salaire d'autre part.
Cette situation dure depuis des années, la loi LRU a le mérite de l'institutionnaliser.
Le gros problème actuel c'est l'évaluation, non par des pairs, cela on le vit tous les jours, mais bien selon des critères que nous ne conaissons pas. et que dire, dans ce décret de la mastérisation des concours de l'enseignement? nos jeunes professeurs sont déjà à peien formés à se trouver devant des classes, et on va leur retirer...
Aujourd'hui on a une situation dramatique où certains, en poste, abusent du système en demandant des délégations cnrs pour chercher sans enseigner et leurs heures sont faites par des vacataires ou des ater, c'est plus rentable, et eux, surchargés d'heures et détudiants, ne peuvent plus chercher, leur dossier piétine, et devant leurs pairs, pour le recrutement on leur dira "pas assez d'articles"...
je fais un article par an et 169 heures complémentaires, 5 heures par semaine, je coute 5529 euros à la fac qui me paie en une fois, en juillet à service fait, je suis normalienne, agrégée, docteur, j'ai été formée à l'école française de rome, je suis une des meilleures de ma spécialité, je travaille en profession libérale pour vivre, et un Pdt d'Université me dira que je ne fais rien??? il économise surtout sur moi (depuis 11 ans) 2500 euros de salaire net sur 12 mois (+ charges=? je ne connais pas le taux dans la fonction publique).
Tout cela était une vaste hypocrisie commencée à l'époque de Claude Allègre, la loi de 2007 l'a rendue légale,pour ma part, je pense que c'est pmieux que tout le monde joue avec les mêmes régles, car certaines facs ne faisaient pas comme çà.
ce décret va un cran plus loin et il est inacceptable.

Écrit par : FB | jeudi, 12 février 2009

les chiffres du figaro sont vrais.
...et je rajoute qu'un (ou deux) post-doc est obligatoire pour obtenir un poste....après on décompresse, un petit peu, avant de commencer réellement sa recherche. 30 ans : le début de la vie pro reconnu.

Écrit par : chr!s | jeudi, 12 février 2009

@ FB et Chr!s

C'est du grand n'importe quoi. Quand je pense au pont d'or que les universités américaines ouvrent à leurs meilleurs chercheurs...

Écrit par : L'Hérétique | jeudi, 12 février 2009

c'est vrai... mais la liberté et la gratuité n'ont pas de prix et elles reposent sur la confiance et la responsabilité.
cela dit pour rajouter une touche à mon tableau personnel, je suis également correspondante pour l'Europe de la Renaissance Society of America, car je peux écrire mes articles ou recenser des livres directement en anglais; ils paient mes participations à des colloques et voyages (car n'étant pas titulaire, mon centre de recherche ne me les paie pas, tjs le cercle vicieux) et en contrepartie, je publie chez eux: je fais de la linguistique comparée des langues romanes et des éditions de textes latins pour l'Université du Texas ;-))

Écrit par : FB | jeudi, 12 février 2009

Merci pour le lien (qui n'est qu'une des pages de la revue de web que je tiens ces derniers temps en attendant de synthétiser).

Vos chiffres correspondent à ceux dont j'ai connaissance : vers 30 ans après 8 à 12 ans d'études, on vous recrute pour 1700euros mensuels nets, pour bien plus de 40h de travail hebdomadaire (je n'entrerai pas dans les détails des différentes activités d'un EC ni sur la polémique sur les publications). Ce n'est pas si inconfortable (sauf en région parisienne). Mais quand on voit les salaires doubles (et bien plus) que la société offre à d'autres emplois (commerciaux, financiers, etc), on peut se poser des questions... Mais on ne fait pas ce métier pour l'argent, mais par passion. Dans leur majorité, les EC s'insurgent contre le manque de reconnaissance, non pas pécunière mais sociale et surtout politique (qui fait preuve d'une méconnaissance et -encore récemment- d'un mépris sidérants), à la différence de la plupart des autres pays. Cela est en partie dû au système français avec écoles (d'ingénieurs et autres), il faudrait que je vous retrouve un article que j'ai lu là-dessus.

L'article du Figaro est, comme souvent, un condensé de clichés et d'insultes... même s'il soulève quelques questions bien réelles. Si j'ai le temps je le discuterai point par point.

