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mardi, 25 août 2009

L'or noir du Gabon

Il y a un point qui me frappe à propos du Gabon, et je crois que c'est le même que celui qui interpelle Bruno Ben Moubamba, candidat à la présidence au Gabon : ce pays est le second pays le plus riche de l'Afrique après la Lybie en PNB par tête. Rien qu'avec le pétrole, ce pays de 1.5 millions d'habitants récolte plus de deux milliards d'euros par an, et ce n'est pas sa seule richesse. Autrement, dit, par tête, 1300 euros/an. Le Gabon dispose de terres arables, d'eau en abondance, d'une végétation luxuriante, bref de tous les atouts nécessaires pour en faire un dragon économique. Et pourtant, le chômage sévit massivement, de très nombreux gabonnais vivent dans des bidonvilles et l'essentiel de l'emploi est le fait d'une fonction publique pléthorique.

Il faut dire que le Gabon est gouverné par un clan qui le met sous coupe réglée depuis des années. Certes, le pays a vécu en paix sous le règne d'Omar Bongo, mais ses richesses ont été systématiquement détournées et gaspillées, les libertés civiles et les droits de l'homme bafoués, le décollage économique inexistant. Et voilà que la famille Bongo, par le biais d'Ali, le fils d'Omar, et toute la clientèle du père, voudraient récupérer sans coup férir l'exercice du pouvoir et le privilège de continuer à spolier le peuple Bantou.

Les Gabonais sont pour l'essentiel, en effet, des Bantous. Les Bantous sont un peuple africain qui s'est répandu progressivement en Afrique équatoriale. Très tôt maître du fer, ils ont pu établir dans cette région leurs société atypiques, puisqu'elles sont matriarcales.

Bantous signifie "grand" mais aussi "humain". Il ne faudrait pas grand chose pour qu'au Gabon, les Bantous deviennent une nation puissante et respectée. Bruno Ben Moubamba a ébauché nettement sans son programme présidentielle les grandes lignes des indispensables réformes :

Réformer l’État qui est lourd et inefficace, et rendre les nominations dans la haute fonction publique  soumises au contrôle de l’Assemblée Nationale.

Développer l'économie par des fonds d'investissement à disposition des Gabonais afin de créer des PME. La création d'emploi et l'apport d'investissements privés seraient ainsi stimulés.

Les Gabonais vivent dans des conditions de misère parfois indescriptibles. La première priorité est de fournir un logement à tous ceux qui vivent dans les maquis.

Metttre l'Éducation au service de la formation et avoir pour fonction de maintenir actualisables et rentables les ressources humaines gabonaises. Hausse des salaires et des qualifications des enseignants et diminution des effectifs par classe sont un préalable à toute réforme.

Former des personnels médicaux afin de faire face aux désastres sanitaires à prévoir compte-tenu de l'état actuel du système de santé gabonais. Le SIDA doit faire l'objet d'une attention particulière.

Mise en place d’énergies renouvelables, assainissement des déchets domestiques, développement du recyclage, de l'éco-tourisme et instauration de zones protégées.

Développer les infra-structures via une politique de grands travaux.

S'assurer une véritable souveraineté alimentaire en développant les exploitations agricoles.

Ce sont à mes yeux les points les plus essentiels de son programme politique. Bruno Ben Moubamba écrivait récemment sur son blog «Je ne suis pas un extrémiste, je suis une personne déterminée. J’ai des convictions et je me bats pour les faire valoir. Mes références sont le Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi».

Bonnes références. Je lui trouve bien des points communs avec notre MoDem, à ce sympathique candidat.

Le 30 août les Gabonais voteront dans des conditions qui ne sont pas dignes d'un scrutin électoral libre et équitable. On aurait pu espérer un soutien amical de la France. Oui, on aurait pu l'espérer si Bockel (pauvre Bockel...) qui voulait établir des relations transparentes et démocratiques entre l'Afrique et la France, notamment le Gabon, ne s'était pas fait blackbouler par l'indéboulonnable Monsieur Françafrique, Robert Bourgi, ex-émissaire de Jacques Chirac et désormais discret conseiller de Nicolas Sarkozy. Oui, on le sait, le candidat de l'élection présidentielle qui avait juré d'en finir avec l'Afrique à papa, en 2007...Il suffit d'écouter la fin de la vidéo de Bruno Ben Moubamba pour comprendre que décidément, rien n'a changé entre l'Afrique et la France...

