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vendredi, 14 mars 2008

Paris : le 14ème de Marielle

Toujours dans la relecture de Féminin au singulier, le journal de Marielle de Sarnez, je suis tombé sur cette note du 29 novembre où elle évoque ce quartier où elle habite et qui lui est cher :

Le 14ème est un arrondissement vivant, divers. Il suffit de pousser les portes des immeubles pour voir les arbres s'épanouir dans le fond des jardins, les vieux rosiers grimper le long des murs. Les bouquets de chèvrefeuille embaulent l'air. Les oiseaux chantent. De petits immeubles en pierre de Paris de la fin du XVIIIème, des ateliers d'artistes auxmurs de brique peints de blanc, côtoient les logements sociaux des années 1970, et les ZAC plus récentes. Grands immeubles de pierre du côté de Denfert-Rochereau, immeubles de brique rouge des maréchaux, rues montantes autour du parc Monsouris, villas secrètes, rue des Thermopyles et ses maisons fleuries, rue Daguerre, ses artisans, ses commerçants, jardins cachés, Château Ouvrier, place Brancusi, et son marché bio du samedi matin, lavandes du Jardin Atlantique, le 14ème a son identité. Ey puis, il y a la rue de la Gaîté, ses théâtres, ses cafés.Montparnasse "doré, aérien, tendre, qui met en fuite les démons de la solitude, celui de Baudelaire, de Manet, d'Apollinaire, comme l'écrit joliment Léon-Paul Fargue dans le Piéton de Paris. 

Une promenade bucolique qui donne envie de découvrir ce quartier et de l'arpenter.  

Tours à Paris, le conseil de Marielle de Sarnez à Bertrand Delanoë et Nicolas Sarkozy

Je reviens sur les tours de Delanoë que j'évoquais dans une note récente. En fait, plus que les tours de Delanoë, ce sont les tours de Bertrand Delanoë et de Nicolas Sarkozy, puisqu'ils sont en accord pour en construire dans Paris. L'argument le plus percutant, pour les dissuader de sa lancer dans la construction de ces horreurs, je l'ai trouvé dans Féminin au singulier, le journal autobiographique de Marielle de Sarnez.

Elle écrit ainsi ceci, dans son billet du 24 novembre 2007 :

« Cette semaine, à Paris, des tours ont surgi de partout. Bertrand Delanoë les pose le long du périphérique, et Nicolas Sarkozy propose, si elles sont belles, de les mettre dans les centres-ville. Je suggère à l'un comme à l'autre d'aller habiter quelques jours dans les tours qui existent à Paris, par exemple Porte de Bagnolet, ou dans le quartier des Olympiades, dans le 13ème arrondissement. De se promener sur la dalle, de sentir le vent froid qui s'y engouffre, de regarder les locaux des gardiens, barricadés derrière leurs barreaux, de constater l'absence de verdure, d'arbres, d'espaces verts, de chercher où se situe la première boulangerie. Trêve de plaisanterie. La ville n'est pas un jouet à la disposition des puissants. »

S'ils pouvaient lire et comprendre, ces deux-là, ne serait-ce que ce court paragraphe. Mais quand on ne vit que dans les beaux quartiers, on ne peut pas comprendre ce que c'est, l'existence sur une dalle coincée entre des blocs de béton.