Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 17 février 2011

Affaire Cassez, ne tombons pas trop vite sur le dos de Sarkozy

Il a parfois (en fait rarement) raison, l'Didier. Les blogues de gauche, parfois, ils n'auraient qu'à écrire un énorme billet collectif, ça ferait l'affaire et éviterait de parcourir la même note 50 fois dans son reader. Je ne dis pas ça à propos de la prestation de Sarkozy mais plutôt sur l'affaire Cassez.

On reproche à la diplomatie française de s'impatienter. Il y a peut-être de quoi ! s'il y a un point sur lequel je ne doute pas de Sarkozy, c'est de son empressement à vraiment prendre en mains le sort des Français à l'étranger quand ils sont en danger. Je crois que là-dessus, c'est l'un des rares domaines où il est fiable.

Si MAM ou Sarkozy s'agacent aujourd'hui, c'est que le Mexique ne respecte pas les textes qu'il a signés (Florence Cassez aurait du être transférée), que le Président patiente depuis 2007 sur les "bons" conseils de son "ami" Calderon et qu'aujourd'hui, il s'aperçoit qu'il a été joué, et que les Mexicains ont bien l'intention de garder Florence Cassez en prison.

Pauline Tissot de l'Express a consacré un billet récapitulatif des charges qui pèsent contre Florence Cassez et des contre-arguments de ceux qui la défendent. La défense me paraît tout de même plus convaincante que l'accusation. 

Le seul argument que je pourrais à la rigueur retenir, c'est celui de Bayrou jugeant que tout ce bruit pourrait mettre en danger Florence Cassez. C'est un argument. En même temps, les autorités mexicaines se foutent de nous depuis le début dans cette affaire, et donc, il est logique que l'on finisse par s'agacer en France. Simplement, peut-être, en effet, la méthode n'est pas la bonne. 

Il n'en reste pas moins que l'on ne peut pas continuer à se faire marcher sur les pieds sans rien dire, alors qu'on est face à un monument de mauvaise foi. La diplomatie française essaie de négocier depuis 4 ans. Après le rejet de l'appel de Florence Cassez, elle a compris qu'elle n'obtiendra rien et qu'il ne reste plus qu'un tribunal international, désormais. Alors perdu pour perdu, autant faire connaître son fort mécontentement. 

Mais bon, écrivez Sarkozy, S-A-R-K-O-Z-Y, et vous avez l'assurance d'avoir une horde de blogueurs de gauche (et du centre !) enragés, prêts à en découvre avec l'ogre hongrois. Il faudrait peut-être éviter de transformer le moindre pet de travers de Sarkozy en acte d'accusation automatique à son encontre. Je pense que sur l'affaire Cassez, il essaie de faire son possible et prend très au sérieux le sort de la Française. Cessons de lui faire de faux procès et de l'accuser de chercher à instrumentaliser l'affaire, c'est l'accusation vraiment facile, alors qu'il la suit avec attention depuis le début.

17:08 Publié dans International, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : sarkozy, cassez |  Facebook | | |

jeudi, 17 juin 2010

L'autre match France-Mexique

Ce soir se joue le match France-Mexique. Nul doute qu'une grande partie de la France va le regarder. Mais, depuis cinq années, c'est une partie autrement plus redoutable qui se joue entre une petite française et le Mexique avec sa justice corrompue et malhonnête. Florence Cassez croupit dans une prison mexicaine depuis le mois de décembre 2005. Elle a été arrêtée pour des crimes qu'elle n'a pas commis. Son arrestation a été une mascarade. Des témoignages à charge ont été obtenus sous la torture. Pour flatter le nationalisme de ses concitoyens, le président Calderon a refusé de réexaminer l'affaire. Pas de doute qu'il en eût été autrement s'il se fût agi d'un cacique du parti au pouvoir.

Florence Cassez suit la coupe du monde de football. Elle parie sur une victoire des Bleus. Bleus bien arrogants (pas fichus de serrer une main en Afrique du Sud) et indifférents à une injustice pourtant avérée. Pour toucher du fric et sa le couler douce, il y a du monde au portillon. Mais quand il s'agit de se bouger pour une vraie cause, c'est le silence radio. Cela ne doit pas rapporter de fric.

Ah, évidemment, s'il y avait eu un contrat publicitaire, peut-être aurions-nous eu droit à quelques mots des joueurs de l'équipe de France...Ça aurait eu de la gueule, une équipe qui aurait affiché la photo de Florence Cassez sur son maillot avant de débuter le match. Mais avec nos mercenaires vendus au plus offrant, il ne faut pas trop y compter...

En tout cas, côté aztèque, c'est la débandade : des juristes mexicains commencent à réaliser qu'il y a eu anguille sous roche depuis les débuts de l'histoire, et au plus hauts sommets de l'État, on n'a qu'une trouille : ouvrir la boîte de Pandore. Et là, ça pourrait faire mal, parce qu'on réaliserait que Calderon qui vante la transition démocratique se paie la tête du monde. Police, justice, politique, il n'y a rien de démocratique au Mexique. Oh, ça, pour faire à grand renfort de médias un cas d'école de l'affaire Cassez, il y a eu du monde. Mais pour résoudre les cas atroces de mutilations, tortures et assassinats de centaines de femmes à Mexico, là, en revanche, nada. Et je pense que cela continue, d'ailleurs.

Évidemment, ailleurs, on commence à s'inquiéter : il pourrait y avoir d'autres Florence Cassez, et pas seulement des Françaises. Quand l'arbitraire règne en  maître, toutes les injustices, même les plus flagrantes, deviennent possibles.