Virginie Ben Moubamba, l'épouse du candidat du même nom, détaille sur son blog les raisons pour lesquelles les dés sont pipés dans cette élection. Comme quoi, il n'y a a pas que dans le 5ème arrondissement de Paris que l'on fait voter les ancêtres de nos ancêtres...

Quand on dit "or noir", tout un chacun pense au pétrole, mais, au Gabon, le véritable or noir, ce n'est pas le pétrole  mais le peuple Gabonais lui-même dans toute sa richesse et sa diversité. Gageons comme l'espère Antonin, que le peuple gabonais ne se laissera pas faire, que les anges gardiens du Gabon le protègeront (pétition internationale) et que le vent de la liberté va souffler sur Libreville.

 

jeudi, 05 février 2009

[EDIT] Kouchner dit probablement la vérité (olim : Kouchner dit-il la vérité ?)

[EDIT à la suite des premiers commentaires] Attention, je tiens à préciser que je ne soutiens pas spécialement Péan. Je n'ai rien non plus contre Kouchner. Cela ne me dérange pas non plus qu'il ait travaillé pour une officine privée au Gabon, et même, pas non plus qu'il recouvre son argent si on lui doit quelque chose.

Mais ce que je ne comprends pas, c'est son obstination à dire qu'il ne connaît pas les sociétés dont parle Péan. A moins qu'un gâtisme précoce ne me guette, je n'ai tout de même pas rêvé en écoutant le JT de France 2 de 20h du 4 février.

[EDIT à 23h49] Bon, je suis gâteux précocement. J'ai réécouté très attentivement le JT, et en fait, il ne nie pas avoir travaillé pour Imeda, mais précise simplement avoir été un consultant parmi d'autres.

Par ailleurs, Kouchner met en évidence une problématique intéressante : quand on travaille avec un pays en déficit démocratique, faut-il ne pas s'occuper d'aspects propres aux conditions de vie (santé, éducation etc...) dès lors que le régime est corrompu et tyrannique ? En la circonstance, il s'agissait de lutter contre le SIDA.

[Billet primitif avant les deux EDIT]

Jusqu'ici, je n'avais pas trop d'avis sur l'affaire Kouchner-Péan, mais, il y a tout de même des faits que je commence à trouver troublants. Le magazine Challenges vient d'infirmer par deux fois les déclarations de Bernard Kouchner.

Bernard Kouchner déclarait ne pas connaître la société IMEDA, et pourtant, Challenges a retrouvé son nom et celui d'un de ses collaborateurs sur la porte de la gardienne de l'établissement de ces sociétés.

Pierre Péan s'est appuyé sur le site de cette même société pour pour mettre en évidence ses liens avec Bernard Kouchner. Malheureusement, le site en question avait disparu depuis le 28 novembre 2008. Challenges l'a retrouvé grâce à un archiveur de la Toile.

De fait, j'ai visité le site en question, et, devinez ce que j'ai trouvé comme nom à cette page-ci sur l'audit du système de santé du Gabon ?

Je fais un copier-coller ( le rouge et gras, correspond à ce que j'ai trouvé...).

IMEDA, Global Medical Alliance. Une approche innovante de la santé dans les pays en développement

Nos références

Audit du système de santé

  • Lieu : Libreville
  • Démarrage : novembre 2003
  • Date d'achèvement : mars 2005
Nom du client :
Gouvernement gabonais (Ministère de la Santé publique & Ministère de l'Economie et des Finances)
Nom des consultants associés / partenaires éventuels :
Dr Bernard Kouchner, Directeur de BK Conseil - Isabelle Stroebel, Expert
  • Descriptif détaillé du projet : Audit complet du système de santé gabonais et propositions de réforme
  • Description des services effectivement rendus par votre personnel : Audit général du système de santé gabonais (achevé en mars 2004) ; Rapport de propositions de la réforme de la santé (achevé en mai 2005) ; Organisation des Etats généraux de la Santé (tenus en avril 2005)
Ce n'est pas tout. Il est également là...encore au Gabon... J'attends d'en savoir un peu plus, mais je trouve que les explications de Kouchner commencent à sentir le souffre.