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  • Abeilles en danger !

    Enfin je vais chanter le peuple industrieux
    Qui recueille le miel, ce doux présent des cieux.
    Mécène, daigne encor sourire à mes abeilles.
    Dans ces petits objets que de grandes merveilles !

    Géorgiques, livre IV , Virgile,  (traduction par l'Abbé Delille)

    C'est en ces termes que le poète latin Virgile chante les plus ingénieux insectes de la création. Sauf que ces sympathiques bestioles sont en danger, et que les amateurs de miel devront bientôt se contenter de miel de synthèse au train où vont les choses. 

    En fait, il y a de plus en plus d'abeilles en ville (en raison des températures clémentes et des zones vertes aux floraisons diversifiées) et de moins en moins à la campagne. On produit donc de plus en plus de miel de ville ! Ces petites bêtes sont pourtant tout à fait nécessaires dans les campagnes.

    L'UNAF a lancé un projet "l'abeille, sentinelle de l'environnement" afin de soutenir la protection de ces braves petites bêtes. Moi je propose que le MoDem devienne partenaire et adopte un rucher qu'on pourrait placer au 133 rue de l'Université. Ce serait sympa comme tout, et on pourrait faire des dégustations de miel !

    En fait, ce sont les monocultures et les pesticides qui contribuent à éradiquer progressivement les abeilles en milieu rural. Sans compte les "mauvaises herbes" que l'on arrache à tour de bras, mais qui sont très appréciées des petites butineuses.

    J'en profite pour préciser qu'à l'heure actuelle, la loi sur les OGM ne prend absolument pas en compte les abeilles : ces petits insectes se déplacent, eux, et quand ils butinent, se fichent bien de savoir si la fleur sur laquelle ils sont est modifiée ou non. Bref, une raison de plus d'avoir voté contre ce texte.

    Alors hip hip hip...bzzzzz pour les abeilles, et, si vous en voyez, ne les tuez surtout pas, mais permettez-leur délicatement de sortir. Et si vous les aimez, sachez qu'elles apprécient particulièrement le thym. En tout cas, les Romains truffaient les jardins à, rûchers de thym, et je les crois suffisamment bons apiculteurs pour avoir réfléchi à la chose. A preuve le livre entrier que Virgile leur consacre !!!

     


  • Afghanistan, Philippe Nogrix exprime ses doutes

    1592235994.jpgPour mémoire, Philippe Nogrix, sénateur UDF-MoDem, est un membre de la commission des affaires étrangères du Sénat. Il a exprimé le 03 avril dernier dans une tribune ses interrogations sur l'engagement français en Afghanistan.

    Comme quoi, Quindi et moi ne sommes pas les seuls à nous interroger au MoDem à ce sujet... Je constate qu'il observe, comme Quindi, que c'est le Soft power qui a le plus de chances de produire quelque chose en Afghanistan, et notamment la recostruction.

     

    La France va renforcer sa présence en Afghanistan.

    Le Président de la République vient de l'annoncer. On peut regretter que le Parlement ait été placé devant le fait accompli. D'autant plus que cette décision n'est pas anodine.

    Depuis 2001, la France participe à l'opération menée en Afghanistan, par l'OTAN sur mandat de l'ONU, contre Al Qaïda et les talibans. Cependant, sa participation est bien moindre que celle de nos voisins anglais ou allemands. Aujourd'hui, 1700 soldats français sont déployés en Afghanistan, sur un total de 60 000 hommes.

    Ce seront 700 soldats français supplémentaires qui y seront envoyés. Autrement dit, la France va augmenter sa présence de plus de 40 %.

    C'est une inflexion lourde de conséquences. 
          Des conséquences humaines d'abord. En Afghanistan, les troupes sont confrontées à une véritable guerre. La vie des hommes est en jeu. 
          Des enjeux budgétaires ensuite : cet envoi pourrait faire exploser le budget des " opérations extérieures ". 
          Enfin, l'enjeu est géostratégique : une inflexion majeure des positions françaises sur la scène internationale semble se dessiner par-delà la seule question afghane.

    Au regard de ces trois enjeux, les tenants et les aboutissants du renforcement de la présence française en Afghanistan n'apparaissent absolument pas clairement. Là est le problème. 
        Pourquoi envoyer 700 hommes supplémentaires ? Cette décision ne correspond pas à une demande de nos alliés. La France agit de manière unilatérale.
         Alors quel est l'objectif ? 
         Pacifier le pays et lutter contre le terrorisme, dit-on. Oui, mais alors, les spectres du Vietnam ou de l'Irak ressurgissent : depuis 7 ans que nous sommes là-bas, les choses se sont-elles améliorées ? Non. Le conflit paraît s'enliser. Le seul moyen pour réussir la transition de la guerre à la paix réside dans le développement et la reconstruction. Mais, la France jouera-t-elle cette carte ? Pas sûr du tout. Si son contingent d'hommes augmente, en revanche, ce ne semble pas être le cas de son aide financière.

    Etait-il opportun, dans ces conditions, d'envoyer ces 700 hommes supplémentaires ? Ce ne paraît pas être le cas pour plusieurs raisons. 
         Premièrement, des raisons logistiques. Où trouver les soldats requis ?
         Deuxièmement, cette décision pourrait compromettre les autres engagements que nous avons pris auprès de nos alliés de pouvoir déployer des troupes en cas de crise urgente. 
         Troisièmement, la raison budgétaire : 700 hommes de plus, ce pourrait être 50 millions d'euros supplémentaires sur un poste " opérations extérieures " qui a déjà explosé. Où sera trouvée cette somme ?

    Une seule raison paraît vraiment justifier la décision présidentielle : elle entre dans le cadre d'une inflexion majeure de notre positionnement géostratégique. La France se serait engagée dans un profond " glissement atlantiste ". Pour preuve : les 700 soldats français supplémentaires seront déployés dans l'Est de l'Afghanistan où a lieu la guerre contre les positions frontalières d'Al Qaïda, auprès des troupes US.

    Ainsi, toutes les interrogations que nous avons évoquées aboutissent à des questions plus fondamentales : jusqu'où ira le glissement atlantiste de la France ? Qu'en penseront nos partenaires européens ? N'était-ce pas le moment de reparler d'engagement concerté ? Autant de questions qui restent sans réponses.