Écrit par : florent | jeudi, 12 février 2009

A FB :
"1680 euros par mois pour 6h de cours semaine.
il y a aussi, quand toutes ces voies sont épuisées, les HEures COmplémentaires,"
C'est pour les ATER à temps plein, qui doivent faire à la fac de droit, 6 TD par semaine soit 9h de cours.
Le contratt dure un an, renouvelable une fois.
Je suis ATER à mi-temps, soit 4h30 de TD et je gagne 1172,57 euros.

A l'Hérétique : à l'AG un MDC a dit "je gagne 1700 euros". On était surpris nous-mêmes.

Écrit par : LCDM | jeudi, 12 février 2009

J'ai été excessif dans mon jugement sur l'article, en fait j'ai mélangé avec divers trucs que j'ai lu sur le site...

Par exemple ça, que je m'abstiendrai de commenter :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/06/01016-20090206ARTFIG00384-chercheurs-un-mouvement-sans-perspective-rationnelle-.php

Écrit par : florent | jeudi, 12 février 2009

@Florent
"1700euros mensuels nets, pour bien plus de 40h de travail hebdomadaire"
non, pour 6 heures de cours par semaine pendant 32 semaines par an...
Il y a aussi des gens qui font plus de 6 heures par jour et non par semaine, 46 semaines par an (11 mois) et non 32 (8 mois) et qui touchent moins de 1000 euros mensuels nets ...
S'il y a bien des problèmes à l'université, je ne suis pas sûre qu'ils concernent essentiellement le salaire des enseignants-chercheurs.

Écrit par : Christine | jeudi, 12 février 2009

@LCDM
désolée, ce sont mes quelques années de plus de toi, je n'ai pas connu le statut de demi ATER... le système se perfectionne alors? on peut avoir 3 1/2 ATer pour le prix en brut d'un MCF??? moi j'ai été successivement AMN 1 an (assistant moniteur normalien, statut disparu en 98), Allocataire Couplé 2 ans, ATER, 1 ans, puis 2 ans plus tard 6 mois, maître de langue (car double nationalité), et vacataire profession libérale!

@Christine, c'est exactement le problème, c'est que ces 6h de cours en présentiel, sont en fait au moins 3 fois plus pour l'enseignement et qu'il y a la recherche, si on veut la faire bien, en effet c'est 40h par semaine; mais je rejoint Florent, nos salaires ne sont pas nos préoccupations, majeures; moi par exemple, je ne coute à ma fac que 5529 euros par an pour 5h par semaines sur 39 semaines, et ma recherche est financée par une fac américaine, et ma vie quotidienne par moi-même, à peu près 60h par semaine.

Écrit par : FB | jeudi, 12 février 2009

@Christine : ce salaire englobe toutes les tâches, qui nécessitent souvent plus de 50h par semaine, sur toute l'année... (6h par semaine sur huit mois ça ne veut rien dire, l'activité est loin de se résumer à la présence devant les étudiants!)
je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème sur les autres postes que les EC (je pourrais vous raconter des situations scandaleuses que j'ai connues, notamment des quinquagénaires d'origine maghrébine employées pour l'entretien et contraintes à enchaîner depuis des années des CDD de dix mois, obligées de retourner "au pays" l'été car sans aucun salaire - un comportement honteux de la part d'un le service public ; et je crois savoir que l'université n'est pas la seule à agir ainsi, et cela ne risque pas de s'arranger avec l'autonomie) mais c'est justement l'enjeu, de réunir tous les personnels sans exclusive et de ne pas monter les uns contre les autres, afin de peser dans les négociations - et si vous avez bien lu, je ne mets pas le salaire en tête des préoccupations

Écrit par : florent | jeudi, 12 février 2009

"A peine plus que le SMIG"
Y a longtemps que tu l'as pas touché le smiC hein? ;-)

