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  • Reconnaissance du Kosovo : quelle erreur !

    La France a reconnu l'indépendance du Kosovo. C'est une erreur. Cette entité politique n'a jamais existé, et sa reconnaissance ouvre la voie à tous les séparatismes en Europe et dans le monde. Il fallait plutôt faire pression sur les Serbes pour qu'ils accordent de larges droits (langue, université, autonomie) aux Kosovars, plutôt que de favoriser leur "indépendance". Cette dernière n'est fondée à aucun point de vue, si ce n'est que la population est à 90% albanophone. Nous risquons de créer un précédent qui pourrait aboutir à la scission de Chypre en deux états. Et par ailleurs, c'est un déni de souveraineté à la Serbie. Nul doute également que la Russie n'aura plus aucun scrupule, désormais, avec les mouvements séparatistes du Caucase : pourquoi y aurait-il deux poids, deux mesures ?

    Tout cela s'est passé bien trop vite, sans réflexions, sans négociations, sans jeu diplomatique... Par ailleurs, cette reconnaissance arrange certainement les USA vis-à-vis de la Russie, parce qu'ils marquent des points dans ce qui fut sa sphère d'influence. Mais l'Europe en perd, parce que nous n'avons pas fait prévaloir une solution europénne , qui a par exemple très bien fonctionné avec la Roumanie et la Hongrie, chacun des deux pays garantissant les droits de la minorité de l'autre.

    Nous aurions pu faire un donnant-donnant identique avec les Kosovars et les Serbes. Quelle erreur ! L'Europe, et encore moins la France, n'en sortent grandies dans les Balkans. 

  • La victoire posthume de Benazir Buttho

    Quelle claque pour l'islamisme radical au Pakistan ! Yessss ! Les partis radicaux intégristes islamistes se sont pris une baffe monumentale au Pakistan !!! Ils passent de 52 sièges à l'assemblée sur 272 à...tenez-vous bien, chers lecteurs, à TROIS ! Trois sièges ! Du jamais vu au Pakistan !!! Et par ailleurs, l'opposition démocratique écrase le parti au pouvoir et les islamistes radicaux, puisqu'avant la fin des décomptes, 83 reviennent d'ores et déjà au PPP, le parti de Benazir Buttho, et 64 au Parti de la Ligue Musulmane, canal dissident, de Nawaz Sharif ! Et ce n'est pas fini, car ce sont les résultats à la mi-journée...

    Bravo les Pakistanais ! Et vive la Démocratie au Pakistan !

  • La Shoah de Sarkozy entre mythe et histoire

    Je viens de lire le billet de Versac du 15 février dernier dans lequel il dénonce l'atterrant rapport de Nicolas Sarkozy à l'histoire.

    J'ai apprécié particulièrement sa conclusion, que je livre à mes lecteurs ici :

    Non, ce n'est pas à un homme, fût-il président de la République, que d'imposer à ma fille cette culpabilité et cette émotion. Tout en voulant, dans le même mouvement, virer des enfants sans papiers de nos écoles, d'ailleurs.

    Fine observation à laquelle je souscris tout à fait.  J'irais un peu plus loin : Nicolas Sarkozy n'est pas dans l'histoire, il est dans la mythologie, et une mythologie qui frise la mythomanie, c'est à dire, au sens étymologique du mot, la manie de fabriquer des mythes. μανία en grec, signifie la folie. Donc, en son sens premier, c'est une folie.

    Mais c'est surtout une régression : historiquement, ἱστορία l'histoire, apparaît après le mythe.  Thucydide, le père de l'histoire moderne, plus encore qu'Hérodote, annonce en introduction de sa Guerre du Péloponèse, qu'il n'imitera pas ces logographes (sortes d'écrivains de discours tout faits pour flatter des êtres et des faits) ; c'est qu'il recherche, lui des faits avérés pour écrire l'histoire.

    Le souci de Nicolas Sarkozy, c'est de transformer l'histoire en une espèce de mythologie officielle à son service.Le mythe a une fonction, mais une fonction qui n'est pas celle de stimuler l'émotion, mais au contraire la réflexion.

    C'est, je pense, sur le fond, l'abîme sémantique qui sépare la mythologie des histoires racontées par le mythomane. 

    Les enfants de CM2 et la Shoah méritent à mon sens, un peu mieux que cela.