Écrit par : zapataz | jeudi, 12 février 2009

@ FB
6 fois 3, ça fait 18 heures, càd l'emploi du temps d'un prof de lycée-collège... Je trouve que c'est encore assez bien payé.
Petite précision, j'enseigne aussi à la fac, et des professeurs et maîtres de conférence qui proposent aux étudiants des cours bidon, j'en connais, vous aussi vous en avez forcément rencontrés, en trop grand nombre malheureusement... (un des problèmes pour moi c'est que ce sont souvent ceux-là qui copinent avec les instances "décisionnelles", si on peut dire...)
Quant aux 60 heures dont vous parlez, c'est le cumul de toutes vos occupations n'est-ce pas ? Avec toute ma sympathie car mon cas est à peu près similaire, je ne trouve pas cela scandaleux. Que nous ayons à travailler pour assurer nos besoins au niveau où nous les estimons, c'est normal. J'ai bien des amies ingénieurs qui sont obligeés de faire ces 60 heures pour leur entreprise et qui proportionnellement sont moins bien payées que nous. Les heures exercées à la fac me semblent justement rémunérées. Le problème de la recherche, c'est à qui elle va être utile et donc par qui est-elle, doit-elle être ou peut-elle être financée. Il me semble évident que certaines "recherches" en Lettres ou sciences humaines n'ont pas à être financées par l'Etat...
Attention, je défends ardemment la culture générale et l'érudition, non au "tout rentable" et au "tout scientifique", mais vous savez, comme moi, qu'il y a des abus scandaleux dans bien des domaines de "recherche".

Écrit par : Christine | jeudi, 12 février 2009

Je lis dans une dépêche de ce soir la position d'Axel Kahn qui paraîtra demain dans le JDD :
"Favorable" à l'évaluation des enseignants-chercheurs, Axel Kahn rappelle par ailleurs avoir "toujours été un partisan de l'autonomie des universités, de la loi LRU", et se dit prêt à quitter son poste si celle-ci était remise en cause.
"Je crains que la situation devienne incontrôlable, que les opposants à l'ensemble de la réforme montent au créneau pour réclamer un second round contre la loi LRU dans son intégralité", explique-t-il. "Le principe d'université 'universelle' que je défends est attaqué de toutes parts. Si l'autonomie des universités est remise en cause, je quitterai la présidence de Paris V-Descartes. Je démissionnerai". AP

Je partage totalement sa position et c'est pour cela que j'émets des réserves sur les motivations des opposants à la réforme. D'accord pour limiter le pouvoir du Président d'université, mais pas d'accord pour remettre en cause l'autonomie des universités.

Écrit par : Christine | samedi, 14 février 2009

suis en phase avec la position d'Axel KAHN aussi.
il est normal entre autres que les enseignants chercheurs soient évalués et que les 25% qui ne font pas ou plus de recherche fassent plus d'heures d'enseignement que ceux qui bossent plutôt que d'aller faire des "ménages" à droite et à gauche histoire d'occuper leur temps. Je parle des titulaires de leur poste et non de ceux qui sont dans une situation intermédiaires car il ne faut pas tout mélanger.

Écrit par : europium | dimanche, 15 février 2009

@Christine et Europium
je pense que je suis d'accord avec vous deux, si vous m'avez suivi: je suis pour la loi LRU, telle qu'elle a été édictée en 2007, mais contre le décret actuel...
et l'amalgame est fait entre les deux bien souvent...
cela dit, nous sommes déjà évalués, mais par nos pairs, ce qui évidemment, repose sur la confiance et la gratuité

Écrit par : FB | dimanche, 15 février 2009

Voici une conférence de Vincent Descombes sur son site http://www.laviedesidees.fr qui à mon avis rend compte du fond du problème concernant le conflit entre le gouvernement français et les universitaires, c'est un problème de vocabulaire, mais comme toujours, le vocabulaire trahit la pensée : là où eux-mêmes s'appellent "universitaires", Pécresse et Sarko disent "enseignants-chercheurs" et pensent "ressources humaines", et là où l'on cherche à les individualiser et à les opposer les uns aux autres, ces universitaires réagissent en "corps", en corps universitaire. C'est aussi ce que signifiait FB plus haut en parlant d'"évaluation par nos pairs" (...) "dans la confiance et la gratuité". C'est cette notion de corps, dans tous les domaines de la société, qui échappe à Sarkozy et aux sarkozystes, la notion d'identité collective. Mounier développe bien cette philosophie des corps sociaux et j'ai aimé en retrouver l'inspiration dans le projet de société de Bayrou.
http://www.laviedesidees.fr/L-identite-collective-d-un-corps.html

Écrit par : Christine | mercredi, 04 mars 2009

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